De scandaleuses “Échappées belles”

echappeesbelles“Échappées belles”, émission hebdomadaire diffusée sur la chaîne de télévision publique France 5. Connaissez-vous? La journaliste responsable d’un spécial Salvador de Bahia, qui sera tourné ici entre le 15 et le 23 novembre 2010, me demande ce midi même, 2 novembre 2010, par mail, un téléphone pour me joindre (voir lettre ci-jointe). Chose faite.
La journaliste/pigiste me présente le cadre et le contenu, tout d’abord. Et m’interroge : “J’ai pris connaissance de votre blog. Vous semblez la personne idéale pour nous conseiller, nous mener aux personnages typiques de Bahia, etc. Accepteriez-vous?”
Le flâneur: “Madame, la première réponse que je ferais est qu’il m’est nécessaire d’abord de savoir si ce travail est rémunéré”
La journaliste: “Nous ne travaillons pas ainsi, il ne s’agit pas de cela…. Nous voulons connaître ce qui est spécial à Salvador et dans l’arrière-pays, ici, etc. Pour cela, après avoir lu votre blog, dense, nous faisons appel à vous… Nous venons avec un guide, etc. Patati Patata…”
Le flâneur, avant de raccrocher brutalement: “Madame, passez votre chemin, croyez-vous qu’il existe des journalistes et des guides qui vivent ici depuis dix ans et vont travailler gratuitement, livrant ainsi dix ans de connaissances pour des professionnels de l’information?”

Que le toupet sans gêne de la pigiste et de son équipe d'”Échappées belles” méritent, au minimum, un boycott définitif de leur émission, et un zéro pointé, nous semble aller de soi…
Que muets soient celles et ceux qui rencontreraient l’équipe, ici, nous semble la moindre des choses, également…

En 2010, il s’agit de la quatrième équipe de tournage, française, qui me joint par téléphone et cherche à bénéficier d’informations sans les payer. Ainsi, par ce post, l’éventuelle cinquième sait déjà à quoi s’en tenir… Au passage, on remarquera le non-professionalisme de l’équipe et de la journaliste pigiste, qui cherche à s’informer treize jours seulement avant son arrivée sur place. Du botravail sans aucun doute.

Salvador, 16h16, 2 novembre 2010
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From: wwwwwwww
To: bahiaflaneur@msn.com
Subject: Préparation d’une émission de voyage sur Salvador et l’arrière pays bahianais

Date: Tue, 2 Nov 2010 18:08:10 +0100
Bonjour,
Je suis journaliste et je prépare actuellement une émission sur Salvador de Bahia et l’arrière pays bahianais.

Le tournage aura lieu du 15 au 22 novembre, entre Salvador et Cachoeira.

Serait-il possible de vous contacter directement au téléphone pour profiter de votre connaissance de la région?
Un grand merci d’avance,
Bien à vous,

X. V.

Emission “Echappées Belles” France 5
Web émission : http://www.france5.fr/echappees-belles
Web société : http://www.botravail.fr

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12 réponses

  1. Loïc dit :

    Ces pratiques et d’autres sont hélas courantes dans la profession. Quand j’étais en activité, nous recevions des dizaines de journalistes touristiques par an pour la promotion d’une région. Tous frais payés bien sûr, y compris les extras… Encore fallait-il s’estimer heureux s’ils n’imposaient pas femmes et enfants, maitresse, etc… Je dois reconnaître que certains se comportaient bien mieux que d’autres. A bon entendeur….

  2. GOURY dit :

    Producteur du magazine Echappées Belles, je me doit de replacer le débat au niveau du préjudice subit par Monsieur Alex Garrel, alias Bahiaflaneur.
    Notre journaliste a effectivement , dans le cadre de la préparation de notre magazine, pris contact avec des personnes qui ont une vision globale et complète du Brésil.Nous le faisons systématiquement, en plus des autres sources d’infos dont nous disposons . Nous posons effectivement quelques questions a nos interlocuteurs…une facon de ” sentir l’ambiance ” mais nous ne considérons pas qu’une info donnée, un nom , une adresse, donne lieu systématiquement à une rétribution . En revanche nous employons parfois des ” fixeurs” , dont le role bien défini est de nous soumettre des idées originales, de trouver des personnages intéressant et disponibles. Il s’agit là d’une ” mini enquête” dont la contrepartie est bien sur négociée en amont. Quand nous avons joint Monsieur Garrel, il a répondu a notre journaliste qu’il ne donne aucun renseignement sans contrepartie financière. C’est son droit et je le respecte , même si je ne l’approuve pas complètement . Il m’arrive très régulièrement d’être contacté par des productions étrangères qui préparent des émissions en France, et quand celà ne me prend que quelques minutes, je donne volontier les quelques contacts dont je dispose . Confraternellement. Quand Monsieur Garrel a posé les conditions qui sont les siennes, notre journaliste lui a répondu qu’elle ne sohaitait pas donner suite a sa contreproposition . Rien de bien anormal ….Je me rend compte que la télévision fait encore beaucoup fantasmer…Argent , limousines, séjours frais payés… C’était peut être vrai dans les années 80 de Monsieur Berlusconi, mais depuis, le paysage a bien changé, les budgets aussi …
    Quoi qu’il en soit, les fondateurs de Bo Travail! , la société de production que je représente est peut être de la vieille école : nous sommes tous journalistes, nous tenons a certaines valeurs qui je l’espère, transparaissent dans nos magazines et nos reportages.
    Comme je l’ai dit à Monsieur Garrel de vive voix, par téléphone, je reste a sa disposition s’il a un jour besoin d’une info, d’un contact à Paris . Je lui donnerais volontier…et gratuitement .
    Alain GOURY

  3. bahiaflaneur dit :

    Voilà donc publié, par nos soins, un courrier postérieur au coup de téléphone passé par le même M. Goury à 13h38 locales, heure de Salvador, le jeudi 4 novembre 2010.
    Menaçé de l’intervention des services juridiques de sa société et de la société France Télévisions, en cas de refus de retirer tel nom ou telle illustration officielle, BF se trouve d’autant plus à l’aise à laisser le post publié.
    M. Goury se plut à nous rappeler également la réalisation de 145 reportages, par sa société avec ses quinze collaborateurs permanents, sans compter les pigistes.
    Cela doit impliquer quelques millions d’euros annuels comme chiffre d’affaires… Et quelques centaines de millers d’euros annuels de PROFIT.
    Il vaut mieux, pour conclure avec cette réponse aux menaces de commerçants déguisés en journalistes, relire l’extrait du courrier de l’employée pigiste :
    “(…) contacter directement au téléphone pour profiter de votre connaissance de la région? (…)” PROFITER
    Tout est dit.
    Et la loi du silence n’a pour boîte postale Bahiaflâneur.
    Salvador de Bahia, Brasil, le 5 novembre 2010, 13h06 locales
    BF/Alex Garrel

  4. Nivea Atallah dit :

    Oi Alex, eu li seu artigo sobre o programa.
    Eu, particularmente, acho a mesma coisa que voce.
    Eu sou jornalista tambem e abandonei a profissao jsutamente por causa de coisas desse tipo.
    Essa coisa do “se faire inviter” é lei nas empresas jornalisticas e o “pobre”do jornalista – pobre mesmo que ganha um salario de miseria – é quem tem que botar a cara a tapa.

  5. bahiaflaneur dit :

    Nous recevons à l’instant un autre message de concordance avec notre attitude.
    Le messager ne souhaite pas apparaître publiquement – c’est son droit – mais nous rappelle qu’il travaille comme conseiller de voyages sur mesure et fut contacté très récemment, par Botravail, également pour “fournir” des renseignements gratuitement.
    Bahiaflâneur
    samedi 7 novembre 9h52 locales

  6. Carla Guerreiro dit :

    C’est vraiment du n’importe quoi, l’attitude de ces “journalistes”!
    Carla Guerreiro

  7. Nivea Atallah dit :

    Le problème n’est pas perdre quelques minutes a donner des informations sur le pays ou a fournir des contactes sans contrepartie financière. Mais je ne comprends pas pourquoi les entreprises journalistiques doivent avoir un comportement diffèrent des équipes de tournages NON-journalistiques qui ne demandent pas des services ou des séjours gratuits ou moins cher. Tous les deux sont des societes a but lucratif, mais les entreprises journalistiques parfois se cachent derrière l’idee du “au service de la societe” pour gagner de l’argent sans rien payer.

  8. bahiaflaneur dit :

    Et nous pourrions rajouter, Nivea:
    – dans combien de pays sont vendus ces documentaires ? no comment
    – Quelles sont les sommes quìls rapportent ? pas de réponse.
    – Les comptes de ces entreprises sont-ils ouverts ? non
    Un renseignement simple qui rapporte des dizaines de milliers d’euros, voire des centaines avec ces sociétés liées par des contrats, dont ne nous connaissons ni les tenants ni les aboutissants, à tous ces empires globalisés, type FT…
    Combien d`hommes de marketing ou producteurs exécutifs, ensuite, derriere leur ecran de leur iphone ou ipad, et souvent incultes, vont vanter telle ou telle info presente dans le documentaire, derrier le bar cinq étoiles de Paris ou de Bangkok, et avec cela souvrir des marchés de vente, dans le monde entier… etc.
    Etc.
    BF

  9. GOURY dit :

    Juste une question au passage, qui fait référence a votre attachement a la langue française : Quand sur votre site, dans la présentation de votre agence , vous dites ” ….Séjour sur mesure, séjour à la carte, vous appelerez cela comme vous voudrez. À votre écoute, mes flâneries, depuis neuf années comme guide-interprète et réceptif à Bahia, prétendent vous offrir mille instants authentiques, entre connaissance et nonchalance, au plus près de la culture d’ici. “…
    “Offrir” sous entend que vos services sont ….gratuits ?
    Amicalement.
    Alain GOURY

  10. Jean-José Mesguen dit :

    Il y a plusieurs années j’ai sous-titré un long métrage documentaire de deux jeunes journalistes qui, ayant eu vent de ce qui se préparait pour le premier Forum Social Mondial de Porto Alegre, avaient vendu tout ce qu’ils pouvaient vendre et s’étaient installés là-bas plus d’un mois avant le début du FSM; Le temps de connaître, de prendre des contacts, de filmer la préparation enthousiasmante et difficile d’un événement totalement inédit, faisant apparaître les enjeux sociaux, culturels, humains de tout ce merveilleux remue-méninges, partant plusieurs jours sur des terres occupées par les paysans du MST, et j’en passe. Ils ont vu toutes les télés françaises débarquer alors que le Forum avait déjà commencé, le jour où un ministre français arrivait, et c’est surtout le ministre qui a été filmé et interviewé. Et puis José Bové avait été arrêté à son hôtel, ils ont filmé ce qu’on pouvait voir ; normal, ils dormaient là où c’était pas cher, avec les militants. Le lendemain les télés françaises ont voulu leur acheter ces quelques minutes ; ils ont refusé.
    Revenus en France, ils ont fait à la maison leur montage, j’ai fait gratos le sous-titrage parce que ça avait du sens, ils l’ont proposé dans divers circuits : aucune boîte n’a jamais voulu l’acheter, sauf au bout de plusieurs mois une qui voulait désosser totalement le film pour intégrer quelques minutes dans un autre docu.
    A ma connaissance ce film n’a jamais été diffusé. J’ai perdu le contact avec ses deux réalisateurs, qui ont vécu une passionnante et rebutante expérience de ce qu’on appelle l’information…

  11. Dr. Funkathus dit :

    Le pire, c’est que je crois l’avoir vu ce documentaire. Quelconque. Un soir où j’étais chez mes beaux-parents, on me dit, “tiens, il y a un truc sur Salvador çà la télé”. C’est toujours sympa de voir des images, depuis le temps que je n’y suis pas retourné. Un présentateur rouquin embarqué nous entraînait par tous les passages obligés… Pas plus.

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