Centre historique: cinq évidentes sources du chaos

pelo21. La création d’un Bureau paritaire (État, ville de Salvador, Brésil, Unesco, etc.), par le gouverneur de Bahia, et dirigé par une ancienne gérante de banque publique, pour identifier et résoudre les problèmes structuraux et conjoncturels du Centre historique, n’a débouché pour l’instant, presque trois ans après sa création, sur aucune amélioration concrète et palpable. Seuls des dizaines de puissants lampadaires ont été installés et effectuée une publication imprimée, à la distribution limitée, de l’inventaire, pour la première fois détaillé et complet des énormes bâtisses (casarões) vides, abandonnées, ou en ruines. Ainsi sont-elles plus de 200 au Pelourinho (CHS – 2 km2) pour un total de 1200 dans  Centre Antique (CAS – 8 km2) !
Bahiaflâneur

2. « Le vice est dans l’origine. Les entrepreneurs n’investissent pas dans les commerces qu’ils ont au Pelourinho, car ils attendent une aubaine de la part du gouvernement de Bahia (…) Pourtant, les mêmes font de lourds investissements dans des affaires qu’ils possèdent dans d’autres quartiers de la ville ».
Marcio Meirelles, secrétaire d’Etat à la culture, dans une interview donnée à la journaliste Rita Conrado, lundi 6 décembre 2010, à l’intérieur du Palacio Rio Branco, sur la Praça Municipal. ——
Commentaire de Bahiaflâneur: de nombreux entrepreneurs, sans en être la majorité,  sont étrangers, venus d’autres États, d’Amérique du Sud ou d’outre-Atlantique... De plus, qu’attend M. Meirelles pour rendre publique la liste des noms de ces entrepreneurs, on voudriat bien le savoir…

3. Le profond mépris de la classe moyenne – totalement inculte – de Salvador pour le centre Historique, au nom d’une « commodité » « moderne » qu’ils souhaiteraient  y trouver, équivalente à leurs condominios privés de m’as-tu-vu. Leurs idées reçues sur la « favelisation » du Centre historique. Malgré la présence d’un ensemble de musées, et de quelques restaurants et de bars de bonne tenue, à deux pas de l’église São Francisco.
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4. La présence importante de mendiants et de vendeurs non identifiables, à toutes heures, dans les rues du Pelourinho. L’obscurité des principales places du Centre historique, hors des jours de fêtes: il n’est pas rare, en effet de voir le Largo do Cruzeiro do São Francisco, d’un noir d’encre, les samedi et dimanche soir dès dix-neuf heures.  L’absence totale de transports publics, le soir après 20 heures, pour s’y rendre et le quitter, de manière sûre, empruntant la sombre Praça da Sé, sale et dangereuse. Et la difficile localisation de parkings souterrains, distants ou accessibles dans une semi-obscurité.
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5. L’endettement de nombreux locataires, commerçants et personnes physiques, d’habitations appartenant au gouvernement de Bahia, via l’IPAC qui gère ce patrimoine.  Les personnes demeurant dans 235 immeubles référents demandent l’amnistie ou le rééchelonnement de leur dette cumulée qui se monte à 7,7 millions de reais, à la date du 1er décembre 2010.
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(photos Marco Aurélio Martins)

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1 réponse

  1. Davidikus dit :

    La situation est triste mais pas exceptionnelle. Une classe moyenne qui s’enrichit tend à chercher le confort moderne, souvent très matuvu dans les banlieues. Ensuite, le centre finit par se rénover. Le point le plus ennuyeus semble être le phénomène d’attente : ce ne devrait pas être à l’Etat d’initier ou aider la rénovation. Un centre historique aussi riche que celui de Salvador devrait sans difficultés attirer des touristes du monde entier. Il suffirait d’un entrepreneur (du type Fasano ? ou un grand groupe hotellier international : Virgin private residences ?) pour changer la donne, surtout si l’ouverture se fait lors d’un temps fort médiatique (le carnaval ?)
    http://davidikus.blogspot.com

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