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Cigare et Bahia: un couple qui dure (3)

Publié le 11 septembre 2010 par bahiaflaneur

donaeroElle a déjà compté cent quatre-vingt employés. Aujourd’hui, la fabrique située à Cruz das Almas en compte seulement dix-huit. Et Josefina vend, dans sa large gamme, tous obtenus avec la variété de tabac Arapiraca, le plus long cigare du Brésil: Le Gran Corona, avec ses 23,5 cm. Dona Êro, l’une des deux marques visibles sur les paquets, propose deux types de capa (enveloppe extérieure): claire, tabac de Sumatra, ou foncée, tabac Arapiraca.
Créée en janvier 2001, par une femme, Josefina Tabacos do Brasil a choisi de reprendre une partie des très expérimentés rouleurs de cigare de l’ancienne fabrique Suerdieck. Le nom Erô vient rendre hommage à la grand-mère de la fondatrice, qui au siècle dernier contestait la coutume qui ne permettait qu’aux hommes de fumer le cigare. En 2010, avec un patron, Weber Meyer, toujours en voyage entre Rio de Janeiro, Sao Paulo et Cruz das Almas, cinq modèles basiques sont fabriqués par les tabatiers: Churchill (16,5×2 cm), Torpedo (15,5×2 cm), Corona (13,5×1,7 cm), Corona Gorda (14×1,9 cm) e Robusto (12,5×2 cm), qui sont vendus en boîtes de vingt-cinq unités.
Mais l’emblême de la marque reste le cigarillo “Josefina”, vendu trente pour cent moins cher que la concurrence, et qui est le cigarillo le plus vendu au Brésil.  Et l’entreprise de Cruz das Almas vient de lancer une nouveauté, la “Seria Havana” un cigare dont un pourcentage des feuilles vient d’une espèce de Cuba.

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Cigare et Bahia, un couple qui dure (0)

Publié le 11 septembre 2010 par bahiaflaneur

Historiquement, la région du Recôncavo* est La région du tabac. Entre dix-neuvième et vingtième siècle. Les trois grandes fabriques d’alors -  Suerdieck**, Dannemann, et Costa Ferreira & Penna*** - employaient dix mille personnes et exportaient soixante mille tonnes de tabac annuellement, à partir des municipalités de Cachoeira, de São Felix, de Cruz das Almas, de Maragogipe, et de Cruz das Almas, principalement. Dans les années 1930, Bahia alors divisée en 152 municipalités, comptait 101 municipalités où l’industrie du tabac était implantée..
Dans les plantations, la feuille de tabac de l’espèce Mata fina est toujours la reine, suivie par les types Arapiraca et Mata norte. Mais en 2010, les emplois directs ne dépassent pas le nombre de cinq cents et la quantité exportée est d’environ cinq mille tonnes, selon les données disponibles de 2008. Tandis que cinquante cinq mille emplois directs ou indirects dépendent de ce secteur, selon le syndicat professionnel Sinditabaco. La même source annonce que l’espace géographique est responsable de 3% de la production nationale de tabac destinée aux cigarillos et aux cigares****. Et son responsable, le même Ricardo Becker, rappelle que l’imposition du secteur est de 30% depuis le mois de juillet 2008, alors qu’elle était précédemment de 9%. Et le prix pour le consommateur final s’est affiché… 42% supérieur. Mais cela n’empêcha pas le volume produit de croître, entre 2000 et 2006, de plus de cinquante pour cent. Et dans la même période, la surface totale plantée a augmenté de vingt-cinq pour cent…
À Salvador, en 2010, seuls huit petits magasins vendent des cigares. La grande figure de ces revendeurs se nomme Agnaldo Sales Sampaio, toujours le cigare à la bouche, entre deux parties de poker, aux commandes depuis quinze ans de son petit “réduit” dans le centre historique.
Seuls dix fabricants de cigares subsistent en 2010. Chaba, à Alagoinhas (1), Menendez & Amerino, à São Gonçalo dos Campos (2) Josefina, à Cruz das Almas (3), LeCigar - Manufatura Tabaqueira, à Cruz das Almas (4), Dannemann, à São Félix (5),  et  la minuscule Sandes (6), à Cruz das Almas. La plus ancienne marque, Leite & Alves/Talvis, est également à Cachoeira (7). Viendront fermer la marche Monte Pascoal (8), MR Charutos (9), et Paraguaçu, tous à Cachoeira (10). Seul Dannemann appartient à des actionnaires étrangers, suisses, en l’occurence. Nous essaierons dans les jours et semaines qui viennent de tracer un portrait rapide de chacune d’entre elles.

Car la réputation des cigares de Bahia est désormais établie. Elle occupe la seconde place, derrière Cuba et devant la République dominicaine, en terme de qualité, pour les spécialistes du monde entier.Tandis que le Brésil reste le premier exportateur mondial de feuilles de tabac, en 2009, avec 681.000 tonnes, et le second producteur mondial de tabac.

* D’une surface de 11.200 km2, et 38 municipalités (source IBGE). Les régions du sud du Brésil (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná) produisent 97% des feuilles de tabac du Brésil.
** Entreprise (voir histoire ICI, précisément pages 53/54/55/56/57) qui employa jusqu’à quatre mille personnes, dont deux cent rouleurs de cigares, dans les années cinquante, et qui proposait 100 types différents de cigares. Fondée entre 1889 et 1892, par l’Allemand Augusto Wilhelm Suerdick, elle a fermé en 1999, après avoir été rachetée par le groupe suisse Melitta en 1975.
*** Cette entreprise a appartenu à la famille maternelle de la … chanteuse bahianaise Gal Costa.
*** Ainsi, les cigares de Bahia fabriqués à Bahia représentent 3% de 3% de la production nationale de feuilles de tabac.

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Cigare et Bahia, un couple qui dure (2)

Publié le 10 septembre 2010 par bahiaflaneur

menendez1fernandovivas

F.R. Menendez Toraño, Arturo Toraño Sanchez

À Cuba, au début du vingtième siècle, sa famille était propriétaire et gérait la marque Monte Cristo. Entre autres. Un nom qui inspire un respect, économique pour le moins. Mais Fidel Castro décida de les exproprier. Laissant donc une fortune derrière elle, la famille fuit en Espagne, en 1960, aux îles Canaries, puis de là, en 1977, s’installa au Brésil. Les Menendez avaient également, dès 1933, les trois marques Menendez Garcia & Cia, H. Upmann et Por Larrañaga, à Cuba.  Puis la Companhia Insular Tabacalera dans ces îles Canaries*. São Gonçalo dos Campos, à cent trente kilomètres de Salvador, vit ainsi s’ériger l’usine des cigares Menendez Amerino**. La propriété gigantesque de la famile et cette usine marquent, toujours et encore en cette année 2010 de leurs empreintes la ville.
Chaque année, trois millions de cigares et quatre millions de cigarillos y sont produits. Menendez Amerino est désormais le plus gros producteur de cigares premium du Brésil. Ces fameux cigares faits à la main, de feuilles entières et sans additifs chimiques. La ville aux vingt-sept mille âmes ne peut que remercier les Menendez qui offrent un emploi direct ou indirect à dix pour cent des habitants. Avec exactement deux cent quatre-vingt femmes qui roulent artisanalement ces cigares. Félix Menendez, le patron aux bien assis soixante printemps, avec son frère Benjamin et leur associé Mario Amérino Portugal, veillent à tout: soixante-dix pour cent des cigares sont actuellement vendus sur le marché intérieur. Quatre vingt-quinze pour cent de la production de feuilles, achetée à quelques trois cents agriculteurs de la région, est vendue, quant à elle, brute à l’exportation. Les cinq pour cent restants servent à fabriquer les cigares sur place. Tenant compte qu’une partie de la plantation a été  plantée d’une espèce venue de Cuba. Une première dans la région.
L’un des emblèmes de la marque, le cigare “Dona Flor”*** (inspiré du roman de Jorge Amado) bat depuis longtemps tous les records de vente dans sa catégorie. Et Menendez fabrique le cigarillo Saint James, marque rachetée de l’usine Souza Cruz. Ce succès n’a pas empêché l’entreprise, entre décembre 2008 et mai 2009, de procéder à trente licenciements… Une restructuration avait eu lieu en 1999 avec l’arrivée d’un actionnaire bahianais, le Grupo Multi (de Sao Paulo), qui acquérit alors presque la moitié de la marque. L’un de ces nouveaux associés, Francisco Barretto, affirmait alors: “Nous sommes en train de moderniser la production sans perdre le charme d’une marque”. Un charme qui a un coût en “matériel humain”…

* Félix Menendez déclara ainsi : “Bom quando nós estávamos nas Ilhas Canárias, praticamente todo o negócio nosso era de exportação, porque se deu a feliz coincidência de que, com o advento da revolução de Cuba, veio com a lei de boicote americano e eles não compravam charutos de Cuba, e até a revolução quem fornecia charutos para os EUA era Cuba ou Filipinas, porque Filipinas foi uma colônia, ou territorio dos EUA nos anos de 1948, em função disso eles tinham entrada franca no mercado americano. Só que os charutos da Filipinas era um charuto barato, não era um charuto caro, e o charuto cubano era caro. Então nos EUA, até 1948, você encontrava charutos cubanos ou filipinos, sendo que eram mercados completamente diferentes. Quando veio a revolução, o mercado americano ficou totalmente desabastecido, foi então que a gente aproveitou, em Canárias, na Espanha, que, por sua vez, no mercado nacional espanhol a gente só vendia esporadicamente, em função de que era um monopólio e a presença cubana era muito forte, e quando veio esse desabastecimento do cubano, nós pudemos entrar. Todos nós que trabalhávamos em Canárias conhecíamos. Nós tivemos que visitar os clientes de fora, e em maior ou menor grau, todos tinham que visitar, porque também eram poucas pessoas, não era muita gente, a gente vendia para os distribuidores, então esses distribuidores eram a possibilidade, os distribuidores nos EUA, havia quatro distribuidores. Então eram quatro pessoas que ao menos uma vez ao ano nos visitava, e também a gente os visitava nos EUA pelo menos uma vez no ano. Porque esse conhecimento do mercado já vinha de muitos e muito anos, sobretudo de Canárias e de Cuba também. (propos retenus d’une enquête éditée par le XII SEMEAD (27 /28 de agosto de 2009, São Paulo) : “A Internacionalização da Menendez Amerino Ltda: Indícios e Contestações do Modelo Nórdico” par  Itiel Moraes da Silva, Gabriela Lins Barbosa et Walter Fernando Araújo de Moraes)
** Menendez, en hommage à la famille cubaine, Amerino, en hommage à un des noms de l’exportateur bahianais.
*** Modèle corona, double-corona, churchill et robusto. Deux capas: mata fina, sombre, et  Connecticut, importée des Etats-Unis.

- Photo Fernando Vivas ; Arturo Sanchez est le cousin de F. R. Menendez. A. S., directeur des ventes de la firme en 2010, fit partie des 1.400 volontaires et contre-révolutionnaires qui tentèrent, en 1961, d’envahir la Baie des cochons, pour faire barrage à la révolution de Fidel Castro. Il resta par la suite 22 mois en prison et sortit grâçe à une caution versée par les Etats-Unis…

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Cigare et Bahia, un couple qui dure (1)

Publié le 10 septembre 2010 par bahiaflaneur

fernandobragafernandovivasFernando Fraga est corpulent et fume six cigares par jour, en ce mois de septembre 2010. Celui qui a travaillé pendant tyrente ans pour l’un des plus célèbres fabricants de cigares de Bahia et du Brésil, Suerdieck*, marque centenaire qui ferma en 1999, semble pourtant en forme. Depuis 1998, le natif de São Félix, qui fait face à Cachoeira, s’est associé avec Roberto Barradas de Almeida et Dorette Meyer pour fonder l’usine Chaba, dans la ville d’Alagoinhas, au nord de Salvador. L’entreprise emploie soixante-trois personnes, après avoir démarré avec trente ouvriers, puis connu une apogée en 2002 avec plus d’une centaine d’employés… Les feuilles de tabac utilisées, pour le marché interne, sont plus claires que celles du marché classique de Bahia, car les cigares sont ainsi “considérés plus légers”. Entre les fameux “barreaus de chaise” Don Pepe et le dorénavant centenaire cigarillo Palomitas**, la marque vient de lancer un “blend” Pimentel Exportação…

* Marque qui fabriqua jusqu’à 180 millions de cigares l’année 1956. (photo Fernando Vivas).
** M. Fraga a racheté a l’ancienne fabrique Suerdieck le droit d’user le nom et la marque de leur plus fameux cigarillo.

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