Archive | avril 2012

Vomissons, oui.

Publié le 23 avril 2012 par bahiaflaneur

Tout au long de mille posts*, tout au plus une ou deux fois, nous nous étions avancé à commenter les événements du pays  appelé france, notre pays natif, dont nous usons la langue pour nous exprimer en ces colonnes.

Les résultats de ce premier tour de l’élection présidentielle 2012 nous amènent, une toute dernière fois, a scruter ses berges, munis de notre jumelle bahianaise.
Nous avons accosté à Bahia à l’orée des années 2000.
De l’autre côté de l’Atlantique, la tache du ver raciste et fasciste était déjà grandissante.
Aujourd’hui, en 2012, elle est métastasée et indélébile.
46 % des électeurs - oui, je veux dire les femmes et les hommes qui ont une carte d’identité française et une carte d”électeur - en effet ont déposé ce dimanche consciemment une enveloppe pour approuver les méthodes d’un gouvernement xénophobe aux lois répressives, policières, coercitives qui vient de durer cinq années et le programme d’un parti raciste qui souhaite user le fascisme comme méthode de pouvoir.
Si l’on exclut les abstentionnistes, un adulte français sur deux approuve donc pleinement et justifie “la société policière de contrôle et de fichage généralisé”, et est ouvertement xénophobe, raciste, antimusulman, antisémite et à droite toute de l’échiquier politique. Aucun doute n’est plus possible.
Si l’on intègre les inscrits absents, un sur 2,5 s’affiche alors comme tel.

Ce dimanche soir, un ancien premier ministre “socialiste”, parrain et tuteur politiques du présent candidat “socialiste” a même osé déclarer:
(…) “C’est une belle soirée” (…)

Il n’y a dorénavant plus rien qui nous rattache à notre pays natal.

* Huit cents conservés et consultables, et quelques deux cents détruits, depuis la création de ce blog.

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Sarra (1933-2012), “brasier du cinéma et de l’amour”

Publié le 20 avril 2012 par bahiaflaneur

saraceni18012011monicaimbuzeiro

P. C. S., janvier 2011.

Il filmait depuis 1957 et scénarisait depuis 1952. Paulo Cezar Saraceni, “Sarra” pour ses amis proches, naquit à Rio de Janeiro, et vécut toujours là. Mais l’amitié, pour celui qui fut l’un des fondateurs du cinema novo, lui fit bien sûr oublier les frontières internes au Brésil. Ainsi, le meilleur ami de cet “homme à femmes” et séducteur invétéré ne pouvait être autre que le bahianais Glauber Rocha. Retour en trois temps sur cette amitié avec Bahia.
- Nuit du 6 juin 1981. Le père de Glauber, Adamastor Bráulio Silva Rocha, meurt à Rio de Janeiro, dans le quartier d’Ipanema, à l’hôtel Arpoador. Glauber appella alors “Sarra”, vers deux heures du matin. Ce dernier rencontra la mère de Glauber très énervée, qui lui demanda de convaincre Glauber qu’il laisse retirer le corps du père de l’appartement, car les voisins le souhaitaient. Glauber expulsa alors tout le monde de la chambre du défunt, à l’exception de Sarra. Et demanda à l’ami cinéaste de raconter, à voix haute devant le cadavre,  son dernier scénario écrit qui contait l’aventure de la “Coluna Prestes”, qui fut la grande frustation de Adamastor, emprisonné dès le début de la révolte menée par Prestes et empêché de fait d’y participer. À l’écoute, “Glauber pleura et vibra avec le récit du scénario et seulement à la fin de celui-ci, il permit qu’on emmène le corps de son père”, selon les paroles mêmes de Sarra.
- Août 1983. C’est Paulo Cezar Saraceni qui fut choisi, avec Leon Hirzman, pour filmer, à Rome, le documentaire relatant les shows triomphaux d’un groupe formé par Caetano Veloso, Dorival Caymmi, Naná Vasconcelos, Batatinha, João Gilberto, Gal Costa, Moraes Moreira, quasiment tous bahianais. “Bahia de todos os sambas” reste ainsi pour l’éternité cinématographico-musicale.
- À la fin de sa - courte - vie, Glauber Rocha aimait rappeler : “J’ai appris de multiples choses avec mes amis, mais Saraceni me conduisit au brasier du Cinéma et de l’Amour”.

La semaine dernière, lors de la très longue veillée funèbre, dans le splendide cadre du Parque Laje, pas un ou presque de la génération du cinema novo ne manquait. Au premier rang desquels le plus grand acteur brésilien vivant, Othon Bastos, qui déclara : “La seule chose que je peux dire en ce moment est que nous vivons avec lui. Et qu’il vécut avec nous. Nous avons eu des moments merveilleux. C’était un ami cher (belo amigo), un homme parfait, d’un grand esprit. Il laisse une oeuvre à étudier”.

* La Coluna Prestes fut une longue marche organisée, entre 1925 et 1927, par le militaire Luiz Carlos Prestes, formée de 1.500 militaires et civils, à travers les contrées intérieures du Brésil,  qui appelait à la révolution contre le gouvernement fédéral.

(photos de Mônica Imbuzeiro et Droits Réservés).

Un metteur en scène, Ricardo Miranda, a tourné en 2007 un documentaire sur la trajectoire de Sarra: “A etnografia da amizade”.  La filmographie de P. C. Saraceni, qui avait également publié sa formidable autobiographie en 1993, “Por Dentro do Cinema Novo”, aux éditions Nova Fronteira, est ici:
http://pt.wikipedia.org/wiki/Paulo_C%C3%A9sar_Saraceni

http://blogs.estadao.com.br/luiz-zanin/morre-o-cineasta-paulo-cezar-saraceni-1933-2012/

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Lucas Santtana versus Hölderlin ?

Publié le 02 avril 2012 par bahiaflaneur

Pour son cinquième album, le chanteur bahianais, auteur compositeur interprète, qui vit à Rio de Janeiro, a choisi de tourner le clip d’une de ses nouvelles chansons à Salvador, entre littoral dans le quartier de Rio Vermelho, le Porto da Barra et la Praça da Sé… Le titre de cet opus, “O deus que devasta mas também cura” (le dieu qui dévaste mais aussi guérit” semble revenir sur les pas poétiques de…  Hölderlin (”Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve”). À chacun de voir…. Nous avons traduit les paroles….

À noter que la production, la réalisation, le montage, etc. ont été assurés par une petite maison de production, sise dans la Ville Basse, à Salvador, Cavalo do Cão Filmes, regroupée autour des deux frères Lisboa.

O Deus Que Devasta Mas Também Cura

Um vídeo de um celular
Retrata um dia depois
O caos de um dia atroz
Quando a cidade parou
Por causa da fúria de um deus
Que fez ainda pior
Muito assustadoramente
Revirou gavetas, onde amor e letras
Em fotografias é o que nos valia e nos aquecia
Carros sobre o alambrado
Pista coberta de barro
Bancos e escolas fechados
Quando a cidade parou
Por causa da fúria de um deus
Que fez ainda pior
Muito assustadoramente
Revirou a casa, esvaziou o armário e levou a mala
Para sabe alguém aonde isso dá ?
Há de florescer o jardim de plantas e papéis
Essa luz sobre o jardim vem de uma estrela
Ó sol ! proteja o menino

——

Une vidéo d’un téléphone portable
Portraitise le jour suivant
Le chaos d’un jour atroce
Quand la ville s’immobilisa
À cause de la furie d’un dieu
Qui fait encore pire
De manière effrayante
Renversa les tiroirs, où l’amour et des lettres
En photographies c’est ce qui en fait le prix et nous réchauffe
Véhicules sur la clôture
Piste couverte de terre battue
Bancs et écoles fermées
Quand la ville s’immobilsa
À cause de la furie d’un dieu
Qui fait encore pire
De manière effrayante
Mit à sac la maison, vida l’armoire et emporta la valise
Quelqu’un sait-il où cela mène-t-il ?
Nous devons fleurir le jardin de plantes et papiers
Cette lumière sur le jardin vient d’une étoile
Le soleil ! protège l’enfant

O DEUS QUE DEVASTA MAS TAMBÉM CURA - Lucas Santtana from Daniel Lisboa on Vimeo.

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