Paysages vierges et mythiques: les industries n’en ont cure (2)

saoroqueprojetDe la lutte armée communiste aux compromis obscurs avec les pires caciques conservateurs. Tel nous pouvons résumer le parcours du président du consortium, Bruno Dauster Magalhaes e Silva. En 1968, étudiant en économie à Rio de Janeiro, il entra au Parti communiste révolutionniare (PCBR) qui prônait la lutte armée. Prisonnier du 2 mars 1970 au 13 janvier 1971, il fut exilé à Santiago, au Chili, en échange de la remise de l’ambassadeur de Suisse, otage. En 1979, amnistié, il revint au Brésil, accompagné de sa nouvelle compagne, également du PCBR, Vera Maria Rocha Pereira.
À Salvador, il fut directeur du secteur des concessions de l’entreprise OAS Construções Ltda, constructeur civil créé par le “coronel” Antônio Carlos Magalhaes qui en confia la direction à son gendre, sar Mata Pires. Bruno Dauster dirigea, également comme président, l’entreprise Linha Amarela S. A. (LAMSA), à Rio de Janeiro, qui gère le grand axe routier, en réalité l’avenida Carlos Lacerda, à péage. Il présida également le conseil d’adminstration de l’ABRAGEF (Associação Brasileira de Geração Flexivel), entreprise qui fédère le secteur des fournisseurs et des sources d’énergie électrique. Son frère, Jório Dauster fut président de l’une des cinq plus grosses entreprises du Brésil, Companhia Vale do Rio Doce, de 1999 à 2002.
L’adoubement d’un tel homme d’affaires, qui effectua un revirement total de ses idées politiques initiales, dont le parcours d’entrepreneur au seins de OAS ne peut que troubler, démontre, à l’approche des élections pour le poste de gouverneur en 2010, la pleine volonté du Parti des Travailleurs – au pouvoir à Bahia depuis 2007 – d’inclure pleinement ses “historiques ennemis” d’hier dans la machine administrative d’aujourd’hui comme monnaie d’échange pour le maintien au pouvoir de leur candidat Jaques Wagner (PT) pour la période 2011-2015. Un double reniement sans retour, tant pour M. Dauster, que pour le Parti des Travailleurs de Bahia, et plus largement le camp progressiste. (photos D. R. ; portrait de Bruno Dauster et projet-maquette du consortium)

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1 réponse

  1. 5 février 2010

    […] dernières années, sous la houlette de Antônio Carlos Magalhaes. En premier lieu, les entreprises OAS et Odebrecht, déjà évoquées dans ce blog. Sans oublier l’architecte, Ivan Smarcevscki, […]