Devant l’urne, nous ne “glapirons” pas

elections1Quels sont les maux de la société brésilienne ? En premier lieu la violence. 17,6 millions* d’armes à feu sont en possession de personnes privées au Brésil. 57% d’entre elles sont illégales. 72% de ces armes appartiennent à des entreprises de sécurité privées ou à des individus. Entre 1990 et 2000, à Bahia, il y eut plus de décès dus à des homicides par armes à feu que de décès dus aux accidents routiers. Aucun candidat ne souhaite remettre en question ce fait. En 2009, à Bahia, ont été saisies par la police 4.898 armes, ce qui donne un ratio de 37,1 armes pour 100.000 habitants. Un actuel et déjà ex-président de la République qui a refusé d’interdire par décret ces armes et qui au contraire a favorisé le vote d’un référendum sur les armes, lâchement otage des lobbies conservateurs. Un maintien de la possession d’armes qui fut donc prorogé officiellement, y compris par des militances de “gauche” et par quelques militances afro organisées, ces dernières représentant pourtant la première victime des armes, d’une manière terriblement indiscutable, nous voulons dire le peuple noir.
À égalité de mal, l’absence d’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la santé publiques. Avec comme corollaire l’augmentation en flèche des écoles et universités privées autorisées par le ministère de l’éducation. Avec l’extension officielle des possibilités d’inclusion dans la déclaration annuelle de revenus, pour les seuls 15% de Brésiliens qui peuvent se le payer, des cotisations mensuelles de plan de santé privés et des mensualités d’enseignement privé, sans même compter des régimes privés de retraite. Une partie du Brésil qui humilie chaque jour un peu plus un autre Brésil dépourvu de l’accès à la santé basique et au savoir.
En dernier lieu, une absence totale d’argumentation politique et économique des deux candidats à la présidence de la république, durant la campagne. Et des arguments dignes de supporters sportifs.
Notre choix d’un renvoi dos à dos à leur crasse intellectuelle se fait ainsi dans la plus tranquille des évidences, à la veille de ce deuxième tour des élections présidentielles, dimanche 31 octobre 2010.
Et nous  revient naturellement la phrase, limpide, d’André Breton, issue d’un de ses tracts:

“À la niche les glapisseurs de Dieu !”

dilma

serra

* Chiffres donnés à la mi-octobre par les organisations Instituto de Altos Estudios Internacionales de Ginebra (HEID), l’organisation non gouvernementale Viva Rio et l’Instituto de Estudios de Religión (ISER). Le document commun, extrêmement détaillé et précis sur les violences en tous genres, qui porte le titre “Armas ligeras en Brasil: Producción, Comercio y Holdings”,  a été publié le 18 octobre 2010 par l’entité Small Arms Survey, qui dépend de HEID. La coordinatrice de ce rapport est bahianaise –  Maria Fernanda Tourinho Peres – et fille d’un polémiste intellectuel de Salvador. Avec l’outil de recherche, des dizaines d’entrée, à “Bahia”, figurent dans le document disponible ici :
http://www.smallarmssurvey.org/fileadmin/docs/E-Co-Publications/SAS-PAHO-WHO-2004-brasil-EN.pdf

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