L’eucalyptus de la honte…

Le nom du propriétaire des deux fazendas n’a pas été divulgué. Mardi 14 juin, cinquante-trois personnes ont été libérées par des agents publics* du ministère du travail. Sans eau potable, sans cuisine, sans sanitaires, sans matériel de base de soins, sans abri contre les intempéries, sans équipement individuel de protection, ils devaient pourtant quotidiennement assurer des ramassages divers, principalement dans des plantations d’eucalyptus. Ils habitaient dans une barraque qui abritait également des produits agricoles et des produits agrotoxiques. Ils n’avaient pas de contrat de travail et n’avaient effectué le moindre examen médical, dans cette zone, située à 932 kilomètres de Salvador, à l’extrême ouest, autour de la municipalité de Correntina.
L’action des inspecteurs du travail, dirigée par le contrôleur des impôts du Travail, Luize Surkamp, aidée d’un procureur du travail et de policiers fédéraux,  avait commencé sur place le 8 juin et s’est terminée le 14 juin. Le propriétaire a tenté d’obstruer et de maquiller la présence des travailleurs, en les évacuant du lieu. Il devra payer un total de 339.500 reais, entre amende et salaires officiels, selon les lois brésiliennes.
Pendant ce temps là, à Brasilia, un projet d’amendement constitutionnel (PEC), venu de quelques députés du PT, dont Cláudio Puty de l’État du Pará, et qui prévoit d’exproprier les propriétaires des terres où est constaté un travail dans des conditions d’esclavage, est toujours en attente depuis… sept ans à l’Assemblée nationale. La présidence de cette même Assemblée, assumée par le PT, freine également depuis deux mois l’ouverture d’une commission d’enquête (CPI) sur le Travail esclavagiste. Les lobbies ruralistas et des grands propriétaires, qui viennent également d’infliger une déroute complète au gouvernement avec le vote récent de l’ultra-conservateur Código Florestal (Code des Forêts et Terres), mènent la danse et la présidente Dilma Roussef obéit.

* Principalement issus du Grupo Especial de Fiscalização Móvel do Ministério do Trabalho e Emprego.

Deux autres cas, précédents, autour de la même ville de CORRENTINA (en portugais) :
http://www.mte.gov.br/delegacias/ba/noticias/libertados.pdf


http://www.sinait.org.br/noticias_ver.php?id=199

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