Vivaldo da Costa Lima est mort


vivaldo/fernandovivas
Matin du mercredi 22 septembre 2010, 8h00. 85 ans de vie. Nous reviendrons dans les journées prochaines, ici,  sur le décès de l’anthropologue, qui fut, entre mille tâches et mille responsabilités officielles, et des ouvrages classiques sur les religions afro-brésiliennes, au coeur du xxe siècle, aussi, le guide de Jean-Paul Sartre à Bahia, l’ami indéfectible du photographe Pierre Verger, le compère d’Alfred Métraux… Enterré ce même jour à 16h30 au cimetière de Campo Santo, dans le quartier de Federaçao, Vivaldo da Costa Lima laisse Bahia orpheline. En attente de nos souvenirs personnels, des réactions des historiens et intellectuels, nous publions le commentaire à chaud du metteur en scène de théâtre, dramaturge, auteur, scéanriste de cinéma, Gil Vicente Tavares, âgé d’une petite quarantaine d’annéees, qui proposait ce soir même du 22 septembre 2010 une lecture dirigée d’une pièce de théâtre, sur Sade. (photo de Adenor Gondim, en vignette et, ci-contre, de Fernando Vivas)

« Encore pré-adolescent, ma mère m’a présenté à un monsieur, barbu, grand bavard, drôle, comme me paraissaient être les grands intellectuels que je connais; à commencer par mon propre père. Ce jour-là, une représentation, ainsi, mineure, j’avais dû être juché sur ses épaules au coeur du Terreiro (de candomblé) do Ilê Axé Opô Afonjá, ou pour un lancement de livre ou quelque vernissage. Ce soir là, j’ai reçu en cadeau mon premier disque vinyl de Villa-Lobos, avec Mady Mesplé chantant la Bachianas numéro 5. Cet homme, dans la posture qui lui convenait, éclaira l’esprit de plus d’un, racontant des histoires sur la soprano, sur Villa-Lobos, mélangeant tout cela avec des voyages en Afrique, avec des histoires d’Europe. Cet homme est décédé aujourd’hui. Vivaldo da Costa Lima adorerait assister à la lecture dramatique de ce jour, qui évoque Olga Benário. Et en ce moment qui était chaque fois un peu plus rare, il m’enlacerait ensuite avec l’orgueil d’un « oncle », sachant qu’une part de ce que je suis vient de lui, un peu de ce que nous sommes vient des personnes qui nous ont marqué; et beaucoup de ce que nous sommes est un amalgame d’expériences, de sensations et de conversations avec des êtres comme Vivaldo da Costa Lima. La lecture de « Le chant d’Olga » sera, intimement, un hommage à sa personne. »

(« Ainda pré-adolescente, minha mãe me apresentou a um senhor, barbudo, falastrão, bem-humorado, como me parecem ser os grandes intelectuais que conheço; a começar por meu próprio pai. Naquele dia, uma reapresentação, pois, menor, devo ter sido carregado em seu colo pelo Terreiro do Ilê Axé Opô Afonjá, ou por algum lançamento de livro ou alguma vernissage. Nessa reapresentação, ganhei meu primeiro vinil de Villa-Lobos, Mady Mesplé cantando a Bachianas n.5. Esse homem, na função primaz que lhe convinha, abria a cabeça de mais uma pessoa, falando histórias sobre a soprano, sobre Villa-Lobos, misturando tudo isso com viagens à África, com histórias de Europa. Esse homem faleceu hoje. Vivaldo da Costa Lima adoraria assistir à letura dramática de hoje, falando de Olga Benário. E nesse instante que estava cada vez mais raro, ele me abraçaria depois com o orgulho de « tio », sabendo que um pouco do que sou veio dele, um pouco do que somos vem de pessoas que nos marcaram; e muitos do que somos é um amálgama de experiências, sensações e conversas com pessoas como Vivaldo da Costa Lima. A leitura de « O canto de Olga » será, intimamente, uma homenagem a ele. »)

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vivaldobf

Au centre, assis, en novembre 2008 (photo BF)

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1 réponse

  1. Davidikus dit :

    C’est triste. Il est bon de rappeler que le Brésil a produit & produit toujours des intellectuels de premier plan.
    http://davidikus.blogspot.com/

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