Adenor Gondim, magicien de la lumière


zediaboadenorgondim11

Adenor Gondim est photographe. L’un des plus grands de Bahia. Méconnu en sa propre terre et peu considéré, en regard de son grand talent, à dire vrai. Il photographie depuis plus de quarante ans. A São Paulo, la très récente majestueuse et volumineuse double publication d’un ouvrage consacré aux mondes artistiques afro-brésiliens fait la part belle à son travail. Cette place se doit, entre autres, à l’amitié et au respect qu’a porté à son travail, depuis le milieu des années 80, Emanoel Araújo, bahianais et directeur du prestigieux Museu Afro Brasil de São Paulo. E. Araújo est l’idéalisateur de cet ouvrage de 880 pages, grand format. La photo ci-dessus, à fonds perdus, pleine page, ouvre la section intitulée « Negros fotógrafos ». Puis d’autres pages individuelles montrent, dans le chapitre, les photographies de Adenor Gondim.

Écoutons Adenor, qui nous a parlé, hier lundi 4 avril 2011, devant le livre ouvert, parcouru par Bahiaflâneur dans une librairie deux jours avant:
« C’était en 2006. Zé Diabo est ferronnier. C’est une figure monumentale. Il est exactement comme la photo le montre, dans son ingénuité, dans la beauté de sa personne. Il façonne, comme ferronnier qu’il est, des sculptures à l’effigie de tel ou tel orixá. En effet, le père de saint vient à lui commander, via un croquis qu’il remet généralement à son fils de saint, la petite sculpture qui représente l’orixa exact du fils de saint. Je fréquente l’atelier de José Adário dos Santos depuis huit ans environ, près de la place Castro Alves. Zé, personne d’une simplicité sans égal, est reconnu à Bahia pour sa dextérité à concevoir l’orixá Exu. J’aime la lumière de son atelier. Je m’y rends souvent. J’ai saisi cette expression, volé pour ainsi dire. Ce fut ma première perception de son visage. Dans la foulée, j’ai fait vingt autres photos, différentes, mais pas une autre n’est égale à cette première. Presque toujours, après son travail, Zé Diabo jette au panier les croquis. J’ai déjà récupéré plus de cent cinquante ébauches de dessins. Malheureusement, Zé n’a pas formé de successeur ».
La reproduction, dans ce blog, rend malheureusement compte assez mal de l’incroyable piqué du portrait, et des clairs-obscurs, digne d’un Titien ou d’un Tintoret !


le blog de Adenor Gondim : http://www.apenasbahia.blogger.com.br/

A Mão Afro-Brasileira – Significado da contribuição artística e histórica. Editora: Imprensa Oficial do Estado de São Paulo e Museu Afro Brasil (2ª. edição –  886 pages, vol 1: 448p.; vol 2: 420p.) L’ouvrage prétend célébrer les artistes afro-brésiliens, du Barroque, du XIXe siècle, du modernisme et du xxe siècle. À travers les musiques, les dessins et la peinture, la littérature et la photographie. L’ouvrage avait été lancé le 20 novembre 2010 à São Paulo. Il aura fallu attendre la dernière semaine de mars 2011 pour que le citoyen de Bahia puisse  prendre en mains ce bijou éditorial. La toute première édition datait de 1988, alors concomitante à la commémoration des cent ans de l’Abolition de l’esclavage. Le Museu Afro Brasil est installé dans le Parque Ibirapuera, à São Paulo.

Une interview très récente et critique, en portugais, de Emanoel Araújo:
http://terramagazine.terra.com.br/interna/0,,OI4778952-EI6581,00-Emanoel+Araujo+Nos+somos+a+Republica+do+fracasso.html

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Davidikus dit :

    Voilà qui confirme encore une fois que le Brésil, & de manière plus générale l’Amérique Latine, est une terre de photographie.
    http://davidikus.blogspot.com/
    http://www.davidranc.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *