Vous avez dit Carlos Marighella ?

marighella2Carlos Marighella  était né à  Salvador, Bahia, le 5 décembre 1911, fils d’un immigrant italien et d’une descendante d’esclaves, noire. Il devint militant du Partido Comunista en 1933, sans pour autant être étranger aux pratiques de  la religion du candomblé. En 1946, il fut élu député à l’Assembléia Nacional Constituinte qui fit suite à la déposition de Getúlio Vargas. Il milita alors contre l’envoi de soldats brésiliens en Corée du Nord, contre la dénationalisation de l’enseignement. 1964 : Dictature au Brésil. En 1969 il fut présenté comme l’ennemi public numéro UN par les militaires. Le 4 novembre 1969, la police politique le cribla de balles, à São Paulo. Sa tombe-mausolée a été dessinée par Oscar Niemeyer – qui fête ses 102 ans ce 15 décembre 2009 – , au Cemitério Quintas dos Lázaros, à Salvador.
Le foyer du Teatro Castro Alves présente, depuis le 11 décembre 2009 jusqu’au 24 janvier, une exposition en mémoire aux quarantes années de cette mort. Les commissaires, Isa Grinspum Ferraz et Vladimir Sacchetta, reviennent avec force lettres, images d’archives, témoignages écrits, sur le parcours de “l’icône”, selon certains, de la lutte armée et de la “guerrilla urbaine ” au Brésil.
Très récemment, dans cette série d’hommages, le député bahianais Emiliano José (PT), le gouverneur actuel de Bahia (PT), l’ex-gouverneur de Bahia et ex-ministre de la défense de Lula, Waldir Pires, le secrétaire d’Etat de la Justice de Bahia, Nelson Pellegrino, le secrétaire spécial des Droits de l’Homme de la présidence de la République Paulo Vanucchi, participaient à une céremonie en l’honneur du même Marighella,  dans le patio de la  Biblioteca Central de Bahia, dans le quartier de Barris, à Salvador. Sous l’oeil du flâneur, le gouverneur en exercice déclara à l’occasion: “Nós precisamos apresentar os fatos nas várias versões para tirar do anonimato ou da condenação, aqueles que interpretam a história diferente de nós, e possamos colocar Marighella ao lado de Tiradentes, de Zumbi, de Lamarca e de tantos outros que vem construindo a nossa história”. Ces “ex militants”, parfois emprisonnés durablement, voire torturés,  tous, en leurs costumes croisés, sont présents devant le flâneur, orateurs lyriques, aujourd’hui notables, au pouvoir à Brasilia et à Salvador. Une cérémonie, bien sûr, organisée aux frais du gouvernements fédéral et  de celui de Bahia. (photos D. R.)

Alors ?

Laissons plutôt la parole aux personnages de Nada, roman de  Jean-Patrick Manchette, écrit en 1972:
(…) “J’ai fait erreur, dit-il soudain.
Le terrorisme gauchiste et le terrorisme étatique, quoique leurs mobiles soient incomparables, sont les deux mâchoires du … Il hésita.
… du même piège à cons, acheva-t-il et il continua aussitôt. Le régime se défend évidemment contre le terrorisme. Mais le système ne s’en défend pas, il l’encourage, il en fait la publicité (…). C’est le piège qui est tendu aux révoltés et je suis tombé dedans.” (…)

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1 réponse

  1. 21 janvier 2010

    […] d’un tel homme d’affaires, qui effectua un revirement total de ses idées politiques initiales, dont le parcours d’entrepreneur au seins de OAS ne peut que troubler, démontre, […]

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