Ana Cristina César, poète (1952-1983)

anacristinacesar1Casablanca
Calme-toi, folie mienne !
Mets tes galoches sur tes cils en bataille et habités
Ce cri de scie qui aiguise les lames
ne s’approchera de ton chantier de tachycardies !
Ces meules qui gémissent dans la pièce voisine
Roberto Carlos qui gémit dans les virages de Bahia
Cette odeur enivrante des cheveux dans les files d’attente des cinémas…
Les cheminées moussent en mes yeux
Les sabots et les cloches me réveillent en sursaut
dans la nuit faite de binocles de hune
et de douchettes de bidet que j’entends transie dans les draps

Te acalma, minha loucura  !
Veste galochas nos teus cílios tontos e habitados!
Este som de serra de afiar facas
não chegará nem perto do teu canteiro de taquicardías…
Estas molas a gemer no quarto ao lado
Roberto Carlos a gemer nas curvas da Bahia
O cheiro inebriante dos cabelos na fila em frente no cinema…
As chaminés espumam pros meus olhos
As hélices do adeus despertam pros meus olhos
Os tamancos e os sinos me acordam depressa na
madrugada feita de binóculos de gávea
e chuveirinhos de bidê que escuto rígida nos lençóis de pano

(ci-contre, photo d’un manuscrit de Ana Cristina César, sublimes fac-similés édités par l’Instituto Moreira Salles. Traduction BF.)

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