Il est touristique. Il est en bord de mer. Il ouvre grand les bras pour les oisifs, depuis une bonne dizaine d’années. Il est sûr, nuit et jour, en ses moindres recoins. Il propose des dizaines de lieux de restauration et de boutiques, mondialisées ou non. Il est ensoleillé toute l’année. Il est bucolique. Et nous osons dire qu’il est le seul des 417 municipios de Bahia où le voyageur, d’un soir, d’un jour ou d’une semaine, ne prendra jamais au grand jamis comme réflexe obligatoire ce “regard panoramique’ pour qui d’ordinaire et presque en tous moments, se sent proie latente.
Son nom: Praia do Forte.
À fendre la voie unique d’accès à Praia do Forte, quelle est pourtant grande notre surprise de ne voir cette “bienvenue” déclinée en toutes langues sauf celle d’André Breton ?
Alors même qu’une annonce publicitaire pour une carte bancaire chapeaute l’ensemble !
Mesdames et messieurs les autorités de la municipalité de Mata de São João, à vous la parole !
É proibído sonhar
Então me deixe o direito de sambar
É proibído sonhar
Então me deixe o direito de sambar
O destino não quer mais nada comigo
É meu nobre inimigo
E castiga de mansinho
Para ele não dou bola
Se não saio na escola,
Sambo ao lado sozinho
É proibído sonhar
Então me deixe o direito de sambar
É proibído sonhar
Então me deixe o direito de sambar
Já faz dois anos que eu não saio na escola
A saudade me devora
Quando vejo a turma passar
E eu mascarado, sambando na avenida
Imitando uma vida que só eu posso enfrentar
Tudo é carnaval
Pra quem vive bem
Pra quem vive mal
Tudo é carnaval
Pra quem vive bem
Pra quem vive mal
Traditionnellement, depuis le milieu des années 1920, le lundi du Carnaval, sur l’un des circuits du Carnaval de Salvador - dont nous n’avons évoqué encore l’édition 2012 alors qu’il se termine dans la nuit de demain mardi à après-demain - s’effectue un regroupement d’abord festif et déguisé, mais aussi irrévérent, revendicatif, sur un ton résolument jovial de protestation progressiste, dans le quartier de Garcia qui borde la place de Campo Grande, axe central de la Folia.
D’où son nom, Mudança do Garcia. La Mudança (changement) a pour mode d’être l’espace le plus démocratique, inversant totalement l’espace ségrégationnel et standardisé à l’infini qu’est devenu le Carnaval, surtout depuis plus de vingt-cinq ans… Comme l’on dit ici, participe à la Mudança do Garcia “qui le veut et de la forme qui lui plaît”.
La Mudança 2012 se termine au moment de ces lignes ! Viva a Mudança do Garcia !
Photos : Danutta Rodrigues-G1 et Aline Caravina-iBahia (métro)