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L’eucalyptus de la honte…

Publié le 16 juin 2011 par bahiaflaneur

Le nom du propriétaire des deux fazendas n’a pas été divulgué. Mardi 14 juin, cinquante-trois personnes ont été libérées par des agents publics* du ministère du travail. Sans eau potable, sans cuisine, sans sanitaires, sans matériel de base de soins, sans abri contre les intempéries, sans équipement individuel de protection, ils devaient pourtant quotidiennement assurer des ramassages divers, principalement dans des plantations d’eucalyptus. Ils habitaient dans une barraque qui abritait également des produits agricoles et des produits agrotoxiques. Ils n’avaient pas de contrat de travail et n’avaient effectué le moindre examen médical, dans cette zone, située à 932 kilomètres de Salvador, à l’extrême ouest, autour de la municipalité de Correntina.
L’action des inspecteurs du travail, dirigée par le contrôleur des impôts du Travail, Luize Surkamp, aidée d’un procureur du travail et de policiers fédéraux,  avait commencé sur place le 8 juin et s’est terminée le 14 juin. Le propriétaire a tenté d’obstruer et de maquiller la présence des travailleurs, en les évacuant du lieu. Il devra payer un total de 339.500 reais, entre amende et salaires officiels, selon les lois brésiliennes.
Pendant ce temps là, à Brasilia, un projet d’amendement constitutionnel (PEC), venu de quelques députés du PT, dont Cláudio Puty de l’État du Pará, et qui prévoit d’exproprier les propriétaires des terres où est constaté un travail dans des conditions d’esclavage, est toujours en attente depuis… sept ans à l’Assemblée nationale. La présidence de cette même Assemblée, assumée par le PT, freine également depuis deux mois l’ouverture d’une commission d’enquête (CPI) sur le Travail esclavagiste. Les lobbies ruralistas et des grands propriétaires, qui viennent également d’infliger une déroute complète au gouvernement avec le vote récent de l’ultra-conservateur Código Florestal (Code des Forêts et Terres), mènent la danse et la présidente Dilma Roussef obéit.

* Principalement issus du Grupo Especial de Fiscalização Móvel do Ministério do Trabalho e Emprego.

Deux autres cas, précédents, autour de la même ville de CORRENTINA (en portugais) :
http://www.mte.gov.br/delegacias/ba/noticias/libertados.pdf

http://www.sinait.org.br/noticias_ver.php?id=199

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Adenor Gondim, magicien de la lumière

Publié le 05 avril 2011 par bahiaflaneur

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Adenor Gondim est photographe. L’un des plus grands de Bahia. Méconnu en sa propre terre et peu considéré, en regard de son grand talent, à dire vrai. Il photographie depuis plus de quarante ans. A São Paulo, la très récente majestueuse et volumineuse double publication d’un ouvrage consacré aux mondes artistiques afro-brésiliens fait la part belle à son travail. Cette place se doit, entre autres, à l’amitié et au respect qu’a porté à son travail, depuis le milieu des années 80, Emanoel Araújo, bahianais et directeur du prestigieux Museu Afro Brasil de São Paulo. E. Araújo est l’idéalisateur de cet ouvrage de 880 pages, grand format. La photo ci-dessus, à fonds perdus, pleine page, ouvre la section intitulée “Negros fotógrafos”. Puis d’autres pages individuelles montrent, dans le chapitre, les photographies de Adenor Gondim.

Écoutons Adenor, qui nous a parlé, hier lundi 4 avril 2011, devant le livre ouvert, parcouru par Bahiaflâneur dans une librairie deux jours avant:
“C’était en 2006. Zé Diabo est ferronnier. C’est une figure monumentale. Il est exactement comme la photo le montre, dans son ingénuité, dans la beauté de sa personne. Il façonne, comme ferronnier qu’il est, des sculptures à l’effigie de tel ou tel orixá. En effet, le père de saint vient à lui commander, via un croquis qu’il remet généralement à son fils de saint, la petite sculpture qui représente l’orixa exact du fils de saint. Je fréquente l’atelier de José Adário dos Santos depuis huit ans environ, près de la place Castro Alves. Zé, personne d’une simplicité sans égal, est reconnu à Bahia pour sa dextérité à concevoir l’orixá Exu. J’aime la lumière de son atelier. Je m’y rends souvent. J’ai saisi cette expression, volé pour ainsi dire. Ce fut ma première perception de son visage. Dans la foulée, j’ai fait vingt autres photos, différentes, mais pas une autre n’est égale à cette première. Presque toujours, après son travail, Zé Diabo jette au panier les croquis. J’ai déjà récupéré plus de cent cinquante ébauches de dessins. Malheureusement, Zé n’a pas formé de successeur”.
La reproduction, dans ce blog, rend malheureusement compte assez mal de l’incroyable piqué du portrait, et des clairs-obscurs, digne d’un Titien ou d’un Tintoret !

le blog de Adenor Gondim : http://www.apenasbahia.blogger.com.br/

A Mão Afro-Brasileira - Significado da contribuição artística e histórica. Editora: Imprensa Oficial do Estado de São Paulo e Museu Afro Brasil (2ª. edição -  886 pages, vol 1: 448p.; vol 2: 420p.) L’ouvrage prétend célébrer les artistes afro-brésiliens, du Barroque, du XIXe siècle, du modernisme et du xxe siècle. À travers les musiques, les dessins et la peinture, la littérature et la photographie. L’ouvrage avait été lancé le 20 novembre 2010 à São Paulo. Il aura fallu attendre la dernière semaine de mars 2011 pour que le citoyen de Bahia puisse  prendre en mains ce bijou éditorial. La toute première édition datait de 1988, alors concomitante à la commémoration des cent ans de l’Abolition de l’esclavage. Le Museu Afro Brasil est installé dans le Parque Ibirapuera, à São Paulo.

Une interview très récente et critique, en portugais, de Emanoel Araújo:
http://terramagazine.terra.com.br/interna/0,,OI4778952-EI6581,00-Emanoel+Araujo+Nos+somos+a+Republica+do+fracasso.html

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A Tarde: tombeau pour la presse de Bahia ? (3)

Publié le 30 mars 2011 par bahiaflaneur

atarde6Le tout nouveau rédacteur en chef du quotidien A Tarde, Ricardo Fontes Mendes, vient de censurer une partie d’un entretien que la journaliste Emmanuella Sombra avait realisé pour paraître dans l’édition, datée du 3 avril 2011, de la revue dominicale du groupe, Muito. Prenant acte, la journaliste Mme SOMBRA a décidé de démissionner. Après les licenciements de nombreux journalistes en 2010, le renvoi récent d’un journaliste après la mise à jour des collusions des actionnaires du journal avec les constructeurs civils, la fosse tombale de la crédibilité se rapprocherait-elle pour le quotidien presque centenaire ?
Emmanuella Sombra :
“Je communique qu’aujourd’hui 28 mars, j’ai demandé ma démission de A Tarde, journal où j’ai travaillé les quatre dernières années comme stagiaire du service Alô Redação, reporter du cahier Local et, les derniers douze mois, reporter de la revue Muito. Je fais cela après que le rédacteur en chef, Ricardo Mendes, ait déterminé la suppression du passage de l’interview que j’ai fait avec la chanteuse Ivete Sangalo*, qui devait être publiée dimanche prochain, 3 avril, dans l’édition numéro 157 de la revue Muito.
Le passage en question évoque deux questions référentes, respectivement, à la crise dans l’entreprise de la chanteuse, Caco de Telha, et au procès impliquant son ex-batteur Tonho Batera. Les deux questions furent rapidement et correctement répondues par la chanteuse, sans la moindre indication que je ne puisse les publier. Elles ont été faites après aue son attachée de presse demande que Ivete ne parlerait ni de sa vie personnelle et sur les polémiques impliquant d’autres chanteurs. Donc, sans que même l’attachée de presse m’ait censuré dès le début de l’entretien.
Quand je suis sortie de la rédaction pour faire l’interview, vendredi 25 mars, j’étais consciente que le point principal était le prix Troféu Dodô & Osmar, promu et réalisé par le Grupo A Tarde, pour lequel Ivete Sangalo serait maître de cérémonie, et qu’il s’agissait d’une édition spéciale en hommage au prix. je sais que toutes les entreprises de journalisme de ce pays possèdent des intérêts économiques. Je ne quitte pas l’entreprise avec une idée romantique de ce qui est ma profession ou de ce que je ne vais pas affronter nouvellement. Mais pour moi, en ce moment, publier une interview qui fait la couverture, avec huit pages intérieures de questions et réponses, dans laquelle, aux yeux du lecteur, ne s’évoquent pas deux des sujets les plus importants impliquant la chanteuse (cela pour le moins durant les trois derniers mois) est pratiquer un anti-journalisme auquel, en quatre anées de profession, je ne suis pas habitué.
Encore plus quand il s’agit de la première occasion au cours de laquelle Ivete évoque ce cas dans un entretien, d’une manière patiente et éduquée, loin des loges du show-business, sans aucun type de pression, et explique quelle est sa version des faits, affirmant que son frère continue à diriger son business, même à distance - une information nouvelle, de grande importance pour ce sujet-là, encore plus si elle-même l’affirme. Je dis bien clairement que je prends cette décision après avoir demandé au rédacteur en chef de ne pas signer l’article par respect à ma conscience et à celle du lecteur, qui certainement trouvera bizarre de lire une interview si longue qui ne traite pas le cas Caco de Telha. La demande fut promptement niée par Ricardo Mendes. (…)
Si un journal a entre les mains un sujet d’importance journalistique et décide de ne pas le publier pour ne pas courrir le risque de blesser des susceptibilités ou répondre à tout autre intérêt qui ne soit pas celui d’informer, il ne fait rien de plus que mettre en risque sa propre crédibilité. De la mienne, je ne transige pas.”

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

“Comunico que hoje, 28 de março, pedi demissão de A Tarde, jornal onde trabalhei nos últimos quatro anos como estagiária do Alô Redação, repórter de Local e, nos últimos 12 meses, repórter da Muito. Faço isso após o editor-chefe, Ricardo Mendes, determinar a supressão de trecho de entrevista que fiz com a cantora Ivete Sangalo, a ser publicada no próximo domingo, 3 de abril, na edição 157 da Muito.
O referido trecho diz respeito a duas perguntas referentes, respectivamente, à crise na sua empresa, a Caco de Telha, e ao processo envolvendo seu ex-baterista, Tonho Batera. As duas perguntas foram pronta e educadamente respondidas pela cantora, sem qualquer indicação de que eu não pudesse publicá-las. Foram feitas após sua assessoria explicar que Ivete só não falaria: 1 - sobre sua vida pessoal e 2- sobre polêmicas envolvendo outros cantores. Portanto, sem que nem mesmo a assessoria da cantora me censurasse antecipadamente.
Quando saí da redação para fazer a entrevista na última sexta-feira, 25 de março, estava ciente de que o foco principal era o Troféu Dodô & Osmar, promovido e realizado pelo Grupo A Tarde, no qual Ivete Sangalo será mestre de cerimônias, e que se tratava de uma edição especial em homenagem ao prêmio. Sei que todas as empresas de jornalismo desse país possuem interesses econômicos. Não estou saindo da empresa com uma ideia romântica do que é a minha profissão ou do que não vá enfrentar novamente. Mas para mim, neste momento, publicar uma entrevista de capa, com oito páginas internas de perguntas e respostas, em que, aos olhos do leitor, não se toca em dois dos assuntos mais relevantes envolvendo a cantora (isso pelo menos nos últimos três meses) é praticar um anti-jornalismo ao qual, em quatro anos de profissão, não estou acostumada.
Mais ainda quando se trata da primeira oportunidade em que Ivete falou sobre o caso em uma entrevista, de forma paciente e educada, longe dos bastidores do show business, sem nenhum tipo de pressão, e explicou qual sua versão dos fatos, afirmando que o irmão continua à frente dos negócios mesmo à distância - uma informação nova, de extrema relevância para o caso, ainda mais se dita por ela. Deixo claro que tomo esta decisão após solicitar ao mesmo editor-chefe que eu não assinasse a matéria por respeito à minha consciência e ao leitor, que certamente achará estranho uma entrevista tão longa ignorar o caso Caco de Telha. O pedido foi prontamente negado por ele. (…)
Se um jornal tem em mãos um material de relevância jornalística e decide não publicá-lo para não correr o risco de ferir suscetibilidades ou atender a qualquer outro interesse que não o de informar, nada mais faz do que pôr em risco a própria credibilidade. Da minha, eu não abro mão”.

* Ivete Sangalo est la chanteuse de axé music et le support publicitaire qui connaît le plus grand succès possible au Brésil. Des marées humaines se jettent à ses pieds. Véritablement la “reine” du carnaval de Bahia. Mais les sons qui sortent de son orifice bucal, les plus exécrables possibles, ne peuvent et ne pourront jamais retenir ne serait-ce qu’une segonde de notre attention et de notre encre virtuelle. Qu’on se le dise.

(Ce texte a été publié en première main par le blog, nouvellement créé à Bahia (http://blogbahianarede.wordpress.com) dirigé par le journaliste Josias Pires)

——-
Rappel de nos articles sur le quotidien A Tarde:

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2009/09/14-des-journalistes-culture-du-quotidien-remercies.html

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2011/02/a-tarde-le-tombeau-de-la-presse-de-bahia.html

http://www.bahiaflaneur.net/blog2/2011/03/a-tarde-tombeau-pour-la-presse-2.html


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A Tarde: tombeau pour la presse de Bahia ? (2)

Publié le 15 mars 2011 par bahiaflaneur

atarde6Comme si de rien n’était. Dans l’édition du quotidien datée du 9 mars 2011, un article anodin était signé par le reporter licencié très exactement trente jours auparavant. Mise à pied seule ? Blâme isolé ? L’opinion publique et encore moins le lecteur du dit journal ou de ses concurrents n’en sera informé. Depuis cette date, le reporter signe régulièrement des papiers. Et sur les réseaux sociaux virtuels auxquels il participe, il se tait.
Circulez, y a rien à voir !
Seul, en dehors des blogs qui furent parmi nos sources d´information, un éditorial d´une professeur universitaire et journaliste de ce même journal et donc en aucune manière indépendante, mais lu sur la chaîne publique TVE le 11 fevrier, avait abordé allusivement et sans personne nommer, le licenciement et les “exigences” du secteur privé. Sans pointer les responsabilités évidentes du gouvernement local de Bahia, mandataire du chantier sur lequel le journaliste avait attiré l’attention. Cette journaliste, il est vrai, est également représentante de sa profession auprès de l’Assemblée Législative de Bahia. Un enterrement de première classe, derriêre les apparences, pour cette affaire, malgré la grande finesse et intelligence du raisonnement de l’intellectuelle. Écoutez donc ci-dessous :

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