Valeria Simões, talentueuse photographe

La photographe bahianaise Valéria Simões, pour fêter ses vingt années d »expression artistique, s »est vu proposer, par le Musée d »Art Moderne de Bahia, une rétrospective, intitulée « Lugar de Ausência ». Hier soir lundi, pour le vernissage, les amoureuses et amoureux de la photographie s »étaient retrouvés sous les voûtes merveilleuses du musée. En couleurs, son oeuvre s »y affiche donc sur les murs des deux grandes salles, au niveau de la mer. Ce qui vient au regard du flâneur, d »emblée, est la frontalité d »objets saisis dans leur résistance au temps, érodés, effrités, mais qui résistent. Une résistance isolée, face à une immensité environnante amplifiée par l »objectif grand-angle. Où des objets, éraflés, griffés, aux ombres portées parfois, se dressent comme autant de majestés qui vaincraient le temps. Il y a, quelquefois, comme une influence du photographe José Oiticica Filho, comme le fait remarquer justement Claúdio Pereira, l »anthropologue bahianais. Puis viennent aussi d »autres photographies aux cadrages plus serrés, bien distincts, où viennent buter des corps, des membres, souvent immobiles, voire des êtres humains aux formes floues, et aux visages presque toujours hors-champ. Les couleurs, comme ces façades délavées, ces pas de portes lavés par les saisons, ces jeux tracés au sol, nous transportent dans un monde autarcique, au coeur d »un espace supposément commun à tous. Cet espace, presque toujours les provinces de Bahia, et le Pelourinho, à Salvador, s »avère celui d »un auteur dans sa plénitude même. Vu sa qualité, l »exposition mériterait… la France !
Ce sont trente photographies au total, en cinq séries : Emparedados, Vestígios, Anônimos, Vazios, Transitórios. Vingt-cinq ont pour dimensions 60 x 90 cm tandis que les cinq autres, réunies dans une seule salle, font 105 x 147 cm. Ces cinq dernières voisinnent avec un grand écran digital qui diffuse soixante-dix autres photos, en fondu musical d »une durée de huit minutes. Un catalogue est proposé, également.
L »artiste a aussi été photographe de plateau pour les longs-métrages « Trampolim do Forte » de João Matos, et « Memórias Póstumas de Brás Cubas » de André Klotzel.

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1 réponse

  1. 22 novembre 2010

    […] Quel est votre état d’esprit, en ce soir d’inauguration? Valéria Simões: Je suis très heureuse. Mes trois photos incorporées au fonds permanent du Musée faisaient partie […]

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