Faut-il que l’Unesco sauve les couvents franciscains?

conventosantoantoniodeparaguacuDu total de quinze couvents franciscains construits dans la région Nordeste* entre 1585 et 1711, six sont localisés dans l’Etat de Bahia. Le plus célèbre reste bien entendu le Convento de São Francisco, construit en 1587, couvert d’or et d’azulejos, dans le centre historique de Salvador. Tous ces couvents sont protégés et classés par l’annexe locale de l’institution nationale IPHAN (Instituto do Patrimônio Histórico e Artístico Nacional). Mais devant la dégradation avancée de la totalité de ces bâtiments et l’impossibilité financière de les restaurer, l’Institut cogite et souhaiterait obtenir un classement groupé des quinze couvents auprès de l’UNESCO, comme « patrimoine mondial ». L’organisme verrait là l’occasion d’attirer l’attention de la communauté internationale, prenant en compte alors la situation de grande dégradation architecturale. De tous ces lieux religieux, seul le Convento de São Francisco reçoit un flux quotidien, très important, de touristes. Les cinq autres ne reçoivvent, selon les spécialistes, jamais plus de dix visiteurs par jour…
L’ordre des Franciscains du Nordeste, composé seulement de cent soixante et un missionaires n’a jusqu’alors jamais souhaité impulser le tourisme culturel (pousadas, visites guidées) à l’intéreur même de ces ensembles. Et la restauration est onéreuse. Selon l’IPHAN, pour redonner couleur et vie à au seul ensemble d’azulejos du couvent de Salvador, la facture s’élève à cinq millions de reais. Cela sera effectif dès la fin de cette année. Les vingt-deux moines de Salvador, qui vivent dans cet ensemble de quelques soixante-dix gigantesques pièces – dont les restaurations successives ont toujours été payées par le gouverneçent de Bahia et des entreprises comme la Petrobras ou Odebrecht ou bien encore la chaîne de télévision O Globo – ne sont pourtant pas prêts de vouloir sortir de leur vie… monacale.
Au vu de l’appréciation actuelle du visuel du centre historique de Salvador, dégradé et en piteux état – pourtant également classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis deux dizaines d’années – via la double gestion du gouvernement de Bahia (SECULT) et de la mairie, aussi inefficaces et inapropriées l’une que l’autre, la voie souhaitée  par l’IPHAN ne nous semble pas la plus appropriée…

* Etats de Bahia, Sergipe, Alagoas, Pernambouc et Paraíba.

Photo, ci-dessus, du Convento de Santo Antônio do Paraguaçu, construit en 1649, situé à Cachoeira. Seulement l’église, la façade et les murs porteurs sont encore debout. Les panneaux d’azulejos portugais qui couvraient ses parois ont été achetés au début du XXe siècle par un colectionneur privé, José Mariano Filho. à son décès, en 1974, ses héritiers détruisirent sa maison pour évier qu’elle soit classée. Et les azulejos disparurent sous les coups de pelleteuse…
Les autres couvents franciscains de Bahia sont: Convento de Nossa Senhora do Desterro (1677, Salvador), Recolhimento de Nossa Senhora de Boa Viagem (1711, Salvador), Convento de São Antônio (1650, Cairu), Convento de Santo Antônio (1629, São Francisco do Conde – photo ci-dessous)

saofranciscodoconde


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