Cigare et Bahia, un couple qui dure (0)

Historiquement, la région du Recôncavo* est La région du tabac. Entre dix-neuvième et vingtième siècle. Les trois grandes fabriques d’alors –  Suerdieck**, Dannemann, et Costa Ferreira & Penna*** – employaient dix mille personnes et exportaient soixante mille tonnes de tabac annuellement, à partir des municipalités de Cachoeira, de São Felix, de Cruz das Almas, de Maragogipe, et de Cruz das Almas, principalement. Dans les années 1930, Bahia alors divisée en 152 municipalités, comptait 101 municipalités où l’industrie du tabac était implantée..
Dans les plantations, la feuille de tabac de l’espèce Mata fina est toujours la reine, suivie par les types Arapiraca et Mata norte. Mais en 2010, les emplois directs ne dépassent pas le nombre de cinq cents et la quantité exportée est d’environ cinq mille tonnes, selon les données disponibles de 2008. Tandis que cinquante cinq mille emplois directs ou indirects dépendent de ce secteur, selon le syndicat professionnel Sinditabaco. La même source annonce que l’espace géographique est responsable de 3% de la production nationale de tabac destinée aux cigarillos et aux cigares****. Et son responsable, le même Ricardo Becker, rappelle que l’imposition du secteur est de 30% depuis le mois de juillet 2008, alors qu’elle était précédemment de 9%. Et le prix pour le consommateur final s’est affiché… 42% supérieur. Mais cela n’empêcha pas le volume produit de croître, entre 2000 et 2006, de plus de cinquante pour cent. Et dans la même période, la surface totale plantée a augmenté de vingt-cinq pour cent…
À Salvador, en 2010, seuls huit petits magasins vendent des cigares. La grande figure de ces revendeurs se nomme Agnaldo Sales Sampaio, toujours le cigare à la bouche, entre deux parties de poker, aux commandes depuis quinze ans de son petit “réduit” dans le centre historique.
Seuls dix fabricants de cigares subsistent en 2010. Chaba, à Alagoinhas (1), Menendez & Amerino, à São Gonçalo dos Campos (2) Josefina, à Cruz das Almas (3), LeCigar – Manufatura Tabaqueira, à Cruz das Almas (4), Dannemann, à São Félix (5),  et  la minuscule Sandes (6), à Cruz das Almas. La plus ancienne marque, Leite & Alves/Talvis, est également à Cachoeira (7). Viendront fermer la marche Monte Pascoal (8), MR Charutos (9), et Paraguaçu, tous à Cachoeira (10). Seul Dannemann appartient à des actionnaires étrangers, suisses, en l’occurence. Nous essaierons dans les jours et semaines qui viennent de tracer un portrait rapide de chacune d’entre elles.

Car la réputation des cigares de Bahia est désormais établie. Elle occupe la seconde place, derrière Cuba et devant la République dominicaine, en terme de qualité, pour les spécialistes du monde entier.Tandis que le Brésil reste le premier exportateur mondial de feuilles de tabac, en 2009, avec 681.000 tonnes, et le second producteur mondial de tabac.

* D’une surface de 11.200 km2, et 38 municipalités (source IBGE). Les régions du sud du Brésil (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná) produisent 97% des feuilles de tabac du Brésil.
** Entreprise (voir histoire ICI, précisément pages 53/54/55/56/57) qui employa jusqu’à quatre mille personnes, dont deux cent rouleurs de cigares, dans les années cinquante, et qui proposait 100 types différents de cigares. Fondée entre 1889 et 1892, par l’Allemand Augusto Wilhelm Suerdick, elle a fermé en 1999, après avoir été rachetée par le groupe suisse Melitta en 1975.
*** Cette entreprise a appartenu à la famille maternelle de la … chanteuse bahianaise Gal Costa.
*** Ainsi, les cigares de Bahia fabriqués à Bahia représentent 3% de 3% de la production nationale de feuilles de tabac.

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1 réponse

  1. bahiaflaneur dit :

    Une thèse sur la féminisation complète de la chaîne du cigare à Bahia
    (en portugais du Brésil)
    http://www.ppgh.ufba.br/IMG/pdf/FAZER_CHARUTOS_-_UMA_ATIVIDADE_FEMININA.pdf
    Ce travail rappelle en détail combien l’union charnelle (maîtresses, puis épouses) entre les ouvrières bahianaises et les immigrants patrons allemands fonde toute l’histoire du tabac à Bahia…

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