Archive de Tag | "Claúdio Pereira"

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Quand le cinéaste Pierre Kast préparait son tournage à Bahia (2/2)

Publié le 17 octobre 2012 par bahiaflaneur

vivaldodacostalimapierrekast1

(droits de reproduction réservés)

Pierre Kast (1920-1984) avait déjà filmé au Brésil. Mais il revint, en janvier 1969, pour tourner un sujet sur le candomblé de Bahia. Avec une production franco-brésilienne, assurée par Jean-Gabriel Albicocco (également co-scénariste avec PK), Louis Malle et Luiz Carlos Barreto, aujourd’hui encore en octobre 2012  le plus important producteur du Brésil.
Grâçe à l’anthropologue Cláudio Luiz Pereira*, nous avons eu accès à deux échanges épistolaires entre trois des plus importants historiens de l’époque, tous bahianais, qui révèlent quelques détails de la préparation du documentaire de Pierre Kast qui se nommera sur les écrans “A Bandeira Branca de Oxalá” et en France “Macumba”. La seconde lettre qui suit est adressée par Edison Carneiro, depuis Rio de Janeiro, à Vivaldo da Costa Lima, alors à Salvador.

* Dépositaire de très nombreuses archives de Edison Carneiro (1912/1972) et biographe de Vivaldo da Casto Lima (1925-2010).

Rio de Janeiro, GB, 3 janvier 1969

Ami Vivaldo,

Le 7 courant, le français Pierre Kast se rend à Bahia, cinégraphiste, pour dire mieux metteur-en-scène, en compagnie de son épouse brésilienne, Fernanda, fille de mon ami Pedro Borges.
Il prétend faire un film sur les religions africaines, qui doit être produit par une association de
metteurs-en-scène français, avec une subvention du Ministère de la Culture (Malraux), destiné aux cinémas et aux circuits universitaires. Film d’art et d’essai. Un long-métrage qui comme il dit, montrara que les dieux naissent, vivent et meurrent comme les hommes et les cultures dont ils sont l’expression et, spécifiquement dans le cas de la religion africaine, comment ils se répandent, se multiplient et se revigorent.
Il était avec Didi* et sa dame en France, et pour ce que j’en sais, connaît déjà Bahia. Il compte énormément sur vous - et je renforce sa confiance et je te demande de l’aider et de lui faciliter ce qu’il désire dans le candomblé à Salvador. Son scénario ne se limite pas au candomblé nagô ; je lui ai indiqué des candomblés angola et caboclo, la chute d’eau de São Bartolomeu, la fête de mãe-d’agua à Rio Vermelho… Qui sait, tu pourrais faciliter son accès à la fête à Amoreira**.  Le Lavagem** et la fête de Segunda-Feira do Bonfim sont dans son programme.
L’homme est intelligent, mais son information est superficielle. Utilisant le scénario du film pourra peut-être alors se faire une belle chose, peut-être avec ta collaboration, qui j’espère  sera constante et chaleureuse comme à ton habitude.
Sarava ! J’espère que cette année te verra obtenir la chaire.
Un abraço de ton ami Edison Carneiro

Dans la marge, manuscrit, figure la phrase suivante : “As-tu lu mon article “A divinidade brasileira das águas” dans la Revista de Folclore no 21, mai 1968 ? Je peux te l’envoyer, si tu ne l’avais pas auprès de toi. J’aimerais connaître ton avis. Edison.”

* Mestre Didi (1917). Très grande figure du candomblé de Bahia, également artiste plasticien de renom. http://www.mestredidi.org/egungun4.htm
** Amoreiras est un quartier et une plage dans l’île d’Itaparica où se produit une autre fête du candomblé, chaque 2 février, en hommage à la déesse de la mer.  Le Lavagem de Bonfim est fêté chaque deuxième jeudi de janvier, à Salvador.

La biographie, de référence, de Edison Carneiro a été écrite, au long de 240 pages, par le journaliste Biaggio Talento et l’historien Luiz Alberto Couceiro, en 2009, aux éditions Assembleia Legislativa da Bahia, volume 11, dans la collection Gente da Bahia : “Edison Carneiro - o mestre antigo - um estudo sobre a trajetória de um intelectual”.

———–
A Bandeira Branca de Oxalá. 95 minutes - 35 mm Eastmancolor.
Directeur de la photographie : Yann Le Masson - assistant : João Carlos de Alencar Parreiras Horta. Avec Pierre Verger, entre autres.
Il est peut-être possible de visionner le film ici :
http://www.tracktvlinks.com/watch-bandeira-branca-de-oxala-1968

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Quand le cinéaste Pierre Kast préparait son tournage à Bahia (1/2)

Publié le 16 octobre 2012 par bahiaflaneur

vivaldodacostalimapierrekast2

(droits de reproduction réservés)

Pierre Kast (1920-1984) avait déjà filmé au Brésil. Mais il revint, en janvier 1969, pour tourner un sujet sur le candomblé de Bahia. Avec une production franco-brésilienne, assurée par Jean-Gabriel Albicocco (également co-scénariste), Louis Malle et Luiz Carlos Barreto, aujourd’hui en octobre 2012 encore le plus important producteur du Brésil.
Grâçe à l’anthropologue Cláudio Luiz Pereira*, nous avons eu accès à deux échanges épistolaires entre trois des plus importants historiens de l’époque, tous bahianais, qui révèlent quelques détails de la préparation du documentaire de Pierre Kast qui se nommera sur les écrans “A Bandeira Branca de Oxalá” et en France “Macumba”. La lettre qui suit est adressée, depuis le quartier de Leblon, à Rio de Janeiro, par Edison Carneiro à Waldir Freitas de Oliveira, qui est à Salvador.

* Dépositaire de très nombreuses archives de Edison Carneiro (1912/1972) et biographe de Vivaldo da Casto Lima (1925-2010).

Ami Waldyr

Pierre Kast, metteur-en-scène français, et son épouse brésilienne, Fernanda, fille de mon ami Pedro Borges, arriveront à Bahia le 7 pour tourner un long métrage sur les religions africaines.
Le scénario, ou mieux, l’idée centrale du scénario - que les orixás, comme les dieux de la Grèce antique, fécondent de nouveaux dieux et donnent expression aux sentiments religieux du Brésil - est bonne, à partir du moment que nous l’aidons avec des informations, des contacts et des relations qui peuvent la consolider, de tel mode que la pellicule serve à la culture brésilienne.
Il prétend faire un film d’art et d’essai, pour être projeté dans des circuits universitaires, et a vraiment obtenu une subvention du Ministère de la Culture (Malraux) pour la production, qui est d’une association de metteurs-en-scènes français.
J’espère que tu l’aideras, l’informeras, lui facilitera les contacts, lui rappelera les choses à faire, etc. de tel mode que le film soit réellement une révélation des religions africaines dans une perspective culturelle.
Que la nouvelle année amène la tranquilité, à toi, à Madame et à ton obligation* - et plus de fonds pour le Centre.**

Abraços de ton ami Edison Carneiro

* Il semble qu’il s’agisse de la cérémonie obligatoire (obrigação) à laquelle tout adepte du candomblé est abstreint de participer, régulièrement,  selon un calendrier propre.
** Centro de Estudos Afro Orientais (CEAO), qui existe toujours en 2012, rattaché à l’université fédérale de Bahia (UFBA). A l’époque dirigé par Waldir Freitas de Oliveira, récipiendaire de cette lettre.

La biographie, de référence, de Edison Carneiro a été écrite, au long de 240 pages, par le journaliste Biaggio Talento et l’historien Luiz Alberto Couceiro, en 2009, aux éditions Assembleia Legislativa da Bahia, volume 11, dans la collection Gente da Bahia : “Edison Carneiro - o mestre antigo - um estudo sobre a trajetória de um intelectual”.

————-

A Bandeira Branca de Oxalá. 95 minutes - 35mm Eastmancolor .
Directeur de la photographie : Yann Le Masson - assistant : João Carlos de Alencar Parreiras Horta. Avec Pierre Verger, entre autres.
Il est peut-être possible de visionner le film ici :
http://www.tracktvlinks.com/watch-bandeira-branca-de-oxala-1968

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André Setaro, splendeurs et méandres d’une immortelle enfance cinéphilique

Publié le 27 avril 2010 par bahiaflaneur

andresetaro1Quels sont-ils, ces « films qui ont regardé notre enfance », pour reprendre l’expression poignante de Jean-Louis Schefer *  ? Quels sont-ils ?
C’est bien là que se niche la seule énigme, qui peut créer et engendrer, ensuite, une trace littéraire. L’énigme d’André Setaro est née là, pour donner naissance à une œuvre essentielle. Et, seule et unique, elle nous importe au plus haut point. En publiant* trois tomes de ses « Ecrits », il n’y a pas d’autre question à laquelle notre « ami bahianais », cinéphile - mais aussi et surtout « ami américain » - André Setaro, ne souhaite d’abord répondre. Pour lui-même et pour l’éternité du cinéma, vue de Bahia. Pendant trente ans. Car André s’offusque d’abord, au long de ces trois tomes de textes, publiés en ce mois d’avril 2010, d’un monde sans cinéma en ce début de vingt et unième siècle.
Il aura fallu au jeune André Olivieri Setaro - venu de Rio de Janeiro à l’âge de cinq ans rejoindre sa mère à Salvador - pourtant, après avoir longtemps participé aux séances de ciné-club, dès le début des années 70, organisées par  Walter da Silveira - maître incontesté de Glauber Rocha et de toute la génération du Cinema novo à Bahia - puis intégré, en 1979, l’université publique comme professeur de cinéma - parcourir, physiquement, quotidiennement, plus de vingt ans durant, la longue avenue Joana Angelica, au centre du Salvador vivant d’alors, ses maigres feuillets à la main, tous tapés sur son Olivetti, à livrer au «marbre» du quotidien Tribuna da Bahia, situé en contrebas de la ville chérie, au milieu de l’avenida Djalma Dutra. C’est sans aucun doute, là, que s’effectua la maturation d’une vie. Aujourd’hui rassemblés, en une sélection draconienne, dans ces trois ouvrages, les essais d’André - fidèle lecteur d’Henri Agel - nous démontrent les pleins et les déliers d’une pensée. Et André aura éprouvé, ainsi, sa pensée au fil de sa plume et de la marche, via les mots scellés dans l’encre. Car André ne s’est choisi qu’une seule origine, celle du cinéma. Celui de Jerry Lewis d’abord, puis d’Alfred Hitchkock, de François Truffaut,  de Pier Paolo Pasolini, de Glauber Rocha bien sûr, sans négliger l’érudition des toiles de Jean-Luc Godard ou de Nicholas Ray. Et tant d’autres plus récents, comme les frères Cohen, voire  l’”oncle” Clint Eastwood.  Sans, heureusement, jamais oublier les courbes affriolantes de Jennifer Jones, les hanches de Brigite Bardot, en passant par celles de Gina  Lolobridgida. Car André ne conçoit et n’a jamais conçu son office sans passions, sans affectivités. André Setaro aime et a aimé ce qui ne meurt. Pour l’éternité de notre mémoire quelquefois défaillante.

* L’homme ordinaire du cinéma/Jean-Louis Schefer/Éditions Cahiers du Cinéma/1980

(photo de Margarida Neide, prise au Porto da Barra un vendredi soir d’avril 2010, du fumeur impénitent (”graças à Deus”) nommé André Setaro, et, ci-contre, photo de Thiago Teixeira).

setaroEscritos sobre cinema - Trilogia de um tempo critico
. André Setaro. (Préface de Inacio Araujo ; critique du quotidien Folha de Sao Paulo). Editora UFBA, distribué par Azougue, 2010. 3 tomes dans un coffret, coordonnés par Carlos Ribeiro. Volume 1: “Depoimentos. Filmes. Atores e Diretores” ; Volume 2: “Estética e Linguagem do Cinema”;  Volume 3: “Cinema Baiano”.
La sélection, entre des centaines d’articles, a été effectuée par les incontournables Carlos Ribeiro, Claudio Luiz Pereira, Marcos Pierry et Messias Bandeira, quatre intellectuels bahianais souvent cités dans ce blog. Prix : 60 reais.

http://setarosblog.blogspot.com

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“Lévi-Strauss, fondateur de discoursivité: très bref requiem”

Publié le 07 novembre 2009 par bahiaflaneur

par Jeferson Bacelar et Claúdio Pereira
(anthropologues de l’université fédérale de Bahia - UFBA)

Claude Lévi-Strauss est mort. Vient de nous quitter celui qui, comme peu, a su repousser les limites de la pensée humaine, créant un singulier paradigme anthropologique, universalement accepté et diffusé : le structuralisme.
À travers ce mode explicatif, Lévi-Strauss a énormément enquêté et exprimé des choses profondes que l’on peut dire de l’esprit humain : le mythe est ce qui se pense en nous, les relations de parenté peuvent être examinées à travers un système de nominations, la parole est un instrument de la pensée, toutes les relations humaines ont un caractère symbolique, les catégories sociales sont des catégories logiques…
Lévi-Strauss a été, par excellence, l’anthropologue écrivain. Son écriture a été  défiante et a exprimé l’expérience humaine avec une indélébile grandeur littéraire. Lyrique, intimiste. d’un langage touffu, Tristes Tropiques - par exemple, pour être la pierre de touche de son oeuvre et de sa vie - devra toujours être cité comme un des plus importants livres du XXe siècle.
Comme auteur, il a été une autorité, inquiet dans son pénétrant questionnement. Méthodique, il a su expliquer les relations sous-jacentes, les traitant comme des structures logiques, invisibles et obscures pour quelques uns, inatteignables et irréelles, pour d’autres. Ainsi, Lévi-Strauss a inversé la méthode inductive scientifique traditionnelle de son temps - un temps d’idées incendiaires, du marxisme, de la psychanalyse, de l’existencialisme, des idéologies politiques et scientifiques - faisant l’anthropologie abandonner la perspective historique et, aussi, évolutionniste, et inclure beaucoup de ce qu’offrait la linguisitique.
Avec son honnêteté, et avec une forte personnalité morale, Lévi-Strauss a contribué dans les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale à la définition d’un nouveau statut pour la relation entre race et science. Connaisseur de la diversité humaine, il a argumenté, définitivement, que rien ne prouvait quelque type de supériorité raciale au sein de notre espèce.
Avec une telle envergure, Lévi-Strauss a été un créateur d’une discoursivité innovatrice, un père-fondateur qui laisse comme inépuisable patrimoine son oeuvre et legs, véritable territoire, vaste et complexe, qui nous invite à avancer, pas à pas, par les routes et les rues, chemins et égarements, sous les sommets montagneux, ou bien dans le désert où les idées brillent comme les étoiles, et aident l’Homme à signifier et illuminer le monde.
Cent années de vie lucide peut avoir été un temps aussi bien nécessaire que fugace, mais reconnaissante certainement, sera la postérité pour Claude Lévi-Strauss.

Cet article, en brésilien, a été publié dans le quotidien A Tarde daté du samedi 7 novembre 2009. (traduction © BF) (photo D. R. : le 18 juin 2006, C. L. S., au Musée du Quai Branly, à Paris)

levi-strauss

Lévi-Strauss, fundador de discursividade: brevissimo requiém

Jeferson Bacelar e Cláudio Pereira (Antropólogos da UFBA)

Claude Lévi-Strauss está morto. Foi-se aquele que, como poucos, soube ampliar os limites do pensamento humano, criando um singular paradigma antropológico, universalmente aceito e difundido: o estruturalismo.
Através deste modelo explicativo, Lévi-Strauss investigou e expressou muito daquelas coisas profundas que se pode dizer do espírito humano: o mito é aquilo que se pensa em nós, as relações de parentesco podem ser averiguadas através de um sistema de nominações, a palavra é um instrumento do pensamento, todas as realizações humanas têm um caráter simbólico, categorias sociais são categorias lógicas…
Lévi-Strauss foi, por exelência, o antropólogo como escritor. Sua escritura foi desafiante e exprimiu a experiência humana com indelével grandeza literária. Lírico, intimista, prenhe de uma linguagem exuberante, Tristes Trópicos - por exemplo, por ser pedra de toque de sua obra e de sua vida - deverá ser sempre referido como um dos maiores livros do século XX.
Como autor foi autoridade, inquieto no seu questionamento penetrante. Metódico, soube explicitar relações subjacentes, tratando-as como estruturas lógicas, invisíveis e obscuras para alguns, inalcansáveis e irreais, para outros. Para tanto, Lévi-Strauss inverteu o método indutivo científico tradicional do seu tempo - um tempo de idéias incendiárias, do marxismo, da psicanálise, do existencialismo, das ideologias políticas e científicas - fazendo a antropologia abandonar a perspectiva histórica e, também, evolucionista, e incorporar muito do que oferecia a linguística.
Com sua honradez, e com forte personalidade moral, Lévi-Strauss contribui nos anos do pós segunda-guerra para que fosse definido um novo estatuto para a relação entre raça e ciência. Conhecedor da diversidade humana, arguiu que, definitivamente, nada comprovaria qualquer tipo de superioridade racial dentro da nossa espécie.
Como tal envergadura Lévi-Strauss foi um criador de uma discursividade inovadora, um pai-fundador que deixa como inesgotável patrimônio sua obra e legado, verdadeiro território, vasto e complexo, que nos convida a caminhar, passo a passo, por estradas e ruas, trilhas e descaminhos, sob píncaros montanhosos, ou no descampado onde as idéias brilham como as estrelas, e ajudam o Homem a significar e iluminar o mundo.
Cem anos de vida lúcida pode ter sido um tempo tão necessário quanto fugaz, mas condescendente, certamente, também será a posteridade para Claude Lévi-Strauss.

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