Cinéma, à Salvador, cette semaine (5): Jean-André Fieschi

Je profite de ma conversation avec Alain Bergala pour évoquer le documentariste Jean-André Fieschi, mort foudroyé le 1er juillet dernier par un infarctus durant sa participation à un colloque international consacré à Jean Rouch par la Cinémathèque de Sao Paulo. Son nom n’évoque probablement que de vagues réminiscences au grand public. Jean-André Fieschi fut l’auteur d’un documentaire sur Pier-Paolo Paolini, « film essentiel et véritable chef-d’oeuvre » selon Bergala. Ce dernier a très bien connu Jean-André, pourtant « figure très à part, assez secret » puisque pendant de nombreuses années ils ont partagé la propre salle de montage de Bergala, et Fieschi « cet expérimentateur » fut aussi, ensuite, au nombre des auteurs intégrés à la collection de la filmothèque en DVD que Bergala dirige, avec son étude sur Eric Rohmer.
Mais surtout, Alain Bergala aime évoquer Jean-André, « le dernier ami »* du cinéaste Jean Eustache, dont il avait filmé, le quotidien avec la fameuse caméra Paluche « qu’il fut le premier à adopter » dans les années 70, pendant plus d’une centaine d’heures au long des années. Ces bobines vidéo sont aujourd’hui, me dit-il « disséminées, aussi chez Fieschi, en mauvais état, voire détruites par le temps ».
Qui les fera revivre ?  À peine ces pensées s’envolent en moi que… s’avance vers moi, ou plutôt vers Alain Bergala – alors que j’aperçois au loin dans ce hall la cinéaste Ceci Alves – Ángel Díez, qui est ciné-biographe de J. E., qui habita ici à Salvador et que je n’ai revu depuis plus de trois ans, qui est ami du fils d’Eustache et qui fut élève de… Jean-André Fieschi. Comme Salvador est « petit », certains jours !

* Puisque à son arrivée à l’appartement de J. E., le dernier matin, il trouva punaisé sur la porte le papier où était inscrit : »Frappe fort. Si je réponds pas c’est que je suis mort ».

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