6 août 2008. 6h30. J”ouvre le journal. Batatinha aurait 84 ans aujourd”hui. Les clubs et scènes de Salvador rendront diversement hommage au “poète triste”, notre plus grand sambiste bahianais, l”auteur de Diplomacia, qui créait ses sambas batucando sur une boîte d”alumettes… Dès ce soir, le neveu de Caetano Veloso, Jota, chanteur et producteur de Batatinha (du cd d”anthologie “Toalha da saudade”) montera sur scène, rameutant les sambistes Edil Pacheco, Nelson Rufino… Ils chanteront. Pour matar a saudade… 10 heures. Le sourire de Claudio est radieux. À peine ai-je franchi le seuil de son bureau qu”il m”interpelle “Et celui-là, tu l”as ?” Non, ai-je répondu, hilare… Il s”agit de l”exemplaire à peine sorti des presses de Pele negra máscaras brancas (Peau noire, masques blancs) de Frantz Fanon, sous l”égide du Centro de Estudos Afro Orientais - dont Claudio laisse la vice-présidence ces jours-ci. Auteur de cette toute nouvelle traduction, Renato da Silveira avertit : “J”ai profité des moments où la trahison est une nécessité impérieuse, pour rendre ce texte encore plus savoureux à notre palais”. La jeunesse de Bahia, exclue, le remerciera un jour…








