Archive | juillet 2009

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Cinéma, à Salvador, cette semaine (10) : play blessures

Publié le 31 juillet 2009 par bahiaflaneur

dagoCeci Alves et Raul Moreira. Soient deux journalistes bahianais qui s’essaient pour la première fois, au court-métrage, en 35 mm. Le résultat, par deux formes bien différentes, ne vient, heureusement, polir la bienséance visible  dans les salles brésiliennes. Enfant qui dépasse son rêve pour Ceci ou adulte, pour Raul,  qui “s’insurge contre la dictature de la jovialité et de la jeunesse qui prévaut au Brésil”, dans “Dagobert va au paradis”. Le réalisateur veut déconstruire “les déguisements religieux, nombreux au Brésil” et avec la métaphore d’un véhicule d’occasion comme personnage central, nous ramène, depuis 1983 jusqu’à ce jour, à revisiter les “impostures de la beauté” . Mais ce film* où le présent est filmé en sépia et le passé en couleurs, guidé par le personnage masculin, dresse, poétiquement, par des plans simples sans affêterie, les impasses, politiques mais aussi affectives, parsemées, d’un bahianais cinquantenaire en 2009. Poignant.
Ceci Alves, clairement, avec “Doido Lelé” plonge dans les traumas de l’enfance. Par un filmage sophistiqué, où le traitement apporté à la notion de profondeur de champ est l’instrument capital, celle qui étudia le cinéma en France et à Cuba nous remmène dans Bahia des années 40, où un jeune garçon, noir et bahianais et pauvre, entre un père violent et une mère aimante, s’efforce d’accomplir son rêve de devenir chanteur. Montage rapide, couleurs contrastées, et pourtant le final malheureux ne viendra nous ôter l’impression d’une écriture ciselée.

* D’une durée de vingt minutes, le film de Raul Moreira fut tourné en août 2008, en trois jours et monté en trois également, pour un budget de quinze mille dollars. Le réalisateur devrait en mettre en ligne, dans les jours qui viennent, sur Youtube, un extrait.

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Cinéma, cette semaine, à Salvador (9): Gustavo Dahl

Publié le 31 juillet 2009 par bahiaflaneur

dahl“Je suis impliqué dans la gestion institutionnelle du cinéma brésilien depuis 1975.” L’homme qui m’invite à boire un café au bar de l’hôtel veut d’emblée cadrer le débat. Bien qu’il fut un metteur en scène renommé, nous n’en parlerons pas, ou presque. “Car “le Cinema novo fut tout de même une chose incroyable : on en parle encore cinquante ans après !”  Et l’homme, qui me parle dans un français impeccable et sans la mondre trace d’accent, veut rappeler ” que la marque du cinema novo est une marque de mouvement cinématographique politique avant tout.”
Alors ce cinéma brésilien, qu’en est-il ? Sa réponse est sans détours : “Le cinéma brésilien est une production qui a assuré sa perrenité, ces dernières années, mais qui n’est toujours pas devenu une activité économique.” Pourquoi ? “Car le rapport de forces du cinéma brésilien avec la télévision Glogo et les distributeurs du cinéma américain est absolument de l’ordre de celui de David et Goliath.. Et la force politique de Globo est trop forte, il suffit pour cela de connaître le nombre de députés fédéraux qui sont aussi concessionnaires, dans leurs états respectifs, de la Globo!” Les affronter, ces deux pôles adversaires  ? Gustavo Dahl en a rarement été témoin et le faire serait comme “tenter d’envahir militairement un état. Car la Globo est un parti politique”. Et le Brésil n’a jamais su “établir un cahier des charges avec cette télévision pour cause des lobbies, bien sûr”. Les cinq ans de Gilberto Gil à la tête du  ministère de la culture ? “Les célébrités pop, qui ont une vision des médias pour un accès à la culture, ne sont pas les plus puissants du monde”. Mais Gustavo Dahl, avisé cinéphile, sait aussi la malice des États-Unis qui “subventionnent directement ou via des exemptions d’impôts, à hauteur de cent cinquante millions de dollars par an, l’industrie cinématographique brésilienne”. Pour celui qui travailla longtemps à l’ANCINE, les paroles de Glauber Rocha qui voyait “la politique cinématographique comme la forme la plus raffinée  de la politique” doivent être rappelées… Gustavo Dahl a depuis longtemps préféré, en matière d’économie du cinéma “la gestion au rapport de force.” Bien sûr, son travail “l’intéresse”, mais il se désole que “le Brésil ait très peu de cadres dans le secteur cinématographique”.
Malgré tout, il pense avoir “donné sa contribution” et voit peut-être une éclaircie au loin “dans la mesure ou les rapports sociaux sont en train d’être changés par les technologies”. Et la France et les lois Hadopi ? “Cela ressemble un peu à la Chine, cette approche autoritaire, non ? Surtout de la part d’un pays qui a su s’opposer au cinéma américain” (photo D. R.)

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Cinéma, cette semaine, à Salvador (8): la “Passion” de Victoria

Publié le 31 juillet 2009 par bahiaflaneur

passion“Je voudrais fuir de la réalité de mon milieu, et posséder une certaine connaissance, aussi dans une perspective féministe”. Celle qui prononce ces mots, jolie brune dans sa robe Vichy, a 18 ans, est étudiante à l’université fédérale “section genre et diversidade”, un secteur qui focalise les politiques publiques destinées aux plus variables identités sexuelles, plus particulièrement dans le domaine de la santé. Je l’ai rencontrée, hier jeudi, en fin d’après-midi, devant la salle annexe du Festival qui projète seulement les films de Godard. Victoria Zacconi Aquino est née dans l’Etat de João Pessoa de parents bahianais, agronome et artiste.
Ce qui l’a attiré à venir ici, voir des films du cinéaste exilé, au milieu “de salles le plus souvent pleines” ?  ”Le nom de Godard, dont les oeuvres étaient rarement montrées à Salvador”. Hier elle a donc vu, parmi cinquante autres spectateurs, ”Passion, chef-d’oeuvre photographié d’une manière fascinante et où la relation entre les classes sociales est  formidablement traitée et montrée”. Ce jour elle verra “Les Carabiniers”, traduit en ”Tempos de Guerra”. Victoria sait que “le cinéma attire beaucoup de personnes” mais “il y a une franche séparation entre le cinéma pour les masses, dans les grands centres commerciaux” et celui qu’elle est accoutumée à voir, dans la salle “art et essai” qui jouxte sa faculté. Avant ou après les projections, “la seule manière d’en savoir plus est l’internet, où, avidement, elle cherche des critiques” pour celle qui ne connait ni ne lit une revue spécialisée mais est une auditrice assidue des tables-rondes proposées durant ce festival. (photo D. R.)

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Cinéma, à Salvador, cette semaine (7): Manuela Dias, scénariste

Publié le 30 juillet 2009 par bahiaflaneur

manuelaJeudi 30 juillet. 10h30. Elle virevolte, robe blanche au vent, dans l’entrée du Tropical Hotel, et s’affale avec grâce dans le fauteuil qui me fait face. Je ne vois qu’elle. Instinctivement je l’imagine liée au monde du cinéma. Proposition d’interview sur le champ ! Rires… Accepté. Elle est scénariste et bahianaise, Manuela Dias. Mais elle vit et travaille à Rio de Janeiro depuis une dizaine d’années, salariée de la chaîne de télévision Globo. Diplômée en journalisme à Salvador et en cinéma à Rio de Janeiro, la scénariste de 32 ans a déjà à son actif trois pièces de théãtre et trois scénarios de long-métrage, sans compter son travail “alimentaire” pour de nombreuses séries télévisuelles.
Trois long-métrages, tournés et distribués, jalonnent donc son parcours carioca, après un premier travail de scénario pour le long-métrage, non encore tourné, Tudo Isso Para Ficarmos Juntos, du documentariste brésilien Ciro Duarte. Le premier scénario tourné fut Só Deus sabe, du mexicain Carlos Bolado, qui fut suivi de Deserto Feliz, de Paulo Caldas, alors qu’elle vient de terminer celui de Transeunte avec Eryk Rocha, après deux ans d’écriture. Ce long-métrage, produit par la société de Walter Salles, sera tourné dès le mois d’aôut prochain dans l’Etat de Rio de Janeiro. Mais Manuela Dias a aussi dans son escarcelle l’adaptation qu’elle vient d’effectuer, avec le metteur en scène brésilien Vinícius Coimbra, de la fameuse nouvelle “A Hora e a Vez de Augusto Matraga” de José Guimaraes Rocha. Le tournage, après cinq années difficiles de production de la société “Pródigo” (”prodige” en français !), aura lieu dans l’Etat du Minas Gerais avec, entre autres, l’acteur bahianais João Miguel.
Manuela ne s’est pas contenté d’écrire pour le cinéma: par trois fois, les scènes brésiliennes ont reçu ses créations. La seconde, intitulée Madame, à partir de ses lectures de Simone de Beauvoir, resta plus de trois mois à l’affiche dans le prestigieux Centro Cultural São Paulo. Mais son premier texte, elle le monta à 19 ans. Intitulé “Só o quatro”, il fut à l’affiche du Théâtre Villa Lobos, à Rio de Janeiro, pendant les fins de semaines de trois mois consécutifs. Quant à sa plus récente pièce, “A Perna”, elle est inspirée par la lecture d’un livre de Oliver Sacks, où les cinq personnages qu’elle a dessiné gravitent autour du personnage féminin qui a perdu sa jambe… À peine ces mots écrits, vient mon tour de perdre de vue ses… jambes, “happées” par des amis fraîchement arrivés de Rio de Janeiro pour le festival (photo D. R.)

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