Poulets solidaires

travailesclavagisteUne entreprise « solidaire », à en croire leur publicité ! Rien de cela. À trois heures du matin, vendredi 12 avril – à partir d’une dénonciation faite à la Gerência Regional do Trabalho e Emprego municipale – des équipes du Ministério Público do Trabalho appuyées par la Policia Federal et la Policia Rodoviária Federal ont libéré vingt-neuf travailleurs (« apanhadores de frango ») du joug auxquels ils étaient soumis, nuits comprises, dans cette usine d’alimentation, à l’extrême ouest de Bahia. Ils étaient chargés de disposer des poulets dans des caisses. Mais de la nourriture pour eux, point. Encore moins un abri à l’abri des intempéries, pas de vestiaire, pas d’armoire ou tout autre équipement de protection durant le travail. Les travailleurs devaient se procurer leur repas et les maintenaient près de leur poste de travail, à côté de leurs habits, au milieu des animaux morts et de leurs excréments. Leur lit, ou plutôt les matelas, aveient été fournis par l’entreprise qui voulaient leur en faire payer la location, tout comme – seulement s’ils en exigeaient le port – un loyer pour les gants, les bottes et autres protections. Leurs journées de travail de quatorze heures, sans accès à des toilettes dignes de ce nom, et sans eau potable fournie, rendaient leur vie égale à un enfer.

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Mauricéa Alimentos, abattoir frigorifique de volailles...

Ils avaient été recrutés par l’entreprise Mauricéa Alimentos, à Brasilia, et avaient alors reçu promesse de travail, dans le gigantesque entrepôt frigorifique, situé à 46 kilomètres de Barreiras. Les patrons de l’entreprise, d’origine de l’Etat du Pernambouc, ont 4 parcs industriels au Pernambouc et 6 autres localisés dans l’Etat de Bahia, et employent 2.300 personnes. La production est en partie exportée hors du Brésil.
Mercia Maria Moraes de Farias, directrice administrative et financière a été arrêtée au siège de l’entreprise, dans la municipalité de  Luís Eduardo Magalhães, juste après la libération des travailleurs. Le procureur du travail, Maurício Brito, présent sur les lieux, a justifié la prison par ces termes: « Verificada a situação de degradância e a jornada exaustiva dos trabalhadores, colhi das vítimas e prepostos da empresa a informação de que a autuada estava entre os responsáveis pela fazenda e ia com frequência ao local, daí porque recomendei sua prisão em flagrante » . Ensuite le juge fédéral a concédé à la directrice la liberté provisoire, après le versement d’une caution de 14.000 reais.
Le Ministère Public a considéré l’entreprise reincidente dans la pratique de l’usage de main d’oeuvre analogue à celle d’esclaves, car il avait déjà initié une action civile publique contre la même entreprise, en 2010, qui s’était ensuite terminée par un accord judiciaire de l’entreprise… à ne plus se compromettre à utiliser cet artifice !
http://www.prt5.mpt.gov.br/module/publicacoes/publicacao.php?id=3030

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