Archive | avril 2013

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Poulets solidaires

Publié le 30 avril 2013 par bahiaflaneur

travailesclavagisteUne entreprise “solidaire”, à en croire leur publicité ! Rien de cela. À trois heures du matin, vendredi 12 avril - à partir d’une dénonciation faite à la Gerência Regional do Trabalho e Emprego municipale - des équipes du Ministério Público do Trabalho appuyées par la Policia Federal et la Policia Rodoviária Federal ont libéré vingt-neuf travailleurs (”apanhadores de frango”) du joug auxquels ils étaient soumis, nuits comprises, dans cette usine d’alimentation, à l’extrême ouest de Bahia. Ils étaient chargés de disposer des poulets dans des caisses. Mais de la nourriture pour eux, point. Encore moins un abri à l’abri des intempéries, pas de vestiaire, pas d’armoire ou tout autre équipement de protection durant le travail. Les travailleurs devaient se procurer leur repas et les maintenaient près de leur poste de travail, à côté de leurs habits, au milieu des animaux morts et de leurs excréments. Leur lit, ou plutôt les matelas, aveient été fournis par l’entreprise qui voulaient leur en faire payer la location, tout comme - seulement s’ils en exigeaient le port - un loyer pour les gants, les bottes et autres protections. Leurs journées de travail de quatorze heures, sans accès à des toilettes dignes de ce nom, et sans eau potable fournie, rendaient leur vie égale à un enfer.

mauriceaalimentos

Mauricéa Alimentos, abattoir frigorifique de volailles...

Ils avaient été recrutés par l’entreprise Mauricéa Alimentos, à Brasilia, et avaient alors reçu promesse de travail, dans le gigantesque entrepôt frigorifique, situé à 46 kilomètres de Barreiras. Les patrons de l’entreprise, d’origine de l’Etat du Pernambouc, ont 4 parcs industriels au Pernambouc et 6 autres localisés dans l’Etat de Bahia, et employent 2.300 personnes. La production est en partie exportée hors du Brésil.
Mercia Maria Moraes de Farias, directrice administrative et financière a été arrêtée au siège de l’entreprise, dans la municipalité de  Luís Eduardo Magalhães, juste après la libération des travailleurs. Le procureur du travail, Maurício Brito, présent sur les lieux, a justifié la prison par ces termes: “Verificada a situação de degradância e a jornada exaustiva dos trabalhadores, colhi das vítimas e prepostos da empresa a informação de que a autuada estava entre os responsáveis pela fazenda e ia com frequência ao local, daí porque recomendei sua prisão em flagrante” . Ensuite le juge fédéral a concédé à la directrice la liberté provisoire, après le versement d’une caution de 14.000 reais.
Le Ministère Public a considéré l’entreprise reincidente dans la pratique de l’usage de main d’oeuvre analogue à celle d’esclaves, car il avait déjà initié une action civile publique contre la même entreprise, en 2010, qui s’était ensuite terminée par un accord judiciaire de l’entreprise… à ne plus se compromettre à utiliser cet artifice !

http://www.prt5.mpt.gov.br/module/publicacoes/publicacao.php?id=3030

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« Simplement Pedro », par Cláudio Luiz Pereira

Publié le 29 avril 2013 par bahiaflaneur


pedroagostinhokamayuraComment se fait un anthropologue ? La réponse est simple : à travers un apprentissage anthropologique, qui peut être court ou long, superficiel ou profond, profus ou diffus, dépendant beaucoup d’une dédication personnelle infatigable, et, surtout, de qui le candidat va s’approcher au long de sa carrière professionnelle.
Pour moi le goût pour l’anthropologie vint d’une impulsion intérieure inexplicable, bien que devenir anthropologue fut un travail ardu, qui dépendit, presque toujours, de nombreuses choses terribles et compliquées dans la vie académique, pour laquelle je n’ai jamais senti la vocation. Pour cela même avoir rencontré Pedro Agostinho, vers le début des années 80, au Museu de Arqueologia e Etnologia de l’Université Fédérale da Bahia (MAE*) fut capital pour ma formation, jeune fasciné par cette obscure chose qui se nomme anthropologie. Déjà là, la figure de Pedro réunissait des qualités admirables et étonnantes, bien en accord avec les héros fondateurs de notre discipline.
Pedro Agostinho, pour moi, est un des ultimes romantiques de l’anthropologie brésilienne. Il fut un personnage héroïque en un temps où les personnalités se bureaucratisaient chaque jour un peu plus. Avec la « rigueur de la discipline », immergée en des curriculum académiques fourbes, les charismatiques prophètes d’inoubliables trouvailles furent substitués par des sacerdotes médiocres pleins d’erreurs solenelles et bizarres. La fatuité de ces personnes, d’ailleurs, se maintient sur des piédestals vides de chaires qui n’enseignent rien, ou presque rien. Ils forment seulement des petites églises où aucun saint n’est imploré.
Dans ma mémoire la plus vive, Pedro apparaît vêtu de l‘habitus de la discipline. Cheveux aux quatre vents, touffue barbe blanche, gilet kaki sur la chemise, carnet de note dans une des poches, stylos plein les mains, observant tout, attentif avec un œil inquisiteur, écoutant avec attention ses informateurs. Et là, il absorvait les choses en des conversations délicieuses, et avec elles construisait des structures suspendues, déplacées par d’osés moulins à vents théoriques : choses que seuls les anthropologues font, quand ils sont vraiment anthropologues.
Pedro, toujours, un être inquiet intellectuellement, et, au-delà de tout, maintenait un rare sens de la justice. Hors de cela, c’était un technicien dans la technique (… et un fou hors d’elle, comme l’a écrit un célèbre poète portugais) affairé à former de nouveaux intellectuels, moi et tant d’autres qui eurent la chance de le connaître à l’université et de l’approcher.
Dans ma mémoire s’amplifient d’innombrables de ses gestes de solidarité désintéressée. Pedro était quasiment un franciscain qui respectait son vœu de pauvreté. Il n’était rare de le voir se montrer austère, au détour d’une quelconque dépense excessive et superflue. Il ne devint pas riche, en un temps où même les anthropologues devinrent aisés.
Pedro, comme son propre père, était Agostinho. Il grandit dans un monde particulier, plein de récits et d’arguments, d’ici et d’outre-mer. Plein de livres et de lettres d’un père qui prônait un humanisme moderne pour des êtres humains réels. Comme enfant, Pedro fut jaloux d’aventures. Comme anthropologue, il fut toujours un militant en défense de l’homme, non pas un homme abstrait, mais celui bien réel et concret, abandonné injustement en une terre dévastée.
Humaniste belliqueux, Pedro était un enfant versé dans les arts de la guerre. Son dossier de contentieux, duquel il parlait avec orgueil, était énorme : il se disputa avec le pouvoir institué et ses mandataires mesquins, y compris des recteurs de notre propre université. Il entra en conflit, aussi, contre les latinfudiarios et à faveur des opprimés, défendit les droits imémoriaux, fructifia l’émergence des peuples indigènes de Bahia, rendit possible des tribunes de manière à donner la voix à des peuples hier subalternes. Pedro est, sans aucun doute, l’artifice de toute l’ethnologie bahianaise contemporaine.
rosapedroagostinhoFasciné par l’indigénisme, il se rendit au Xingu dans les années 60, orienté par un autre anthropologue charismatique, qui fut Eduardo Galvão**. Pedro, d’ailleurs, me nommait « Crôudio », comme il disait que les indiens appelaient mon homonyme des frères Villas Bôas. « Crôudio… » ainsi commençait-il, et voici que maintenant viennent à ma mémoire les nombreux récits racontés en fin d’après-midi au MAE-UFBA. Une fois il me conta l’histoire du magazine Veja qu’il emporta au Xingu, et qui narrait et montrait l’arrivée de l’Homme sur la Lune. La revue fonctionna comme une preuve que la mythologie indigène est en symbiose avec l’ordre du monde, devenant un objet d’un grand capital symbolique, circulant parmi toutes les tribus. Une autre fois, il me conta que lui et Rosa***, son inséparable compagne, une des plus importantes linguistes brésiliennes, revenaient d’un voyage au Xingu, se dépêchant, pour prendre un avion pour Brasilia. Il me dit que la Wolkswagen Coccinelle dérapa et tomba dans un fossé latéral à la voie. Ils sortirent du véhicule et Rosa dit : « Seul un miracle nous sauve ! Seul un miracle nous fera avoir l’avion ! ». Alors, ils virent s’approcher un Kombi, d’où sortirent huit haltérophiles qui se rendaient à une compétition, qui prirent la Coccinelle du bout des doigts, comme il me l’expliqua, et posèrent l’automobile sur la route. Et il y eut aussi l’épisode des nombreux cafards sauvages qu’il mangea durant les repas nocturnes « tu prenais le poisson, le mettait dans la bouche, et quand tu sentais un «crack » et un goût salé… ». Pedro était ainsi, un fagot de récits drôles racontés avec UNE éloquence inégalable. Pedro était ainsi même : cet être-luso, démiurge bambin, un esprit jovial à la recherche de son gai savoir.
Je ne peux oublier, de plus, que ce fut à travers Pedro que j’ai publié mon premier article anthropologique. Ce fut dans la revue «Indio na Bahia», publiée par la FCEBA, et c’était sur les indiens Tuxá, qui vivaient alors persécutés par la construction du Barrage d’Itaparica (au nord-est de l’Etat de Bahia). Cette même année, d’ailleurs, avec Gustavo Falcón, je fis un intéressant entretien avec Pedro, publié dans la «Revista da Bahia». Pedro était, ainsi, un homme qui procurait des opportunités aux néophytes.
Les anthropologues savent combien ils doivent être zélés avec leurs filiations intelectuelles. L’anthropologie, comme un village utopique formé de personnes anthropophages, observe obligatoirement un respectueux culte à ceux qui représentent son esprit de grandeur et sa stricte discipline scientifique, puisque c’est cela qui la rend tant incisive socialement, et aussi tant ardue personnellement.
Pour moi, pour tout cela, Pedro a, indiscutablement, une place garantie dans notre panthéon majeur des icônes de l’anthropologie brésilienne.

* MAE : Museu de Arqueologia e Etnologia, fondé il y a exactement trente ans. Cet article a paru dans le Boletim Informativo do MAE, numéro 4 - Ano 1, daté abril/mai 2013, à Salvador. L’auteur de l’article est également le rédacteur en chef de ce Boletim (8 pages), édition spéciale sur Pedro Agostinho. Nous l’avons traduit, ci-dessus, de manière inédite.
**Eduardo Enéas Galvão, 1921-1976.
**Rosa Virginia Mattos e Silva (décédée en juillet 2012), avec qui il eut quatre enfants : Olavo, Oriana, João Rodrigo et Lianora Mattos Silva. Une biographie autorisée, en 2009:  “Rosa Virgínia Mattos e Silva: fragmentos biográficos” (Editora Quarteto).

Peuple indigène : Kamayurá

www.mae.ufba.br

http://buscatextual.cnpq.br/buscatextual/visualizacv.do?metodo=apresentar&id=K4787682A2

Note brève sur Pedro Agostinho da Silva, par Ordep Serra

(…) Il ne fut pas seulement le grand iniciateur des études systématiques des indiens du Nordeste brésilien. Il écrivit un classique de l’ethnologie sur les peuples du Xingu, son magnifique Kwaryp, un livre aujourd’hui encore marquant, indispensable aux spécialistes de cette aire, et fit une étude pionnière sur les voiles du Recôncavo, par exemple. Son travail infatigable dans le sens de préserver l’héritage de Valentin Calderon et son engagement à fomenter l’intérêt pour la recherche archéologique furent décisifs pour l’UFBA et pour Bahia : sans lui, nous n’aurions rien dans ce domaine.
Le Museu de Arqueologia e Etnologia da Universidade Federal da Bahia, en grande mesure, lui doit l’existence et la permanence. Il l’enrichit avec une précieuse collection et en fut longtemps sa colonne vertébrale. Pour cela et pour bien plus encore, il mérite de l’UFBA, de Bahia et du Brésil tous les hommages.

Ordep Serra, professeur retraité, du Département d’Ethnologie et d’Anthropologie de l’UFBA.

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“Flux du désir, au long du carnaval”, par Francisco Antônio Zorzo

Publié le 08 avril 2013 par bahiaflaneur

Le carnaval est terminé depuis bientôt deux mois. Depuis le 13 février exactement. Et la félicité ? Où s’est-elle logée, pendant cette fête, pendant cette Folia ? C’est ce qu’essaye de décrire le professeur de l’université fédérale de Bahia Francisco Antônio Zorzo, dans cette chronique. Et il s’évertue, surtout, à ne pas mépriser et discréditer ce que le spectateur ou folião observe, objectivement et communément: l’hystérie. Et l’essayiste sait pointer aussi la parodie, passerelle obligée pour tout participant digne de ce nom. Nous l’avons donc traduit en français, ajoutant également deux intertitres. (photo en vignette de Eduardo Martins).

Flux du désir, au long du carnaval

On a l’habitude de dire que le carnaval baiano se renouvèle chaque année. Mais, si cela a lieu, ce n’est pas grâce à l’industrie culturelle, ni aux distributeurs de boissons et autres produits qui fournissent la bombance. C’est l’investissement du désir collectif qui maintient la vitalité d’une fête des foules comme le carnaval de Salvador.
L’investissement du désir de la foule, d’ailleurs, introduit dans la fête, chaque année, une nouvelle disposition culturelle. L’objet du carnaval n’est pas le trio, ni le camarote, ni les séductrices marques qui prolifèrent sur les parcours. Encore moins la consommation des
foliões, comme quelques uns le croient, mais quelque chose qui se dénoue de tous ces objets. Ce n’est pas dans la forme des uniformes et dans les zones VIP que l’on doit chercher la différence du carnaval, mais dans le mode comment le désir est affiché au long de son trajet, le flux qui se transmute selon le nombre des objets de désir des foliões.
Les causes et les effets du carnaval, qui entrent en ébullition avec l’opportunité de la rencontre, viennent de temps anciens où ils ont gagné un axe d’investissement collectif. Le flux carnavalesque déborde tous les rites de la société. Beaucoup a déjà été dit à propos de la libération sexuelle durant le carnaval, mais, faisant attention avec le faux moralisme, on pourrait plaider le contraire. Le carnaval fortifie le désir et l’interdit, autrement dit opère la limite du lien social avec les fantaisies les plus crues. Il n’est pas nécessaire d’être anthropologue ou psychanalyste pour percevoir que les règles ont un comportement clairement accélérateur du flux, il suffit de voir les grosses cordes tendues, d’isolement, autour des grands blocos.
Le carnaval libère des fantasmes civilisateurs. Les fantasmes individuels et collectifs d’inceste, de séduction et de castration peuvent affleurer, être visualisés et conjurés avec la fête de Momo. Dans la transe collective, les fantasmes les plus tortus sont de simples transgressions à la prohibition, relatives à des figures morales qui, comme nous le savons, n’ont rien à voir le sexe sur le parcours du carnaval.


Baiser conventionnel
I
nconsciemment, les formes de participation intègrent diverses modalités de désirs intensifs. Par exemple, pères et enfants vont à la matinée avec des motifs distincts. Comptant avec le désordre des jets de mousse et des boules de savon, sous le regard des parents est permis une valvule d’échappement qui rend propice de bonnes moqueries infantiles. La rue devient un terrain de jeu et, pour cela aussi, il y a de nombreux regards de garçons et filles de tous âges, comme abandonnés, à la recherche de partenaires de jeux ou substituts de leurs parents et frères d’autres occasions festives.

Les actes de domination clairement sexuelle, qui concourrent au harcèlement en public, sont en bien moins grand nombre quand ils sont comparés aux multiples simulations et tentatives frustrées de s’exiber et d’attirer l’attention de l’autre. Qui vient sur le parcours perçoit tout de suite le sens du jeu dans le spectacle actuel, dans lequel le baiser fonctionne souvent comme un applaudissement attendu, aussi conventionnel qu’une poignée de mains ou un clic sur la souris.

Dans le champ érotique, la fantaisie de machiste tombeur et de femme libertine sont très communs, mais, dans le gros de la chorégraphie actuelle, atteignent seulement la conotation de norme de comportement. Don Juan virtuel et la prostituée digitale possédés par le démon sont des personnages atones de la scène, qui partagent avec Hulk, Batman et la Femme Merveilleuse les regards de la petite bande du désir enchaîné.
Établissant un jeu dans ce jeu d’investissements collectifs, on compte avec des flux particuliers, qui peut-être peuvent être redoublés de frisson et même de rivalité. Mais la condition de la capsule est excitée d’un mode quasiment compulsif. Par le visuel, l’œil s’étend via des téléphones portables, qui sont une forme de retenir des fragments de l’expérience, pour lui donner un éventuel sens postérieur. Mais si le carnaval est faire la parodie, comment obtenir un sens en dehors de la performance ?

Masque du jouisseur
Malgré les amarres, il y a le grand flux qui intègre le désir de tous qui passent par la fête. Mais, où va la libido ? Le moyen conducteur basique est hystérique, car il vise à dramatiser les composants des interdits sociaux. Curieusement, dans le bloco des lesbiennes, des muquiranas et des nombreux groupes de travestis, les draguées deviennent stupidement drôles. Le déguisement du vieil exhibitionniste qui porte une prothèse sexuelle n’effraie plus les filles qui assistent au défilé depuis leur camarote. Ce que le carnaval fait est d’ôter l’illusion du souffrir, transformant, par la parodie, la misère banale en félicité actuelle.

Aujourd’hui, pour profiter du détournement et assumer l’absence de contrôle et l’ambiguité, le folião devient hystérique. Transgressant la façade sociale, il met le masque du jouisseur, possédé par le sexe, passant perdu et ivre. Être perfide et infidèle sont des adjectifs alternatifs du comportement carnavalesque actuel. Devant les tendances de standardisation du carnaval, il reste au participant situé à l’extérieur des cordes la perfidie face au sytème culturel dominant.
Pendant le carnaval, ce qui attise les désirs est l’élément générateur d’une réserve singulière de fantaisies. Le désir collectif aide à ventiler les traumatismes affectifs, et fait des fantasmes des choses maniables jusqu’à un certain point, même sans parvenir à les chasser des esprits fatigués. Ceci délivre pas mal la génération de l’angoisse qui distille l’agonie dans notre société. Dans le camp subjectif, fort heureusement, avec cette brève transformation, nous pouvons mieux affronter les aigreurs du monde réel le mercredi des cendres, dernier jour du carnaval.

Le folião détient un savoir qui le fait se déplacer. C’est un savoir débile, qui ne suit pas les normes de manière instituée et qui peut rester sur le plan de l’imaginaire, mais qui est repris et réinvesti dans le rite annuel. Ce qui peut déclencher la libération, c’est le sujet en avoir envie, exposer le désir et savoir se divertir à danser au milieu de la foule. Ce qui revient à dire que le folião souhaite faire sa performance sans que personne ne l’interrompe pendant qu’il délire. Bien au-delà des propagandes et annonces de leds lumineux, seul l’intéresse de crier plus fort, vive le Carnaval !

O fluxo do desejo no carnaval

Costuma-se dizer que o carnaval baiano se renova a cada ano. Mas, se isso ocorre, não é graças à indústria cultural, nem às distribuidoras de bebidas e de outros produtos que abastecem a farra. É o investimento do desejo coletivo que mantém a vitalidade de uma festa multitudinária como o carnaval de Salvador.
O investimento do desejo da multidão, ademais, introduz na festa, a cada ano, uma nova disposição cultural. O objeto do carnaval não é o trio, nem o camarote, nem as sedutoras marcas de grife que proliferam na avenida. Nem sequer é o consumo dos foliões, como alguns acreditam, mas algo que se desprende de todos esses objetos. Não é na forma dos abadás e nas áreas VIP, que se deve procurar a diferença do carnaval, mas no modo como o desejo é colocado no seu trajeto, o fluxo que se transmuta em quantos forem os objetos de desejo dos foliões.
As causas e os efeitos do carnaval, que entram em ebulição com a oportunidade do encontro, vem de tempos antigos em que ganharam um nexo de investimento coletivo. O fluxo carnavalesco desborda todos os ritos da sociedade. Muito já se falou em liberação sexual no carnaval, mas, tomando cuidado com o falso-moralismo, poder-se-ia advogar o contrário. O carnaval fortalece o desejo e o interdito, ou seja, opera o limite do laço social com as fantasias mais cruas. Não é preciso ser antropólogo ou psicanalista para perceber que as regras tem aqui um componente nitidamente acelerador do fluxo, basta ver os esticados cordões de isolamento ao redor dos grandes blocos.
O carnaval libera fantasmas civilizatórios. Os fantasmas individuais e coletivos de incesto, de sedução e de castração podem aflorar, ser visualizados e conjurados com a festa de Momo. No transe coletivo, os fantasmas mais atravessados são simples transgressões à proibição, relativas a figuras morais que, como se sabe, nada tem a ver com o sexo na avenida.
Inconscientemente, as formas de participação integram diversas modalidades de desejos intensivos. Por exemplo, pais e filhos vão à matinée com motivos distintos. Contando com a bagunça dos jatos de espuma e bolhas de sabão, sob o olhar dos pais é permitida uma válvula de escape que propicia boas troças infantis. A rua vira um playground e, por isso também, há muitos olhares de meninos e meninas de todas as idades, como que abandonados, à procura de parceiros de brincadeira ou substitutos de seus pais e irmãos de outras ocasiões festivas.

Os atos de domínio nitidamente sexual, que concorrem ao assédio em público, são em número bem menor quando comparados às múltiplas simulações e tentativas frustradas de se exibir e de atrair a atenção do outro. Quem pisa na avenida percebe logo o sentido do jogo no espetáculo atual, em que o beijo funciona muitas vezes como um esperado aplauso, tão convencional como um aperto de mãos e um click no mouse.
No campo erótico, a fantasia de macho pegador e de mulher prostituída são muito comuns, mas, no grosso da coreografia atual, apenas alcançam a conotação de norma de comportamento. Don Juan virtual e a prostituta digital possuídos pelo demônio são personagens atônitos da cena, que compartilham com o Hulk, o Batman e a Mulher Maravilha os olhares da galera do desejo acorrentado.
Estabelecendo um jogo dentro desse jogo de investimentos coletivos conta-se com fluxos particulares, que talvez possam ser redobrados de frisson e até de rivalidade Mas a condição da cápsula é excitada de um modo quase compulsivo. Pelo visual, o olho se expande em celulares e câmeras portáteis, que são uma forma de reter fragmentos da experiência, para dar a ela um eventual sentido posterior. Mas se carnaval é fazer a paródia, como obter um sentido fora da performance?
Apesar das amarras, há o grande fluxo que integra o desejo de todos que passam pela festa. Mas, para onde vai a libido? O procedimento condutor básico é histérico, pois visa dramatizar os componentes dos interditos sociais. Curiosamente, no bloco das sapatonas, das muquiranas e dos inúmeros grupos de travestidos, as cantadas tornaram-se estupidamente engraçadas. O disfarce do velho exibicionista que carrega uma prótese sexual não assusta mais as garotas que assistem o desfile do camarote. O que o carnaval faz é retirar a ilusão do sofrer, transformando, pela paródia, a miséria banal em felicidade atual.
Hoje, para aproveitar o desvio e assumir o descontrole e a ambiguidade, o folião torna-se histérico. Transgredindo a fachada social, ele coloca a máscara de gozador, possuído pelo sexo, transeunte perdido e bêbado. Ser pérfido e infiel são adjetivos alternativos do comportamento carnavalesco atual. Mediante as tendências de formatação do carnaval, resta ao pipoca a perfídia para com o sistema cultural dominante.
No carnaval, o que atiça os desejos é o elemento gerador de uma reserva singular de fantasias. O desejo coletivo ajuda a arejar os traumas afetivos, faz dos fantasmas coisas manejáveis até certo ponto, mesmo que sem conseguir espantá-los das mentes cansadas. Isso alivia um tanto a geração de angústia que agonia nossa sociedade. No campo subjetivo, afortunadamente, com essa breve transformação podemos encarar melhor as agruras do mundo real na quarta-feira de cinzas.
O folião detém um saber que o movimenta. É um saber débil, que não segue as normas da maneira instituída e que pode ficar no plano do imaginário, mas que é retomado e reinvestido no rito anual. O que pode deslanchar a liberação é o sujeito estar a fim, expor o desejo e saber se divertir ao pular no meio da multidão. Ou seja, o folião quer fazer a sua performance sem que ninguém o interrompa enquanto delira. Muito além das propagandas e anúncios de leds luminosos, somente interessa gritar mais alto, viva o Carnaval!

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Salvador sur le vif

Publié le 03 avril 2013 par bahiaflaneur

Il est 5h28 et le soleil est encore bien pâle, ce mercredi 3 avril 2013, en plein centre-ville.
Une femme, sortie de nulle part, hurle son mécontentement à un homme invisible.
Elle dépose sur le faîte d’une grille un sac dont elle extirpe, un à un, des habits multicolores, immaculés et pliés.
Un à un, elle les déchire,  avec une hargne peu commune et des cris qui réveillent tout le quartier.
Puis les jette sur la chaussée, un à un.
Allez savoir…

folle1

folle2

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