Archive | août 2009

L’adieu aux armes culturelles: Caderno Cultural (1990-2009)

Publié le 31 août 2009 par bahiaflaneur

cader“C’est un type de produit qui disparaît du monde de la presse brésilienne. Il appartient à un temps en lequel la culture, vivant dans les espaces urbains, se reflétait dans les rédactions des journaux et sensibilisait les coeurs et esprits qui vivaient là. Aujourd’hui, il perd du terrain pour un contenu portable et jetable des nouveaux canaux, dans les présents du présent”. Ainsi s’exprime le journaliste et poète Florisvaldo Mattos - figure de la presse bahianaise depuis les temps “glauberianos” - dans son éditorial de ce samedi 28 août 2009, annonçant la disparition du Cahier culturel, encarté dans chaque édition du samedi du quotidien [pourtant conservateur] A Tarde. Publié, en ses douze pages, depuis le 6 janvier 1990 sous sa propre direction puis de celle (2003-2008) de la francophile Simone Ribeiro, il savait accueillir prose, contes, essais, poésie, entretiens sur nos contemporains illustres : ainsi cet espace pour la réflexion ne rejetait aucune discipline littéraire. Un espace de liberté, aux vents créateurs ouvert.
Mais comme l’a déclaré l’essaiste Almandrade dans le dernier numéro “la culture chaque jour un peu plus perd de l’espace pour le marketing culturel”. Quand un autre écrivain, et vétéran de ce cahier, Hélio Pólvora, rappelle “que nous sommes cernés, braqués par les faits, les faits et encore les faits (…) dans notre époque d’un matérialisme qui descend les sillons de la scatologie, quand les écrivains utilisent l’essai pour s’exprimer à travers des langages nouveaux, pour déchiffrer des perplexités”. Dorénavant, l’équipe rédactionnelle intègrera le consensuel et polychromique Caderno 2, encarté quotidiennement, qui relate l’actualité de la culture et des arts.
Le flâneur ajoutera que dans son chemin heurté d’une décade à Salvador, ses rares amis d’aujourd’hui ne furent d’abord qu’une signature  de ce Caderno cultural. (photo ci-dessus: dernière couverture de ce samedi)

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Spectacularisation sans spectacle ?

Publié le 30 août 2009 par bahiaflaneur

ebaufba1“Tout d’abord, je voudrais vous dire que cela me semble un manquement grave, dans votre dissertation sur un tel sujet, de ne pas avoir cité l’oeuvre fondamentale La société du spectacle, de Guy Debord”.
Ainsi s’adressait avant-hier jeudi, vers 15 heures, en présence du flâneur, l’un des trois membres du jury universitaire de l’Ecole des Beaux Arts de Bahia (EBA/UFBA) à l’élève Marivaldo Bentes da Silva qui venait de disserter, pour sa maîtrise, une heure durant, sur “La spectacularisation de la fête de Boi-Bumbá de Parintins”.
Le flâneur, seul non étudiant présent par hasard parmi une dizaine d’étudiants dans l’auditorium du premier étage, a… jubilé.
Photo ci-contre : la façade de l’EBA, dans le quartier de Canela, en plein centre-ville.

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Frais universitaires: constitutionnalité foulée aux pieds

Publié le 29 août 2009 par bahiaflaneur

Depuis le 13 août 2008, les membres du Supremo Tribunal Federal, plus haute instance judiciaire du Brésil, ont déclaré inconstitutionelle,  à la majorité des votes,  la facturation de la taxe d’inscription, demandée par les universités publiques. L’université fédérale et publique de Bahia (UFBA), entre autres universités, avait fait appel de la décision précédente et souhaitait cette facturation.
Selon la Sumula Vinculante 12, l’instance judiciaire brésilienne a estimé “que la facturation viole l’article 206, incise IV, de la Constitution fédérale” qui prévoit la gratuité de l’enseignement public dans des établissements officiels.
En ce mois d’aout 2009, à Salvador, de nombreux cours de troisième cycle (pós-graduação) facturent inscriptions et mensualités. Ces cours sont offerts en partenariat avec des fondations privées qui utilisent de ces universités publiques les biens matériels, tels salles de cours, matériels, professeurs et employés. Sans compter le bien immatériel, qui comprend le nom de l’université, dans ce cas précis utilisé alors pour des diplômes non approuvés dans le projet politico-pédagogique de l’université.

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Une fois n’est pas coutume

Publié le 27 août 2009 par bahiaflaneur

J’apprends le décès d’un journaliste français, Jean-Jacques Sévilla, qui aimait le Brésil et y vivait. Et qui sut faire partager ses passions des années durant pour le Brésil, pour nous lecteurs de la presse quotidienne parisienne. Et avait également écrit, autour de 23 portraits de cariocas, l’ouvrage Rio de Janeiro en mouvement, aux éditions Autrement. Alors je publie in extenso le “carnet” du quotidien Le Monde, daté de ce 27 août 2009, signé Dominique Dhombres.

Son héros était Manoel Francisco dos Santos, le joueur de football brésilien (1933-1983), dit Garrincha, comme le petit oiseau tropical du même nom qui préfère mourir plutôt que de se laisser attraper. Jean-Jacques Sévilla, ancien correspondant de Libération puis du Monde au Brésil, est mort d’un cancer à Rio de Janeiro. Ce n’est pas pour rien qu’il s’était intéressé à la carrière de Garrincha. Comme ce dernier, il avait l’air d’un moineau toujours sur le qui-vive, prêt à s’envoler. Jean-Jacques Sévilla s’enflammait facilement, le regard intense, avec de grands gestes de ses bras maigres, pour parler de son club de football préféré, de la cause des Indiens, ou d’une de ces affaires politico-financières tordues, dont le Brésil n’a certes pas l’exclusivité, mais qui prennent là-bas des détours inattendus. Il s’indignait, puis riait.
Il en avait beaucoup vu, mais il était toujours capable, comme à son arrivée, de se passionner pour ces histoires extraordinaires qu’il s’efforçait de décrypter pour le lecteur français. Il avait consacré un livre au Phénomène Ronaldo (Plon) en racontant les étranges traitements que ce footballeur avait subis pour améliorer ses performances. Il en savait long, aussi, sur le trafic de cocaïne qui s’opère dans les favelas, mais dont les grands patrons sont des hommes d’affaires ayant pignon sur rue. C’était un spectacle quand, le plus souvent debout, la main levée ponctuant son propos, il interrogeait au téléphone quelque interlocuteur lointain sans jamais lâcher prise avant d’avoir obtenu l’information qu’il cherchait. Cela prenait le temps qu’il fallait. A l’autre bout du fil, tour à tour bousculé et flatté, l’interlocuteur finissait par céder…
Jean-Jacques Sévilla était né en Algérie, où son père était chef de gare. Il avait mal vécu son retour, très jeune, en France, lors du départ forcé des pieds-noirs, et n’en parlait pas volontiers. A l’IUT de journalisme de Bordeaux, il avait suivi les cours de Robert Escarpit à l’époque où ce dernier signait chaque jour un billet à la “une” du Monde. Il avait été cuisinier. Et puis, il était devenu pêcheur de crevettes en Guyane française. C’est là qu’il avait rencontré sa femme, Zilda, une journaliste brésilienne passionnée par l’écologie. Ils s’étaient installés à Brasilia, puis à Rio. S’il avait pu, il aurait vécu la plupart du temps dans la forêt amazonienne, où il rêvait de construire un hôtel intégré à la nature, qu’on aurait eu du mal à distinguer des arbres. Il rêvait de rencontrer des “Indiens isolés”, sans contact avec le reste du monde, qu’on trouve en Amazonie. Il disait que le regard d’un jaguar, qu’il avait croisé un jour en forêt, était, de toute sa vie, ce qu’il lui avait été donné de voir de plus beau.
• 14 septembre 1950 - Naissance à Oran (Algérie) ; 1984-2003 - Correspondant de “Libération”, puis du “Monde” au Brésil ; 24 août 2009 - Mort à Rio de Janeiro.

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