Publié le 09 octobre 2010 par bahiaflaneur
Il est le vice de José Serra. Il serait donc le futur vice-président de la République en cas d’élection de son mentor.
Indio da Costa, 40 ans est affilié au parti DEM, de la droite la plus conservatrice (ex-PFL). Son mandat actuel de député fédéral prendra fin le 31 décembre 2010.
Quand il était conseiller municipal dans la ville de Rio de Janeiro, il avait souhaité déposer une proposition de loi pour mettre à l’amende toute personne qui serait surprise à donner une pièce aux sans-abris et aux mendiants dans la rue. La proposition fut jugée anticonstitutionnelle.
Il a un faible pour les idées monarchistes.
Mais il est aussi favorable à la réalisation d’un référendum pour le rétablissement de la peine de mort.
Il refuse que l’avortement soit traité comme une question de santé publique.
Dans un entretien au journal de Rio de Janeiro, O Dia, ce jeudi 7 octobre 2010, l’homme politique a affirmé être contre le projet de loi qui transforme en crime la discrimination des homosexuels.
——–
Écrit à partir d’un article de la journaliste Cynara Menezes (de la revue hebdomadaire Carta Capital), qui travailla il y a longtemps au quotidien “Jornal da Bahia”, à Salvador, puis pour les plus grands journaux du Brésil.
Publié le 05 octobre 2010 par bahiaflaneur
Tout au long de huit années de gouvernement “luliste”, pas une seule fois les quelques rares projets de loi pour la dépénalisation de l’avortement et de sa légalisation, par une minorité du PT et de quelques députés de gauche, ne sont venus au vote de l’Assemblée législative de Brasilia. Barrés par les instances du PT et tous les innombrables lobbies. En ce surlendemain de premier tour d’élection présidentielle, le principal quotidien du pays titre: “Le PT évoque déjà le retrait de l’avortement du programme de gouvernement”. Selon les hommes de marketing du parti de centre-droit, une déperdition de centaines de milliers de votes, voire beaucoup plus, aurait pour source des campagnes hargneuses venues des “pro vida”, souvent évangélistes et liés indirectement à la candidature de Marina Silva, sur l’internet, dans les derniers jours précédant le premier tour.
Tout au long de sa vie, et de sa campagne électorale, Marina Silva n’a cessé de s’opposer à l’avortement. Quant à ses représentants officiels à Bahia, ils en sont de féroces opposants, également.
“Je considère l’avortement comme une chose terrible”. Pour José Serra, ancien ministre de la santé et candidat du deuxième tour, la légalisation promouvrait un “carnage dans le pays”. Et ce 21 juin 2010, dans les locaux du quotidien Folha de S. Paulo, il rajoutait: ”Cela rendrait difficile le travail de prévention, comme dans le cas des adolescentes enceintes, qui est un sujet très grave. Il va y avoir des femmes enceintes à tous les coins de rue car la femme va aller à l’hôpital gratuit et va avorter” (”Dificultaria o trabalho de prevenção, como no caso da gravidez na adolescência, que é um assunto muito grave. Vai (ter) gravidez para todo o lado porque (a mulher) vai para o SUS (Sistema Único de Saúde) e faz o aborto”). À Bahia, le président régional du parti de Serra (PSDB), le réélu député fédéral Jutahy Magalhães a toujours appuyé ce discours.
Publié le 04 octobre 2010 par bahiaflaneur
Marina Silva. C’est bien de la candidate du Partido Verde qu’il s’agit ici. Avec les quelques 20% de votes obtenus au premier tour, elle se retrouve en position d’arbitre pour le deuxième tour, le 31 octobre 2010, de l’élection présidentielle.
Un Partido Verde qui vote “avec la gauche et/ou avec la droite” dans le pays entier, sans les moindres fondamentaux éthiques et statutaires. Marina Silva, une candidate qui n’est “ni à droite ni à gauche, mais vers l’avant”. Marina Silva, une candidate qui n’a pas la majorité (10 voix sur un total de 60) au Conseil exécutif du Partido Verde, parti qui dans les coulisses, piaffe d’impatience pour déclarer son soutien officiel et inconditionnel à José Serra. Marina Silva, une ministre de l’Environnement qui resta stoïquement au gouvernement, lors des nombreuses affaires de corruption, orchestrés par le PT, et dévoilées par des hommes politiques, sans jamais remettre en question lesoptions de ce gouvernement. Elle s’opposa à de nombreux gigantesques projets d’usines hydro-électriques et tenta de freiner le déboisement, très timidement, de la forêt amazonienne. Elle s’opposa à quelques secteurs de l’agro-industrie, préférant ensuite les ignorer. Elle démissionna, principalement pour des désaccords politiques avec Dilma Roussef, et sur des points de vue irréconciliables, comme la “tournure industrielle donnée au secteur de la production brésilienne”. Redevenue sénateur, s’inscrivit au Partido Verde et se dévoila candidate seulement lorsque l’horizon élection apparut.
Marina Silva ne trouve rien à redire sur le géant minier brésilien, et premier groupe mondial du secteur, VALE (ex Vale do Rio Doce, groupe public privatisé par l’ex-président Cardoso) : “Ce n’est pas une entreprise marginale. C’est un groupe minier qui fonctionne correctement, de manière durable, qui n’envahit pas les terres des peuples indigènes, je ne la vois pas problématique.” (Não é uma empresa marginal. É uma mineradora que faz coisas de forma correta, sustentável, que não invade terra de índios, não vejo problema.)
Son candidat à la vice-présidence, Guilherme Leal, seulement inscrit au PV depuis le 30 septembre 2009, président du groupe de cosmétiques Natura et 456e fortune mondiale, a déjà, par monts et par vaux, vanté l’ère de huit ans de pouvoir de l’ex-président libéral Fernando Henrique Cardoso.
À Bahia, où le gouverneur actuel (J. Wagner, PT) a été réélu avec 4.067.792 votes (63,83%), le candidat régional des Verts a obtenu 3,97% (253.021 votes). Mais pour le scrutin nationial, il faut noter les 30,21% obtenus par Marina Silva, à Salvador intramuros.
Publié le 03 octobre 2010 par bahiaflaneur
- Le capitalisme brésilien a-t-il changé avec Lula ?
- Plinio de Arruda Sampaio, candidat à l’élection présidentielle 2010 pour l’extrême gauche (PSOL, numéro 50): Le capitalisme brésilien a réellement changé pendant la dictature militaire. Comme le disait Florestan Fernandes, le capitalisme brésilien a fait sa révolution bourgeoise à cette époque, une révolution bourgeoise sous domination nord-américaine, et depuis il reste en position subalterne. On peut dire que l’on a ici une bourgeoisie qui « marche à la commission », qui reçoit essentiellement les retombées sous forme de commissions des énormes bénéfices que les multinationales font dans ce pays. C’est une bourgeoisie sans ambition à l’étranger, ou alors vers quelques secteurs dans d’autres pays d’Amérique latine, mais toujours dans cette même logique de commissions. Par contre, ici, elle ne cède rien et se comporte de façon extrêmement caricaturale, violente, ce qui fait de la société brésilienne l’une des plus violentes au monde.
(…)
Le fait d’exporter tant de produits agricoles et de matières premières est source de recettes pour l’État sous forme de revenus fiscaux. Le gouvernement utilise alors cette manne fiscale pour mener des politiques assistencialistes* pour les plus pauvres.
Grâce à cela, Lula gagne à court terme un énorme soutien populaire, mais il est en train de pourrir la société brésilienne, parce que l’éducation, la santé restent terribles, ainsi que la sécurité sociale. Les Brésiliens pauvres peuvent aujourd’hui acheter des frigos, et pensent qu’ils sont en train de changer de classe sociale. La situation est extrêmement sérieuse car on assiste en réalité à la dilution des organisations sociales : comme Lula a un énorme soutien populaire (80 % d’opinion favorable), il oblige les leaders*** de ces organisations - qui sont pour la plupart des organisations socialistes - à accepter, par la pression populaire, une politique qui n’a rien de gauche. Cela engendre d’énormes divisions dans le mouvement social, ce qui est grave.
D’un autre côté, Lula construit une relation populiste d’un autre temps, entre la masse et un leader, sans l’intermédiaire d’un parti. Ce gouvernement est profondément néfaste pour la moindre conquête sociale réelle au Brésil. Certains disent que Lula est le « Père des pauvres et la Mère des riches », car ces derniers n’ont jamais autant fait de bénéfices que pendant les huit dernières années.
(…)
Les femmes doivent pouvoir disposer de leur corps, la question de l’avortement a toujours été une question délicate au Brésil, mais nous ne devons pas hésiter : je suis catholique et je défends non pas la dépénalisation, mais la légalisation de l’avortement, parce qu’une femme pauvre en meurt et une riche peut le faire sans danger. Je vais aux gay pride et je pense que les LGBT peuvent se marier et adopter des enfants. Le conservatisme de ce pays ne sert qu’à opprimer un peu plus notre peuple.
——-
* Florestan Fernandes est considéré comme le père de la sociologie brésilienne, il était militant de la gauche du PT, le MST a donné son nom à son école de formation de cadres politiques: l’École nationale Florestan Fernandes (ENFF) à Sao Paulo.
** Ce qui n’avait jamais été fait auparavant, modère le flâneur.
***Par exemple, en ayant nommé précédemment le président du principal syndicat du Brésil.. ministre du Travail. (précision du flâneur)