Archive | juillet 2012

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Aujourd’hui, ici ou hors d’ici, j’ai lu cela…

Publié le 31 juillet 2012 par bahiaflaneur

(…)
« Je n’ai aucune envie de parler de la littérature, de son importance, de ses valeurs. Ce que j’ai à l’esprit en ce moment, c’est une chose plus concrète : la bibliothèque. Ce mot donne, au prix que vous avez la bonté de m’accorder une étrange note nostalgique ; car il me semble que le temps qui, impitoyablement, poursuit sa marche, commence à mettre les livres en danger. C’est à cause de cette angoisse que, depuis plusieurs années déjà, j’ajoute à tous mes contrats, partout, une clause stipulant que mes romans ne peuvent être publiés que sous la forme traditionnelle du livre. Pour qu’on les lise uniquement sur papier, non sur un écran. Cela me fait penser à Heidegger, au fait apparemment paradoxal que, lors des pires années du XXe siècle, il se concentrait dans ses cours universitaires sur la question de la technique, pour constater que la technique, son évolution accélérée, est capable de changer l’essence même de la vie humaine.
Voici une image qui, de nos jours, est tout à fait banale : des gens marchent dans la rue, ils ne voient plus leur vis à vis, ils ne voient même plus les maisons autour d’eux, des fils leur pendent de l’oreille, ils gesticulent, ils crient, ils ne regardent personne et personne ne les regarde. Et je me demande : liront-ils encore des livres ? C’est possible, mais pour combien de temps encore ? Je n’en sais rien. Nous n’avons pas la capacité de connaître l’avenir. Sur l’avenir, on se trompe toujours, je le sais. Mais cela ne me débarrasse pas de l’angoisse, l’angoisse pour le livre tel que je le connais depuis mon enfance. Je veux que mes romans lui restent fidèles. Fidèles à la bibliothèque. »
(…)

- Extrait d’un discours du romancier Milan Kundera -  dit en juin 2012 en petit comité devant les mécènes de la Bibliothèque nationale -  en remerciement pour le prix de la BnF 2012 obtenu pour l’ensemble de son oeuvre littéraire.

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Une mort, Bahia et… Paris

Publié le 30 juillet 2012 par bahiaflaneur

Nous avions déjà, ici, évoqué le tournage du court-métrage de Igor Penna, à Salvador. Après une assez riche carrière en festivals nationaux, et internationaux (Cannes - Short Film Corner, en 2011), “A Morte de D.J. em Paris” est dorénavant disponible, depuis le 17 juillet 2012, sur le réseau You Tube…
En 1971, le livre homonyme - de l’écrivain brésilien et mineiro Roberto Drummond (1933/2002) - fut considéré comme une cassure annonçant la post-modernité.

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Le nordestin à la télé, par Rinaldo de Fernandes

Publié le 27 juillet 2012 par bahiaflaneur

Le nordestin à la télé

Année après année, décade après décade. À la télé, le nordestin est toujours le même, avec ses “visses” et “oxentes” (*), qui, rehaussés, impriment le ton de plaisantin. La parole, les gestes et les sentiments de personnages qui représentent des nordestins sont toujours de franche rigolade, rabaissés, non pas par les couleurs, mais par les caméras de grasse comédie risible.
L’image du nordestin à la télé é presque toujours celle d’un individu sentimental, spontané, sans intelligence, sans capacité de discernement des choses. Ou bien alors, âpre, brut, habillé d’un blouson en cuir retourné, dédié aux artes de la pêche et de la chasse au fusil ou bien encore à une religiosité fanatique, offuscante. Cela ne va au-delà. Bien que la région se développe, ait des cadres compétents, qui étudient, qui créent de la culture et des connaissances de qualité. Non, cela n’importe pas pour les idéologues de la rudité, de la dénomination stupide, sans grandeur, étriquée.
Le Nordeste est-il primitif, inculte, simple bourricot ? Pour la télé, oui. Mais inculte, indigent est celui qui instaure un tel cadre, qui se complaît dans  le comique de bas étage, dans la fange des représentations.
Avec tout le respect dû à Jorge Amado, qui est un bon auteur, mais aussi un typologue né, pourquoi la télé ne cherche-t-elle pas à adapter, avec la compétence qui lui est propre, un Graciliano Ramos ?
Graciliano, dans Vidas Secas, fait une représentation de la misère du paysan nordestin sans simplifier à outrance, sans folkloriser. Il fait penser le lecteur et se sensibiliser avec une situation réelle, historiquement dramatique. Il ne dessine pas des stéréotypes. Dans São Bernardo, pareillement, il est implacable dans la représentation du capitalisme intromis dans le Nordeste et altérant l’ordre de la région. Angústia, avec un protagoniste écartelé et avec une technique trés sophistiquée et orginale d’un monologue intérieur, c’est, pour quelques uns, le plus important roman brésilien du XXe siècle. C’est d’une densité et d’une force renversantes, mettant Graciliano près, voire au côté d’un Joyce ou d’un Faulkner. Angústia internationalise notre littérature dans ce qu’elle a de plus dense.
Graciliano a une narration profondément intelligente. Mais, pour représenter un Nordeste qui contourne ou échappe au typique, peu importe la télé.
À mon fils, qui a quatre ans, je recommenderais de ne pas voir un feuilleton ou une sére de la télé qui représente un nordestin sans qu’auparavant je lui ai montré ce qui sera exploité dans la trame. Sans que je l’ai préparé, avant. Je souhaite que mon fils grandisse avec de l’auto-estime. Car c’est ainsi même. La télé fonctionne, continuellement, pour tenter de baisser le niveau de notre estime. Mais, je l’assure, elle ne baisse que celle des inattentifs. Ou celle de ceux qui y consentent.
Et pourquoi la télé insiste à nous reproduire seulement comme des types rigolards, bruts ou parfaitement sentimentaux ? Par manque d’intelligence, je parie. Ou par crétinisme, je suppose.

(*) Expressions populaires que l’on pourrait traduire par “Tu as vu ça?” et “Ça alors!”.
(Photo de Graciliano Ramos en noir et blanc : droits réservés)

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- Rinaldo de Fernandes, né dans l’État du Maranhão, qui enseigna dans l’État du Ceará et dans l’État du Paraíba, est actuellement professeur de littérature à l’Université fédérale de Bahia. Il est aussi conteur (O Caçador, Ed. da UFPB, 1997 - O perfume de Roberta, Garamond, Rio de Janeiro, 2005) et romancier (Rita no Pomar (7Letras, Rio de Janeiro, 2008).  Il organise et édite également de nombreuses anthologies. Il signe également la rubrique “Rodapé” publiée mensuellement dans  la revue Rascunho, à Curitiba (État du Paraná), et chaque semaine dans le supplément littéraire Correio das Artes - plus ancien cahier littéraire du Brésil, créé en 1949 - édité à João Pessoa, dans l’État du Paraíba..
-  Graciliano Ramos de Oliveira (Quebrangulo - État de Alagoas - , 27 octobre 1892 / Rio de Janeiro, 20 mars 1953) a publié São Bernardo en 1934, traduit en France par les éditions Gallimard en… 1986. Vidas Secas (1936) avait paru, dans la célèbre collection “Croix du sud”, chez Gallimard, en 1964. Quant à Angústia (1936), il fallut attendre… 1992 pour que la maison de la rue Sébastien-Bottin l’édite.
CET article, reproduit ci-dessous en portugais, fut publié d’abord dans le journal O Povo, à Fortaleza (État du Ceará), le 17 juillet 2012 et republié à Salvador de Bahia, dans le quotidien A Tarde, le 23 juillet 2012. Nous l’avons traduit.

graciliano1
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O nordestino na TV

Ano após ano, década após década. Na TV o nordestino é sempre o mesmo, com seus “visses” e “oxentes”, que, realçados, imprimem o tom jocoso. A fala, os gestos e sentimentos de personagens que representam nordestinos são sempre risíveis, rebaixados, já não pelas tintas, mas pelas câmeras da galhofa.
A imagem do nordestino na TV é quase sempre a de um indivíduo sentimental, espontâneo, sem inteligência, sem poder de discernimento das coisas. Ou então áspero, bruto, vestido num gibão, devotado às artes da peixeira e do bacamarte ou ainda a uma religiosidade fanática, ofuscante. Não passamos disso. E mesmo que a região se desenvolva, tenha gente preparada, que estuda, que cria cultura e conhecimento de qualidade. Não, não importa para os ideólogos da aspereza, da tipificação imbecilizadora, pequena, menor.
O Nordeste é primitivo, inculto, burro? Para a TV, sim. Mas inculto e inopioso é quem monta um quadro assim, quem se apega ao cômico barato, ao lixo das representações. Com todo respeito a Jorge Amado, que é um bom autor, mas também um tipificador nato, por que a TV não procura adaptar, com a competência que lhe é própria, um Graciliano Ramos?
Graciliano, em Vidas secas, faz uma representação da miséria do camponês nordestino sem ser tipificador, sem folclorizar. Faz o leitor pensar e se sensibilizar com uma situação real, historicamente dramática. Não desenha estereótipos. Em São Bernardo, idem, é implacável na representação do capitalismo adentrando o Nordeste e alterando a ordem da região. Angústia, com um protagonista dilacerado e com uma técnica sofisticadíssima e original de monólogo interior, é para alguns o mais importante romance brasileiro do século XX. É de uma densidade e força arrebatadoras, pondo Graciliano perto ou mesmo ao lado de um Joyce ou de um Faulkner. Angústia internacionaliza nossa literatura naquilo que ela tem de mais consistente. Graciliano tem uma narrativa profundamente inteligente. Porém, por representar um Nordeste que contorna ou escapa ao típico, não importa à TV.
Ao meu filho, hoje com 4 anos, recomendarei que não veja novela ou série de TV que represente nordestino sem que antes eu lhe mostre o que vai ser explorado no enredo. Sem que antes eu o prepare. Quero que meu filho cresça com autoestima. Porque é assim mesmo. A TV funciona, continuamente, para tentar baixar a nossa estima. Mas, asseguro, só baixa a dos desatentos. Ou a dos que consentem.
E por que a TV insiste em nos reproduzir apenas como tipos jocosos, brutos ou marcadamente sentimentais? Por desinteligência, aposto. Ou por cretinice, suponho.

Rinaldo de Fernandes

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