Sócrates, cinquante-sept ans d’éclatante vivacité, du gazon au feuillet

Il n’y a que des images mentales, de Sócrates, sur un terrain de football, via un petit écran, alors que le Brésil n’était alors pour nous qu’une contrée lointaine. Mais, pourtant, des flashes d’une présence et d’une majesté rayonnantes, souveraines, d’un joueur qui semblait surplomber les vingt et un autre joueurs, subsistent clairement. Malgré plus de deux dizaines d’années qui ont passé. Et le “doutor” s’était mué en éditorialiste sportif, pour l’un des très rares hebdomadaires progressistes du Brésil. Ce jouisseur invétéré, qui aimait Cuba comme peu – l’un de ses fils se prénommait Fidel – et la vie, par-dessus tout, affichait sa clairvoyance, en ses mots choisis, et guidait toujours le lecteur vers une “totalité” dans son raisonnement. Comment dire ? Vivre au Brésil et ne pas aimer la figure majestueuse de Sócrates, il faudrait, oui, être un monstre !
Mino Carta, fondateur de CartaCapital, dit sa tristesse, ce matin du dimanche 4 décembre 2012. Nous l’avons traduit. BF.

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Sócrates, d’autant plus unique que rare
Sócrates, grand, impayable compagnon, d’autant plus unique que rare.
Pendant que j’écris, je bois un verre de vin, il aimerait l’apprendre, cela raccourcit le temps, un ou deux mois avant de mourir, nous avons bu une bouteille ouverte par la jeune épouse amoureuse, intrépide à ses côtés jusqu’à la fin. Venaient d’abord, en Sócrates, avant tout, l’homme et le citoyen, l’homme conscient jusqu’aux entrailles, incapable d’éviter les implications les plus profondes de la vie, y compris les imposantes responsabilités de figure publique. C’était son essence politique, au sens le plus large, le plus complet. Plus vif et éclatant. L’exceptionnel talent dans la manipulation du ballon, dans la vision du jeu, dans la technique et la tactique, comme dirait Mario Morais, ne se discutent, et assument, pourtant, une dimension au-delà de sa rareté, unique, j’insiste en cette idée, car précédées par la vision ample, de longue portée, de la propre existence. Le doutor était aussi professeur, et donna des leçons aux lecteurs de CartaCapital, à commencer par celui qui écrit ici, de l’art pratiqué comme il revient à peu, et avant cela, des leçons de vie. Sócrates me manque déjà immensément, et manque à nous tous.

Mino Carta

Sócrates, mais único do que é raro
Sócrates, grande, impagável companheiro, mais único do que é raro.
Enquanto escrevo, tomo um copo de vinho, ele gostaria de saber, faz tempo escasso, um ou dois meses antes de morrer, tomamos juntos de uma garrafa aberta pela jovem apaixonada mulher, intrépida ao lado dele até o fim. Vinham em Sócrates, na frente, antes de mais nada, o homem e o cidadão, o ser consciente até a medula, incapaz de evitar as implicações mais profundas da vida, inclusive as imponentes responsabilidades de figura pública. Era sua essência política, no sentido mais abrangente, mais completo. Mais vívido e vivido. A excepcionalidade do talento no trato da redonda, na visão do jogo, na técnica e na tática, como diria Mario Morais, não se discutem, assumem, porém, uma dimensão além de rara, única, insisto na ideia, porque precedidas pela visão ampla, de longo alcance, da própria existência. O doutor era também professor, e aos leitores de CartaCapital, a começar por este que escreve, ministrou aulas por muitos anos a fio da arte praticada como coube a poucos, e antes disso, de vida. Sócrates já me faz falta imensa, e faz a todos nós. Mino Carta

ps : le dernier article de Sócrates, ICI MÊME, où il affirme sa grande préoccupation devant la très mauvaise organisation et préparation de la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

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