Archive de Tag | "A Tarde"

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La plume dans le bénitier

Publié le 16 octobre 2012 par bahiaflaneur

Pour fêter le centenaire du quotidien A Tarde, les héritiers et descendants du fondateur ont choisi, au lieu de tremper “la plume dans la plaie”  de se gaver avec l’hostie du calice tendu par l’archevêque, lors de la messe célébrée dans les locaux du journal, avant le gâteau d’anniversaire.
En plein XXIe siècle, un geste qui sonne définitivement le glas de toute information et souille à tout jamais, à Bahia, le nom même de journalisme.
Une vergogne indélébile.

(photo Mila Cordeiro/Agencia A Tarde)

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Magnat de la télévision bahianaise et esclavagiste ?

Publié le 01 septembre 2011 par bahiaflaneur

trabalho-escravo-1Une gigantesque propriété, de 39.000 hectares, nommée “Rural Verde”, avec près de quatre cent kilomètres de clôture, avec plus de dix mille têtes de bétail, appartenant depuis plus de trente-cinq années à Sílvio Roberto de Moraes Coelho, bahianais*. Sise  sur la commune de Sítio do Mato Dentro, bourg proche de la grande ville de Bom Jesus da Lapa, à cinq cent trente six kilomètres à l’ouest de Salvador. Sílvio Roberto de Moraes Coelho est l’un des patrons, depuis  plusieurs dizaines d’années, du troisième plus important canal de télévision de Bahia, TV Aratu, qui appartient depuis sa naissance en 1970 à la famille Coelho, et cette chaîne est aujourd’hui affiliée au gigantesque empire brésilien de communication SBT, du milliardaire Silvio Santos.
Vingt-deux travailleurs, en conditions analogues à l’esclavage, ont été découverts, entre le 17 et le 31 août 2011, par l’équipe fiscale de l’inspection du travail (Grupo Especial de Fiscalização Móvel - GEFM), menée par la fonctionnaire Inês Almeida, sur le site même de la fazenda Rural Verde. Dix-sept des personnes étaient chargées, à 25 kilomètres de distance du siège de la fazenda, d’élaguer et de couper des arbres tandis que les cinq autres installaient des clôtures. La plupart d’entre eux étaient dans la fazenda depuis le mois de mai 2011, sans salaire régulier. Ils recevaient leur “pitance” qui leur était descomptée sur leur “salaire”.  Leurs barraques aux toits de bâche en plastique noir étaient soutenues par de simples piquets de bois. Ils n’avaient, pour se laver et se fournir en eau potable, qu’un grand réservoir d’eau, qu’ils partageaient avec le… bétail, qui venait là s’y rafraîchir.

La dette aux travailleurs, évaluée par les services de l’inspection du travail, est de quatre-vingt mille reais, environ. Soixante et un procès verbaux d`infractions ont été dressés. Le propriétaire s’est refusé à payer cette somme affirmant que les ouvriers n’étaient les siens, mais ceux d’une personne à qui il avait sous-traité le travail. Lors de la seule tentative de questionnement par un journaliste bahianais au téléphone, ces jours-ci, “Vai para o inferno” fut la seule réponse de Sílvio Roberto [de Moraes] Coelho, avant de raccrocher.

silviocoelho* Sílvio Roberto Coelho, patron de l’entreprise Rural Verde Ltda, est le frère de Nilo Augusto Moraes Coelho, soixante-dix ans, ex vice-gouverneur puis gouverneur de Bahia (1989-1991), accusé alors de très nombreuses irrégularités, fermier qui precedemment avait fait fortune dans les exploitations de coton, et nouvellement réélu maire de la grande ville de Guanambi, à Bahia, depuis 2008. Selon sa déclaration au Tribunal Superior Eletoral en 2010, NILO COELHO - qui fut encore cette année-là candidat, pour le PSDB, à vice-gouverneur de Bahia avec la liste de droite (DEM) du candidat Paulo Souto - était propriétaire de de plus de 44 grandes propriétés (fazendas). En août 2007, lors d’un procès pour “promouvoir l’évasion de devises” (sonegação fiscal), son frère Sílvio Roberto de Moraes Coelho, quant à lui, avait été condamné à deux et quatre mois de prison de réclusion, peine ensuite transformée en amendes diverses…

Photo (droits réservés) ci-contre: en février 2008, lors d’une fête, Sílvio Roberto Coelho, sa fille responsable du secteur commercial de la TV Aratu et l’épouse du toujours gouverneur de Bahia, Fatima Mendonça.

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Une protestation bien tardive, par Newton Sobral

Publié le 26 août 2011 par bahiaflaneur

Newton Sobral est journaliste. Il a travaillé, depuis le début des années soixante, dans tous les quotidiens de Bahia: Tribuna da Bahia, Jornal da Bahia et A Tarde. Il est également professeur et poète. Avant le coup d’état militaire, en 1964, il était vice-président de l’União Brasileira dos Estudantes Secundaristas (UBES). Il fut également assistant de  l’architecte Lina Bo Bardi, qui fonda le Museu de Arte Moderna da Bahia. C’est un homme de gauche, indigné par les agissements et l’ère du Partido dos Trabalhadores (PT) au pouvoir. Cette chronique, traduite par BF, a été publiée en page 3 du quotidien A Tarde, le jeudi 25 août 2011.

La manifestation pour comémorer les douze ans - depuis la date exacte de la publication de l’appel d’offres - de “l’inexistence” du mini métro de Salvador, réunie, le 11 août 2011, avec ses infimes deux cents manifestants dans l’Avenida Bonocô, vient à la rencontre de la critique du journaliste Juan Arias, correspondant du journal espagnol El País, quand, dans un récent article, il demanda: où sont les indignés du Brésil qui n’occupent pas les places pour protester contre la corruption et le manque d’étique des hommes politiques ? Regardez bien : seulement après douze longues années, par l’initiative de l’étudiant Cicero Cotrim, seize ans, qui utilisa le réseau virtuel Facebook pour régimenter les manifestants, quelqu’un descendit dans la rue externer le sentiment de honte des bahianais pour ce métro short.
Avec sa remarque, Arias accuse, sans le savoir, le processus d’accomodation au gouvernement du Partido dos Trabalhadores (PT) d’institution comme l’União National dos Estudantes (UNE), le Movimento dos Sem Terra (MST) et les centrales syndicales qui, dans un passé pas si lointain, étaient l’avant-garde des luttes revendicatrices, les emmenant sur les places publiques. Et comme n’existent pas de mouvements populaires sans leaders, avec la reddition de ces représentants, manque quelqu’un pour ouvrir les yeux du peuple.
L’UNE, par exemple, venue de mémorables campagnes politiques, comme lors de la lutte pour la redémocratisation du pays après la dictature militaire, s’est pratiquement vendue, aujourd’hui, au lula-petismo pour presque cinquante millions de reais pour construire un siège nouveau. Le MST, financé par le gouvernement, et les syndicats, bénéficiés par un veto de Lula, les exemptant de rendre des comptes au TCU* des gigantesques fonds issus de l’impôt syndical, suivent le même chemin.
Le PT a coopté l’avant-garde des masses dans tout le Brésil. Pire encore: il les a mises à son service dans des situations dégradantes, à l’exemple de l’UNE quand elle défend la corruption, se joignant à la thèse selon laquelle le scandale du “mensalão” n’était rien de plus qu’un “coup d’état des médias”.
Le mouvement étudiant à Bahia, assez combatif dans le passé, suit l’exemple et n’est plus le même. Nous allons tout faire pour que l’initiative de Cicero Cotrim fasse renaître les brios d’une classe dont l’action indépendante a beaucoup contribué pour que le Brésil puisse arriver au niveau d’une démocratie en développement.

* UNE: seulement tropis bahianais, dont deux venus de classes sociales privilégiées, en plusieurs dizaines d’années d’existence, en furent présidents, à la fin des années soixante-dix. Javier Alfaya (Francisco Javier Ulpiano Alfaya Rodrigues), architecte diplômé à Salvador, né en Espagne,  fut longtemps député communiste (PCdoB) de l’État de Bahia. Ruy César Costa Silva dirige une école privée et suit une carrière de producteur culturel. Orlando Silva de Jesus Júnior, noir et d’origine très pauvre, venue de la lointaine périphérie de Salvador, a dirigé l’UNE de 1995 à 1997. Il est actuellement ministre des Sports, à Brasilia.
** Cour des Comptes Fédérale.

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Um protesto bem atrasado, por Newton sobral

O protesto de rua pelos 12 anos - a contar da data da licitação - de  ‘inexistência’ do mini-metrô de Salvador, reunindo, dia 11, ínfimos 200  manifestantes na Avenida Bonocô, veio ao encontro da crítica do  jornalista Juan Arias, correspondente do jornal espanhol El Pais, quando, em recente artigo, perguntou: onde estão os indignados do Brasil que não ocupam as praças para protestar contra a corrupção e falta de  ética dos políticos? Frise-se bem: só após 12 longos anos, por  iniciativa do estudante Cícero Cotrim, 16, o qual usou o Facebook para arregimentar os manifestantes, alguém foi às ruas externar o sentimento  de vergonha dos baianos por esse metrô calça-curta.
Com sua observação, Arias acusa, sem o saber, o processo de acomodação ao governo petista de instituições como a UNE, MST e centrais sindicais, as quais, em passado não muito distante, eram a vanguarda das lutas reivindicatórias, levando-as às praças públicas. E como inexistem movimentos populares sem lideranças, com a rendição dessas representações, faltou quem abrisse os olhos do povo.
A UNE, por exemplo, de memoráveis campanhas políticas como a luta pela redemocratização do país após a ditadura militar, hoje praticamente vendeu-se ao lula-petismo por quase R$ 50 milhões para construir uma sede nova. O MST, financiado pelo governo, e os sindicatos, beneficiados por um veto de Lula isentando-os de prestar contas ao TCU dos imensos recursos oriundos do Imposto Sindical, seguem o mesmo caminho.
O PT cooptou a vanguarda das massas em todo o Brasil. Pior ainda: colocou-as a seu serviço em situações degradantes, a exemplo da UNE quando defendeu a corrupção, comprometendo-se com a tese de que o escândalo do mensalão não passava de um ‘golpe da mídia’. O movimento estudantil na Bahia, bastante combativo no passado, segue o exemplo e não é mais o mesmo. Vamos torcer para que a iniciativa de Cícero Cotrim faça renascer os brios de uma classe cuja ação independente contribuiu em muito para o Brasil chegar ao patamar de uma  democracia em desenvolvimento.

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“Le grand frère”, par Carlos Ribeiro

Publié le 22 avril 2011 par bahiaflaneur

 

LE GRAND FRÈRE

par Carlos Ribeiro

Ce fut pendant l’hiver de 1963, dit le père à l’enfant. Ce fut pendant l’hiver de 63 que je le vis pour la première fois. J’avais cinq ans. Je descendais la Ladeira do Pelourinho, la nuit, tenant la main à mon père. Il ventait beaucoup, la place était déserte, la fenêtre d’une bâtisse battait par intermittence. J’ai pu percevoir son visage, appuyé sur la paroi latérale de l’église Nossa Senhora do Rosário dos Pretos. Il était vêtu d’un pull marron élimé, comme ceux des individus étranges qui parcouraient le Centro Historico, au siècle passé. Plongé dans l’ombre, il regardait de biais un point indéfini de la demeure triste et grise ou au-delà des tours de l’église du Passo, qui se dressent au-dessus des bâtisses. J’ai tourné la tête, pour le voir mieux, mais mon père m’a demandé que je regarde devant moi, et je l’ai perdu de vue.

L’année suivante, j’ai commencé à étudier à l’école Santa Tereza, de la professeure Almerinda, dans le quartier du Carmo. C’était en une matinée pluvieuse, où je serrais la main de ma cousine Lurdes, je traversais la place, en direction à l’école, affrontant les forts tourbillons du vent, comme un explorateur qui lutte contre les intempéries en direction au Pôle Sud. La place paraissait déserte, mais je pouvais voir, à travers le rideau de pluie, qui me trempait le petit gilet d’étudiant, l’homme, maintenant plus gros, à la fenêtre de l’une des bâtisses. Je voulus le montrer à ma cousine mais, au moment exact où j’ai pensé cela, la fenêtre s’est fermée. Je suis resté encore quelques secondes avec les yeux suspendus, ruminant ma curiosité, en secret.

Autour de 1965, nous avons déménagé de l’appartement, dans le quartier du Taboão, localisé dans la rue Silva Jardim, au numéro 34, au second étage d’un ancien immeuble, en face de l’immeuble connu sous le nom de « A Bola Verde » pour Itapuã, alors un quartier calme pour vacances d’été. C’était un froid après-midi d’août, quand je le vis pour la troisième fois, à l’arrêt, à côté de l’ancienne maison en pierres, située sur la plage de Armacão…

- Maison en pierres ?

- Oui. Elle était utilisée par les pêcheurs pour garder des objets d’entretien. La maison est toujours là, mais presque personne ne fait attention à elle, aujourd’hui.

Mais, enfin, l’homme parlait avec quelqu’un, que je n’ai pu voir. Il gesticulait beaucoup, comme s’il était en colère. Le vent, comme s’il accompagnait son humeur, soufflait fort sur les cocotiers, balayait les dunes, qui s’étendaient dans tout le coin, secouant les palmes comme des grandes chevelures. Je l’ai regardé de loin, par la fenêtre de l’autobus, qui glissait, lentement, le long de la route en bord de mer. Je suis resté debout, sur le siège, l’observant, d’un long regard, jusqu’à ce que l’image se dissolve dans l’air imprégné des mauvaises odeurs de la marée basse.

ruasilvajardim

Avant que j’entre dans l’adolescence, laissant derrière moi, vaincus, comme un champ de bataille, mes derniers rêves enfantins, je pus le voir encore une fois. Je m’amusais à chat perché, avec quelques copains, dans l’espace situé devant la maison, sur l’avenue Otavio Mangabeira, à Itapuã. Il y avait, à l’époque, peu de constructions dans les environs : une demi-douzaine de maisons sur des dunes et des friches venteuses, entourées de cocotiers, d’arbres à cajus, d’arbres fruitiers, qui donnent les mangabas et les pitangas. Je pus le voir, de la branche la plus haute de l’arbre à cajus, sur la dune, élevant ma tête au-dessus de la cime de l’arbre secoué par le vent. Il traversa la route et entra dans une voiture Aero Willys bleue, qui était arrêtée au poste à essence Nova Conquista, à l’époque connu sous le nom de Cuba. Je n’ai pu savoir ce qu’il faisait là, mais, de loin, son regard me paraissait dur, ou triste, je ne sais, quand un ultime rayon de soleil de cette fin d’après-midi là illumina son visage.

En 68, quand la dictature militaire éliminait les gens, dans les paysages sépias du Brésil assiégé, je le vis, en un coup d’œil, dans une automobile noire qui croisa la DKW de mon père, sur la route Salvador-Feira de Santana. Ce fut rapide. Un militaire était au volant. J’ai eu l’impression qu’il souriait, mais c’était un sourire de moquerie. L’année suivante, quand mon frère servait dans l’armée, au bloc19-BC dans le quartier de Cabula, et que Lamarca terrorisait les casernes avec ses braquages éclairs, je l’ai croisé, sur la place Castro Alves. Mon père m’avait emmené voir une comédie de Jerry Lewis, au cinéma Guarani. À la sortie, alors que nous passions devant le journal A Tarde, je le vis arrêté, proche à la statue du poète, lançant son regard sur les eaux bleues de la Baía de Todos os Santos. Pendant quelques secondes, pour la première fois, il m’a semblé que je pouvais voir dans ses pensées. Ce fut quand j’eus l’impression, en un court instant, qu’il me voyait aussi. Apeuré, j’ai demandé si quelqu’un le voyait, mais ce fut inutile. Tous l’ignoraient, ou faisaient semblant de l’ignorer.

Les années 70 se terminaient, au milieu des accords carnavalesques de Armandinho et de Moraes Moreira ; dans les soirées au bar Quintal do Raso da Catarina ; dans les recontres au Literarte ; dans les manifestations au Campo Grande ; dans les chansons de Diana Pequeno, Taiguara et Ednardo ; dans les moments magiques passés aux cinémas Tupy, Bahia, Liceu, Capri, Popular, Excélsior et Politeama où j’ai vu, fasciné, les films comme L’Aventure du Poséidon, L’œuf du Serpent, Un après-midi de chien, Marathon Man et L’Homme qui voulait être roi, entre tant d’autres ; dans les danses psychédéliques des cocotiers à Berlinque ; dans les duels (quasiment fatals) dans l’académie Hap-Ki-Do, de Jung Duck Lim, dans l’avenue Carlos Gomes; dans les compétitions d’athlétisme, sous la férule du grand Bento, dans le stade de la Fonte Nova. De temps à autre, je le voyais, toujours de loin, d’un coup d’œil, comme à un fantôme, sans jamais pouvoir le fixer ou l’atteindre. Et ainsi, il entra, dans les années 80 et 90, planant, chaque jour plus, sur Bahia, comme un soleil trompeur, enserrant ses tentacules, comme la grande pieuvre de 20.000 Lieues Sous Les Mers, te souviens-tu ?

- Je me souviens.

- Comme un fantôme que tous, ceci est vrai, quasiment tous, craignaient, et de qui personne, c’est vrai aussi, quasiment personne, ne voulait parler…

L’enfant, plongé sous les draps, risqua encore une question.

- C’était le diable ?

- Non, dit le père, riant. Et voyant que le fils était apeuré, complèta - Il n’était pas le diable. C’était, seulement, notre Grand Frère. Mais rien ne dure éternellement. Un jour, il disparut. J’ai perçu cela il y a de nombreuses années, l’après-midi d’un vendredi, alors que je passais devant l’Elevador Lacerda, sur la Praça Municipal, je sentis, pour la première fois, qu’il avait, finalement, disparu. L’air était plus limpide, il y avait une étrange odeur. C’était dix-huit heures quand j’entendis un bruit étrange, comme si les cloches des églises et les tambours des terreiros jouaient en même temps. Mais il n’y avait rien d’autre, autour de moi, que le coutumier bruit des voitures, des klaxons, des murmures des gens. À ce moment-là, il m’a semblé entendre quelqu’un, au loin, bien loin, chantant l’hymne du Senhor do Bonfim. Et tout s’arrêta.

 

 

Carlos Ribeiro enseigne le journalisme à l’Université Fédérale do Recôncavo da Bahia (UFRB-BA), à Cachoeira. Il est le benjamin de l’Academia de Letras da Bahia. Il a publié plus d’une dizaine d’ouvrages. Il fut de nombreuses années journaliste au Caderno 2 du quotidien A Tarde. Ce conte fut publié pour la première fois dans le Caderno Cultural, puis repris dans le volume « Contos de sexta-feira e duas ou três crônicas » publié en 2010 aux éditions Assembleia Legislativa da Bahia.
(Droits réservés : © Carlos Ribeiro) - (traduction Bahiaflâneur).
http://www.carlosribeiroescritor.com.br/carlos.htm

 


 

pracacastroalves

O GRANDE IRMÃO

Foi no inverno de 1963, disse o pai ao menino. Foi no inverno de 63 que o vi pela primeira vez. Eu tinha cinco anos de idade. Descia a ladeira do Pelourinho, à noite, de mãos dadas com meu pai. Ventava muito, o largo estava deserto, a janela de um sobrado batia intermitentemente. Pude perceber o vulto dele, recostado na parede lateral da Igreja de Nossa Senhora do Rosário dos Pretos. Vestia um casaco marrom surrado, como os daqueles sujeitos mal-encarados que perambulavam pelo Centro Histórico, no século passado. Mergulhado na sombra, olhava enviesado para um ponto indefinido do casario cinza e triste ou para além das torres da Igreja do Passo, que se erguem acima dos sobrados. Voltei o rosto, para vê-lo melhor, mas meu pai mandou que eu olhasse para a frente, e o perdi de vista.
No ano seguinte, comecei a estudar na escola Santa Tereza, da professora Almerinda, no Carmo. Era uma manhã chuvosa aquela em que, segurando a mão da minha prima Lurdes, eu atravessava o largo, em direção à escola, enfrentando as rajadas fortes do vento, como um explorador que luta contra as intempéries em direção ao Pólo Sul. A praça parecia deserta, mas pude ver, através da cortina d’água, que me empapava o casaquinho de estudante, o homem, agora mais gordo, na janela de um dos sobrados. Quis mostrá-lo à minha prima, mas, no momento exato em que pensei isto, a janela fechou-se. Ainda fiquei alguns segundos com os olhos suspensos, mastigando minha curiosidade, em segredo.
Por volta de 65, mudamo-nos do apartamento, no Taboão, localizado na rua Silva Jardim, 34, no segundo andar de um prédio antigo, em frente ao edifício conhecido como “A bola verde”, para Itapuã, então um sossegado bairro de veraneio. Era uma tarde fria de agosto, quando o vi pela terceira vez, parado, ao lado da antiga casa de pedra, localizada na praia de Armação…
- Casa de pedra?
- Sim. Ela era usada pelos pescadores para guardar mantimentos. A casa ainda está lá, mas quase ninguém repara nela, hoje.
Mas, enfim, o homem falava com alguém, que não pude ver. Gesticulava muito, como se estivesse zangado. O vento, como se lhe acompanhasse o humor, soprava forte sobre os coqueiros, varria as dunas, que se estendiam por toda a região, sacudindo as palhas como grandes cabeleiras. Olhei-o de longe, pela janela do ônibus, que deslizava, lentamente, na avenida beira-mar. Fiquei em pé, no banco, mirando-o, com um olhar comprido, até que a imagem dissolveu-se no ar impregnado de maresia.
Antes que entrasse pela adolescência, deixando para trás, derrotados, como num campo de batalha, os meus últimos sonhos infantis, pude vê-lo mais uma vez. Eu brincava de picula, com alguns amigos, no areal localizado em frente à minha casa, na avenida Otávio Mangabeira, em Itapuã. Havia, naquela época, poucas construções no local: meia dúzia de casas sobre dunas e brejos, cercadas de coqueiros, cajueiros, mangabeiras e pitangueiras. Pude vê-lo, do galho mais alto do cajueiro, sobre a duna, elevando minha cabeça acima da copa da árvore sacudida pelo vento. Ele atravessou a estrada e entrou num aero willys azul, que estava parado no posto de gasolina da Nova Conquista, na época também conhecida como Cuba. Não pude saber o que fazia ali, mas, de longe, seu olhar pareceu-me duro, ou triste, não sei, quando um último raio de sol daquela tarde iluminou-lhe o rosto.

Em 68, quando a ditadura militar eliminava pessoas, nas paisagens sépias do Brasil sitiado, vi-o, de relance, num automóvel preto que cruzou com o DKW do meu pai, na Bahia-Feira. Foi rápido. Um militar ia ao volante. Tive a impressão que ele sorria, mas era um sorriso de escárnio. No ano seguinte, quando meu irmão servia ao Exército, no 19-BC do Cabula, e Lamarca aterrorizava os quartéis com seus assaltos-relâmpagos, cruzei com ele, na Praça Castro Alves. Meu pai me levara para assistir a uma comédia de Jerry Lewis, no cine Guarani. Na saída do cinema, ao passarmos em frente ao prédio de A TARDE, vi-o parado, próximo à estátua do poeta, estendendo o olhar sobre as águas azuis da Baía de Todos os Santos. Por alguns segundos, pela primeira vez, pareceu-me que eu podia vislumbrar seu pensamento. Foi quando tive, por um rápido momento, a impressão que ele também me via. Assustado, indaguei se alguém percebia sua existência, mas foi inútil. Todos o ignoravam, ou fingiam ignorá-lo.
Os anos 70 escorreram-se, em meio aos acordes carnavalescos de Armandinho e Moraes Moreira; nas noitadas no bar Quintal do Raso da Catarina; nos encontros na Literarte; nas passeatas no Campo Grande; nas canções de Diana Pequeno, Taiguara e Ednardo; nos momentos mágicos passados nos cines Tupy, Bahia, Liceu, Capri, Popular, Excélsior e Politeama onde assisti, fascinado, a filmes como O Destino do Poseidon, O Ovo da Serpente, Um Dia de Cão, Maratona da Morte e O Homem Que Queria Ser Rei, entre tantos outros; nas danças psicodélicas dos coqueiros em Berlinque; nos duelos (quase fatais) na academia de Hap-Ki-Do, de Jung Duck Lim, na Carlos Gomes; nas competições de atletismo, sob a batuta do grande Bento, na Fonte Nova. Vez ou outra o via, sempre ao longe, de relance, como a um fantasma, sem jamais poder fixá-lo ou alcançá-lo. E, assim, ele entrou, pelos anos 80 e 90, pairando, cada dia mais, sobre a Bahia, como um sol enganador, apertando seus tentáculos, como aquele grande polvo das 20.000 Léguas Submarinas, lembra-se?
- Lembro.
- Como um fantasma que todos, isto é, quase todos, temiam, e do qual ninguém, isto é, quase niguém, queria falar…
O menino, mergulhado debaixo dos lençóis, arriscou mais uma pergunta.

- Ele era o diabo?
- Não - disse o pai, rindo. E, vendo que o filho estava assustado, ajuntou - Ele não era o diabo. Era, apenas, o nosso Grande Irmão. Mas nada dura para sempre. Um dia, ele sumiu. Percebi isso há muitos anos, numa tarde de sexta-feira, em que, ao passar em frente ao elevador Lacerda, na Praça Municipal, senti, pela primeira vez, que ele, finalmente, desaparecera. O ar estava mais limpo, havia uma estranha fragrância no ar. Eram seis horas da tarde quando ouvi um ruído estranho, como se os sinos das igrejas e os atabaques dos terreiros tocassem ao mesmo tempo. Mas, nada mais havia, ao meu redor, que o costumeiro ruído dos carros, das buzinas, dos murmúrios das pessoas. Naquele momento, pareceu-me ouvir alguém, longe, bem longe, cantando o hino do Senhor do Bonfim. E tudo acabou.

Carlos Ribeiro

 

http://www.carlosribeiroescritor.com.br/carlos.htm

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