Le loup et les architectes prédateurs (1)

ittacare4Le loup. « Warapuru Hoteis & Resort ». En tupi-guarani – langue des indiens qui vivaient ici avant l’arrivée des Portugais – warapuru signifie « loup qui mange le fruit ». Un complexe hôtelier qui s’étend sur 49,9 hectares  à Itacaré, au sud de Bahia, sur le plus beau littoral de l’Etat. Enchassé dans la végétation, sur le lieu dit « Fazenda Engenhoca », au bord de la merveilleuse plage de Engenhoca (photo ci-contre),  le complexe appartient au groupe portugais Aquapura, qui déploie son secteur hôtelier dans la région du Douro, principalement. L’investisseur qui dirige ce projet se nomme Diogo Vaz Guedes. Les prédateurs. Bernardes Jacobsen, architecte de Rio de Janeiro et Anouska Hempel, nommée par certains « papesse des boutique-hôtels londoniens ». 26.000 m2 de constructions.  Quarante apaprtements dans l’hôtel même. Dix-huit villas de plage, qui seraient vendues deux millions d’euros l’unité. Voilà le projet. Une doublette Bernardes/Hempel, au travail, au mépris de l’environnement et de toute intégration sociale des habitants de la région. Et une  bataille juridique et civique fait rage depuis trois ans.
Dès 2006, la promotora de justice Caroline Moraes, en partenariat avec la procuradora da República Fernanda Olliveira a mis en jugement une Action publique civile – avec une demande en préliminaire de l’arrêt total du chantier, la suspension de toutes les licences et autorisations environnementales émises par le CRA et l’Etat –  contre la municipalité d’Itacaré, l’Instituo Brasileiro de Meio Ambiente e dos Recursos naturais Renováveis (IBAMA), l’Etat de Bahia, le Centre de Recursos Ambientais (ex CRA, aujourd’hui IMA), et les entreprises Harmattan Ltda et construtora NM Ltda.

itacare2Selon les juges, la construction de l’hôtel déteriore la Mata Atlantica qui l’entoure tandis que le CRA « a négligé son devoir légal de protection d el’environnement, a permis l’implantation du chantier de l’accusé Harmattan (aidée par l’accusée Construtora NM) sans exiger l’étude prévue de l’impact environnemental, en un clair affront à la loi ».
Entre temps, la municipalité de Itacaré avait publié un décret (no478/2004) qui caractérisait le complexe comme « d’indubitable intérêt social ». En ce mois d’octobre 2009, l’hôtel fonctionne. Nous y revenons dans les jours, semaines et mois à venir, après avoir rencontré les parties qui s’affrontent.

Note : l’organisation non gouvernementale suisse Yonic propose, dans CE fichier PDF, de nombreuses photos des dégradations, particulièrement entre les pages 75 et 78. L’ong relate en autres le vol, des mois durant, du sable du littoral pour la construction. Sans omettre de noter l’édification d’un mur qui va jusqu’à la plage.

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