Bien à flot, les saveiros de Pedro Agostinho…

L’Association Viva Saveiro avait remporté récemment un prix organisé par l’organisme fédéral du patrimoine, l’Instituto do Patrimônio Histórico e Artístico Naciona (Iphan ; Programme Barcos do Brasil), pour maintenir vivante la mémoire des embarcations traditionnelles encore existantes au Brésil. Lundi 6 juillet au soir, au siège de l’IPHAN, l’Iphan fêtait conjointement la réédition somptueuse d’un ouvrage fondateur, sur ce thème des saveiros de Bahia, de l’anthropologue Pedro Manuel Agostinho da Silva, qui enseigna et forma à l’université fédérale entre 1971 et 2007 nombre des plus renommés ethnologues brésiliens.
Comme le dit Carlos A. Amorim, directeur de l’Iphan-BA, dans sa préface à « Embarcações do Recôncavo: Um estudo de origens », il y a « autour de Pedro [Agostinho] une aura de dignité et de retenue qui fait de lui exatement ce qu’il est. Homme extraordinaire, intellect livre et un exemple de compagnonage avec la vie », avant d’évoquer « son conformisme héroïque ». Pour raisons de santé, l’auteur ne pouvait être présent, mais encore une fois M. Amorim savait trouver les mots justes : « Salve Pedro Agostinho, simão de todos os mares do Recôncavo ! » Nous traduisons également deux courts passages significatifs:
Extrait traduit de la page 37:
« À Bahia, ce sont les embarcations de casco liso qui donnent au paysage son aspect qui ne peut être confondu, naviguant à pleines voiles pour la ville avec le vent qui vient des terres, dès potron-minet, ou revenant pour le Recôncavo avec la brise de l’après-midi. Dans toutes, est marquant le profil particulier de l’étrave, qui pourrait être considéré comme le trait distinctif des embarcations régionales, car il est toujours divisé (…) »
Extrait traduit de la page 115: « Étant, à long terme, condamnées, quelques embarcations populaires de la Baie de tous les Saints pourront survivre, et cela pour un temps indéterminable, dans la mesure qu’elles s’adaptent aux nouvelles conditions techniques et économiques – comme le cas des canoas et des saveiros de pesca -, ou dans la mesure que pour elles se rencontrent des usages alternatifs – cas des saveiros, de charge ou de pêche, et dos iates de carga. (…) »
La recherche iconographique fut menée de main de maître par Bete Capinan et Humberto Vellame, pour insérer, sans même parler des grandes reproductions de gravures et cartes, des dizaines de photos en doubles pages à fonds perdus dont les auteurs ont pour nom Roberto Faria, Claudiomar Gonçalves, Pierre Verger, Nilton Souza et Juliana Nakatani. Une réussite visuelle sans égal.

pedroagostinho

Au second plan, Pedro Agostinho da Silva, en 1961, sur la plage de São Braz, à Santo Amaro da Purificação. © Pedro Agostinho

– Pedro Agostinho da Silva est le fils aîné de feu Agostinho Da Silva, qui créa il y a cinquante et un ans, le Centro de Estudos Afro-orientais (CEAO), à Salvador. Ce grand livre de 157 pages, format à l’italienne, est la réédition du livre de l’auteur, paru en 1973 – en petit tirage par le secteur des Publicações du Museu do Recôncavo Wanderley Pinho, série Sociedade et Cultura –  étoffée de photos grand format, dans un ouvrage luxueux (photo ci-dessous), édité en ce mois de juin 2011. C’est une co-édition Iphan/Oiti Editora/OAS. S’ajoute au texte original un autre texte de Pedro Agostinho : « Sobre a urgência de um museu naval no Nordeste », de la page 124 à la page 135, publié initialement dans la Revista de Antropologia, São Paulo, v. 24, p.123-139, 1981.

embarcacoes

– Un livre sur l’action de Agostinho Da Silva (le père de Pedro Agostinho) au Brésil existe également: « Presença de Agostinho da Silva no Brasil »/par Amândio Silva et Pedro Agostinho da Silva/Editora Casa Rui Barbosa/2007

– et aussi…:
http://cdeassis.wordpress.com/2009/07/02/agostinho-da-silva-um-farol-da-cultura-portuguesa/

– Un  – très bon – film sur les saveiros:
A morte das velas do recôncavo, mise en scène de Guido Araújo (1976, 23 minutes). Le montage est de Peter Pryzgodda, qui vivait à Bahia une bonne partie de l’année, depuis le milieu des années 70.

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