Une protestation bien tardive, par Newton Sobral

Newton Sobral est journaliste. Il a travaillé, depuis le début des années soixante, dans tous les quotidiens de Bahia: Tribuna da Bahia, Jornal da Bahia et A Tarde. Il est également professeur et poète. Avant le coup d’état militaire, en 1964, il était vice-président de l’União Brasileira dos Estudantes Secundaristas (UBES). Il fut également assistant de  l’architecte Lina Bo Bardi, qui fonda le Museu de Arte Moderna da Bahia. C’est un homme de gauche, indigné par les agissements et l’ère du Partido dos Trabalhadores (PT) au pouvoir. Cette chronique, traduite par BF, a été publiée en page 3 du quotidien A Tarde, le jeudi 25 août 2011.

La manifestation pour comémorer les douze ans – depuis la date exacte de la publication de l’appel d’offres – de “l’inexistence” du mini métro de Salvador, réunie, le 11 août 2011, avec ses infimes deux cents manifestants dans l’Avenida Bonocô, vient à la rencontre de la critique du journaliste Juan Arias, correspondant du journal espagnol El País, quand, dans un récent article, il demanda: où sont les indignés du Brésil qui n’occupent pas les places pour protester contre la corruption et le manque d’étique des hommes politiques ? Regardez bien : seulement après douze longues années, par l’initiative de l’étudiant Cicero Cotrim, seize ans, qui utilisa le réseau virtuel Facebook pour régimenter les manifestants, quelqu’un descendit dans la rue externer le sentiment de honte des bahianais pour ce métro short.
Avec sa remarque, Arias accuse, sans le savoir, le processus d’accomodation au gouvernement du Partido dos Trabalhadores (PT) d’institution comme l’União National dos Estudantes (UNE), le Movimento dos Sem Terra (MST) et les centrales syndicales qui, dans un passé pas si lointain, étaient l’avant-garde des luttes revendicatrices, les emmenant sur les places publiques. Et comme n’existent pas de mouvements populaires sans leaders, avec la reddition de ces représentants, manque quelqu’un pour ouvrir les yeux du peuple.
L’UNE, par exemple, venue de mémorables campagnes politiques, comme lors de la lutte pour la redémocratisation du pays après la dictature militaire, s’est pratiquement vendue, aujourd’hui, au lula-petismo pour presque cinquante millions de reais pour construire un siège nouveau. Le MST, financé par le gouvernement, et les syndicats, bénéficiés par un veto de Lula, les exemptant de rendre des comptes au TCU* des gigantesques fonds issus de l’impôt syndical, suivent le même chemin.
Le PT a coopté l’avant-garde des masses dans tout le Brésil. Pire encore: il les a mises à son service dans des situations dégradantes, à l’exemple de l’UNE quand elle défend la corruption, se joignant à la thèse selon laquelle le scandale du “mensalão” n’était rien de plus qu’un “coup d’état des médias”.
Le mouvement étudiant à Bahia, assez combatif dans le passé, suit l’exemple et n’est plus le même. Nous allons tout faire pour que l’initiative de Cicero Cotrim fasse renaître les brios d’une classe dont l’action indépendante a beaucoup contribué pour que le Brésil puisse arriver au niveau d’une démocratie en développement.

* UNE: seulement tropis bahianais, dont deux venus de classes sociales privilégiées, en plusieurs dizaines d’années d’existence, en furent présidents, à la fin des années soixante-dix. Javier Alfaya (Francisco Javier Ulpiano Alfaya Rodrigues), architecte diplômé à Salvador, né en Espagne,  fut longtemps député communiste (PCdoB) de l’État de Bahia. Ruy César Costa Silva dirige une école privée et suit une carrière de producteur culturel. Orlando Silva de Jesus Júnior, noir et d’origine très pauvre, venue de la lointaine périphérie de Salvador, a dirigé l’UNE de 1995 à 1997. Il est actuellement ministre des Sports, à Brasilia.
** Cour des Comptes Fédérale.

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Um protesto bem atrasado, por Newton sobral

O protesto de rua pelos 12 anos – a contar da data da licitação – de  ‘inexistência’ do mini-metrô de Salvador, reunindo, dia 11, ínfimos 200  manifestantes na Avenida Bonocô, veio ao encontro da crítica do  jornalista Juan Arias, correspondente do jornal espanhol El Pais, quando, em recente artigo, perguntou: onde estão os indignados do Brasil que não ocupam as praças para protestar contra a corrupção e falta de  ética dos políticos? Frise-se bem: só após 12 longos anos, por  iniciativa do estudante Cícero Cotrim, 16, o qual usou o Facebook para arregimentar os manifestantes, alguém foi às ruas externar o sentimento  de vergonha dos baianos por esse metrô calça-curta.
Com sua observação, Arias acusa, sem o saber, o processo de acomodação ao governo petista de instituições como a UNE, MST e centrais sindicais, as quais, em passado não muito distante, eram a vanguarda das lutas reivindicatórias, levando-as às praças públicas. E como inexistem movimentos populares sem lideranças, com a rendição dessas representações, faltou quem abrisse os olhos do povo.
A UNE, por exemplo, de memoráveis campanhas políticas como a luta pela redemocratização do país após a ditadura militar, hoje praticamente vendeu-se ao lula-petismo por quase R$ 50 milhões para construir uma sede nova. O MST, financiado pelo governo, e os sindicatos, beneficiados por um veto de Lula isentando-os de prestar contas ao TCU dos imensos recursos oriundos do Imposto Sindical, seguem o mesmo caminho.
O PT cooptou a vanguarda das massas em todo o Brasil. Pior ainda: colocou-as a seu serviço em situações degradantes, a exemplo da UNE quando defendeu a corrupção, comprometendo-se com a tese de que o escândalo do mensalão não passava de um ‘golpe da mídia’. O movimento estudantil na Bahia, bastante combativo no passado, segue o exemplo e não é mais o mesmo. Vamos torcer para que a iniciativa de Cícero Cotrim faça renascer os brios de uma classe cuja ação independente contribuiu em muito para o Brasil chegar ao patamar de uma  democracia em desenvolvimento.

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