Archive | octobre 2012

Bahia sans cœur

Publié le 31 octobre 2012 par bahiaflaneur

Largo dos Aflitos (ville haute), décembre 2012

Largo dos Aflitos (ville haute), décembre 2012

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Hors scène, l’insensé toupet de Gilberto Gil

Publié le 18 octobre 2012 par bahiaflaneur

Le chanteur Gilberto Gil a certainement dû tourner trois fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Interrogé par la presse le 16 octobre 2012 au soir dans le teatro Ulysses Guimarães de l’université Unip de Brasília - après un show acoustique en commun avec l’autre bahianais tropicaliste Caetano Veloso - sur les retentissants, accablants, implacables et édifiants jugements en cours dans l’affaire du “Mensalão”, gigantesque scandale de corruption organisé au début des années 2000 par le gouvernement dirigé par Lula, en complicité avec le Partido dos Trabalhadores (PT), les publicitaires et financiers du PT et les plus grandes banques publiques et privées, celui qui fut aussi l’un des ministres de la Culture de Luiz Inacio Lula da Silva a osé déclaré :

Os tribunais estão em ação. Os tribunais estão certos e estão errados, igual a todo mundo. Os tribunais acertam, os tribunais erram, eu acerto, eu erro. A Justiça é certa, a Justiça é errada. Sempre. Você que quer saber? Eu não quero saber. Tudo é certo e errado. Você quer saber se a Justiça está somente certa? Problema seu. Não é possível ser apenas certo ou errado. Nao é humano. Você quer a Justiça dos super-homens?”.

“Les tribunaux jugent. Les tribunaux ont raison ou ont tort, comme tout le monde. Les tribunaux pointent les fautes, les tribunaux se trompent, je réussis, je me trompe. La Justice a raison, la Justice se trompe. Toujours. Voulez-vous savoir ? Je ne veux pas savoir. Tout est sûr et faux. Voulez-vous savoir si la Justice est seulement bien rendue ? C’est votre problème. Ce n’est pas possible d’être seulement dans le vrai ou dans le faux. Ce n’est pas humain. Voulez-vous la Justice des sur-hommes ?”

Le show unique se nommait “Navegar É Preciso”, en hommage aux vers de Fernando Pessoa, présents dans la chanson ”Os Argonautas” de C. Veloso. Traduction: “Il est nécessaire de naviguer”. À vue, Gilberto Gil navigue sans aucun doute, pourrions-nous dire. Sans se mouiller aucunement. Et sans oublier une chute narcissique et mal venue  à sa déclaration, par l’expression de “super-homems”, qui renvoie à une chanson homonyme écrite et composée par… Gilberto Gil.

En portugais:
http://politica.estadao.com.br/aovivo/
http://estadao.br.msn.com/ultimas-noticias/mensalao/story.aspx?cp-documentid=254298541

En français:
Mensalao: http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/10/10/bresil-trois-proches-de-l-ex-president-lula-coupables-de-corruption_1772690_3222.html

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/08/20/a-brasilia-la-corruption-politique-en-proces_1747717_3210.html

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Quand le cinéaste Pierre Kast préparait son tournage à Bahia (2/2)

Publié le 17 octobre 2012 par bahiaflaneur

vivaldodacostalimapierrekast1

(droits de reproduction réservés)

Pierre Kast (1920-1984) avait déjà filmé au Brésil. Mais il revint, en janvier 1969, pour tourner un sujet sur le candomblé de Bahia. Avec une production franco-brésilienne, assurée par Jean-Gabriel Albicocco (également co-scénariste avec PK), Louis Malle et Luiz Carlos Barreto, aujourd’hui encore en octobre 2012  le plus important producteur du Brésil.
Grâçe à l’anthropologue Cláudio Luiz Pereira*, nous avons eu accès à deux échanges épistolaires entre trois des plus importants historiens de l’époque, tous bahianais, qui révèlent quelques détails de la préparation du documentaire de Pierre Kast qui se nommera sur les écrans “A Bandeira Branca de Oxalá” et en France “Macumba”. La seconde lettre qui suit est adressée par Edison Carneiro, depuis Rio de Janeiro, à Vivaldo da Costa Lima, alors à Salvador.

* Dépositaire de très nombreuses archives de Edison Carneiro (1912/1972) et biographe de Vivaldo da Casto Lima (1925-2010).

Rio de Janeiro, GB, 3 janvier 1969

Ami Vivaldo,

Le 7 courant, le français Pierre Kast se rend à Bahia, cinégraphiste, pour dire mieux metteur-en-scène, en compagnie de son épouse brésilienne, Fernanda, fille de mon ami Pedro Borges.
Il prétend faire un film sur les religions africaines, qui doit être produit par une association de
metteurs-en-scène français, avec une subvention du Ministère de la Culture (Malraux), destiné aux cinémas et aux circuits universitaires. Film d’art et d’essai. Un long-métrage qui comme il dit, montrara que les dieux naissent, vivent et meurrent comme les hommes et les cultures dont ils sont l’expression et, spécifiquement dans le cas de la religion africaine, comment ils se répandent, se multiplient et se revigorent.
Il était avec Didi* et sa dame en France, et pour ce que j’en sais, connaît déjà Bahia. Il compte énormément sur vous - et je renforce sa confiance et je te demande de l’aider et de lui faciliter ce qu’il désire dans le candomblé à Salvador. Son scénario ne se limite pas au candomblé nagô ; je lui ai indiqué des candomblés angola et caboclo, la chute d’eau de São Bartolomeu, la fête de mãe-d’agua à Rio Vermelho… Qui sait, tu pourrais faciliter son accès à la fête à Amoreira**.  Le Lavagem** et la fête de Segunda-Feira do Bonfim sont dans son programme.
L’homme est intelligent, mais son information est superficielle. Utilisant le scénario du film pourra peut-être alors se faire une belle chose, peut-être avec ta collaboration, qui j’espère  sera constante et chaleureuse comme à ton habitude.
Sarava ! J’espère que cette année te verra obtenir la chaire.
Un abraço de ton ami Edison Carneiro

Dans la marge, manuscrit, figure la phrase suivante : “As-tu lu mon article “A divinidade brasileira das águas” dans la Revista de Folclore no 21, mai 1968 ? Je peux te l’envoyer, si tu ne l’avais pas auprès de toi. J’aimerais connaître ton avis. Edison.”

* Mestre Didi (1917). Très grande figure du candomblé de Bahia, également artiste plasticien de renom. http://www.mestredidi.org/egungun4.htm
** Amoreiras est un quartier et une plage dans l’île d’Itaparica où se produit une autre fête du candomblé, chaque 2 février, en hommage à la déesse de la mer.  Le Lavagem de Bonfim est fêté chaque deuxième jeudi de janvier, à Salvador.

La biographie, de référence, de Edison Carneiro a été écrite, au long de 240 pages, par le journaliste Biaggio Talento et l’historien Luiz Alberto Couceiro, en 2009, aux éditions Assembleia Legislativa da Bahia, volume 11, dans la collection Gente da Bahia : “Edison Carneiro - o mestre antigo - um estudo sobre a trajetória de um intelectual”.

———–
A Bandeira Branca de Oxalá. 95 minutes - 35 mm Eastmancolor.
Directeur de la photographie : Yann Le Masson - assistant : João Carlos de Alencar Parreiras Horta. Avec Pierre Verger, entre autres.
Il est peut-être possible de visionner le film ici :
http://www.tracktvlinks.com/watch-bandeira-branca-de-oxala-1968

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Quand le cinéaste Pierre Kast préparait son tournage à Bahia (1/2)

Publié le 16 octobre 2012 par bahiaflaneur

vivaldodacostalimapierrekast2

(droits de reproduction réservés)

Pierre Kast (1920-1984) avait déjà filmé au Brésil. Mais il revint, en janvier 1969, pour tourner un sujet sur le candomblé de Bahia. Avec une production franco-brésilienne, assurée par Jean-Gabriel Albicocco (également co-scénariste), Louis Malle et Luiz Carlos Barreto, aujourd’hui en octobre 2012 encore le plus important producteur du Brésil.
Grâçe à l’anthropologue Cláudio Luiz Pereira*, nous avons eu accès à deux échanges épistolaires entre trois des plus importants historiens de l’époque, tous bahianais, qui révèlent quelques détails de la préparation du documentaire de Pierre Kast qui se nommera sur les écrans “A Bandeira Branca de Oxalá” et en France “Macumba”. La lettre qui suit est adressée, depuis le quartier de Leblon, à Rio de Janeiro, par Edison Carneiro à Waldir Freitas de Oliveira, qui est à Salvador.

* Dépositaire de très nombreuses archives de Edison Carneiro (1912/1972) et biographe de Vivaldo da Casto Lima (1925-2010).

Ami Waldyr

Pierre Kast, metteur-en-scène français, et son épouse brésilienne, Fernanda, fille de mon ami Pedro Borges, arriveront à Bahia le 7 pour tourner un long métrage sur les religions africaines.
Le scénario, ou mieux, l’idée centrale du scénario - que les orixás, comme les dieux de la Grèce antique, fécondent de nouveaux dieux et donnent expression aux sentiments religieux du Brésil - est bonne, à partir du moment que nous l’aidons avec des informations, des contacts et des relations qui peuvent la consolider, de tel mode que la pellicule serve à la culture brésilienne.
Il prétend faire un film d’art et d’essai, pour être projeté dans des circuits universitaires, et a vraiment obtenu une subvention du Ministère de la Culture (Malraux) pour la production, qui est d’une association de metteurs-en-scènes français.
J’espère que tu l’aideras, l’informeras, lui facilitera les contacts, lui rappelera les choses à faire, etc. de tel mode que le film soit réellement une révélation des religions africaines dans une perspective culturelle.
Que la nouvelle année amène la tranquilité, à toi, à Madame et à ton obligation* - et plus de fonds pour le Centre.**

Abraços de ton ami Edison Carneiro

* Il semble qu’il s’agisse de la cérémonie obligatoire (obrigação) à laquelle tout adepte du candomblé est abstreint de participer, régulièrement,  selon un calendrier propre.
** Centro de Estudos Afro Orientais (CEAO), qui existe toujours en 2012, rattaché à l’université fédérale de Bahia (UFBA). A l’époque dirigé par Waldir Freitas de Oliveira, récipiendaire de cette lettre.

La biographie, de référence, de Edison Carneiro a été écrite, au long de 240 pages, par le journaliste Biaggio Talento et l’historien Luiz Alberto Couceiro, en 2009, aux éditions Assembleia Legislativa da Bahia, volume 11, dans la collection Gente da Bahia : “Edison Carneiro - o mestre antigo - um estudo sobre a trajetória de um intelectual”.

————-

A Bandeira Branca de Oxalá. 95 minutes - 35mm Eastmancolor .
Directeur de la photographie : Yann Le Masson - assistant : João Carlos de Alencar Parreiras Horta. Avec Pierre Verger, entre autres.
Il est peut-être possible de visionner le film ici :
http://www.tracktvlinks.com/watch-bandeira-branca-de-oxala-1968

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