Paysages vierges et mythiques: les industries n’en ont cure (1)

saoroque1« (…) Maintenant je fais cet effort pour que réellement notre industrie navale puisse s’installer ici à São Roque do Paraguaçu, au côté de  l’estaleiro existant de la Petrobras (compagnie nationale  petrolière brésilienne),  rendant possible la création de beaucoup d’emplois, d’une grande qualification professionnelle ». Ainsi s’est exprimé, ces jours-ci, le gouverneur Jaques Wagner, pour affirmer qu’avec un investissement total de deux milliards de reais et la création de sept mille emplois, la région de l’arrière-pays de Salvador, avec la construction de cet Estaleiro Enseada do Paraguaçu va, selon lui, « revivre » …
São Roque do Paraguaçu, une zone de 450.000 m2,  à cent trente kilomètres de Salvador, mais qui dépend du district de Maragogipe, et qui borde le fleuve Paraguaçu, dans cette région agricole du Recôncavo, mythique pour Bahia depuis l’époque des plantations de canne à sucre. Pourtant présente depuis trente ans dans cette région, la Petrobras, depuis 2004, a réactivé ses chantiers, là, et cédé à des tiers la construction de plates-formes off-shore : la PeroáCangoá (montée par l’entreprise Setal en 2004), Manati (montée par Queiroz Galvão en 2006) e PRA-I (montée par le consortium Odebrecht-UTC entre 2005 et 2007). La Petrobras a également construit un laboratoire pour former des jeunes, à São Roque même. À l’issue de ces cours, ils intégreront directement les chantiers du Consórcio Rio Paraguaçu*, qui va entamer la construction de deux-plates-formes : la P-59 et la P-60. La première étape devrait commencer au second semestre 2010 et créer environ deux mille emplois directs. Le maire de Maragojipe, grande ville voisine, Silvio Santana, associe ces chantiers à un « boom » économique et à un « bien être » pour la population de la région: « Todos serão beneficiados de forma direta ou indireta. Haverá geração de empregos, desenvolvimento das áreas de comércio e prestação de serviços, resultando em investimentos para o bem estar da população ».
Ce 8 janvier 2010, à Salvador, les maires , conseillers municipaux de toute la région  (Maragogipe, Sâo Felix, Saubara, Salinas das Margaridas, Nazaré, Itaparica) étaient réunis autour d’une table avec les représentants du consortium. Une rencontre organisée  par la Secretaria Extraordinária de Indústria Naval e Portuária (SEINP) et la Superintendência de Desenvolvimento Industrial e Comercial (Sudic) pour discuter les directrices de l’audience publique qui eut lieu à Maragogipe, avant-hier, le 18 janvier 2010.
Nous reviendrons prochainement sur les réels tenants et aboutissants, et les conséquences dramatiques pour l’environnement de Bahia, loin de cette mascarade de consultation publique, filmée par des fonctionnaires zélés.

* Formé par les entreprises OAS, Odebrecht et UTC. Dirigé par Bruno Dauster.

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