Archive de Tag | "Diógenes Moura"

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Champagne légèrement amer

Publié le 06 août 2010 par bahiaflaneur

photo1Seules cinquante-cinq personnes - parmi lesquels le photographe Adenor Gondim et son collègue Hirosuke Kitamura - ont signé le livre de présence du dernier vernissage de ce mois de la photo à Salvador, dans le Museu da Misericordia. A Gosto da Fotografia. Ce soir là, d’un côté, nous avons pourtant sablé le champagne - brésilien et du meilleur - pour fêter le soin apporté et le regard cohérent et amoureux, que furent ceux des organisateurs de ces mostras. Dignes d’un grand musée européen, sans aucun doute. D’un autre côté, nous avons vidé, personnellement, plus d’une douzaine de coupes de champagne, pour oublier le peu de succès public, au coeur d’un lieu somptueux, au centre d’une ville qui compte trois millions d’habitants.

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Ana Lucia Mariz: le feu follet de la mémoire

Publié le 05 août 2010 par bahiaflaneur

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Âme secrète. C’est ainsi que la photographe pauliste Ana Lucia Mariz a choisi de nommer son travail. Alma Secreta donc. Ana Lucia a rôdé, plusieurs années, entre 2000 et 2005, entre l’Etat de São Paulo et celui de Bahia*, au milieu de ruines, d’églises abandonnées et de vieilles maisons désertées. Toujours la nuit. Une lampe de poche à la main, pour celle qui nous déclare avoir “fait abstraction d’une notion de foi”, malgré les très nombreux édfices religieux fixés dans le nitrate d’argent. Pour ainsi former, sur le négatif et dans la rétine du spectateur, cette trace de lumière, comme un feu follet. Ses très grands formats, au nombre de trente, toujours en noir et blanc, obtenus à partir de prises de vue en 35 mm, nous plongent dans un monde flottant, entre mémoire et futur vague. Une exposition somptueuse.

* À Bahia, elle s’est rendue dans le quartier de Barroquinha (photo ci-dessus, de l’église abandonnée) à Salvador, mais surtout dans l’île d’Itaparica, sur la commune isolée de Baiacu, pour photographier la dantesque église Nossa Senhora de Vera Cruz. Cinq photos magiques résultent de ce séjour îlien et nocturne. De ce travail avait déjà résulté une exposition en 2005 à la Pinacoteca (SP) et la publication d’un livre aux édtions Terra Virgem.

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Sabrina Pestana, digne photographe (2)

Publié le 05 août 2010 par bahiaflaneur

“Mes yeux, en tes images, me permettent de mieux te connaître, et cela me permet aussi de mieux me connaître” (Meus olhos em tuas imagems me fazem te conhecer melhor, assim como a mim mesmo”.) C’est par ces mots que Mario Cravo Neto, dans une correspondance particulière, s’était adressé à Sabrina Pestana, quelques semaines avant l’échéance fatale…

Comment mettre en parallèle cette vie de “Mariozinho” - qui fut, à mon sens, une vie entre souffrances physiques, photographie et approche des éléments crus de la nature par le biais du candomblé - avec des mots ?  Avec l’une des plus grandes poètes du XXe siècle au Brésil, Hilda Hilst, et par ses vers* choisis par le commissaire de l’exposition Diógenes Moura:

É crua a vida. Alça de tripa e metal.
Nela despenco: pedra mórula ferida.
É crua e dura a vida. (…)

Elle est crue la vie. Bretelle de tripes et de métal.
Avec elle je me maintiens: pierre cellulaire blessée.
Elle est crue et dure la vie. (…)

* traduction BF. (photo © Shirley Stolze/A Gosto da Fotografia, effectuée le mercredi 4 août, durant le vernissage, dans le Museu da Misericordia)

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Thomaz Farkas: la promesse et la trace

Publié le 04 août 2010 par bahiaflaneur

farkas1Diógenes Moura, qui répond ici à nos questions, est le commissaire de l’exposition Thomas Farkaz, O Tempo Dissolvido, proposé depuis avant-hier lundi 2 août, au musée d’art moderne de Bahia. Thomaz Farkas, issu d’une véritable dynastie hongroise de photographes, 86 ans, était présent lors du vernissage. T. Farkaz a toujours déclaré qu’il “aurait aimé, plus que tout, être bahianais” et voue une véritable passion pour le chanteur bahianais de samba Batatinha. Thomaz Farkas, un lointain cousin, par la forme, du photographe français René-Jacques.

Pourquoi cette exposition, ici à Salvador en 2010, pour ce 6e mois de la Photo (6o A Gosto da Fotografia) ?
En 2005, à la Pinacoteca de So Paulo j’étais le co-commissaire, avec Rosely Nakagawa, de l’exposition “Brasil e Brasileiros no olhar de Thomaz Farkas”. À la fin de la mostra, il m’a confié que son désir le plus cher était de montrer son vaste parcours photographique, à Salvador, dans le Musée d’art moderne. Dans une scénographie qui serait comme un long déroulé autobiographique. Je lui en ai fait, alors, la promesse. Pour des raisons de financements, de budget et de bureaucratie je n’ai pas pu intégrer cette exposition dans les deux précédentes éditions de A Gosto da Fotografia. J’en suis, en effet, le commissaire depuis trois ans. Cette année, ce fut possible.

Quelle est la situation du fonds de Thomas Farkas ?
Ses quelques 34.000 négatifs ont été pris, sous le régime du
comodato, par l’Instituto Moreira Salles (IMS).

Depuis combien de temps travaillez-vous à la préparation de l’exposition ?
Depuis six mois et j’ai choisi 119 photos dont 111 n’ont jamais été montrées en exposition. Il y a une série de 8 photos sur Salvador.

Quelle est la place de Farkas dans la photographie brésilienne ?
Elle est, tout simplement. Six décades de photographies au Brésil. Ce n’est pas rien. Il y a le cinéaste documentariste, son travail pendant la dictature. Là, il a commencé à voyager pour connaître et montrer le Brésil. Il y a la
Caravana Farkas, avec cette tradition qui remonte à son grand-père et à son père, avec les magasins et studios Fotoptica. Il y a enfin l’époque des prises de vues influencées par la géométrie et le surréalisme. Dans la deuxième partie des années 40, on distingue clairement les influences du pictorialisme, du futurisme russe.

Quel est le point d’accroche central de cette oeuvre, le fil rouge?
Il a un regard cinématographique, sa place est du côté des affects, son iconographie tient compte des détails. De ses débuts à aujourd’hui, il est Thomaz Farkas.

Comment s’est établi votre travail de commissaire ?
Ce fut un grand plaisir, peu difficile à concevoir en réalité. Les séries de photographies furent aisées à séquencer. La raison du titre
(Temps dissolu) est que cette oeuvre vient du “avant” pour se prolonger dans “l’au-delà de l’au-delà” (”do antes ao muito além”). J’avais cette intuition dès la conception de l’élaboration.

Quel est le budget de cette manifestation, de tous ces accrochages différents, répartis dans la ville, dans son ensemble ?
Nous avons eu 240.000 reais de Oi Futuro et 90.000 reais de la Funarte. Mais le budget s’élèvera à 490.000 reais (200.000 euros) avec les futures rentrées d’argent. Nous sommes dans le rouge et bénéficions de beaucoup d’appuis bénévoles ou facturés sous les prix du marché.

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- PHOTOS de l’exposition et du vernissage

- Photos d’invités, au vernissage

- Diógenes tient à souligner la “compréhension” de l’IMS pour les tirages des images, dans leur propre laboratoire. Ci-contre, la “pièce centrale”, où sont regroupés les éléments biographiques et souvenirs de T. Farkas. Il n’est pas inutile de rappeler que la directrice du MAM, Solange Farkas - qui accomplit depuis trois ans un travail novateur à Bahia, au contraire de toutes les autres directions, ou presque, fossilisées, des musées -  est la bru du photographe.
(photos du musée c-dessus et ci-contre: Diego J. Cardoso)

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