Archive | janvier 2011

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Florival Oliveira: « Je cherche à comprendre ce que doit être le moderne »

Publié le 31 janvier 2011 par bahiaflaneur

florival2

photo Florival Oliveira

1962.  Florival, dix ans d’âge, coupait déjà des parallèpipèdes avec son père. « Mon père me montrait le bois et le travail du bois, mon premier travail, en 1964, s’effectua avec un petit tronc d’umburana » Où ? À Riachão do Jacuipe, petit monde rural, d’alors 3.000 habitants, à cent-quatre-vingt kilomètres au nord de Salvador. Par sa mère, fille de vacher, et par son père, Florival a toujours eu, ainsi, une proximité d’initiation « avec le contexte des parcs à bestiaux et l’art d’élever le bétail ». Surtout dans cette région du sertão, au sol salin, qui « est notre réalité, plus précisément l’agreste, le semi-aride, la région de la Vale do Jacuipe, qui rejoint plus loin le fleuve Paraguaçu ».
Le grand-père est fermier et vacher, « Antônio da Boa Sorte », qui donne le nom de la propriété familiale, et a déjà une voiture. Tandis que le père, Florival Carvalho, géographe, qui fut élève  dans les années 40  d’un peintre renommé - Presciliano Silva - aime également photographier et a monté son propre sudio, en 1975, dans la propriété familiale. « Mon père organisait l’espace pour son travail et j’étais impliqué dans toutes les manifestations d’artisanat ». Dans la bibliothèque de son paternel, il est fasciné par les revues d’art, qu’il dévore, et par « l’expression des visages dans les reproductions de tableaux de Modigliani ». Très curieux, il y passe des heures, entre autres avec la revue Habitat.
L’atmosphère villageoise s’étire entre artisanats - cuir, bois - et traditions populaires : cinéma en plein air, cirques, philarmonies, repetentistas, tziganes, animent les fins de semaines de Florival. Un film se tourne dans les alentours du village, « O Caipora », de Oscar Santana, en 1963; bien sûr, Florival se rend sur le tournage : « le contexte dramaturgique du film présentait de grandes similitudes avec notre contexte culturel et celui qui n’avait pas les clés de ce contexte était exclu de la société ».
Alors que son père a quitté ce monde en 1972, Florival arrive à Salvador à l’âge de 23 ans. Années de dictature. « J’ai expérimenté, là, toutes les possibilités de l’art ». Moments de lutte étudiante aussi. Et Théâtre au Goethe Institute (ICBA) - où il connaît le cinéaste Araripe et toute sa génération, dont la future directrice du MAM, en 2007/2010, Solange Farkas, alors jeune attachée de presse du festival de cinéma Jornada ou bien encore le producteur de cinéma Zelito Vianna - « mais j’étais intraverti et je parlais très peu ». Dessin à l’Escola de Belas Artes de l’université fédérale, où il rencontre un moniteur qui l’emmène faire des dessins de modèles, et « là, j’ai compris le geste, l’action ». 1978, donc. Florival montre une grande habileté avec le dessin, mais continue parallèlement des gravures, la photographie, et d’aller au cinéma. » La personnalité et le travail d’Hélio Oiticica - alors quasi inconnu dans cette Escola de Salvador - le fascinent et Florival travaille et créée des œuvres à partir de feuilles de journaux. Quelques années plus tard en 1986, il fera une exposition individuelle à l’ICBA, avec cette matière.
Avec tous ses amis , le moment est toujours à la lutte contre la dictature, via le mouvement étudiant. Le congrès national de l’union nationale des étudiants (UNE) a lieu à Salvador en 1979. Souvenir fort pour Florival, pour toutes les amitiés soudées là. Et la joie de voir défaite l’armée…
De 1980 à 1985, viendront l’étude approfondie de la gravure lithographique, de la gravure sur métal, puis de celle sur bois. Mais Florival veut alors surtout « revenir au passé, à la réalité rurale, où vivent les noirs, les blancs, les métis, les indiens » et « rencontrer une réalité nébuleuse ». L’artiste sait qu’il s’est « forgé » là, à Riachão do Jacuipe. Et souhaite ardemment « se concrétiser, s’affirmer avec ces questions, frontalement ». Ce début des années quatre-vingt le voit intégrer l’équipe de professeurs du Musée d’Art Moderne, grâce à des amitiés construites durant ce moment de lutte. L’y côtoient comme enseignants, déjà, les artistes Almandrade, Vauluizio Bezerra, Caetano Dias…

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autoportrait de Florival Oliveira

L’année 1988 le verra enseigner son art, volontairement, à la prison de Salvador - Lemos de Brito, dix semaines durant. Dans le cadre d’un projet - Teje Solto - dirigé par Antonia Adorno. De retour chez lui, il peindra,  en 1989, parmi d’autres tableaux, «A viagem de uma morte matada », à partir de la technique tempera*. L’ensemble sera exposé à l’ICBA en 1993, et Florival enverra un book photographique de cette mostra en France, pour des galeristes. Sans suite.
1991… Trente ans après, il reprend la sculpture sur bois, et s’évertue « à creuser, à retirer la matière ». En 1993, une exposition à la galerie de l’école ACBEU avec 21 sculptures des trois dernières années, ainsi qu’une autre exposition dans le terreiro de candomblé Ilê Axé Opo Afonja, naîtront. « Travailler avec la gouje, le marteau » le fascine chaque jour un peu plus. Parallèlement à l’enseignement, Florival étudie de nouvelles techniques, telle le tempera*, 11 tableaux seront exposés au début des années 2000, encore à l’ICBA, lors de l’exposition collective « A pintura baiana ».
2002. Le galeriste Paulo Darzé croit en Florival et devant la « majestuosité » de ses œuvres, les intègre à son fonds. Il lui offre ainsi une place sur le marché de l’art brésilien, et depuis lors, Florival fait partie de la petite demi-douzaine d’artistes sous contrat permanent avec la galerie Darzé.
Année 2007. La direction du MAM change, et la nouvelle directrice, Solange Farkas, nommée par le nouveau secrétaire d’Etat Marcio Meirelles, décide de licencier douze des dix-huit professeurs… Florival retrouve, ainsi, son Riachão de Jacuipe… Mais la passion pour la sculpture n’est en rien altérée, dopée par ses ventes via la galerie Darzé. « Vous prenez le chaos et vous l’organisez ». « Cela donne la Meia Lua. Etudier la brûlure du sisal permet d’entrevoir des structures pour le chanfrein», me confie Florival. « C’est une autre réalité artistique, avec le principe de la demi-lune et cela renvoie aux hélices de barrils, de canots, d’arcs. » Pour « rencontrer la projection de ces formes » Florival Oliveira remarque qu’il est possible d’ «effectuer une lecture du travail de l’artiste, ainsi, par les mathématiques, la physique, à travers la forme ».

* Poudre mêlée à du pigment, travaillée à sec, à laquelle se superpose une couche de colle. L’artiste dispose alors des journaux sur l’ensemble et les retire.

- 1 tableau (tempera vinil sobre tela - 2,50 m  x 1,60 m) de Florival Oliveira est intégré au fonds du MAM de Bahia.

http://florivaloliveira.blogspot.com/

http://www.paulodarzegaleria.com.br/agosto.htm

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Lucidité citoyenne et “lacunes” musicales de Gilberto Gil

Publié le 31 janvier 2011 par bahiaflaneur

(…) « En ce qui concerne Salvador, les côteaux, le traitement des invasions de terrains, la manière erronnée adoptée pour le traitement des poubelles et du transport, cette tentative de substitution du transport public par l’automobile. C’est un cycle vicieux, mais qui est bien là. On ne peut seulement responsabiliser l’autorité. C’est une question culturelle, mais ce n’est pas seulement une question politique. (…) J’ai l’impression que, s’il fut possible une inversion de culture à propos à plusieurs de ces problèmes, si le transport collectif fut une chose ardemment désirée par la population, elle acquérerait une plus grande capacité de pression. Et quand je dis la population, j’évoque des secteurs qui ont la capacité de pression politique. Les classes moyennes - et ce n’est pas un problème brésilien, mais mondial - ont tendance à être celles qui méprisent le sens de de la responsabilité publique, et pour cela stimulent le mépris, la négligence de la part des pouvoirs publics. Le rêve de la classe moyenne est d’avoir un voiture, non le métro. C’est un rêve faustien, lié à une idée abstraite de bien-être. C’est ainsi avec le transport et avec une série d’autres choses, avec la consommation, l’alimentation…

gilvivas

G. Gil, photographié à son domicile, à Salvador, l'avant-dernière semaine de janvier 2011, par FERNANDO VIVAS

- Cinquante-sept albums enregistrés, 8 Grammys Awards. Il y a des lacunes que vous percevez dans votre trajectoire comme artiste ?
« Il
y en a toujours. Et je n’ai jamais fait un disque dédié au samba, qui est une chose que je souhaitais faire et que peut-être je vais faire. La difficulté est que les autes genres musicaux sont plus configurés à l’intérieur de limites et d’éléments esthétiques plus effectifs. Le samba est une chose immense, une gamme énorme, il existe des sambas de tous types. »

(interview donnée au supplément dominical du principal quotidien de Bahia, et publiée le 23/1/2011)

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Edu O. et Meia Lua, enivrés d’amour

Publié le 25 janvier 2011 par bahiaflaneur

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Edu O.

Il y a deux acteurs, qui viennent se rejoindre, rampant, sur une scène. Entre temps, par des sussurements, des appels chuintés, notre oreille aura suivi les deux corps handicapés, dont le torse mènera leurs danses, leurs entrelacements désirés et refusés, malgré des insistances répétées, parfois, de leurs jambes raides. Il leur aura fallu venir à bout d’obstacles,  leurs corps désarticulés pour partie, pour se mirer en face, se sentir peut-être, en des chorégraphies qui ne laissent aucune place à l’improvisation. Ce qui est proposé à notre regard nous emmène en des contrées sensorielles qui ne peuvent relever que du vouloir réel des acteurs, et dont le volant de possibilités n’appartient qu’à eux seuls.
Une prodigieuse poursuite au vouloir de l’amour, dans une poétique des corps blancs et noirs, rythmée par la musique, en direct, cinquante minutes durant, qui sourd de la guitare de Cassio Nobre. Somptueux voyage, dans une lumière entre chien et loup.

Un spectacle, O CORPO PERTURBADOR, qui mériterait de franchir l’Atlantique et qui ne se joua qu’une… dizaine de fois, avec plus de quarante spectateurs chaque soir, ces mois de décembre 2010 et de janvier 2011, au centre du patio du Goethe Institute (ICBA),  dans une scandaleuse indifférence médiatique. Ce spectacle a été possible à travers un appel d’offres du gouvernement de  l’Etat de Bahia (FUNCEB),  proposé en 2009, remporté par Edu Oliveira - du nom de “Edital Yanka Rudzka de Apoio á montagem de espetáculos de dança”.

- Photos de la vignette (Meia Lua) et ci-contre (Edu Oliveira) par Alessandra Nohvais.

http://ocorpoperturbador.blogspot.com/

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Solitudes, en trois temps (3/3)

Publié le 24 janvier 2011 par bahiaflaneur

Samedi 22 janvier 2011.
Ferry Boat pour Itaparica. 10h50.
Solitude das garotas.

ferry1


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