Grande Otelo, une vie à donner le tournis

Soixante-dix ans de présence sur les scènes du pays entier. Quatre infarctus. Des duos filmés, mémorables, avec l »acteur Oscarito. Un fils qui meurt jeune. Des dizaines de salles de spectacles qui portent son nom. Dans un casino, il chante, vêtu en « Baiana » « Voltei pro morro » samba écrite pour Carmen Miranda. Des dizaines d »émissions comiques, à la télévision. Haut comme trois pommes et noir. Vient fêter les 80 ans de Jorge Amado à Salvador. Participe à plus de vingt-cinq disques, et y interprète autant de chansons. Sa femme qui tue son enfant, se suicide, et laisse une lette terrible d »accusation. Un petit rôle dans un court-métrage au côté du grand acteur bahianais, noir, oublié et génial, Mario Gusmão, à Salvador. Des dizaines de séjours à l »hôpital, gravement malade. 120 rôles dans des longs métrages. Une pension accordée par le Président de la République. Une interprétation avec Célia Paiva de « No tabuleiro da baiana » de Ary Barroso, et une version en samba de « Dois e dois são cinco » de Caetano Veloso. Un spectacle avec Fereira Gullar et Chico Buarque. Des dizaines de chroniques, certaines poétiques. Une mort quasiment dans les bras du plus fameux des Bahianais, Jorge Amado, à Paris ! Le premier Sancho Pança noir. Mille vies dans les écoles de samba de Rio de Janeiro. Un bide théâtral, au Théâtre Vila Velha, en septembre 1972, à Salvador. Manque de se faire larder de coups de couteau par une compagne. Une saudade immense d »Orson Welles. Ionesco au théâtre. Dès six ans, il chante dans la rue. Vient à Salvador en 1990 à l »invitation d »un respecté député communiste, Fernando Santana (oncle de Tom Zé). Macunaima, inoubliable. Une amitié « da vida toda » avec Herivelto Martins, compositeur de sambas. Le rôle, dans la pièce « Bahia », d »un Anglais qui prie pour que le Senhor do Bonfim lui envoie une… Bahianaise. Ingurgite des quantités astronomiques de cachaça et de bière. Fitzcarraldo et la locomotive. Son vrai nom : Sebastião Bernardes de Souza Prata. Reçoit le titre d »Officier des Arts et des Lettres à Paris. Tourne dans « Jubiabá » de Nelson Pereira dos Santos. La suite… Sergio Cabral (Editora 34, 2007) vous la raconte !
Je conjugue volontairement au présent : Grande Otelo, Brasil. Comme on dit Marco Polo, Voyage, Robert Capa, Photographie, ou Pelé, Football.

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3 réponses

  1. Sergio Guedes dit :

    Grande Othelo – oui, oui avec « h », comme il aimait que son nom soit écrit – est mort dans les bras de mon amie Ariel de Bigault qui a fait des documentaires à Bahia dans les années 80 qui avait ce grand Monsieur en « destaque ». Des film documentaires d’une grande qualité et sensibilité. Mais, en fait, j’oubliais: « ici, cela n’a aucune importance » comme disait Charlus plus ou moins!

  2. bf dit :

    Merci de ces précisions… A. de B. était CHEZ Claúdio P. (CEAO) il y a peu de temps encore….
    bf, 11h53, salvador

  3. Moreews dit :

    Je recherche une copie DVD de chanchadas avec grande otello soit de Carlos Manga, Watson Macedo comme Carnaval do fogo ou encore Carnaval atlandida de De José carlos Burle
    Comment faire ? Je prépare une séance d’histoire du cinéma brésilien.
    Merci
    Alain Moreews

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