Hirosuke Kitamura, du temporel vers l’irréel

hirosuke6Il n’a pris sa toute première photo qu’en 1995, pourtant arrivé depuis quelques années à Salvador, venu du Japon, après de solides études de lettres lusophones au pays du soleil levant. Ce qui l’a frappé, d’emblée, à Bahia, dans ses longues balades nocturnes et diurnes, ce fut “le grand nombre de choses en relation avec la mort”, bien que “les choses vivantes, durant le jour, soient portées par la musique et le sexe”. Alors employé dans un service administratif pour la communauté japonaise, et amoureux fou de la musique brésilienne*, ce fut la lecture d’un livre du photographe Miguel Rio Branco, que lui fit découvrir le photographe Marcio Lima en 1998, qui fut décisive pour son implication photographique. Impressionné par la “saturation des couleurs” et le “poids” des photos, Hirosuke a ainsi d’abord appris “à observer”. “Ce que nous percevons, les textures des objets, à travers les lumières qui nous encerclent, je le perçois à travers du temps”. Cela peut êre, me confie-t-il, “de l’eau, des êtres, du feu”. Puis vinrent de très nombreuses rencontres avec le photographe Mario Cravo Neto, qui l’aida à concevoir sa première exposition individuelle (“Material in Vita”) à Salvador en 2004…
“Le travail de Miguel, de Mario, a du poids et je voudrais arriver à cela, également”. Pour ce jeune et mince quarantenaire,  qui aime écouter du jazz, “où il y a beaucoup plus de durée que dans le pop”, c’est à cette “densité de la chose montrée” qu’il souhaiterait parvenir, avec son Hasselblad. “La transfiguration du passage du temps”, ce leitmotiv de Hirosuke, “avec les marques du moisi, des rayures est très intéressante à photographier”, semble centrale pour celui dont “le regard s’appuie et se focalise sur ce passage.” La fréquente décrépitude des décors qu’il fréquente et photographie, les basses lumières, entre chien et loup, nous amènent à distinguer des êtres comme des éléments d’un cadre, où règne un espace-temps roi. Hirosuke tient à me répéter que “si vous observez très bien les choses simples, vous arrivez à saisir ce que vous souhaitez et produire”. Est-ce pour cela que l’univers du bordel – où il se rendit à l’invitation d’un ami japonais et artiste en 1999 pour la première fois – est pour lui “intéressant, car il n’est pas sophistiqué et bien souvent à moitié grotesque.”?

* Depuis 1997, HK est correspondant de la revue mensuelle et japonaise, sur la musique latino-américaine, Latina. Lors du premier voyage au Japon du photographe Miguel Rio Branco, en juin 2004 pour une exposition collective à Tokyo, Hirosuke, alors présent au Japon, “guida et accompagna” le plasticien et auteur de “Plaisir la douleur” à Kyoto et à Tokyo.

– Photo en vignette: “Blue Light”. Ci-dessus, photos de HK exposées par la galerie newyorkaise 1500Gallery, lors d’un salon à San Diego, en Californie, la dernière semaine d’août 2010: “Lagrimas Negras” et “Yellow Dance”.

Galerie virtuelle des photos de HK, à New York: http://www.1500gallery.com/index.php?mode=gallery&section_id=52
Et comme HK a des talents multiples, voyez plutôt:
Insônia – Hirosuke Kitamura from Mesa de Luz on Vimeo.

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2 réponses

  1. DIANE FARIA dit :

    CRÉATIF ET SURPRENANT!!!!

  2. khristina Viana dit :

    Un portrait brillant du côté obscur de la métropole. La sensibilité de l’artiste se reflète dans leurs images se chevauchent, les cadres et les Agic comme des coups de pinceau de rouges! Mais le changement de style pause changement. Il semble que le coin était là! Voir les «laid» avec le son de Bahia international Birimbau, qui là-bas on dit être le “beau” l’exotisme “.” Un beau travail … un peu long! Mais, très beau travail

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