Archive de Tag | "Gil Vicente Tavares"

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2011: PALMARÈS ARTISTIQUE ; une année pas folichonne

Publié le 31 décembre 2011 par bahiaflaneur

Ainsi, l’année qui s’achève, et qui aura vu l’arrivée au secrétariat d’Etat à la culture d’un nouveau fonctionnaire, universitaire retraité et encarté au Partido dos Trabalhadores, a prouvé, encore une fois, l’indifférence de ce parti pour la Culture. L’arbre de trois millions et demie de reais destinés à 216 artistes pour 2012, n’existe que pour soulager les “desafetos” de la gestion précédente, et favoriser grassement les “amis et protégés” du nouvel entrant*, qui occupent désormais la forêt des “chaises musicales” dans le bâtiment du Palacio Rio Branco. Pas la moindre pérennisation de fonds pour la culture à l’horizon, à moyen terme.
Le théâtre, presque à la dérive, a surnagé grâçe à quelques sponsors privés ou des fonds fédéraux, avec deux pièces formidables, Fim de partida et Sargento Getulio. À cela, se sont ajoutés deux festivals internationaux de théâtre, sur fonds publics et assez créatifs, dont l’un organisé par un cubain, nouveau résident à Bahia. Derrière, une forêt silencieuse* .
Littérature ? Héroïquement, une petite maison privée, P55, aura produit quelques dizaines de beaux petits ouvrages de photographies, de poésie et de contes, à prix modique. À ses côtés, seuls les quelques 100  (!!) livres édités par l’Université fédérale de Bahia - avec des fonds venus de Brasilia -  auront permis à Bahia d’exister dans la vitrine livresque nationale. De plus, la denière librairie du centre-ville a fermé, et l’exode vers les lointains shoppings centers est désormais obligatoire pour celui qui veut prendre en main un livre. Seuls restent dorénavant deux petites librairies d’art, enchassées dans une galerie privée (Paulo Darzé) et dans un complexe de cinémas, pour satisfaire notre réflexion.
Trois longs métrages bahianais ont été distribués nationalement et ont connu un relatif succès critique. Mais l’Etat de Bahia n’a toujours pas de politique spécifique pour le septième art. Et la distribution nationale est sous les fourches caudines de Hollywood et de l’Amérique, dans ce qu’elle a de plus “blockbuster”. La foi de quelques dizaines de “curta-metragistas” permet au bloc bahianais de se maintenir, pourtant, bien présent nationalement.
Arts plastiques ? Une nouvelle direction des musées nommée. Et invisible. À côté de cela, un Musée d’Art moderne, emblême de Bahia, “plâtré” et sans budget. Les arts plastiques - hormis la splendide exposition de Sante Scaldaferri, l’un des derniers géants bahianais - nous semblent donc au plus bas, seulement représentés fièrement par la galerie privée Paulo Darzé. Elle aura présenté en 2011 une petite dizaine d’expositions, avec, à chaque fois un catalogue luxueux imprimé. Et aura définitivement scellé, avec des artistes renommés comme Nelson Leirner, voire Leda Catunda, son entrée dans la cour des grandes galeries brésiliennes.
Parabéns, Paulo Darzé !

* Nouvel arrivant, que tout soteropolitano de bonne foi n’a JAMAIS vu, entre 2003 et 2011, spectateur de la moindre pièce de théâtre, pas plus que du moindre spectacle musical, sans même parler de quelque exposition d’un plasticien… Une vergogne !

santescaldaferripalacete2011

une oeuvre de Sante Scaldaferri exposée actuellement à Salvador

BAHIA : LE MEILLEUR DE 2011
établi par le jury de Bahia Flâneur

L’actrice
aucune
L’acteur
Gideon Rosa, dans la pièce de théâtre Fim de partida, de Samuel Beckett, mise en scène par Ewald Hackler

Le concert
Orkestra Rumpillez, au Teatro Castro Alves
Le disque
Amarelo, de Juliana Ribeiro

Le film
Os Filhos de João, O Admirável Mundo Novo Baiano, long métrage de Henrique Dantas
La pièce de théâtre
Sargento Getúlio, à partir du texte de João Ubaldo Ribeiro, mis en scène par Gil Vicente Tavares

L’exposition
POP/Bienais, de Sante Scaldaferri, dans le Palacete das Artes Rodin Bahia

Le blog d’un photographe
http://apenasbahia.blogger.com.br par Adenor Gondim
Le blog d’un essayiste
http://lelixirdudrfunkathus.blogspot.com par Olivier Cathus.
(un blog écrit en français, depuis la France, mais qui traite des musiques afro-brésiliennes, en particulier.)

La chanteuse
Juliana Ribeiro
Le chanteur
aucun

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Si proches, si loins

Publié le 14 février 2011 par bahiaflaneur

betaoLe salon d’un appartement, comme quelconque logement privé, de nos jours. Deux fauteuils blancs, une chaîne hi-fi, un ordinateur où défilent des reproductions du peintre Arcimboldo, un petit bonsaï sur la table basse. À l’écart, une caméra vidéo, haut perchée sur un trépied.
« Je peux entrer ? », demande Bernard. Le quarantenaire chauve, au sourire facile, en jeans et bras de chemise lilas, légèrement dégrafée, qui semble excité comme une puce, est en effet venu à l’invitation de Armin Meiwes, colosse barbu qui le reçoit, et porte beau, dans son blazer beige, son pantalon noir bien coupé et ses souliers neufs. Que vient-il faire, Bernard ? Il vient se faire dévorer. Oui, Armin a en effet posé une annonce, à la recherche d’une personne, jeune, qui voudrait bien se « faire massacrer » et assouvir ses volontés antropophagiques. Bernard Brandes, qui y a répondu et a vu sa « candidature » acceptée malgré son âge, est donc là pour cela. Tellement à l’aise, le personnage interprété par Marcelo Praddo, qu’il assène, d’une voix claire et forte, à Armin, pourtant chez lui : « Mettez-vous à l’aise!». Et boit d’un seul trait le verre de vin rouge qu’Armin lui tend. On rit jaune. Car Bernard, qui piétine d’impatience, dans le salon, ajoute « Votre annonce a rempli d’espérance ma vie ». Et le ton, depuis les premiers mots de la pièce, n’est à l’ironie, encore moins placé à un deuxième degré. Le filet de voix d’Armin, assis et qui taille très délicatement le bonsaï, est là pour nous rappeler cette mesure verbale, toujours posée, délicate, basse et quelquefois à peine audible. Toujours sur une certaine défensive, Armin, qui « ne se considère pas comme une personne malade » boit son verre à petites gorgées, alors que Bernard ne cesse de le presser avec ses « On commence ! Vous allez réaliser mon rêve ! ». Auxquels Armin, comme pour s’efforcer de ne pas dévier de son rail obsessionnel, demande encore: « Vous êtes vraiment prêt ? ». Mais l’acteur qui balance cette réplique qui pourrait être anodine, c’est Carlos Betão*, et cela change tout. Le temps vient alors où Bernard, promptement torse nu, impatient, se saisit de la caméra, comme un enfant un cadeau devant le sapin de Noël…. Ce qu’il advient par la suite, nous laissons ici le lecteur l’imaginer, dans cette courte première pièce de la jeune et talentueuse bahianaise Claudia Barral, avec une phrase empruntée à Caetano Veloso, présente à l’esprit: « De près, personne n’est normal ».

* Nous proposerons la semaine prochaine une interview de C. Betão, Son impressionnante présence sur les scènes de Salvador nous rappelle par bien des côtés, depuis les six années que nous y assistons - dont une inoubliable interprétation dans la pièce « Combat de nègre et de chiens» - les performances des monstres sacrés Geraldo del Rey, Othon Bastos voire un Bruno Crémer ou un Jean-Pierre Marielle, pour nos lecteurs français. Rien de moins.

- Sal, pimenta, alho e noz moscada (sel, piment, ail et noix muscade). De Claudia Barral. Avec Marcelo Praddo et Carlos Betão. Mis en scène de Gil Vicente Tavares.
La pièce, d’une durée de vingt-cinq minutes, se joua les 4, 5, 6, 12 et 13 février 2011 sur la scène d’une salle de cinéma, avant la séance de 21h. Une petite centaine de spectateurs se pressèrent, là, chaque soir.

(photos © Teatro NU)

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Bárbara Barbará, une flamme de l’aurore

Publié le 06 janvier 2011 par bahiaflaneur

Des figures, souvent fugaces, pour les rêves. Ne serait-ce d’abord cela l’image la plus évidente incarnée par les danseuses ? Bárbara Barbará danse depuis toujours, à Bahia, et « pour les autres, car pour l’instant je n’ai pas encore pensé danser pour moi ». Son frêle et maigre corps, ses cheveux courts associés à son mètre soixante ne dévoilent rien de son incroyable énergie, en cette veille de 31 décembre, dans le bar désert d’un jardin public, où seulement ses mains et ses avant-bras, s’agitent sans cesse devant moi, une bonne heure durant. Presque aussi omnipotente que les dieux, parfois, nous l’avons aperçue, sur des plateaux et des scènes… Comment paraîtra-telle à nos yeux ? Bárbara Barbará semble pourtant sereine et calme. Elle dit qu’elle a brisé « ce mystérieux fil », celui qui relie le centre de gravité des corps à la propre force de la gravité et s’efforce de le démontrer sur les scènes. Bárbará s’est formée à la fin des années 90 - avec une très courte incursion en France, en 1996 à Lyon, pour la 6e rencontre universitaire de danse/Université Lumière “Brésil autres danses” - à la très sélective Escola de Dança da Fundação Cultural do Estado da Bahia* puis dans l’Escola De Dança da Universidade Federal da Bahia (UFBA) (intégrant leur Grupo da dança contemporânea) pendant trois années. Avant d’être incorporée dans le restreint et affûté groupe, trié sur le volet, d’une demi-douzaine de danseurs de la petite troupe Viladança, en 2003, résident dans le Teatro Vila Velha à Salvador et dirigé par Cristina Castro, danseuse titulaire du Balé do Teatro Castro Alves, et toujours salariée là. Cia Viladança est, encore en 2010, le seul groupe de danse de Bahia de niveau international. En son sein, dans sa danse, pour le spectateur, par les mouvements de son corps et ses accents, Bárbara - dorénavant l’une des plus anciennes membres de la troupe - dans ses solos comme dans ses partages, par ses appels depuis le sol du plateau, tout ramène à sa présence suspendue, à sa tension qui semble se matérialiser comme l’écume au sommet des vagues de la mer, lors du reflux.
Mais cette mer de corps, ce flux qu’elle montre, c’est principalement avec les créations du chorégraphe Jorge Silva, « cet explosif créateur » qui la dirige depuis une vingtaine d’années consécutives sur les scènes de Bahia et du Brésil et qui s’attache d’abord à «la condition humaine, à travers sa propre autobiographie ». Ce chorégraphe choisit toujours « la qualité du mouvement » jointe au « défi de mettre en mouvement les danseurs », et c’est cela qui la captive. La jeune native de la ville de Rio de Janeiro, qui vit pourtant à Salvador depuis trente ans, a participé alors en 2003 à Berlin du Move Berlin avec la Cia Viladança em 2003, puis à Lörrach la même année pour une création de Cristina Castro et Helena Waldman. 2005 vint vite, et la première de « Palafitas » avec, comme fin d’une trilogie*** de Jorge Silva, où la musique improvisée en direct se mêle à des enregistrements de Mahler et surtout d’Arvo Pärt, auteur de chevet de J. Silva: « la musique m’inspire, mais cela est tout de même plus libérateur quand elle est enregistrée ». 2006 fut ensuite le moment d’une grande tournée - «Palco Giratório» - à travers le pays. Toutes ces années fécondes avaient été, longtemps avant, précédées d’un premier séjour en Allemagne, pour une résidence de six mois à Cologne, en 1997/1998…
Les années qui suivirent donnèrent naissance à plusieurs chorégraphies telles « A sagração da vida toda » ou surtout « José Ulisses da Silva » - qu’elle reprendra en avril 2011 à Salvador - à partir du personnage d’Ulysse, qui amena, récemment, devant la beauté du travail de Bárbara, le parolier Gil Vicente Tavares à composer “Dança” (voir ci-dessous), enregistrée en studio par Cláudia Cunha. Celle qui voyage régulièrement à São Paulo pour voir les chorégraphies de l’actualité mondiale, avoue une véritable passion pour la compagnie Pina Bausch, et adore les danseurs brésiliens du Grupo Corpo et les français de Maguy Marin et Angelin Preljocaj, mais “n’a pour tasse de thé le type de danse conceptuelle  où les danseurs ne ne se déplacent même pas “  a encore dansé, en 2009, une bonne quinzaine de fois, dirigée par Jorge Silva. L’année 2010 l’a vue se produire avec la Cia Viladança dans l’Etat du Paraíba, pour le  festival Fenart, puis à Rio de Janeiro avec la chorégraphie “Aroeira - com quantos nós se faz uma árvore”  dont la musique, inédite, est de Milton Nascimento, “cadeau” que ce dernier fit à la compagnie il y a plusieurs années déjà. Auparavant, elle avait dansé pour le chorégraphe João Perene,  sur les scènes de trois autres états brésiliens… Bárbara Barbará, une ondulante flamme dont les solos irradient nos rêveries.

* En 2010, plus de 1.500 apprentis danseurs l’ont fréquenté.
** À partir du
Sacre du Printemps, de Stravinski.
*** “Acúmulo de desejos II”  en 2003, “Em breve, espaço curto de tempo” en 2004 et “Palafitas” en 2005.

——-
Livre sur le Grupo Corpo : Oito ou nove ensaiso sobre o Grupo Corpo / Inês Bogéa (org.) / Editora Cosac & Naify - Instituto Tomie Ohtake. Bilingue anglais/portugais.
Photo de la vignette, du spectacle “Habitat”, en 2008 : João Milet Meirelles / Photo ci-dessous, du spectacle “José Ulisses da Silva”: Gil Vicente Tavares.

 

barbarabarbara

 

 

 

DANÇA
(Gil Vicente Tavares)

Si tu danses mon cœur s’effraye
Dansant ton corps chante une mélodie
Et nul ne pourra tisser telle beauté
Et me reste la certitude que si tu danses
J’oublie la tristesse

Si tu danses mon cœur oublie
Que la vie est répétition où la générale n’advient
Ton geste, un rayon et ton corps, le soleil
Me rappelle qu’à chacun de tes pas sur scène
Ton corps paraît mien

Si tu danses mon cœur se serre
La seule certitude, tout prend fin
Et mon cœur s’effondre, car en ce faux pas
La vie m’indique que si tu ne danses
Je ne te verrais plus
Je ne t’aurais plus
Je n’irais plus, d’ailleurs, pour quoi ?

———

Se você dança o meu coração se espanta
Dançando o seu corpo canta uma melodia
E ninguém mais poderia compor tal beleza
E me fica a certeza que se você dança
Esqueço a tristeza

Se você dança o meu coração se esquece
Que a vida é ensaio e a estréia não acontece
Seu gesto parece um raio e o sol em seu corpo
Me lembra que a cada passo seu em cena parece
Que o seu corpo é meu

Se você dança o meu coração se aperta
A única coisa certa é que tudo acaba
E o meu coração desaba, pois naquele passo em falso
A vida me faz saber que se você não dança
Eu não vou mais te ver
Eu não vou mais te ter
Eu não vou mais, pra quê?



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Cláudia Cunha, Gil Vicente et les autres…

Publié le 21 décembre 2010 par bahiaflaneur

Au départ, il y a l’écoute, par le flâneur, d’un show de la chanteuse Cláudia Cunha sur la minuscule scène du petit théâtre Gamboa Nova, en 2009. Une double grâce, par la présence et la voix, crèva la scène ce soir-là. Puis un certain compagnonnage d’esprit avec l’un de ses paroliers, par d’autres biais citoyens, naquit. Sans oublier le fait que le disque de Cláudia Cunha fut lancé par le plus prestigieux label brésilien, Biscoito Fino,  fait rarissime à Bahia, pour une artiste jeune.
“Salvador a une carence d’actions et d’espaces qui puissent absorber les talents de la ville. C’est absolument suffocant pour l’artiste local de survivre opprimé par le manque de fonds, de mécènes, de sponsors… Le gaspillage de talents provoque une migration dommageable à Salvador et je positive pour que des personnes comme Cláudia Cunha réussissent à trouver un espace digne le plus rapidement possible, que les pouvoirs publics et privés puissent potentialiser cette pléiade d’artistes qui font tant de bien à la ville amenant une alternative au marché brutal et souvent de mauvaise qualité qui occupe les radios, le carnaval, les espaces improvisés pour les présentations musicales”.

C’est à partir de ces propos -  dans une conversation très récente avec Gil Vicente Tavares, pour évoquer la chanteuse Cláudia Cunha et le décor musical de Salvador en 2010 -  qui m’ont semblé refléter une réalité, que la publication d’un entretien ciblé m’a semblé aller de soi, ici. Par le biais du courrier électronique, je lui ai demandé alors de recontextualiser son parcours et son partenariat - deux chansons - avec la chanteuse et la place de cette dernière dans le Salvador musical du début 2011.


respondearoda

BF : Comment fut le contexte de création de “Dança” et de “Mar do norte” ? Cela fut-il une demande de Cláudia Cunha, cela se révèla-t-il une pure création de ta part ?
gilvicente1G. V. T. :
“Dança” a été composée comme une déclaration. J’étais en train de répéter un spectacle commémoratif dans lequel il y avait une danseuse, Bárbara Barbará [Donadel], qui m’avait déjà enchanté à la voir danser “Ulisses”, spectacle de la troupe de danseurs de la Companhia Viladança. Impulsionné par la volonté de conquête et inspiré par l’artiste, j’ai fini par composer la chanson qui, quelque temps après, fut appréciée par Cláudia Cunha. Alors, nous avons appelé Jarbas Bittencourt pour faire les arrangements, car il avait accompagné, d’une certaine manière (note du traducteur: il travaille régulièrement avec les troupes diverses hébergées dans le Teatro Vila Velha, comme le Viladança), le processus de création de la musique. Nous avons fait l’enregistrement pour l’inscrire au Festival de Música da Educadorado FM en 2009, pour lequel nous avons été classés en cinquantième position par le jury. « Mar do norte » était une chanson instrumentale, avec le même titre, composée par Ivan Bastos. J’ai découvert la chanson lors d’un spectacle du Grupo Garagem au Microcentro Cultural dos Correios, une salle au Pelourinho. Tout de suite après le concert, j’ai été enthousiasmé par la mélodie et j’ai demandé à I. Bastos un enregistrement afin que je puisse écrire des paroles dessus. Ivan Huol, en même temps, s’est emballé pour l’idée et a déclaré que si j’écrivais les paroles, il l’enregistrait. Quelques temps après, j’ai fini par obtenir la musique dans le disque de feu le groupe Bonde Xadrez. Je l’ai tout de suite écoutée, écrit les paroles et téléphoné à Ivan. Nous l’avons inscrite dans le Festival de Musica de Educadora FM* de 2007 et nous avons entendu à la radio que Cláudia avait écouté la chanson. Elle avait déjà l’esprit occupé par son disque et a fini par inclure la chanson pour faire partie de son répertoire.
Depuis quand êtes-vous parolier ?

Ma première chanson fut un samba-enredo que j’ai fait, à l’école primaire, à Rio de Janeiro. J’ai toujours été un compositeur dilettante, amoureux que j’étais de la musique et stimulé par l’ambiance dans laquelle je vivais, entourés d’artistes, d’un père poète… Mais quand j’ai commencé à étudier la musique, un strict minimum de piano et ensuite la guitare, un monde musical s’est ouvert pour moi et, à 12, 13, 14 ans, j’ai commencé à me risquer à composer quelques chansons. J’ai toujours composé des chansons avec des paroles, jusqu‘à ce qu’à 17 ans, en pleine coupe du monde de football de 1994, je connaisse Luis Filipe de Lima. Il était chez moi, regardant la partie Brasil 1 et 0 USA et nous avons commencé à s’échanger des créations. À écouter mes chansons, il m’a donné trois mélodies pour que j’y mette des paroles. L’une d’entre elles a disparu, mais j’ai mis des paroles sur les deux autres, qui, jusqu’à aujourd’hui, sont chantées - l’une fait partie du répertoire récent de la chanteuse Stella Maris. De ce que je me souviens, et j’espère ne rien oublier d’important, cette filiation de parolier, proprement, comme une personne qui met des paroles sur une mélodie, a surgi des partenariats avec Luis Filipe de Lima.
Comment situes-tu Cláudia Cunha dans le décor de la chanson ? L’imagines-tu parolière, plus tard ?

Je trouve naturel notre partenariat, à partir du moment que nous sommes, comme artistes et amis, dans d’autres secteurs, partenaires constants. J’ai même reçu une chanson de sa part, mais qu’elle a ensuite écrite, heureusement, car j’aurais pu l’abîmer et elle a fini par l’enregistrer sur son disque, « No girar de Alice ». Je suis actuellement avec un samba non terminé, créé par elle et Ivan Bastos, si je ne me trompe, pour voir si cela va donner quelque chose, et je lui ai donné une chanson inachevée pour qu’elle la complète. Mais je la vois plus comme une créatrice de mélodies que de paroles. De toute manière, nous scellerons notre amitié artistique tôt ou tard avec un partenariat. J’adore faire des alliances. L’acte de créer, souvent, est très solitaire, et diviser cela avec une autre personne est divertissant, riche et stimulant.
Quelle serait la meilleure qualité de Claudia Cunha sur scène et pendant l’enregistrement d’un disque - qui sont deux choses bien différentes, à notre sens ?

Claudia est très exigente et critique, comme moi. Le problème est que son côté Oxum** prend le dessus, cette manière de jeune femme fragile couvre l’être ténébreux qu’elle garde en elle. Et c’est justement cette matrice qui fait qu’elle a cette perception aigüe du « faire » artistique. Elle est une des personnes avec laquelle j’aime le plus converser sur les arts, actuellement, justement car nous avons une syntonie dans l’analyse des œuvres qui nous met du même côté du “ring”. Je me souviens de nombreux moments où, stimulé par Cláudia, j’ai proposé de nombreux commentaires sur son show, et  - l’écrasante majorité des fois - elle était d’accord avec moi ; une symbiose salutaire. Elle n’a pas l’aigreur soteropolitana de l’hypocrisie et de juger la critique comme une offense. Ainsi, je crois que Cláudia se met en évidence comme une artiste, au-delà de sa technique et de son timbre vocal, qui dialogue et analyse sa propre création, amenant une sécurité et une précision dans son « faire » musical, qui se perçoit dans le raffinement et l’attention portés à ses productions phonographiques et sur scène.
Comme elle n’a lancé qu’un seul disque, et que j’ai déjà vu plusieurs de ses shows, il est difficile d’établir une facile comparaison. Je pense qu’après un troisième disque, nous pourrons mieux évaluer sa carrière phonographique, avec un distancement historique et des œuvres pour comparer.

* Educadora FM est une radio publique de Bahia, dépendant de l’IRDEB. Seul “Mar do norte” figure dans le disque. “Dança”, enregistrée, ne figure sur aucun support, en janvier 2011.
** Oxum, la divinité afro-brésilienne de l’eau douce.

http://www.myspace.com/claudiacunha

Mar do norte (Ivan Bastos et Gil Vicente Tavares)

Seul celui qui ne connaît la mer
Peut penser qu’une onde, par vent fort, puisse ramener
Les souvenirs que j’ai laissé
Et noyé dans une mer du nord

En moi la mer  est dessalée
Sans soleil, sans calme plat, je suis navigateur
Qui perd son vaisseau, le gouvernail au sud
M’a donné l’envie de me perdre en cette douleur bleue

Au-delà de moi reste le rêveur
Qui sait guider la douleur bleue

Je suis en deçà du sud
Mais je ne sais plus me trouver ici au sud

————-
Só quem não conhece o mar
Pode pensar que a onda traz num vento forte
As lembranças que eu deixei
E afoguei num mar do norte

Mar em mim ficou sem sal
Sem sol sem calmaria, sou navegador
Que perde a nau, o leme ao sul
De em mim perder-me nesta dor de cor azul

Além de mim ficou o sonhador
Que sabe navegar a dor azul

Aquém do norte estou
Mas não sei mais me achar aqui no sul.

————————-

- Como foi o contexto de criacao de “dança” e de “mar do norte”. Teve pedido da Cláudia, foi criação pura de você?

- “Dança” foi composta como uma declaração. Eu estava ensaiando um espetáculo comemorativo no qual havia uma bailarina, Bárbara Barbará, pela qual eu já havia me encantado ao vê-la dançando “Ulisses”, espetáculo do Viladança. Impulsionado pela vontade da conquista e inspirado pela artista, acabei compondo a canção que, tempos depois, Cláudia Cunha acabou por gostar. Daí, chamamos Jarbas Bittencourt pra fazer os arranjos, ele, que havia acompanhado, de certa forma, o processo de criação da música. Fizemos a gravação para inscrevê-la no Festival de Música da Educadora FM de 2009, no qual ficamos em quinquagésimo lugar na escolha dos jurados.
“Mar do norte” era uma canção instrumental, de mesmo título, composta por Ivan Bastos. Conheci a canção numa apresentação do Grupo garagem no Microcentro Cultural dos Correios, uma sala no Pelourinho. Logo depois do concerto, fiquei entusiasmado com a melodia e pedi pra Ivan Bastos alguma gravação pra eu que pudesse botar letra. Ivan Huol, na mesma hora, se entusiasmou e disse que se eu botasse letra ele gravava. Tempos e enrolações depois, acabei por conseguir a música num CD da extinta banda Bonde Xadrez. Na mesma hora ouvi, botei a letra e liguei pra Ivan. Botamos no Festival de Música da Educadora FM de 2007 e foi ouvindo na rádio que Cláudia Cunha tomou conhecimento da canção. Ela já estava em processo de pensar seu CD e acabou selecionando a canção pra fazer parte de seu repertório.
- Desde quando você é letrista?

- Minha primeira canção foi um samba-enredo que fiz no primário do meu colégio, no Rio de Janeiro. Sempre fui um compositor diletante, apaixonado que era por música e estimulado às letras pelo ambiente em que eu vivia, rodeado de artistas, de um pai poeta. Mas quando comecei a estudar música, um mínimo ridículo de piano e depois violão, um mundo musical foi se abrindo pra mim e aos 13, 14 anos comecei a arriscar umas canções. Sempre compus canções com letra, até o dia em que, aos 17 anos, em plena copa de 1994, conheci Luís Filipe de Lima. Ele estava lá em casa, vendo o jogo Brasil 1 x 0 EUA, e começamos a trocar figurinhas. Ele, ao ouvir minhas canções, resolveu deixar três melodias pra eu botar letra. Uma delas sumiu, mas coloquei letra nas outras duas que, até hoje, são cantadas - uma delas fez parte de um repertório recente da cantora Stella Maris. Que eu me lembre, e espero não estar esquecendo algum fato importante, essa função de letrista, propriamente, como a pessoa que põe letra numa melodia, surgiu das parcerias com Luís Filipe de Lima.
- Como você situa a Cláudia no cenário atual? Você veja ela como letrista, mais tarde, também, ou não?

- Acho que será natural nossa parceria, já que como amigos e artistas, em outros âmbitos, já somos parceiros constantes. Cheguei a receber uma canção dela, mas que a própria depois botou letra graças a deus, pois eu poderia ter estragado a canção que ela acabou gravando em seu CD, também; “No girar de Alice”. Estou com um samba inacabado, criado por ela e Ivan Bastos, se não me engano, pra ver se sai coisa, e entreguei uma canção inacabada pra ela completar. Mas a vejo mais como criadora de melodias do que de letras. De qualquer modo, ainda selaremos nossa amizade artística mais cedo ou mais tarde com uma parceria. Adoro fazer parcerias. O ato de criar, por vezes, é muito solitário, e dividir isso com outra pessoa é divertido, rico e estimulante.
- Qual seria a maior qualidade dela no palco e no canto e nas gravações de um disco - que são duas coisas bem diferentes, a meu ver?

- Cláudia é muito chata e crítica, como eu. O problema é que a Oxum dela toma a frente, aquele jeito de menina frágil acoberta o monstro tenebroso que ela guarda dentro de si. E é justamente esse monstro que faz com que ela tenha essa percepção aguçada do fazer artístico. Ela é uma das pessoas que mais me interessa conversar sobre arte, hoje em dia, justamente porque temos uma sintonia da avaliação das obras que nos coloca do mesmo lado do ringue. Lembro de vários momentos onde, estimulado por ela, teci comentários sobre seu xou, e ela - na maioria absoluta das vezes - entrava em concordância comigo; uma sintonia saudável e boa. Ela não tem aquele ranço soteropolitano da hipocrisia e do ver a crítica como uma ofensa. Por tudo isso, penso que Cláudia se encontre num lugar de destaque como artista que, para além de sua técnica e timbre vocal, é um lugar de artista que dialoga e analisa sua própria criação, trazendo uma segurança e precisão ao fazer musical que se percebe no esmero e cuidado de suas produções fonográficas e de palco.
Como ela lançou apenas um disco, e já vi vários xous dela, fica difícil uma comparação clara. Acho que depois de um terceiro disco se possa ter uma avaliação mais segura de sua carreira fonográfica, com um distanciamento histórico e material comparativo.

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