Archive | décembre 2009

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27 décembre 2009

Publié le 28 décembre 2009 par bahiaflaneur

Un dimanche après-midi. Chaud. Salvador est déserte. Une salle de cinéma où seuls une dizaine de spectateurs assistent au récit filmique d’un “jadis” et d’un “vingt-cinq ans après”, mêlés, de la veuve du  plus volcanique des réalisateurs bahianais. Des photos sont filmées, qui  disposées au sol, qui emportées par les courants. Des monuments, des allées, des sous-bois, des vallées, dans une ville portugaise, Sintra. Des livres, qui ont appartenu au “volcan bahianais”, sont filmés ouverts, face à l’océan. Lautréamont. Godard. Des mots fusent de l’au-delà, souvent en français : “L’insconcient c’est l‘incógnito“. Il y a un entretien, court et très émouvant, avec celui que j’imagine être le grand cinéaste portugais Paulo Rocha, ami de Serge Daney. Je ne suis pas sûr que cela soit lui mais la voix ressemble tant… Il y aussi un poème filmé, sur la page d’un livre de Miguel Torga*, le poète portugais, vénéré par Jorge Amado. Miguel Torga, qui récrivait sans cesse ses oeuvres. “Viúva”, c’est le titre qui précède ses vers, sur la page filmée.
En revenant à mon logis, j’ai ouvert une biographie de Miguel Torga, que je possède. De 1919 à 1925, il est venu au Brésil, plus exactement dans l’Etat de Minas Gerais, autour de la ville de Leopoldina. Il ne reviendra qu’en 1954, alors médecin et sillonnera São Paulo, Rio de Janeiro et Belo Horizonte, sans jamais s’approcher de Bahia. Dans le septième volume de son Diário, il écrivit pourtant cela: «O mundo nunca será suficientemente grato ao Brasil por esta dignificação do negro, que é um triunfo no plano moral e no estético».

* 1907-1995. Traduit en français aux éditions José Corti. Sa traductrice, feu Claire Cayron, est aussi celle de l’écrivain brésilien Caio Fernando Abreu et de ses sublimes “Épiphanies”.

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Photographe, et frappé par la police militaire

Publié le 26 décembre 2009 par bahiaflaneur

Le samedi 5 décembre dernier, l’un des photographes du quotidien A Tarde, Lúcio Távora, a été agressé et frappé par une unité de la Police Militaire, composée de quatre policiers. L’appareil avec lequel il effectuait les prises de vues lui a été dérobé par les militaires. Il effectuait alors un reportage banal, accompagné du journaliste  Flávio Costa, sur les protestations d’étudiants lors de la journée nationale d’un examen du système éducatif brésilien - l’ENEM - face aux locaux de la Faculdade Visconde Cayru, en plein centre de Salvador. Il fut conduit au commissariat du quartier de Barris (1ª CP), sous le prétexte qu’il aurait  manqué de respect au soldat Antônio Gomes. Ce dernier a affirmé au photographe qu’il pourrait le frapper “pour lui montrer comment on frappe les gens” (para mostrar como é que se bate). Le commandant de l’unité policière prétexte la peur des policiers “d’être reconnus lors des parutions dans la presse et ensuite menacés pour leur simple appartenance professionnelle”.
Le fait, au milieu d’autres atteintes à la liberté de la presse, a été jugé suffisamment grave par l’organisation non gouvernementale, des États-Unis d’Amérique, Overseas Press Club of America, pour motiver un courrier au président de la République du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva.

* Fondée en 1939 à New York par des correspondants étrangers du monde entier. Il est bon de rappeler ici, qu’en aucune manière, le quotidien A Tarde n’est un journal progressiste. Bien au contraire…

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C’est Noel

Publié le 25 décembre 2009 par bahiaflaneur

noel1Notre Noel, au Brésil. Sans e tréma. De l’ÉTat de l’Amapa à celui de Rio Grande do Sul, de l’Acre à notre Bahia, une présence phonique qui ne faiblit pas. Malgré vingt-six courtes années de vie, passées dans la simple demeure du quartier de Vila Isabel à Rio de Janeiro, jusqu’en ce jour de mai 1937… Plus de deux-cent cinquante chansons écrites, des dizaines de programmes radio-diffusés où il venait chanter. De maigres gains qu’il dépensait immédiatement dans la vie de bohème du Rio de Janeiro des années 30. Des mots, des paroles en osmose avec les préoccupations sociales et contemporaines d’alors. Un coeur partagé entre deux femmes, sa femme et future grande interpète, Aracy, tandis qu’il n’en aima véritablement qu’une, la “dama de cabaré”, Ceci. Des centaines *d’interprètes qui reprennent,  adaptent, depuis soixante-dix ans…
Noel, notre Noel, éternellement présent, comme le tronc symbole du sapin musical brésilien. La samba de Noel, aux côtés des oeuvres laissées par Pixinguinha et Cartola, comme le socle immémorial de la musique brésilienne de tout le vingtième siècle. Joyeuse écoute de Noel Rosa*, donc !

Les paroles de l’une des compositions de Noel Rosa, intitulée :

Na Bahia

Aonde é que o nosso grande Brasil principia ?
Na Bahia ! Na Bahia !
Aonde foi que Jesus pregou sua filosofia ?
Na Bahia ! Na Bahia !

Todo santo dia
Nasce um samba na Bahia
Samba tem feitiço
Todo mundo sabe disso !

A minha Bahia
Forneceu a fantasia mais original
Que se vê no carnaval !

Em São Salvador
Terra de luz e de amor
Só o samba cabe
Disso todo mundo sabe !

* Entre eux, la chanteuse bahianaise Maria Bethânia a enregistré son deuxième album (triple), en 1966, intitulé “Maria Bethânia canta Noel Rosa”, accompagnée du guitariste  Carlos Castilho.

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Pellicule 35 mm, “chose du passé”, selon F. Meirelles

Publié le 22 décembre 2009 par bahiaflaneur

fernadomeirellesLe metteur en scène Fernando Meirelles*, de passage à Salvador, samedi, pour une rencontre publique dans les locaux du Musée d’Art Moderne, a justifié l’abandon, pour ses mises en scène, de la pellicule de cinéma : une “chose pour ceux qui écrivent encore à la machine à écrire” (coisa para quem ainda escreve em máquina de escrever). Et le cinéaste d’officialiser qu’il viendra tourner, en 2010, à Salvador, un feuilleton pour la chaîne Globo, durant quatre mois. Encore une histoire d’esclavage, située au XIXe siècle, adaptée du roman-saga “Um defeito de cor”, de Ana Maria Gonçalves.
Fernando Meirelles,  qui fut réalisateur de plus de cinq cents publicités, a donc choisi son camp, clairement, après avoir tourné pour Hollywood.
* Associé à la typologie filmique “cosmétique de la faim” (cosmética da fome) avec, entre autres, le film  Cidade de Deus, etc. (photo D.R)

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