Archive | mars 2011

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“Le Cul, cet incompris et cet humilié !”, par Manuel Querino Junior

Publié le 31 mars 2011 par bahiaflaneur

Nous n’avons pas couvert le récent Carnaval de Salvador, au début du mois de mars 2011, par choix. Ce texte nous est parvenu lundi par courrier électronique. Il vient résumer finement, à nos yeux, l’opus 2011. D’une grande intelligence, dans une langue portugaise afinadissima, ce pamphlet fut publié sur le site d’une radio de Salvador, sous pseudonyme. Nous connaissons la véritable identité de l’auteur, intellectuel bahianais, au-dessus de tout soupçon de la moindre connivence. Le lecteur comprendra rapidement pourquoi nous ne la révèlons pas. (Bahiaflâneur).

« Enfile ton fric dans ton cul » vocifère Marcio Victor, du cul, je veux dire du groupe « Pisirico » (qui, par ailleurs, signifie « copule »)

caepisi1Le Carnaval, aujourd’hui, bien plus qu’hier, offre un abondant matériel symbolique pour penser la société brésilienne. Des faits carnavalesques, comme celui incluant dans la Fête de Salvador, un chanteur de bal et un entrepreneur imbibé de champagne, paraissent emblématiques de la contradiction qui dirige la dynamique de cette société qui, en elle-même, est déjà essentiellement « carnavalizadora » de la morale et de la politique.
Un thème transversal, inséré dans le cadre symbolique que cet événement particulier a permis, et qui, aussi, je le réaffirme, exprime les contradictions qui sont inhérentes à notre société, et celui du propre cul, élément également important dans le contexte général de la culture et de la vie quotidienne nationale.
Le cul est la partie anatomique du corps humain culturellement extrêmement sensible. Les hommes ont un cul, les femmes ont un cul, et le cul, ici, est cassé et recassé de tous côtés - multifonctionnel et polyssémantiquement.
« Aplatit la canette avec ton petit cul », « Balançant le cul par ici et par là ». D’ailleurs, ce n’est pas gratuit que dans notre petit monde afrodisiaco-baiano il soit évoqué avec une telle nomenclature. Rien de plus baiano que ce pur quimbundismo, « mbunda ». Et l’on sait que dans la langue portugaise existent au moins 90 désignations pour cul, terme qui vient après, y compris, de pénis, qui selon les on dit, en a 369, et du respectable vagin - qui a pour le moins 299 significations. On note que seulement l’anus offre 215 manières pour être désigné, sans compter ses charnus alentours. Excitante abondance pornophonique !
Le cul, tous le savent, est le tendre ensemble formé par l’anus et les fesses. Les fesses sont ce qui donnent forme à l’ensemble fessier. Cul de fourmi, petit cul bien fait, bien roulé, bien joli… Muscle flasque, joli colosse, de petite ou grande envergure, gras ou aplati : incluant toujours la trompeuse région centrale - « centre du monde » où se compriment des pulsions innommables. C’est l’anus, avec un orifice symétrique de la bouche (d’abord dans sa fonction verbale), les extrémités où transitent les excroissances, des plus pimentées aux plus brutales. Inversion symbolique incroyable, en laquelle le point de sortie s’alterne avec le point d’entrée… Et l’argent est la bouse du diable. Combien aura le diabolique entrepreneur minable, enfilé, là, un jour durant ?

*

Le fêté chanteur de bals et de  soirées de quatrième catégorie est un homme public. Je ne veux même pas rentrer dans le mérite de la qualité de la musique carnavalesque bahianaise, il suffit de dire que je l’ai fuie pour éviter de mourir de malheur musical, car de cela aussi on meurt. Encore moins je vais juger les mérites vocaux du chanteur, je ne fais que le déconseiller aux oreilles plus mozartiennes. Je crois que son timbre de voix perd seulement en ton désagréable et rayé en face d’un éminent commentateur de carnaval baiano.
Le chanteur semble être caetanisticamente* émerveillé. Nouveau défenseur performatique de son peuple, il fait succès avec une musique qui hurle « prend ça, grande noire ». Si cette musique avait été composée et interprétée par un blanc, aurions-nous parfaitement de configuré un crime d’injure raciale ? Une agression sexiste et raciale, une claire dépréciation de la femme noire ? Depuis deux mois cela est évoqué autour des tables de bar de la place Largo Dois de Julho, mais même les combatives féministes** ne prirent une position plus dure. Il est bon de rappeler, également, que ce même chanteur a déjà mérité des réserves, quand sa musique « Contra-eguns »***, lors d’un carnaval passé, aurait, selon certains, banalisé et déprécié des aspects fondamentaux de la religiosité afro-brasileira.

L’intouchable pouvoir parallèle
Mais les chanteurs-tireurs de trio électrico-flatteurs de bas étage forment l’intouchable pouvoir parallèle de cette carnavalesquement fantasque société de Salvador. Formeurs d’opinion, ils auraient besoin ou devraient avoir une meilleure opinion sur les choses, et non pas se contenter de se transformer en semi-célébrités hurleuses et médiatiques : fameux dans l’heure leurrés par mille artifices, apparemment humbles et faussement charitables (sur les écrans des télévisions) achètent et vendent bien facilement des produits bien enveloppés, surtout pour la gente touriste niaise. Et qui, bien digérés, sont immédiatement évacués de l’enceinte audiovisuelle, disparaissant quand la chasse de l’oubli est tirée…

*

Nous percevons que ce tel entrepreneur protagoniste des stupides offenses est quasiment une abstraction capitaliste. Insignifiant qu’il est, il doit être actionnaire unique d’une petite société anonyme de notre Bahia provinciale. De toute manière, il doit être vu comme un gros cul privé, je veux dire, d’une entreprise privée. Dans l’absence de l’autre, nous pensons alors en ce rustique fessu comme un type idéal - exemple d’un entrepreneur carnavalesque qui, comme nous savons tous, sort avec le cul bordé du fric du carnaval courant derrière les culs des dindes qui fréquentent les loges, les plus improbables culs.****
caepisiD’ailleurs, ceux qui paraissent ne pas savoir gérer l’entreprise publique, ce sont nos (dé)gouvernants : eux, oui , des culs mous, déjà qu’il est incroyable qu’il ne parviennent pas à corriger la différence entre ceux qui gagnent les loges et ceux qui reçoivent d’eux la Mairie et la Province.
Le camarote, ce cloaque social où s’enfilent les figures fanfaronnes du Carnaval, est une assemblée où se mélangent l’instestinal, l’urinal et le génital. Antre d’improbables petits culs et de gros culs nationaux - au-delà de mille pédantes locales - c’est une contrariété dévastatrice pour celui qui ne vit pas de ou pour le Carnaval. Son coût implique pour la population de Salvador (surtout pour les mange-misère stoppés à l’entrée du bal qui « n’ont pas de merde au cul pour chier ») un préjudice incalculable. Et ce n’est pas juste, donc, qu’à la fin de la Folia pompeuse la Mairie s’en sorte avec le déficit le plus désodorant, année après année. Qui est intéressé vraiment par ce modèle de capitalisme prédateur de carnaval ?  Les entrepreneurs-requins du « Carnegocio »*****, bien sûr : ils sont, d’ailleurs, ceux qui entretiennent les chanteurs de bal, qu’ils soient de première ou troisième catégorie - de n’importe quelle couleur, sexe ou circonférence fessière….
L’occurrence fut, pour finir, rocambolesque. L’agression raciale fut ignoble et inacceptable - mais la réplique fut vile, impolitique et inélégante comme un pet dans une cabine de l’Elevador Lacerda. Au-delà du fait de cette agression raciste avoir été explorée, auto-promotionellement, par le chanteur, le Carnaval tout entier : plus un militant de l’opportunisme, comme Mr Brown.
Si Gandhi avait été le protagoniste offensé, il aurait convoqué un solennel silence de la foule carnavalesque devant le « baron » raciste bourré de Moet & Chandon. Mais comme Bahia est la terre des fils de « Gandhypslon », et non pas, simplement, de Gandhi, l’humanité fut privée, à travers Youtube, de connaître un sincère geste de grandeur humaine en faveur de la justice raciale.

*
Enfin, langage de cul est pet.

*

Pour finir, comme on dit, l’opinion est égale au cul, tout le monde en a une - donne la sienne qui veut et au niveau qu’il peut…

——
* Une référence au chanteur bahianais Caetano Veloso, qui depuis deux ou trois Carnavals, ne cesse de faire publiquement l’éloge du groupe Pisirico et de son chanteur M. V. Voir les deux photos ci-dessus.
** Souvent réunies, sur cette place, le soir, au café « Mocambinho ».
*** Divinités célébrées, principalement dans l’île d’Itaparica. Lors de rares cérémonies nocturnes, où très peu sont conviés, les morts, les egungun, « reviennent ». Lire l’indispensable et  formidable reportage de Jean Ziegler, “Les vivants et la mort”, dans la collection Points, en format de poche, des éditions du Seuil.
**** Vaga-bundas : littéralement vague-culs. Pour faire penser à « vagabonds ». Intraduisible en français.
***** Negocio = business. Carnavalaffairiste. Carnaval qui n’a d’existence qu’uniquement marchande.

Note : l’inter titre et les notes sont du traducteur, Bahiaflâneur. (photos droits réservés)


A Bunda, esta humilhada e incompreendida !

“Enfia seu dinheiro na sua bunda” - bradou Márcio Victor, da bunda, digo, da banda “Pisirico” (que, aliás, significa “cópula”…)

O Carnaval hoje, muito mais que antes, oferece farto material simbólico para se pensar a sociedade brasileira. Fatos carnavalescos, como aquele envolvendo no festejo momesco de Salvador, um cantor de baile e um empresário mamado de champagne, parecem emblemáticos da contradição que rege a dinâmica desta sociedade que, em si mesma, já é essencialmente “carnavalizadora” da moral e da política.
Um tema transversal, inserido no quadro simbólico que este acontecimento particular ensejou, e que, reafirmo, expressa as contradições que são inerentes a nossa sociedade, é o da própria bunda, elemento também importante no contexto geral da cultura e da vida cotidiana nacional.
A Bunda é uma parte anatômica do corpo humano culturalmente sensibilíssima. Bunda têm os homens, bunda têm as mulheres, e a bunda aqui é requebrada pra todo lado - multifuncional e polissêmicamente. “Amassa a lata com a bundinha”, “Balançando a bunda para cá e para lá”. Aliás, não é gratuito que em nosso mundinho afrodisíaco-baiano ela seja evocada com tal nomenclatura. Nada mais baiano do que este puro quimbundismo, “mbunda”. E sabe-se que na língua portuguesa existem pelo menos 90 designativos para bunda, termo que fica atrás, inclusive, do pênis, que, segundo se diz, tem 369, e da respeitável vagina - que tem pelo menos 299 significados. Note-se que só o ânus oferece 215 maneiras de ser designado, sem contar suas carnudas adjacências. Excitante abundância pornofônica!
A bunda, todos sabem, é o mimoso conjunto do ânus com as nádegas. As nádegas são o que dão forma ao todo bundal. Bunda de tanajura, bumbum bem feitinho, rolicinho, lindinho… Músculo glúteo, colosso formoso, de compleição grande ou pequena, gorda ou chulada: sempre envolvendo a enganosa região central - “centro do mundo” onde se comprimem pulsões inomináveis. É o ânus, como o orifício simétrico da boca (já na sua função verbal), as extremidades onde transitam as excrescências das mais apimentadas às mais brutais. Inversão simbólica danada, em que o ponto de saída alterna-se com o ponto de entrada….
E o dinheiro é a bosta do diabo. Quanto terá o diabólico empresário-otário enfiado lá um dia?

*

O festejado cantor de bailes & furdunços é um homem público. Nem quero entrar no mérito da qualidade da música carnavalesca baiana, basta dizer que fugi para evitar morrer de infelicidade musical, que disto também se morre. Tampouco vou julgar os méritos vocais do cantor, só desaconselhá-lo para ouvidos mais mozartianos. Acredito que seu timbre de voz só perde em tom desagradável e ranhura para uma eminente comentarista de carnaval baiano.
O cantor parece estar caetanisticamente deslumbrado. Novo defensor performático de seu povo, fez sucesso com uma música que berra “toma negona”. Fosse esta música composta e interpretada por um branco, teríamos configurado um crime de injúria racial? Uma agressão sexista e racialista, uma clara depreciação da mulher negra? Há pelo menos dois meses se fala disto nas mesas de bares do Largo Dois de Julho, mas nem mesmo as combativas feministas tomaram posição pública mais dura. Há que se recordar, também, que este mesmo cantor já mereceu ressalvas quanto a sua música “Contra-eguns”, de um carnaval passado, que, segundo alguns, banalizava e depreciava aspectos fundamentais da religiosidade afro-brasileira.
Mas os cantores-puxadores-de-trio-puxadores-de-saco formam o intocável poder-paralelo desta carnavalescamente fantasiosa sociedade soteropolitana. Formadores de opinião, precisariam ou deveriam ter melhor opinião sobre as coisas, e não se contentar em se transformarem em meras esporrentas celebridades midiáticas: famosos-da-hora embelecados como mil artifícios, aparentemente humildes e caridosos de araque (nas telas das tevês), produtos bem embrulhadinhos que os donos da Indústria da Alegria facilmente compram e vendem, sobretudo para a turistada apalermada. E que, bem digeridos, são logo evacuados do recinto audio-visual, sumindo na descarga do esquecimento…

*

Já o tal empresário protagonista das estúpidas ofensas é quase uma abstração capitalista. Insignificante como é, deve ser acionista único de uma pequena sociedade anônima da nossa Bahia interiorana. De qualquer modo deve ser visto como um bundão-de-privada, digo, de empresa privada. Na falta de outro, pensemos então neste tabaréu nadegudo como um tipo ideal — exemplo do empresário carnavalesco que, como todos sabem, saem com o rabo cheio de dinheiro do carnaval atrás das bundas das peruonas e peruetes camaroteiras, as mais vaga-bundas…
Ora, quem parece que não sabe gerir a empresa pública, aliás, são os nossos (des)governantes: esses sim bundas-moles, já que é inacreditável como não conseguem corrigir a diferença entre o que ganham os camarotes e o que recebe deles a Prefeitura e a Província.
O camarote, esta cloaca social onde se enfiam no Carnaval os figurões fanfarrões, é uma câmara onde se mistura o intestinal, o urinário e o genital. Antro de vaga-bundinhas e bundões nacionais - além de mil penetras “bufa frias” locais - é um transtorno devastador para quem não vive do ou para o Carnaval. Seu custo implica para a população soteropolitana (sobretudo para os pobretões barrados no baile que “não tem merda no c. pra cagar”) num prejuízo incalculável. E não é justo, portanto, que no fim da folia espetaculosa a Prefeitura ainda saia no mais fedorento déficit, ano após ano. Interessa mesmo para quem este modelo capitalista predatório de carnaval? Para os empresários-tubarões do “Carnegócio”, é claro: que são, aliás, quem mantêm os cantores de baile, sejam aqueles de primeira ou terceira categoria - de qualquer cor, sexo ou circu nferência bundal…
A ocorrência foi, conclusivamente, rocambolesca. A agressão racial foi ignóbil e inaceitável - mas a réplica foi reles, impolítica e deselegante como um pum numa cabine do Elevador Lacerda. Além do fato desta agressão racista ter sido explorada, auto-promocionalmente, pelo cantor, o Caranaval inteirinho: mais um militante do oportunismo, como Mr. Brown.
Fosse Gandhi o protagonista ofendido, teria convocado um solene silêncio da multidão carnavalesca diante do “barão” racista embriagado de Moet et Chandon. Mas como a Bahia é a terra dos filhos de “Gandhypslon”, e não, simplesmente, de Gandhi, a humanidade foi privada de, através do YouTube, conhecer um sincero gesto de grandeza humana em favor da justiça racial.

*

Enfim, linguagem de bunda é peido.

*

Enfim: como se diz, opinião é igual a bunda, todo mundo tem uma — dá a sua quem quer e no nível que pode…

Manuel Querino Junior

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A Tarde: tombeau pour la presse de Bahia ? (3)

Publié le 30 mars 2011 par bahiaflaneur

atarde6Le tout nouveau rédacteur en chef du quotidien A Tarde, Ricardo Fontes Mendes, vient de censurer une partie d’un entretien que la journaliste Emmanuella Sombra avait realisé pour paraître dans l’édition, datée du 3 avril 2011, de la revue dominicale du groupe, Muito. Prenant acte, la journaliste Mme SOMBRA a décidé de démissionner. Après les licenciements de nombreux journalistes en 2010, le renvoi récent d’un journaliste après la mise à jour des collusions des actionnaires du journal avec les constructeurs civils, la fosse tombale de la crédibilité se rapprocherait-elle pour le quotidien presque centenaire ?
Emmanuella Sombra :
“Je communique qu’aujourd’hui 28 mars, j’ai demandé ma démission de A Tarde, journal où j’ai travaillé les quatre dernières années comme stagiaire du service Alô Redação, reporter du cahier Local et, les derniers douze mois, reporter de la revue Muito. Je fais cela après que le rédacteur en chef, Ricardo Mendes, ait déterminé la suppression du passage de l’interview que j’ai fait avec la chanteuse Ivete Sangalo*, qui devait être publiée dimanche prochain, 3 avril, dans l’édition numéro 157 de la revue Muito.
Le passage en question évoque deux questions référentes, respectivement, à la crise dans l’entreprise de la chanteuse, Caco de Telha, et au procès impliquant son ex-batteur Tonho Batera. Les deux questions furent rapidement et correctement répondues par la chanteuse, sans la moindre indication que je ne puisse les publier. Elles ont été faites après aue son attachée de presse demande que Ivete ne parlerait ni de sa vie personnelle et sur les polémiques impliquant d’autres chanteurs. Donc, sans que même l’attachée de presse m’ait censuré dès le début de l’entretien.
Quand je suis sortie de la rédaction pour faire l’interview, vendredi 25 mars, j’étais consciente que le point principal était le prix Troféu Dodô & Osmar, promu et réalisé par le Grupo A Tarde, pour lequel Ivete Sangalo serait maître de cérémonie, et qu’il s’agissait d’une édition spéciale en hommage au prix. je sais que toutes les entreprises de journalisme de ce pays possèdent des intérêts économiques. Je ne quitte pas l’entreprise avec une idée romantique de ce qui est ma profession ou de ce que je ne vais pas affronter nouvellement. Mais pour moi, en ce moment, publier une interview qui fait la couverture, avec huit pages intérieures de questions et réponses, dans laquelle, aux yeux du lecteur, ne s’évoquent pas deux des sujets les plus importants impliquant la chanteuse (cela pour le moins durant les trois derniers mois) est pratiquer un anti-journalisme auquel, en quatre anées de profession, je ne suis pas habitué.
Encore plus quand il s’agit de la première occasion au cours de laquelle Ivete évoque ce cas dans un entretien, d’une manière patiente et éduquée, loin des loges du show-business, sans aucun type de pression, et explique quelle est sa version des faits, affirmant que son frère continue à diriger son business, même à distance - une information nouvelle, de grande importance pour ce sujet-là, encore plus si elle-même l’affirme. Je dis bien clairement que je prends cette décision après avoir demandé au rédacteur en chef de ne pas signer l’article par respect à ma conscience et à celle du lecteur, qui certainement trouvera bizarre de lire une interview si longue qui ne traite pas le cas Caco de Telha. La demande fut promptement niée par Ricardo Mendes. (…)
Si un journal a entre les mains un sujet d’importance journalistique et décide de ne pas le publier pour ne pas courrir le risque de blesser des susceptibilités ou répondre à tout autre intérêt qui ne soit pas celui d’informer, il ne fait rien de plus que mettre en risque sa propre crédibilité. De la mienne, je ne transige pas.”

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

“Comunico que hoje, 28 de março, pedi demissão de A Tarde, jornal onde trabalhei nos últimos quatro anos como estagiária do Alô Redação, repórter de Local e, nos últimos 12 meses, repórter da Muito. Faço isso após o editor-chefe, Ricardo Mendes, determinar a supressão de trecho de entrevista que fiz com a cantora Ivete Sangalo, a ser publicada no próximo domingo, 3 de abril, na edição 157 da Muito.
O referido trecho diz respeito a duas perguntas referentes, respectivamente, à crise na sua empresa, a Caco de Telha, e ao processo envolvendo seu ex-baterista, Tonho Batera. As duas perguntas foram pronta e educadamente respondidas pela cantora, sem qualquer indicação de que eu não pudesse publicá-las. Foram feitas após sua assessoria explicar que Ivete só não falaria: 1 - sobre sua vida pessoal e 2- sobre polêmicas envolvendo outros cantores. Portanto, sem que nem mesmo a assessoria da cantora me censurasse antecipadamente.
Quando saí da redação para fazer a entrevista na última sexta-feira, 25 de março, estava ciente de que o foco principal era o Troféu Dodô & Osmar, promovido e realizado pelo Grupo A Tarde, no qual Ivete Sangalo será mestre de cerimônias, e que se tratava de uma edição especial em homenagem ao prêmio. Sei que todas as empresas de jornalismo desse país possuem interesses econômicos. Não estou saindo da empresa com uma ideia romântica do que é a minha profissão ou do que não vá enfrentar novamente. Mas para mim, neste momento, publicar uma entrevista de capa, com oito páginas internas de perguntas e respostas, em que, aos olhos do leitor, não se toca em dois dos assuntos mais relevantes envolvendo a cantora (isso pelo menos nos últimos três meses) é praticar um anti-jornalismo ao qual, em quatro anos de profissão, não estou acostumada.
Mais ainda quando se trata da primeira oportunidade em que Ivete falou sobre o caso em uma entrevista, de forma paciente e educada, longe dos bastidores do show business, sem nenhum tipo de pressão, e explicou qual sua versão dos fatos, afirmando que o irmão continua à frente dos negócios mesmo à distância - uma informação nova, de extrema relevância para o caso, ainda mais se dita por ela. Deixo claro que tomo esta decisão após solicitar ao mesmo editor-chefe que eu não assinasse a matéria por respeito à minha consciência e ao leitor, que certamente achará estranho uma entrevista tão longa ignorar o caso Caco de Telha. O pedido foi prontamente negado por ele. (…)
Se um jornal tem em mãos um material de relevância jornalística e decide não publicá-lo para não correr o risco de ferir suscetibilidades ou atender a qualquer outro interesse que não o de informar, nada mais faz do que pôr em risco a própria credibilidade. Da minha, eu não abro mão”.

* Ivete Sangalo est la chanteuse de axé music et le support publicitaire qui connaît le plus grand succès possible au Brésil. Des marées humaines se jettent à ses pieds. Véritablement la “reine” du carnaval de Bahia. Mais les sons qui sortent de son orifice bucal, les plus exécrables possibles, ne peuvent et ne pourront jamais retenir ne serait-ce qu’une segonde de notre attention et de notre encre virtuelle. Qu’on se le dise.

(Ce texte a été publié en première main par le blog, nouvellement créé à Bahia (http://blogbahianarede.wordpress.com) dirigé par le journaliste Josias Pires)

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Rappel de nos articles sur le quotidien A Tarde:

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2009/09/14-des-journalistes-culture-du-quotidien-remercies.html

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2011/02/a-tarde-le-tombeau-de-la-presse-de-bahia.html

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2011/03/a-tarde-tombeau-pour-la-presse-2.html


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Iuri Sarmento: peindre, entre azulejos et féminité

Publié le 28 mars 2011 par bahiaflaneur

iuri99Une grand-mère d’une cousine. Bahianaise et d’une famille aisée. Elle peignait, figurativement. Mais le petit Iuri, dans cet Etat lointain de Bahia, dans le Minas Gerais, à la fin des années soixante-dix, où il vivait avec sa famille, lui accordait une grande attention. Et passait de nombreuses heures à la regarder travailler. Et après son baccalauréat, la direction vers la prestigieuse Escola Guignard, où s’enseignent les beaux-arts, à Belo Horizonte, s’imposa naturellement. Iuri s’adonne, là, studieusement, au figuratif, également. “Je suis un bon dessinateur”, me dit-il en ce milieu de matinée dans les fauteuils de la Galerie de Paulo Darzé. Et Iuri obtient son diplõme en 1992.  Il effectue parallèlement, pour se faire la main, de nombreux croquis, comme free-lance, pour de nombreuses fabriques de tissus, comme la célèbre Estufa. Et gagne ses premiers reais ainsi. Puis sa première exposition individuelle vient, dans la galerie de la fameuse troupe de danse, Grupo Corpo, la même année, avec quinze tableaux.
Sa situation familiale vient a se modifier, et il prend la route de Bahia, peu après, avec sa mère et ses frères… Il se souviendra pleinement alors des conseils et récits dem la vieille grand-mère… Cette année là, le 1er Salão da Bahia s’ouvre au MAM. Il y présente un portfolio au directeur Heitor Reis, qui choisit trois oeuvres. Par la suite, Iuri sera selectionné par cinq fois dans les éditions suivantes de ce Salão, aujourd’hui disparu de la saison picturale de Salvador. Et il devra attendre sa septième participation pour repartir avec le premier prix. Cette même année ses oeuvres attirent l’attention du galeriste Paulo DARZÉ et se voient également selectionnées pour la premiere édition de la première Mostra nationale Rumos, organisée par la banque Itau. Il organise aussi son premier workshop à São Paulo, et participe de la Bienal do Mercosul.
2002. Il acquiert un domicile et un atelier, dans le quartier de Santo Antônio, au centre historique. Il peut donner alors pleine mesure à son talent certain. Et fréquente énormément le MAM. Et pour cause. Iuri y enseigne les beaux-arts, “plus précisément la peinture moderne, pendant sept ans, aux côtés de plasticiens renommés comme Vauluizio Bezerra et Almandrade”. C’est d’ailleurs là que Paulo Darzé le repèrera. Paulo Darzé lui offre ainsi sa première exposition individuelle, tandis que le Musée d’Art Moderne de Bahia le convie à  deux expositions individuelles, les années suivantes. Iuri formera quelques cinquante élèves, dans le cadre enchanteur du Solar do Unhão: “Cette plongée dans l’enseignement sera très formatrice et me guidera vers la Bahia profonde”.
Iuri, désormais riverain du centre historique, commence par photographier les azulejos, qui recouvrent les murs et parois internes de tant de vieilles demeures et églises. Puis surtout se fascine pour ces carrés de porcelaine par la “lecture d’un ouvrage d’Udo Knoff, grande figure artistique de Bahia”. “Car cette céramique a de nombreux points communs avec l’imagerie (estamparia) que j’affectionne”. Les tableaux de Iuri ont la chance, à la même époque, de taper dans l’oeil de deux renommés commissaires d’expositions, Marcos Lontra Costa et Tadeu Chiarelli. L’un deux écrira ainsi la préface de son catalogue d’exposition individuelle au MAM.
sophiecalle“Je reste passionné par la figure féminine qui vient s’insérer dans l’azulejo” me confie le peintre. “Cela me vient de mon goût pour la mode”, depuis toujours deuxième passion de Iuri, qui dessine de nombreuses robes et habits, exclusivement pour femmes. Mais le natif de Belo Horizonte, qui a un petit magasin pour ses créations de mode,  joint à son atelier, ”aime aussi chiner chez les antiquaires de valeur, pour trouver des objets qui ont une histoire”. Ainsi, son travail qui mêle tant d’origines, attira l’attention du plus grand collectionneur brésilien d’art, Gilberto Chateaubriand, qui acheta une création (photo ci-contre) de Iuri. Souvent conclus en moins de vingt jours, la nuit, les minutieuses formes dessinées par Iuri trouvent dorénavant de nombreux acheteurs à Bahia et au Brésil, par le savoir-faire de son galeriste exclusif, depuis quinze années, Paulo Darzé.
Son dur labeur, avec ses formats, pour la plupart de 1,70×1,50 et 1,20×2,20, ne laissent que peu de temps libre à Iuri pour voyager. Il fut pourtant cinq fois à Paris, tentant là de se signaler avec ses quatre cents croquis méticuleusement archivés, aux couturiers, comme Dior. Pour l’instant sans suite. Mais cette dernière année 2010 l’aura vu participer d’une exposition collective d’artistes bahianais, à Rueil-Malmaison, qui eut un certain retentissement. 2009 l’avait vu exposer à Porto et à Lisbonne, pour une mostra également collective. Iuri aime, lors de ces voyages d’invitation, s’insipirer :”Toujours, Monet, Basquiat, Man Ray, sont des références. Et je n’hésite jamais à passer de longues heures, surtout à Paris, pour des files d’attente, pour admirer ces maîtres!”. La France croise son chemin, souvent. Ainsi, lors du vernissage de son exposition à Salvador, en 2009, la photographe Sophie Calle (photo ci-dessus) ne choisit-elle pas une robe de Iuri ? Une commissaire d’expositons, française, Juliette Singer, l’a également récemment rencontré chez Paulo Darzé. Et Iuri lui a donné son portfolio, et reste dans l’attente d’un “lendemain” parisien. Qui sait?

http://www.paulodarzegaleria.com.br/iuri-sarmento/

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Café: une année 2010 féconde (3)

Publié le 22 mars 2011 par bahiaflaneur

Café soluble. Avec 74.300 tonnes de café soluble exportées en 2010, le Brésil en est le premier exportateur mondial. Pourtant, il ne réussit pas à son expansion dans les grands marchés demandeurs, tels la Chine et l’Inde. Le café soluble est en effet, selon Carlos Henrique Jorge Brando*, consultant en marketing, “la porte d’entrée pour le café torréfié et le café moulu”. Il a rajouté, dans sa conférence de ce matin du mardi 22 mars, que le Brésil, selon lui, n’est plus leader également en Russie sur ce marché, comme il le fut auparavant. Avec 3,2 millions de tonnes équivalent** de café vert exporté en 2010, il est bien en-dessous de ses capacités. Les neuf entreprises qui se partagent ce marché, dont la suisse Nestlé et la japonaise Marubeni (Iguaçu) et sept sociétés brésiliennes, pourraient facilement atteindre un volume de 4,5 millions de tonnes de café vert.

* Depuis 1984, C. H. J. Brando est consultant pour le café et le cacau pour la société brésilienne Pinhalense, fondée en 1950, plus gros fabriquant d’équipements pour le café, pour les fermes qui travaillent  à l’exportation : “Plus de la moitié du café du monde passe par des machines Pinhalense”, est l’un des slogans de l’entreprise.
** Pour 1 kilo de café soluble, correspondent environ 2,3 kilos de café vert. 1 sac de café vert comporte 60 kilos.

http://www.pinhalense.com

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