Archive | juillet 2010

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Boris Kossoy, le vide et le plein, comme un théâtre magique

Publié le 31 juillet 2010 par bahiaflaneur

kossoy

B. Kossoy et D. Moura, le 31 août, au Museu de Arte da Bahia - Photo de Francisco Antônio Zorzo

Il y a toujours plusieurs vies, en chacun de nous. Mêlées ou successives. Boris Kossoy, photographe, né à São Paulo, appartient à la seconde catégorie. Boris est à Salvador, depuis hier soir vendredi pour le vernissage d’une exposition qui montre, superbement, soixante-cinq de ses images, grand format, la grande majorité en noir et blanc. Quarante ans de photographie. Nous ne parlerons pas ici de l’historien de la photographie le plus illustre du Brésil, qu’il est devenu. Comme le dit le commissaire de l’exposition Diógenes Moura, Boris Kossoy,  ”l’un des grand penseurs du Brésil” avait déjà figé, dès 1955, du haut de ses quatroze ans, l’avenue Saint-Jean (voir “Primeiras fotos” dans le site internet du photographe) de sa ville natale. Sans oublier de fixer aussi, dans le nitrate d’argent, les contrastes urbains entre bidonvilles et tours de luxe. Il hésitait pourtant entre architecture, dessin et photo. Mais sans cesser de lire ceux qu’il avait élu comme guides, Boy Casares, Cortazar ou bien encore Borges. Ce sera la photographie, celle qui va entre “instant éternel et éternel retour”, dans une “recherche de ce qui sort du commun”. C’est l’époque où il voyage énormément au Brésil. Un premier temps flâneur, où il s’arrête sur des êtres humains, en groupe, saisis frontalement, dans le Brésil profond. Le temps s’étale entre Nordeste, à Bahia, au Pernambouc, sans oublier le sud, celui de Santa Catarina en particulier.

La première photo de B. K., en 1955, à 14 ans.

La première photo de B. K., en 1955, à 14 ans.

S’enchaîne naturellement la fascination pour New York, dès 1971, où il vit un an, et travaille comme photojournaliste pour “America Society Photographer”. Car celui qui voit la photo comme un “processus de création qui n’est rien d’autre qu’un processus de construction de représentation”, affectionne les longues marches dans New York, et ses photos détachent son observation des lignes architecturales ou des regroupements de militants, en ces temps, d’alors, de guerre au Vietnam. Tout va très vite puisque trois de ses photos sont acquises en 1970, par le musée d’art moderne de New York. Suivront ainsi, dès ces années là, des acquisitions par le Metropolitan Museum of Art, et la Bibliothèque nationale de France. La photo le passionne, et voilà pourquoi celui “qui voit les images comme un monde en soi” se diplôme en histoire de la photographie et en sociologie, pour devenir au milieu des années 80 professeur de la prestigieuse université USP. 1972 sera l’année de nombreuses commandes de reportages à travers tout le Brésil. Quelque temps après, en 1977, avec un ami, il ira remettre ses pas dans ceux du photographe Hercules Florence*, qui effectua l’Expediçao Langsdorff” entre 1826 et 1829 au Brésil. Puis les années quatre-vingt dix le verront clairement saisir, en noir et blanc tant dans un format vertical qu’horizontal, des paysages, de campagne profonde ou urbains, au milieu dequels, souvent, un personnage, une matière, une poupée (”Senhor Américo”), une ombre, uniques, viennent apporter cette “touche” de réalisme fantastique au cadre, qui caractérise sa dernière phase de photographe. Boris associe lucidement, en ce dernier samedi de juillet 2010, son propre travail “à une démarche théâtrale plutôt qu’une proximité avec la peinture”. Pour cela, les contrastes élevés qu’il affectionne participent, alors, éternellement, pour guider notre esprit vers des contrées magiques, propres à chacun de nous.

Ci-dessous : “A casada” et ”Retrato de Senhor Américo - Mirante da Serra Itapacerica da Serra - SP - 1973″

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Devant l’Evelador Lacerda, sur la Praça Municipal, à Salvador, en 1972, ci-dessous:

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Le Brésil de Boris Kossoy, c’est ici :
http://www.boriskossoy.com/galerias/brasil/index.html

O Caleidoscópio e a Câmera. Boris Kossoy. Dans le cadre de A Gosto da Fotografia. Dans le Museu da Arte da Bahia, Corredor da Vitoria. De ce samedi 31 juillet jusqu’au 5 septembre. Ce mois de la photo 2010 est réalisé par l’Instituto Casa da Photographia de Salvador, em partenariat avec la Pinacoteca do Estado de São Paulo, et sponsorisé par la compagnie de téléphone Oi Futuro, et le gouvernement de Bahia (Secult). Depuis 1984, Boris Kossoy est Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, pour l’ensemble de son oeuvre.

Bibliographie essentielle :
- * Hercules Florence - A descoberta isolada da fotografia no Brasil (editora EDUSP)
- Trilogie : Fotografia & história ; Realidades e ficções na trama fotográficaOs tempos da fotografia - o efêmero e o perpétuo. - editora Atleliê Editorial
-
O olhar europeu: o negro na iconografia brasileira do século XIX. (Kossoy, Boris; Carneiro, Maria Luiza T.)  - p. 173-191. - Editora EDUSP - 2002.
- Boris Kossoy: fotógrafo - editora Cosac Naify - 216 p. - 2010
- Dicionário Histórico-Fotográfico Brasileiro  - éditora Instituto Moreira Salles (IMS) - 2002.

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Gal Costa chante

Publié le 28 juillet 2010 par bahiaflaneur

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Aérien, disent-ils (26)

Publié le 28 juillet 2010 par bahiaflaneur

métro10

Toujours à l’entrepôt depuis le… 19 janvier 2009. (photo Xando Pereira)

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Place Castro Alves: du peuple ou des commerçants ?

Publié le 27 juillet 2010 par bahiaflaneur

unibanco2Le cinéma Glauber Rocha, réinauguré à l’effigie de la banque Unibanco (à l’extrême droite de la photo ci-contre), veut s’approprier un peu plus de ses alentours physiques, après l’acquisition polémique, et la privatisation de fait, récemment, de la placette contigue à son bâtiment. S’approprier  également l’architecture et le décor splendide de la place Castro Alves, qui lui fait face (voir seconde photo ci-dessous), est le nouvel et ardent souhait de son directeur et gérant.
En effet, cette place Castro Alves, bijou de Salvador, véritable porte d’entrée dans le centre historique, héberge, depuis une petite vingtaine d’années, tout au long de l’année, des fêtes ou animations, principalement musicales et populaires, qui nécessitent alors le non accès total aux voitures, dès les cent mètres précédant la praça Castro Alves. Souvent mal organisés et non contrôlés, ces rassemblements, à la sonorisation assourdissante, débordent sur toutes les rues adjacentes.

Écoutons* l’actionnaire-gérant du cinéma, quarantenaire - issu d’une famille de l’élite:
“Quand on ouvre une affaire avec pignon sur rue, on parie sur la ville. (…) le plus grand problème ce sont vraiment les fêtes. (…) Avec les autorités (…) nous avons évoqué les fêtes, qui ne peuvent pas se produire. Principalement le samedi et le dimanche, qui sont nos journées de plus grande fréquentation”.
“(…) Notre affaire marche bien, nous avons franchi toutes les étapes prévues mais souvent nous ressemblons à un mendiant, demandant une faveur (…) pour nous, ne plus autoriser de fêtes ici. Sinon, ils vont en finir avec l’unique bâtiment (équipamento) qui insite à rester sur la place Castro Alves. Et nous ne sommes pas écoutés”

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Ne faudrait-il pas tout bonnement avoir bonne mémoire et se souvenir des paroles du chanteur Caetano Veloso, dans sa chanson Um frevo novo:  ”a Praça Castro Alves é do povo, como o céu é do avião”. “la place Castro Alves est du peuple, comme le ciel appartient à l’avion”.
Ne faudrait-il pas simplement préparer mieux ces fêtes, les doter d’équipements plus ordonnés et moins bruts, et instaurer des cahiers des charges stricts aux organisateurs? Il n’est pas négligeable, également, de savoir qu’un hôtel - hors catégorie, de très grand luxe, de la chaîne Fasano - va s’établir en 2011 dans l’immeuble situé sur la gauche du cinéma… Les lobbies hôteliers seraient-il déjà actifs et auraient-ils déjà mandaté le natif de São Paulo pour faire place nette avant l’ouverture de leur palace ?

* in jornal A Tarde, Caderno 2+,  p.7 (la page entière), le 10 juillet 2010. Recueilli par Thiago Fernandez.

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