Archive de Tag | "Hirosuke Kitamura"

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Hirosuke Kitamura: “Je fais une photo monocolore plus colorée”

Publié le 01 février 2012 par bahiaflaneur

oskejanvier2012Hirosuke Kitamura vint s’asseoir, se lover presque, dans le grand sofa du modeste salon de l’hôtel qui fait face au port de Barra, en cette fin de matinée du mardi 24 janvier 2012, à Salvador. Rasé de près, l’état de relâchement de l’homme aux cheveux de jais nous impressionna, à quelques jours de sa première grande exposition individuelle, hors les frontières latines. Précisément à New York, dès ce mercredi 1er février au soir, jusqu’au 28 avril prochain, dans la grande salle de la 1500 Gallery. Le commissaire de l’exposition, au beau titre de “Hidra”, est le plasticien Miguel Rio Branco, dont nous  traduisons ci-après le texte, inédit, de présentation de “Hidra”.
À voir cet ensemble pictural magnifique, nous reviennent en mémoire ces mots :” Il n’y a pas d’art qui ne soit une libération d’une puissance de vie. Il n’y a pas d’art de la mort, d’abord. (…) L’artiste, c’est celui qui libère une vie, une vie puissante, une vie plus que personnelle”.*

BF: Oske, quelles furent les étapes qui ont précédé la sélection finale des onze photographies-séquences?
HK: J’ai adressé quatre centaines de photographies, toutes prises en moyen format, à Miguel Rio Branco. Très rapidement, son regard a mis de côté une petite cinquantaine de photos. Et à prendre connaissance de ce premier tri, j’ai immédiatement vu que le choix de Miguel correspondait exactement à ma sélection mentale initiale. Puis nous avons ensemble opté, dans son atelier, pour les quatorze images finales.

Comment pourriez-vous décrire l’idée qui sous-tend “Hidra” ?
Comme deux éléments noués, la sensualité et le spiritualisme. Par exemple avec le dyptique, qui ramène à l’univers du candomblé. L’univers de la nuit, comme cadre temporel. Car la nuit, l’image, pour moi, est plus propre, d’une certaine manière. Esthétiquement, visuellement, je préfère la nuit. Je fais une photo monocolore plus colorée (”monocolor mais colorida”). Où l’allégorie, la souffrance, le plaisir, la tristesse, la joie, tous mêlés, sont présents. C’est cette Bahia que je vois, telle, chaotique. Pour résumer, je peux apparenter “Hidra” à la figure du bicho de sete cabeças (l’hydre à sept têtes).

En quel espaces citadins ces images furent-elles effectuées?
À l’exception d’une image faite en Inde, au cœur des années 2000, elles furent, toutes, prises à Bahia.

Quelle sera la taille des tirages exposés?
Le dyptique et le tryptique seront composés de carrés d’un mètre de côté chacun. Tandis que les neufs tirages individuels font 1,20 m x 1,20 m. Aucun d’entre eux, tous tirés sur papier mat Fuji C-matte, ne sera sous verre.

Les Brésiliens verront-ils cette exposition en 2012?
Il est fortement question d’un partenariat de la galerie de New York avec la FaunaGaleria, pour une date à São Paulo, en juillet 2012. Là, devraient s’y ajouter neuf grands tirages, sélectionnés également avec Miguel Rio Branco.

* Gilles Deleuze. “Abécédaire : R comme Résistance”.
Note de BF: Oske est le diminutif/surnom de Hirosuke.

OSKE BAHIA

Quelque chose, en sourdine, advient à chaque instant. Fantômes entre le sexe et la mort, fragments de séduction qui divaguent entre des mondes perdus. La sexualité est transparente, fuyante, et s’envole en fumée sous nos doigts. Comment définir cette sexualité en un lieu où le corps est tout, matériel et consommable? Et ici elle devient fanstasmagorique. Comme dans les contes japonais immémoriaux, il existe un autre monde, mais elle est ici, à nos côtés. Ces images deviennent passage du temps, immatérielles, hors d’une époque définie.
L’intéressant dans la création, dans l’art, réside dans l’individualité réaffirmée de chacun. Ceci est de plus en plus difficile en un monde dominé par la propagande, la publicité, le marketing. Le portrait des créateurs apparaît de moins en moins à travers leurs œuvres. Tout est business, rien n’est personnel. Ici, en ce qui est vu, tout est personnel, vécu et senti. Tout est personnel. Ce sont des différences essentielles en ces temps d’aujourd’hui où l’image photographique devient de plus en plus distante de ce qui est montré.
Mais en art ce qui doit être montré est l’âme et non le thème. Ici les thèmes se diluent et se métissent. Nous ne restons prisonniers d’un lieu ou d’un moment dans le temps, nous passons à une autre phase. Une phase qui nous conduit à un autre espace, un autre monde, une limbe.
Pourtant, au fond, apparaissent des peaux, des doigts, des seins, des sexes, des habits, qui se transforment en masques, offrandes, lumières et sueurs bahianaises montrés par un japonais qui un jour vint à Salvador.

Miguel Rio Branco

—————-

OSKE BAHIA
Algo em surdina surge a cada momento. Fantasmas entre o sexo e a morte, pedaços de sedução que divagam entre mundos perdidos. A sexualidade é transparente, fugidia, e se esfumaça debaixo de nossos dedos. Como definir essa sexualidade em lugar onde o corpo é tudo, material e consumível? E aqui ela se torna fantasmagórica. Como nos contos japoneses de sempre, existe um outro mundo, mas ele está aqui junto a nós. Estas imagens se tornam passagem de tempo, imateriais, fora de qualquer época.
O interessante na criação, na arte, fica na individualidade reafirmada de cada um. Isto está cada vez mais difícil em um mundo dominado por propaganda, publicidade, marketing. Cada vez menos aparece o retrato daqueles que criam através de sua obra. Tudo é business, nada é pessoal. Aqui, no que é visto, tudo é pessoal, vivido e sentido. Tudo é pessoal. São diferenças essenciais onde hoje a imagem fotográfica se torna cada vez mais tecnicamente distante do que é mostrado.
Mas em arte o que têm de ser mostrado é a alma e não o tema. Aqui o os temas se diluem e mestiçam. Não ficamos presos a um lugar ou um momento no tempo, passamos para outra fase. Uma fase que nos faz ir para outro espaço, um outro mundo, um limbo.
Porém no fundo aparecem peles, dedos, seios, sexos, roupas que se transformam em máscaras, oferendas, luzes e suores baianos mostrados por um japonês que um dia chegou em Salvador.
Miguel Rio Branco

Commentaires (1)

Tags: , , , , ,

Les clichés de Oske en partance pour les cimaises newyorkaises

Publié le 19 décembre 2011 par bahiaflaneur

Hirosuke Kitamura, dit “Oske”, sera donc prochainement le deuxième* photographe résidant à Bahia - après Mario Cravo Neto il y a bien longtemps - à avoir l’honneur d’une exposition individuelle à New York. L’importance n’en est que que plus relevante. La mostra “Hidra”, avec ses quatorze grands tirages,  sera présente sur les parois de la 1500 Gallery entre le 2 février et le 28 avril 2012.
Le commissaire de l’exposition sera le plasticien Miguel Rio Branco, qui vient d’en établir la sélection finale, avec l’auteur, cette semaine de décembre 2011, dans l’État de Rio de Janeiro.
En attendant un prochain entretien, depuis Salvador où il sera de retour avant Noël, “Oske” nous envoie deux des tirages initialement choisis, à partir de Rio de Janeiro. En exclusivité. Deux photox fascinantes, pour un auteur dont l’oeuvre s’affirme sous nos yeux.

oske2012

* À l’exception, non vérifiée, du photographe Christian Cravo qui aurait eu trois expositions individuelles à la Witkin gallery, en 1999 et à la  Throckmorton Fine Arts, en 2000.

Commentaire (0)

Tags: , , , , , , , , , , , , ,

Hirosuke Kitamura, du temporel vers l’irréel

Publié le 08 septembre 2010 par bahiaflaneur

hirosuke6Il n’a pris sa toute première photo qu’en 1995, pourtant arrivé depuis quelques années à Salvador, venu du Japon, après de solides études de lettres lusophones au pays du soleil levant. Ce qui l’a frappé, d’emblée, à Bahia, dans ses longues balades nocturnes et diurnes, ce fut “le grand nombre de choses en relation avec la mort”, bien que “les choses vivantes, durant le jour, soient portées par la musique et le sexe”. Alors employé dans un service administratif pour la communauté japonaise, et amoureux fou de la musique brésilienne*, ce fut la lecture d’un livre du photographe Miguel Rio Branco, que lui fit découvrir le photographe Marcio Lima en 1998, qui fut décisive pour son implication photographique. Impressionné par la “saturation des couleurs” et le “poids” des photos, Hirosuke a ainsi d’abord appris “à observer”. “Ce que nous percevons, les textures des objets, à travers les lumières qui nous encerclent, je le perçois à travers du temps”. Cela peut êre, me confie-t-il, “de l’eau, des êtres, du feu”. Puis vinrent de très nombreuses rencontres avec le photographe Mario Cravo Neto, qui l’aida à concevoir sa première exposition individuelle (”Material in Vita”) à Salvador en 2004…
“Le travail de Miguel, de Mario, a du poids et je voudrais arriver à cela, également”. Pour ce jeune et mince quarantenaire,  qui aime écouter du jazz, “où il y a beaucoup plus de durée que dans le pop”, c’est à cette “densité de la chose montrée” qu’il souhaiterait parvenir, avec son Hasselblad. ”La transfiguration du passage du temps”, ce leitmotiv de Hirosuke, “avec les marques du moisi, des rayures est très intéressante à photographier”, semble centrale pour celui dont “le regard s’appuie et se focalise sur ce passage.” La fréquente décrépitude des décors qu’il fréquente et photographie, les basses lumières, entre chien et loup, nous amènent à distinguer des êtres comme des éléments d’un cadre, où règne un espace-temps roi. Hirosuke tient à me répéter que ”si vous observez très bien les choses simples, vous arrivez à saisir ce que vous souhaitez et produire”. Est-ce pour cela que l’univers du bordel - où il se rendit à l’invitation d’un ami japonais et artiste en 1999 pour la première fois - est pour lui “intéressant, car il n’est pas sophistiqué et bien souvent à moitié grotesque.”?

* Depuis 1997, HK est correspondant de la revue mensuelle et japonaise, sur la musique latino-américaine, Latina. Lors du premier voyage au Japon du photographe Miguel Rio Branco, en juin 2004 pour une exposition collective à Tokyo, Hirosuke, alors présent au Japon, “guida et accompagna” le plasticien et auteur de “Plaisir la douleur” à Kyoto et à Tokyo.

- Photo en vignette: “Blue Light”. Ci-dessus, photos de HK exposées par la galerie newyorkaise 1500Gallery, lors d’un salon à San Diego, en Californie, la dernière semaine d’août 2010: “Lagrimas Negras” et “Yellow Dance”.

Galerie virtuelle des photos de HK, à New York: http://www.1500gallery.com/index.php?mode=gallery&section_id=52

Et comme HK a des talents multiples, voyez plutôt:

Insônia - Hirosuke Kitamura from Mesa de Luz on Vimeo.

Commentaires (2)

Tags: ,

Hirosuke Kitamura, photographe

Publié le 09 août 2010 par bahiaflaneur

6a054207

“Poucos são os homens que trabalham em silêncio, que vão de encontro às raízes do substancial - independente de credo, de etnia, de partidarismo”.
“Peu nombreux sont les hommes qui travaillent en silence, qui vont à la rencontre des racines du substantiel - indépendamment de la croyance, de l’ethnie, des partis”

Mario Cravo Neto,
à propos de l’oeuvre de Hirosuke Kitamura
(photo ci-dessus : “Root”)

Commentaire (0)

Advertise Here
Advertise Here

Flâner, c'est vivre !

Au fil des jours

juin 2013
L Ma Me J V S D
« mai    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

(dés)information...

AU MARCHÉ

Bahia NOIRE

Bibliothèques

capoeira

homophobie

Il est mélomane

Ils ont chanté

ILS ONT JOUÉ

ong ?

VIVRE AUX CHAMPS