Le parking de Fernando Peres, au pays des « sans cinéma »

Ce n »est pas la première fois que le sus-cité, « crème de la crème » de Salvador – selon certains (lesquels ?), utilise les colonnes des quotidiens de Salvador pour s »exprimer. Mais trop, c »en est trop. Fernando da Rocha Peres, historien, professeur retraité, ex-directeur des archives de l »Etat de Bahia, ex-auteur de livres sur le patrimoine historique de Salvador, ex-directeur de l »Instituto do Patrimônio Histórico e Artístico Nacional (IPHAN) de Bahia – à cet égard, nommé durant la période militaire -, poète qui reçut les éloges de Carlos Drummond de Andrade, Jorge Amado, Pedro Nava, ex-ami de Vinicius de Moraes, de Pedro Nava, etc. s »exprime ce matin 22 avril 2009 comme éditorialiste d »une page trois d »un quotidien soteropolitano. Il vient se plaindre, sur six colonnes, de la non disponibilité pour les spectateurs d »une salle de cinéma, récemment inaugurée en plein centre-ville, d »un… parking. Non disponibilité qui, selon lui, proviendrait de la présence de « fonctionnaires incultes » dans les administrations de Salvador. Et il évoque un « desvario cultural », ce que l »on pourrait traduire comme une perte de conscience culturelle. Le problème est absolument inverse : il est, pour la grande masse, d »une acquisition de conscience culturelle. Là est l »enjeu, et seulement là. Ce qui se révèle impossible, les moyens pour la divulguer étant entre les mains des amis de F. P, depuis l »époque des moulins à sucre !
Au lieu de relever la chèreté des billets de ces salles (« O cinema morreu para a maior parte da população brasileira que não pode freqüentá-lo por causa do preço de seu ingresso estratosférico : em média R$16* a inteira » – André Setaro), la programmation commerciale à outrance, l »appartenance de ce cinéma à l »une des deux principales banques privées du pays, l »impossibilité pour 95% des habitants de Salvador de se rendre au cinéma**, la projection quasiment unilatérale en copie digitale à un prix voisinant celui de Paris, l »aliénation des jeunes face aux programmes télévisuels – seuls ilôts de « culture » en province et dans les périphéries de Salvador… Au lieu de cela, voilà que Fernando da Rocha Peres se plaint de l »impossibilité de garer sa voiture, en allant au cinéma, au bord de l »entrée principale, devant la porte même.
Voilà les « débats » qui voudraient être suscités aujourd »hui par la classe à laquelle appartient ce poète, habitant d »un gratte-ciel dans la plus bourgeoise des avenues face à la mer, face au Yatch-Clube de Salvador – réduit domiciliaire des 0,2%, classe blanche exclusivement, of course, qui mènent l »Etat de Bahia et la ville de Salvador, par leurs directives couplées au pur libéralisme économique, au chaos foncier et au ghetto culturel. Voilà les « débats » autour desquels une certaine classe, en avril 2009, voudrait nous contraindre à prendre position.

* 16 reais = 5,5 euros au 20 avril 2009.
** Salvador, devenue la ville des « sans cinéma », selon l »expression du critique bahianais André Setaro.

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1 réponse

  1. 27 juillet 2010

    […] de ses alentours physiques, après l’acquisition polémique, et la privatisation de fait, récemment, de la placette contigue à son bâtiment. S’approprier  également l’architecture et […]

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