Une femme, noire

Hier, mardi 4 août 11 heures. Comme chaque semaine, dans cette faculté* d’enseignement afro-oriental, en plein centre, dans le quartier désuet du 2 de julho, j’attends l’un de mes élèves, à ce deuxième étage aux murs décrépis, presque toujours vide. Je suis assis sur le canapé en skai, sans âge, sur le palier. Je feuillette mon journal, du jour. Une femme d’un certain âge s’asseoit près de moi. Elle semble attendre un rendez-vous aussi. Seule sa grosse “boule” de cheveux attire mon attention, gris.  Nous sommes seuls à l’étage, donc. Mon interlocuteur arrive gravissant l’imposant escalier en bois et en colimaçon, “légèrement en retard” et s’en excuse. Arrivé près de la porte de son bureau, il se tourne vers moi :
“Et alors, flâneur, toi qui connaît le monde entier tu n’as pas reconnu ta voisine, tu n’as pas fait de photo ?”
“Non, excuse-moi, Claúdio, non, je ne sais de quoi tu me parles”
“C’était Angela Davis!”

* Centro de Estudos Afro-Orientais (UFBA),  qui fête ses cinquante ans cette année, où seulement 25 élèves, chaque année, étudient en doctorat ou maîtrise. J’y reviens dans les jours prochains.

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1 réponse

  1. Francis dit :

    J’ai cru, l’espace d’une seconde, que Angela Davis fêtait ses 50 ans cette année…

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