Publié le 21 mars 2011 par bahiaflaneur
“Sans les plaintes des années passées”, c’est ainsi que l’organisateur du 12e symposium national des agroindustriels du café, João Lopes Araújo, s’est exprimé, à Salvador ce lundi 21 mars 2011, devant plus de cinq cents personnes, de manière écrasante de sexe masculin. La valorisation de la monnaie real, sur les huit dernières années, évaluée à +110%, n’est bien sûr pas étrangère à ce bon climat. La consommation de café, par le Brésilien, est également à un niveau record, jamais atteint depuis 1965. Mais les organisateurs souhaitent encore plus. Et demandent de rompre des barrières légales. Entre autres, un moratoire de cinq ans, durant lequel ne serait permis la moindre destruction (desmatamento), de végétation, proposé dans le projet de loi du nouveau Código Florestal, présenté par le député fédéral Aldo Rebelo, du Parti Communiste (PcdoB), et qui devrait entrer en vigueur dans quatre-vingt jours. Invité à Salvador, l’auteur fera un discours cet après-midi, dont la teneur n’est encore connue : http://www.aldorebelo.com.br/?pagina=noticias&cod=1388
Mais il est utile de rappeler que 90% des caféiculteurs de Bahia font partie des deux catégories petits agriculteurs et agriculture familiale. Et l’Etat de Bahia, avec ses 70% de territoire en région semi-aride, avec ses dénominations géographiques tels le cerrrado et la caatinga, ne permettrait que s’y applique ce desmatamento. Et ensuite la plantation de caféiers, entre autres cultures. C’est pourquoi le secteur de l’agriculture familiale, qui souhaite participer au boom du café, s’est associé à un texte présenté par le secrétaire d’Etat de Bahia à l’Agriculture, João Salles, pour demander la rupture de ce moratoire. Les organismes bancaires publics du Nordeste participent déjà grandement à l’appui des petits producteurs, même informels. Ces banques ont mis à la disposition des producteurs de Bahia, en 2010, 4,5 milliards de reais, dont 244 millions pour le secteur informel.
Publié le 16 février 2010 par bahiaflaneur
Jusqu’en 1998, les baraques, en bois, qui longeaient les parcours du carnaval, et les innombrables places aux alentours*, étaient décorées, à la main, peintes, à la demande de leurs propriétaires. Représentations de divinités, de saints, de personnages populaires, de chanteurs, de héros de feuilletons, d’équipes de football, de paysages. En quelque sorte, une immense “toile” naïve qui enchantait les « folioes ».
Ensuite, par une loi municipale venue d’un exigence du maire de l’époque Antônio Imbassai (conservateur, qui eut un deuxième mandat), les vendeurs ont dû louer des barraques standardisées de fer et plastique. Malgré les protestations de l’époque, le maire fut intraitable et fit entrer “dans la danse” les grandes marques de bière et autres banques, sponsors bulldozzers.
Aujourd’hui, le carnaval, décaractérisé en totalité, est clairement otage des grandes marques de bières. Les deux photos ci-contre, prises par le flâneur ce midi du 16 février 2010, sur la place Castro Alves, en sont la scandaleuse et monstrueuse preuve.
* Les fameuses “festas de largo”.
Notre ami Adenor Gondim, photographe - “notre Boubat de Bahia”, soixante ans et presque autant de carnavals, heureusement, nous rappelle l’enchantement perdu. Merci, Adenor !
Publié le 15 février 2010 par bahiaflaneur
André Setaro aime par dessus tout le cinéma, mais aussi le carnaval, les femmes, l’amitié, les artistes, les plaisirs gustatifs, et va bientôt fêter soixante ans de présence à Salvador. Son avis sur le carnaval est l’un des tout premiers qui nous importent ; en ce sens nous publions l’un de ses derniers commentaires, pertinent, édité sur son blog http://setarosblogspot.com*
” (…) tout, dans cette misérable Bahia, n’est pas perdu. Le Carnaval, de plus, est une monstruosité, un festival de bruits, où règnent, vierges, l’ignorance, la démence, la stupidité. Hier j’ai été à la boulangerie du coin acheter notre pain quotidien et un débile mental, avec une canette à la main, beuglait comme un animal, bien que dans ce pâté de maisons, il n’y ait ni musique ni animation. Mais, il est bon de rappeler, j’aime Bahia de jadis avec ses carnavals romantiques et agréables. Je ne sortais pas, durant la semaine de carnaval, du Clube de Engenharia où de belles donzelles et des gens stylés aimaient faire un arrêt avant d’aller à la Praça Castro Alves, la place du peuple, comme disait Castro Alves.
Il est nécessaire que se « refonde » les fêtes carnavalesques sur d’autres modes. Les médias n’évoquent pas la violence, mais il est notoire que la mode actuelle est « le spray de piment malagueta » pour laisser les yeux des foliões** tels la braise.
Je ne suis pas élitiste ; comme on pourrait le penser à la première lecture de ce post, bien au contraire. On ne sent plus l’arôme du peuple dans le Carnaval de Salvador (celui de Recife est bien plus attrayant) - ce qui serait bon, mais ce qui se sent est l’odeur d’une classe moyenne idiotisée, ou comme l’on disait autrefois en des temps plus marxistes, aliénée, avec leurs tee-shirts achetés à crédit exhorbitant, avec ses petits sauts sans grâce, avec ses anxiétés de personnes mal aimées qui veulent profiter du désordre général à tout prix. Ou, encore, une petite élite avec ses petites loges de luxe, entourée par un buffet kilométrique et renouvelable, à boire son scotch pendant que, là, en bas, les trios elétricos annihilent toute perplexité, dans le son puissant d’une impulsion de cri sans mobile, sans sentiment, qui ne soit le sentiment du tintamarre”.*Présent en lien permanent, dans la colonne de droite de ce blog.
** Foliões : participants de la « Folia », autre nom du Carnaval.
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“Como se pode observar pelos seus comentários, nem tudo, nesta Bahia miserável, está perdido. O Carnaval, além do mais, é uma monstruosidade, um festival de barulho, onde reinam, impolutas, a ignorância, a insensatez, a estupidez. Ontem, fui à padaria da esquina comprar o pão nosso de cada dia e um débil mental, com uma latinha na mão, berrava como um animal, ainda que, no recinto, não houvesse música nem animação. Mas, vale ressaltar, amo a Bahia do pretérito com seus carnavais românticos e agradáveis. Não saia, nos dias de Momo, do Clube de Engenharia, onde moçoilas bonitas e gente mais civilizada gostavam de fazer ponto antes de ir para a Praça Castro Alves, a praça do povo, como dizia Castro Alves.
É preciso que se ‘refunde’ os festejos momescos em outros moldes. A mídia silencia em relação à violência, mas soube que a moda agora é ’spray de pimenta malagueta’ para deixar os olhos dos foliões a arder em brasa.
Não sou elitista, como se pode pensar assim à primeira leitura do post, mas muito pelo contrário. Não se sente o cheiro do povo no Carnaval soteropolitano (o de Recife é bem mais atraente) - o que seria bom, mas o que se sente é o cheio de uma classe média idiotizada, ou, como se dizia antigamente em tempos mais marxistas, alienada, com seus abadás comprados a prestações de perder de vista, com seus pulinhos desgraciosos, com suas ânsias de pessoas mal amadas que querem aproveitar a bagunça generalizada de qualquer maneira. Ou, então, uma pequena elite com seus camarotes de luxo cercada de um ‘buffet’ quilométrico e renovável, a tomar ’scotch’ enquanto, lá em baixo, os trios elétricos fazem a geléia geral da perplexidade no alto volume de um impulso de grito sem móvel, sem sentimento, que não seja o sentimento da algazarra.”