2011: PALMARÈS ARTISTIQUE ; une année pas folichonne

Publié le 31 décembre 2011 par bahiaflaneur

Ainsi, l’année qui s’achève, et qui aura vu l’arrivée au secrétariat d’Etat à la culture d’un nouveau fonctionnaire, universitaire retraité et encarté au Partido dos Trabalhadores, a prouvé, encore une fois, l’indifférence de ce parti pour la Culture. L’arbre de trois millions et demie de reais destinés à 216 artistes pour 2012, n’existe que pour soulager les “desafetos” de la gestion précédente, et favoriser grassement les “amis et protégés” du nouvel entrant*, qui occupent désormais la forêt des “chaises musicales” dans le bâtiment du Palacio Rio Branco. Pas la moindre pérennisation de fonds pour la culture à l’horizon, à moyen terme.
Le théâtre, presque à la dérive, a surnagé grâçe à quelques sponsors privés ou des fonds fédéraux, avec deux pièces formidables, Fim de partida et Sargento Getulio. À cela, se sont ajoutés deux festivals internationaux de théâtre, sur fonds publics et assez créatifs, dont l’un organisé par un cubain, nouveau résident à Bahia. Derrière, une forêt silencieuse* .
Littérature ? Héroïquement, une petite maison privée, P55, aura produit quelques dizaines de beaux petits ouvrages de photographies, de poésie et de contes, à prix modique. À ses côtés, seuls les quelques 100  (!!) livres édités par l’Université fédérale de Bahia - avec des fonds venus de Brasilia -  auront permis à Bahia d’exister dans la vitrine livresque nationale. De plus, la denière librairie du centre-ville a fermé, et l’exode vers les lointains shoppings centers est désormais obligatoire pour celui qui veut prendre en main un livre. Seuls restent dorénavant deux petites librairies d’art, enchassées dans une galerie privée (Paulo Darzé) et dans un complexe de cinémas, pour satisfaire notre réflexion.
Trois longs métrages bahianais ont été distribués nationalement et ont connu un relatif succès critique. Mais l’Etat de Bahia n’a toujours pas de politique spécifique pour le septième art. Et la distribution nationale est sous les fourches caudines de Hollywood et de l’Amérique, dans ce qu’elle a de plus “blockbuster”. La foi de quelques dizaines de “curta-metragistas” permet au bloc bahianais de se maintenir, pourtant, bien présent nationalement.
Arts plastiques ? Une nouvelle direction des musées nommée. Et invisible. À côté de cela, un Musée d’Art moderne, emblême de Bahia, “plâtré” et sans budget. Les arts plastiques - hormis la splendide exposition de Sante Scaldaferri, l’un des derniers géants bahianais - nous semblent donc au plus bas, seulement représentés fièrement par la galerie privée Paulo Darzé. Elle aura présenté en 2011 une petite dizaine d’expositions, avec, à chaque fois un catalogue luxueux imprimé. Et aura définitivement scellé, avec des artistes renommés comme Nelson Leirner, voire Leda Catunda, son entrée dans la cour des grandes galeries brésiliennes.
Parabéns, Paulo Darzé !

* Nouvel arrivant, que tout soteropolitano de bonne foi n’a JAMAIS vu, entre 2003 et 2011, spectateur de la moindre pièce de théâtre, pas plus que du moindre spectacle musical, sans même parler de quelque exposition d’un plasticien… Une vergogne !

santescaldaferripalacete2011

une oeuvre de Sante Scaldaferri exposée actuellement à Salvador

BAHIA : LE MEILLEUR DE 2011
établi par le jury de Bahia Flâneur

L’actrice
aucune
L’acteur
Gideon Rosa, dans la pièce de théâtre Fim de partida, de Samuel Beckett, mise en scène par Ewald Hackler

Le concert
Orkestra Rumpillez, au Teatro Castro Alves
Le disque
Amarelo, de Juliana Ribeiro

Le film
Os Filhos de João, O Admirável Mundo Novo Baiano, long métrage de Henrique Dantas
La pièce de théâtre
Sargento Getúlio, à partir du texte de João Ubaldo Ribeiro, mis en scène par Gil Vicente Tavares

L’exposition
POP/Bienais, de Sante Scaldaferri, dans le Palacete das Artes Rodin Bahia

Le blog d’un photographe
http://apenasbahia.blogger.com.br par Adenor Gondim
Le blog d’un essayiste
http://lelixirdudrfunkathus.blogspot.com par Olivier Cathus.
(un blog écrit en français, depuis la France, mais qui traite des musiques afro-brésiliennes, en particulier.)

La chanteuse
Juliana Ribeiro
Le chanteur
aucun

1 Commentaires de cet article

  1. Adenor Gondim dit:

    Bruno,
    Obrigado pela lembrança do meu modesto Blog Apenas Bahia. Apenas Fotografia e que façamos de 2012 o melhor ano das nossas vidas.
    Grande Abraço

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