Archive | avril 2011

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Quelle mouche a donc piqué Frans Krajcberg ?

Publié le 29 avril 2011 par bahiaflaneur

Des oeuvres de Frans Krajcberg sont exposées dans le Palacete das Artes - Rodin, depuis plusieurs semaines. Nous avons choisi de ne pas en commenter le contenu. Pour quelles raisons ? La mostra ne propose à l’oeil du visiteur le moindre guidage. Dans la salle principale, les unités de l’artiste sont simplement dressées les unes à côté des autres, sans la moindre explication. Au premier étage, de grandes photos d’arbres, en couleurs, sont plaquées au mur. Sans la moindre légende. Plus loin, d’autres travaux, éffectués à partir de branches et de troncs, sont plaqués sur des socles, eux-mêmes plaqués sur la longue paroi principale. À nouveau, sans la moindre légende. Dans la salle de projection, le spectateur peut assister à la projection d’un film(*) : la copie vidéo, projetée sur le mur blanc, est de mauvaise qualité, tremblante, et le son est absolument inaudible.

À sortir de la salle, effrayés, nous nous arrêtons quelques instants pour lire le nom des personnes chargées officiellement de la “muséologie”. Deux groupes (núcleos) sont cités, ceux de la direction des musées et du Palacete, sans donner de nom spécifique. Mais en lieu et place de cela, apparaît sous la dénomination supplémentaire de “consultoria expográfica”, André Vainer. Un architecte de São Paulo, adoubé on ne sait pour quelles qualités de “muséologue” (!) par la direction passée (2007-2010) des Musées de Bahia (DIMUS), dirigée par Daniel Rangel. En rien, un muséologue, ni par le titre ni par les qualités. Une personne, ce M. Vainer qui a déjà montré son incompréhension et sa totale méconnaissance de ce qu’est la muséologie, à l’instar de ce qu’il a “produit” pour quatre expositions permanentes dans le Solar do Ferrao, au Centre Historique. Sans même évoquer la mauvaise rétrospective Ganaro de Carvalho, dont il avait signé le “projeto expográfico”. Une personne qui récemment a également signé la réforme du petit musée d’un des principaux terreiros de candomblé dans le quartier de São Gonçalo. Sans même évoquer la réforme, pour ses quarante années d’existence, du musée Parque Histórico Castro Alves (PHCA), situé dans la Fazenda Cabaceiras, sur la muncipalité de Cabaceiras do Paraguaçu. A data, além de marcar os 164 anos de nascimento do poeta Castro Alves,  Parque Histórico Castro Alves (PHCA). Situado na Fazenda Cabaceiras,  Là encore, l’on s’était demandé légitimement par quelles qualités il avait obtenu ce travail. Ne sort-il pas, chaque année, de l’Université Fédérale de Bahia, section Muséologie, une petite dizaine de jeunes formés et diplômés ?
Notre seconde interrogation: pourquoi Frans Krajcberg a-t-il accepté cette rétrospective, venue, de la part des autorités, pour souhaiter son 90e anniversaire ? Quels sont les points communs entre l’artiste et le gouverneur ? Un père communiste et juif et polonais. C’est tout. Pour le reste, le gouverneur, depuis qu’il occupe son poste, ne cesse d’accorder des faveurs fiscales et d’implantation aux empires transnationaux de la celulose (Veracel (l’un des mécènes des campagnes de Jaques Wagner), Suzano, etc.), et d’en vanter les bénéfices pour l’Etat, qui colonisent tout et envahissent avec leurs eucalyptus tout le sud de Bahia. Le sud de Bahia, justement la zone où est installée Frans Krajcberg, depuis plus de quarante ans. Cette colonisation dévastatrice par les eucalyptus, justement, qui est sans cesse dénoncée par l’artiste polonais. Ces eucalyptus qui se rapprochent et enserrent chaque jour un peu plus les zones environnantes à la demeure de l’artiste. Alors ?

Alors, légitimement, notre interrogation est donc grande. Qu’avait à gagner l’artiste intègre et cohérent en acceptant cette mascarade d’exposition qui n’en a que le nom ? La petite république bahianaise provinciale et de copinage, par le népotisme constant et l’incompétence crasse de nombreux “nominés”, a de beaux jours devant elle. Pour notre plus grand malheur.

« Je veux crier ma révolte. »
« Lorsqu’on fait violence à la nature, on s’attaque nécessairement à l’homme. »

« Je cherche des formes à mon cri.
»
« Comment faire crier une sculpture comme une voix ? »
Frans Krajcberg

« La nature devint son atelier. »
Pierre Restany.

fk9

F. K. devant sa maison

Biographie succinte rédigée a partir de textes trouvés sur internet et de notes personnelles…

Né en 1921, il se retrouve, à 18 ans,  plongé dans la Seconde Guerre mondiale. Dès les premiers jours de l’invasion de la Pologne par les Nazis en septembre 1939. Les Nazis exécutent sa mère, Bina Krajcberg, militante communiste, en prison. Emprisonné lui-même, il réussit à s’évader et à quitter la Pologne en guerre pour gagner l’URSS et Leningrad où il fait des études d’ingénieur hydraulicien et suit les cours des Beaux-Arts. Quittant la ville avant le terrible siège de 1941, il se retrouve un temps au Kazakhstan, puis au début de 1943, Krajcberg rejoint l’armée polonaise qui lutte aux côtés de l’Armée rouge dirigée par le maréchal Joukov, le vainqueur de Stalingrad. Après la libération de camps de concentration, en janvier 1945, il construit le pont sur la Vistule qui permet aux armées de libérer Varsovie. À la fin de la guerre, de retour dans son village, cet officier couvert de décorations est chassé parce que juif de sa maison natale occupée. Il ne retournera jamais en Pologne.
Cherchant sa famille, il rejoint Stuttgart, où se trouvent des survivants de son village, qui lui confirment la disparition de tous les siens, dans lescamps de concentration. Pour sublimer sa souffrance dans l’expression artistique, il fréquente un temps le cours tout juste rouvert de Willi Baumeister, un des artistes du mouvement Bauhaus. Celui-ci lui recommande de gagner Paris et lui donne une lettre pour Fernand Léger. Hébergé quelques mois chez Chagall, il s’embarque sur son conseil pour le Brésil et débarque à Rio de Janeiro en 1947, sans aucune ressource.
À Sao Paulo, il trouve un travail alimentaire de manutentionnaire au Musée d’art moderne qui prépare la première édition de la Biennale pour 1951. En 1951, il participe à la I Bienal Internacional de São Paulo avec deux peintures.  Il reprend ses activités d’artiste et présente des peintures au Salon Paulista d’Art Moderne et à la Galerie Domus.
En 1952, cet homme de la nature s’installe dans l’Etat du Parana, comme ingénieur dans une fabrique de papier, et se consacre aussi à la création d’œuvres en céramique. Il s’isole dans la forêt pour peindre. Il vit en pleine forêt, dans une maison en bois, « loin de la barbarie des hommes », mais la culture extensive du café conduit les exploitants à brûler de grandes surfaces boisées. Sa maison détruite dans un incendie, ayant à nouveau tout perdu, il part pour Rio de Janeiro en 1956, où il peint, partageant son atelier avec le sculpteur Franz Weissmannur (1911-2005). Sélectionnés pour la IV Biennale de Sao Paulo, ils sont primés et Krajcberg reçoit le prix du Meilleur Peintre Brésilien (1957).
L’année suivante, il est naturalisé brésilien.
Célèbre du jour au lendemain, il repart alors pour Paris, alors en pleine effervescence artistique (Manifeste des artistes du Nouveau Realisme en 1960). Installé dans le quartier de Montparnasse, où il a toujours son atelier (et désormais son espace d’exposition permanente) Krajcberg noue de grandes amitiés avec Yves Klein ou le critique Piere Restany. Il s’enfuit à nouveau en pleine nature dans l’île d’Ibiza. Là, en Espagne, il effectue des travaux sur du papier japonais modelé sur des pierres et peint à l’huile ou à la gouache. Ces “impressions” sont réalisées sur la base du contact direct avec la nature et se rapprochent, par leurs formes, des paysages volcaniques ou lunaires.
La peinture lui étant interdite par suite d’intoxication aux vapeurs de térébenthine, il expérimente une technique qu’il rendra célèbre, les empreintes de nature sur papier. À partir de 1959, il produit donc ses premières “terres craquelées”, reliefs presque toujours monochromatiques, avec des pigments extraits de terres et minéraux locaux.
De retour au Brésil, en 1964, il aménage son atelier à Cata Branca, dans l’Etat de Minas Gerais, dans la nature, non loin du Pico d’Itabirito et des carrières de minerai de fer. Il commence alors à sculpter à partir de troncs d’arbres morts, pour leur redonner vie, utilisant des pierres et des blocs de manganèse. Il voyage aussi en Amazonie, au Mato Grosso et au Pantanal.  Il découvre alors les ravages de la déforestation  contre laquelle il ne cessera alors de témoigner en prenant beaucoup de photographies et avec l’utilisation systématique des racines et des troncs brûlés, qui sont désormais au centre de son œuvre. C’est alors que se produit dans son oeuvre une explosion de couleurs et du propre espace. Il commence à créer les “ombres découpées” dans lesquelles il associe les lianes et les racines à des pièces de bois coupé.
En 1965, invité par l’architecte Zanine, il découvre le petit port de pêche de Nova Viçosa , au sud de l’Etat de Bahia. Pour attirer de grands artistes sur son territoire, l’État offre alors des hectares de forêt en bord d’océan. Séduit par cette nature intacte, la forêt primitive, les palétuviers, et la simplicité des pêcheurs de crevettes, Krajcberg s’installe. En 1968, l’architecte José Zanine Caldas2 part s’installer à Nova Viçosa, à l’extrême sud de Bahia. Il s’y construit un atelier - qui fonctionnera jusqu’en 1980 - puis élabore le projet d’une réserve environnementale avec Krajcberg, qui vient de donc de s’y installer. En 1971, Krajcberg construit sa maison dans un arbre, grande cabane à dix mètres au-dessus du sol, « où pour la première fois de ma vie, à cinquante ans, je me suis enfin senti chez moi ». Tout autour ses ateliers, la première maison pyramidale construite par son ami Zanine, et ses musées (2 bâtiments déjà et un troisiême en construction): c’est le “Sitio Natura”.
Depuis lors, Krajcberg habite donc à Nova Viçosa. Il se consacre davantage à la sculpture, qu’il avait commencée dans le Minas Gerais. Il travaille sur des troncs et des racines qu’il considère comme des dessins dans l’espace. Ces sculptures se plantent fermement dans le sol ou cherchent à se libérer en se dirigeant vers le haut.
À partir de 1978, il prend part au mouvement écologique, lutte qu’il dénonce dans ses travaux: “Avec mon oeuvre, j’exprime la conscience révoltée de la planète”.1 Militant écologiste de la première heure, dès 1978, Krajcberg lançait le «Manifeste du naturalisme intégral» ou «Manifeste du Rio Negro»3 à la suite d’un voyage en Amazonie avec le critique d’art Pierre Restany et le peintre Sepp Baenderenck, dont ils sortirent révoltés, contre la destruction organisée de la forêt et des Indiens qui la peuplent.
Frans Krajcberg effectue alors de nombreux voyages en Amazonie et dans l’Etat du Mato Grosso. Il photographie le drame des déboisements et des brûlages des terres. Il ramène de ces voyages des troncs et des racines calcinés dont il se sert pour ses sculptures.
Dans les années 1980, il commence la série Africana, avec des racines, des lianes et des branches de palmiers associées à des pigments minéraux. Toute son oeuvre est caractérisée par la recherche et l’utilisation des éléments de la nature, particulièrement de la forêt amazonienne, ainsi que par la défense de l’environnement.
L’Institut Frans Krajcberg, à Curitiba (Paraná) est inauguré en 2003 et reçoit la donation de plus de cent oeuvres de l’artiste.

1. Cité in FRANS Krajcberg revolta. Rio de Janeiro: GB Arte, 2000. p. 165.
2. Né à Belmonte, à Bahia, en 1918, et décédé à Vitoria, dans l’Etat de l’Espirito Santo en 2001.
3. Il en existe une version audio, lue par Pierre Restany
: Le manifeste du Rio Negro

Bibliographie

- Krajcberg, de Roseli Ventrella e Silvia Bortolozzo,  2007, São Paulo, Editora Moderna, coleção Arte e Contexto.
- Frans Krajcberg - Destruction / Destruição - Edition et diffusion : Materia Prima - 25, rue Antoine de Bourbon - 64 140 Billère - 176 pages - ISBN 2951395868 - 2005 - 42 €. Photographies de F. Krajcberg  et textes des auteurs suivants: Frans Krajcberg : Extraits du discours fait à Davos en janvier 2004. Jacques Lacarrière, poète, écrivain, helléniste : Là où sont nos racines. Augustin Berque, géographe culturel : Feux et lieux de l’humanité sur la Terre. Gilles Clément, jardinier paysagiste : Les jardins du feu : évolution et transformisme. Fernando Bini, historien de l’art et critique d’art brésilien: La contribution du feu dans les arts visuels. Jean-Marie Pelt, biologiste et Président de l’Institut européen d’écologie : Menaces sur la biodiversité. Pascal Acot, historien des sciences : Une écologie de la libération humaine.
- Claude Mollard et Pascale Lismonde, Frans Krajcberg, la traversée du feu: biographie; suivi du Journal d’Amazonie et du Manifeste du naturalisme intégral de Pierre Restany, Isthme, 2005.
- L’art révolté: Frans Krajcberg, un artiste pour sauver la forêt - Pascale Limonde - Éditions Gallimard Jeunesse , 2005
- Frans Krajcberg. Paris: Grande Halle de la Villette, 1996. s.p. il., figs., fotos.
- Esmeraldo - Krajcberg. Fortaleza: Arte Galeria, 1986. il. p.b., fotos.
- Frans Krajcberg natura. Rio de Janeiro: GB Arte, 2000. s.p., il. color.
- Frans Krajcberg revolta. Versão em inglês Carolyn Besset, Derrick Phillips; apresentação Pierre Restany. Rio de Janeiro: GB Arte, 2000. 192 p., il. color.
- Frans Krajcberg: imagens do fogo. Rio de Janeiro: MAM, 1992. 67p., il. p&b. color.
- Krajcberg, Frans. Krajcberg. Rio de Janeiro, Galeria Jean Boghici, 1981.
- Krajcberg, Frans. Krajcberg. Sao Paulo: Skultura Galeria de Arte, 1981. , il. color.
- Krajcberg, Frans. La Ville de São Luiz do Maranhão

fk1Expositions personnelles
1996, « Villette-Amazone / Manifeste pour l’environnement au XXIe siècle » à la Grande Halle de laVillette à Paris.
2005, “Dialogues avec la nature”, grande exposition rétrospective dans le Parc de Bagatelle de la Ville de Paris à l’occasion de “l’année du Brésil en France” (170.000 visiteurs).

Expositions permanentes
“Sitio natura”, Nova Viçosa, Etat de Bahia, Brésil (sa résidence et son site de référence)
Espaço Cultural Frans Krajcberg, Jardim Bôtanico, Curitiba, État du Parana (depuis 2002)
“Espace Krajcberg”, musée du Montparnasse, 21 avenue du Maine, 75015 - Paris (depuis 2003)
Fin septembre 2007: installation d’une sculpture en bronze, place de la Vache noire à Arcueil, (carrefour de la RN 20) département du Val-de-Marne, en France.

fk2Prix et décorations
1998, « Prix multiculturel Estadão » décerné par le journal « Estado de São Paulo »
2002, Médaille de l’Ordre de Rio Branco décernée par le gouvernement brésilien
2004, «Grande croix de l’ordre du mérite culturel», remise par le Président Lula.

Filmographie
(*)
Frans Krajcberg, le poète des vestiges (O poeta dos vestigios), film de 52 min. de Walter Salles Jr, 1987. photographie : Walter Carvalho. Roteiro : Joao Moreira Salles. Voix off : Paulo José.
Socorro nobre, film de 23 mn. de Walter Salles, 1995.
L’Oiseau de bronze, un sculpteur, une fonderie, un film d’Oliver Comte, 52 min. production Eyes Corporation, 2007 (sur la sculpture en bronze réalisée par la fonderie Susse d’Arcueil).
Note : Un autre réalisateur français, en dehors de Roger Pic, a réalisé, en 2004, un documentaire, en vidéo, sur le sculpteur. “Frans Krajcberg, Portrait d’une révolte”, par Maurice Dubroca., film de 52 min. (Production : Mémoire Magnétique - SCEREN (CNDP). M. Dubroca a également réalisé un autre documentaire au Brésil, dans la région du Pantanal, pendant la saison des pluies : “Des poissons dans les arbres” (Atta Productions, Canal+ - 2000 - vidéo Beta).

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En attendant Mario Cravo Junior

Publié le 28 avril 2011 par bahiaflaneur

ovelhomario3Il sculpte, peint et dessine depuis le début des années 40. Il est né en 1923. Il expose à Salvador et dans le monde entier depuis 1947. La NOUVELLE EXPOSITION, après huit années “d’absence”, d’oeuvres nouvelles pour la plupart de la cinquantaine exposée, s’ouvre demain, vendredi 29 avril 2011 à 20 heures, à la Paulo Darzé Galeria de Arte. Dont une quinzaine d’oeuvres, principalement en laiton, en cuivre, en graphite, faites entre 2009 et 2011. En attendant la publication d’une longue interview que nous a accordé le “velho Mario”, nous traduisons le poème intitulé “Decênio, medida inexpressiva”, (“Décade, mesure inexpressive?”) qu’il a écrit le 2 février dernier, qui ouvre le catalogue publié par le galeriste.

 

Décade, mesure inexpressive ?

par Mario Cravo Junior

Dans l’histoire des hommes,
néanmoins : il y a de quoi se montrer.
Nous restons ici.
Noir et blanc sont très marqués.
Le noir garde les secrets,
mystères et tradition.
Décombres d’incendies !…
Trous et matière noire
du cosmos maintenant redécouvert
.

J’ai été gâté à rencontrer
du graphite, toujours utilisé depuis l’enfance -
crayon… Enterrements, mort, etc. etc.

Gentil carbone, frère « soft »
du diamant, est dans les mains
de l’artiste… J’ai encore
faim de découverte,
de matériaux (et d’esprits)
non connus.

Qui sait, je vais à la recherche
De « modeler » l’antimatière ?

D’uns, le temps passe promptement
D’autres, supplice de Tantale.
Du jeune, la furie enthousiasmée !…
de la persistance coordinatrice
Dans la maturation, les fruits
laissant des chances à la vieillesse
d’une vie pleine
incorporés en forme, couleur
et invention, modelés par la douleur,
les prix, les pertes et les désespoirs.

Le cours des ans, modèle
êtres, faits et paysages
dans la surréelle phase de la vie :
Avec les amis va la joie,
la force des rêves pâlit,
l’enchantement perd l’éclat
L’envie de transformer,
contenue, se met à couvert,
le fait reste rigide,
se stratifie, d’un côté ;
de l’autre est mythifié.

2 février 2011

ovelhomario1

 Decênio, medida inexpressiva ?

Na história dos homens,
no entanto: há que mostrar-se.
Permanecemos aqui.
Preto e branco são fortíssimos.
O negro guarda segredos,
mistérios e tradição.
Escombros de incêndios!…
Buracos e matéria negra
do cosmo agora redescoberta.

Fui presenteando encontrado
grafite, sempre usado desde criança -
lápis… Enterros, morte, etc., etc…

Carbono gentil, irmão “soft”
do diamante  está nas mãos
do artista… Ainda tenho
fome de descoberta, de
materiais(e espíritos) não
conhecidos.
Quem sabe, ando a procura
De “modelar” a anti-matéria?

Célere corre o tempo de uns,
Doutros, tantálico suplício.
Do jovem, a fúria arrebatada!…
Na madura fase, os frutos
da persistência coordenadora
deixando à velhice chances
de amadurecida vivência
incorporados em forma, cor
e invenção, modelados pela dor,
prêmios, perdas e desesperos.

O passar dos anos, modela
seres, fatos e paisagens
na surreal fase da vida:
com os amigos vai a alegria,
a força dos sonhos esmaece,
o encantamento perde o brilho
A gana de transformar,
comedida, resguarda-se,
o feito fica rígido,
estratifica-se, de um lado;
do outro é mitificado.

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Gideon Rosa, “incandescent” Clov

Publié le 26 avril 2011 par bahiaflaneur

gideonrosablog
Clov (Gideon Rosa) et Hamm (Harildo Déda)

Clov a oublié l’échelle. Clov en a oublié la présence, momentanément, en un éclair de temps. Il se ravise, la rejoint et se hisse sur l’une de ses marches intermédiaires. Clov vient tirer le rideau qui obstrue une fenêtre haut perchée, à portée de main, sans même le regarder. Puis Clov, avec ses boots éculés qui raclent et heurtent les aspérités du sol, viendra enfouir son grand torse, et courber ce corps bancal, le plier presque, par deux fois, par les couvercles semi-ouverts de deux énormes barrils. Alors, ses deux rires carnassiers, immémoriaux par leur tonalité unique, qui résonnent, seuls, du fond des barrils, soudainement, seront venus briser le silence, notre silence « très peuplé », ce temps suspendu de ces quinze premières minutes de cette Fim de Partida.

« Solitude qui rayonne, vide du ciel, mort différée »*. Le visage de Clov nous apparaît tantôt las, tantôt exténué. Au-delà d’une résignation. Son bras droit, de tant harassé, pend le long de son corps. Courbatu, ce corps. Fléchie, cette épaule droite. Grise, cette peau. Cette épaule droite, comme déboitée, qui semble happer et entraîner son corps tout entier vers le sol. Ce corps, comme une loque déhanchée, qui flotte dans un pantalon élimé, comme pendu à deux bretelles. Déséquilibre du torse. Une vie ténue, semble-t-il. Ce regard qui n’affronte que le plancher. Pour regarder, enfin, la première fois, Hamm, il faudra à Clov attendre, plus loin dans cette journée qui n’en finit pas de s’étirer sous nos yeux, la question du vieil aveugle sur sa chaise : « Pourquoi vous ne me tuez pas ? ».

Par les méandres incroyablement subtils de ses gammes d’acteur qui s’ouvrent comme une corolle, Gideon Rosa, qui interprète Clov - le « révélateur » de cette pièce - saura percer l’armure de la vie, deux heures plus tard, et nous mener, quelquefois drôlement, à la canopée qui le délivrera tragiquement. Gideon Rosa, ce minéral taillé dans les perplexités de Clov, qui se faufile subrepticement, devant nous, dans le dédale et l’entrelacs des mots beckettiens, pour affronter le péril de l’Autre, le percer et le vaincre, chaque soir. Oui, Gideon Rosa, une éternelle incandescence ineffable.

* in L’Écriture du désastre, de Maurice Blanchot. La traduction de la pièce de Beckett, aux éditions Cosa & Naify est de Fábio de Souza Andrade qui est professeur de théorie littéraire à l’Université de Sao Paulo et auteur de  “O Engenheiro Noturno - A Lírica Final de Jorge de Lima” (Edusp).

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Hospitalisations psychiatriques: incapacité abyssale

Publié le 25 avril 2011 par bahiaflaneur

Plus de 200 membres, et malades pour la plupart, d’une association (Associação Metamorfose Ambulante - AMEA) se sont réunis le 11 avril 2011 devant le Teatro Castro Alves pour partir en manifestation jusqu’à la Praça Municipal. Ils revendiquaient une série de droits pour les malades mentaux, tels l’amélioration des repas et une meilleure attention dans le travail intérimaire pour les Centros de Atenção Psicossocial (CAPS).
Une dizaine de jours plus tard, un reportage dans un quotidien de Salvador révélait un déficit abyssal de lits hospitaliers pour les internés en psychiatrie publique à Bahia. Cent quarante lits dans l’Hospital Psiquiatrico Juliano Moreira, quinze sis dans l’Hospital Universitario Professor Edgard Santos (Hupes), trente-sept lits dans l’Hospital Irma Dulce et enfin cent vingt lits dans le Sanatorio Sao Paulo. Seuls 400 lits au total disponibles à Salvador…
L’organisation Mondiale de la Santé recommande un lit “psychiatrique” pour mille habitants. Tous comptes faits, par le Ministère de la santé en 2010, Bahia n’offre donc que… 0,06 lit pour mille habitants. Lors des dernières huit années, 54% des places en psychiatrie de Salvador ont été fermées. Tandis que le pays Brésil a supprimé, sur la même période 17.000 lits en services publics psychiatriques. Es-il utile de rappeler que Bahia affiche un taux de 16% du total de ses habitants classifiés officiellement, à degrés divers, handicapés mentaux et physiques ?

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