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Quand le cinéaste Pierre Kast préparait son tournage à Bahia (2/2)

Publié le 17 octobre 2012 par bahiaflaneur

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(droits de reproduction réservés)

Pierre Kast (1920-1984) avait déjà filmé au Brésil. Mais il revint, en janvier 1969, pour tourner un sujet sur le candomblé de Bahia. Avec une production franco-brésilienne, assurée par Jean-Gabriel Albicocco (également co-scénariste avec PK), Louis Malle et Luiz Carlos Barreto, aujourd’hui encore en octobre 2012  le plus important producteur du Brésil.
Grâçe à l’anthropologue Cláudio Luiz Pereira*, nous avons eu accès à deux échanges épistolaires entre trois des plus importants historiens de l’époque, tous bahianais, qui révèlent quelques détails de la préparation du documentaire de Pierre Kast qui se nommera sur les écrans “A Bandeira Branca de Oxalá” et en France “Macumba”. La seconde lettre qui suit est adressée par Edison Carneiro, depuis Rio de Janeiro, à Vivaldo da Costa Lima, alors à Salvador.

* Dépositaire de très nombreuses archives de Edison Carneiro (1912/1972) et biographe de Vivaldo da Casto Lima (1925-2010).

Rio de Janeiro, GB, 3 janvier 1969

Ami Vivaldo,

Le 7 courant, le français Pierre Kast se rend à Bahia, cinégraphiste, pour dire mieux metteur-en-scène, en compagnie de son épouse brésilienne, Fernanda, fille de mon ami Pedro Borges.
Il prétend faire un film sur les religions africaines, qui doit être produit par une association de
metteurs-en-scène français, avec une subvention du Ministère de la Culture (Malraux), destiné aux cinémas et aux circuits universitaires. Film d’art et d’essai. Un long-métrage qui comme il dit, montrara que les dieux naissent, vivent et meurrent comme les hommes et les cultures dont ils sont l’expression et, spécifiquement dans le cas de la religion africaine, comment ils se répandent, se multiplient et se revigorent.
Il était avec Didi* et sa dame en France, et pour ce que j’en sais, connaît déjà Bahia. Il compte énormément sur vous - et je renforce sa confiance et je te demande de l’aider et de lui faciliter ce qu’il désire dans le candomblé à Salvador. Son scénario ne se limite pas au candomblé nagô ; je lui ai indiqué des candomblés angola et caboclo, la chute d’eau de São Bartolomeu, la fête de mãe-d’agua à Rio Vermelho… Qui sait, tu pourrais faciliter son accès à la fête à Amoreira**.  Le Lavagem** et la fête de Segunda-Feira do Bonfim sont dans son programme.
L’homme est intelligent, mais son information est superficielle. Utilisant le scénario du film pourra peut-être alors se faire une belle chose, peut-être avec ta collaboration, qui j’espère  sera constante et chaleureuse comme à ton habitude.
Sarava ! J’espère que cette année te verra obtenir la chaire.
Un abraço de ton ami Edison Carneiro

Dans la marge, manuscrit, figure la phrase suivante : “As-tu lu mon article “A divinidade brasileira das águas” dans la Revista de Folclore no 21, mai 1968 ? Je peux te l’envoyer, si tu ne l’avais pas auprès de toi. J’aimerais connaître ton avis. Edison.”

* Mestre Didi (1917). Très grande figure du candomblé de Bahia, également artiste plasticien de renom. http://www.mestredidi.org/egungun4.htm
** Amoreiras est un quartier et une plage dans l’île d’Itaparica où se produit une autre fête du candomblé, chaque 2 février, en hommage à la déesse de la mer.  Le Lavagem de Bonfim est fêté chaque deuxième jeudi de janvier, à Salvador.

La biographie, de référence, de Edison Carneiro a été écrite, au long de 240 pages, par le journaliste Biaggio Talento et l’historien Luiz Alberto Couceiro, en 2009, aux éditions Assembleia Legislativa da Bahia, volume 11, dans la collection Gente da Bahia : “Edison Carneiro - o mestre antigo - um estudo sobre a trajetória de um intelectual”.

———–
A Bandeira Branca de Oxalá. 95 minutes - 35 mm Eastmancolor.
Directeur de la photographie : Yann Le Masson - assistant : João Carlos de Alencar Parreiras Horta. Avec Pierre Verger, entre autres.
Il est peut-être possible de visionner le film ici :
http://www.tracktvlinks.com/watch-bandeira-branca-de-oxala-1968

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“Le Cul, cet incompris et cet humilié !”, par Manuel Querino Junior

Publié le 31 mars 2011 par bahiaflaneur

Nous n’avons pas couvert le récent Carnaval de Salvador, au début du mois de mars 2011, par choix. Ce texte nous est parvenu lundi par courrier électronique. Il vient résumer finement, à nos yeux, l’opus 2011. D’une grande intelligence, dans une langue portugaise afinadissima, ce pamphlet fut publié sur le site d’une radio de Salvador, sous pseudonyme. Nous connaissons la véritable identité de l’auteur, intellectuel bahianais, au-dessus de tout soupçon de la moindre connivence. Le lecteur comprendra rapidement pourquoi nous ne la révèlons pas. (Bahiaflâneur).

« Enfile ton fric dans ton cul » vocifère Marcio Victor, du cul, je veux dire du groupe « Pisirico » (qui, par ailleurs, signifie « copule »)

caepisi1Le Carnaval, aujourd’hui, bien plus qu’hier, offre un abondant matériel symbolique pour penser la société brésilienne. Des faits carnavalesques, comme celui incluant dans la Fête de Salvador, un chanteur de bal et un entrepreneur imbibé de champagne, paraissent emblématiques de la contradiction qui dirige la dynamique de cette société qui, en elle-même, est déjà essentiellement « carnavalizadora » de la morale et de la politique.
Un thème transversal, inséré dans le cadre symbolique que cet événement particulier a permis, et qui, aussi, je le réaffirme, exprime les contradictions qui sont inhérentes à notre société, et celui du propre cul, élément également important dans le contexte général de la culture et de la vie quotidienne nationale.
Le cul est la partie anatomique du corps humain culturellement extrêmement sensible. Les hommes ont un cul, les femmes ont un cul, et le cul, ici, est cassé et recassé de tous côtés - multifonctionnel et polyssémantiquement.
« Aplatit la canette avec ton petit cul », « Balançant le cul par ici et par là ». D’ailleurs, ce n’est pas gratuit que dans notre petit monde afrodisiaco-baiano il soit évoqué avec une telle nomenclature. Rien de plus baiano que ce pur quimbundismo, « mbunda ». Et l’on sait que dans la langue portugaise existent au moins 90 désignations pour cul, terme qui vient après, y compris, de pénis, qui selon les on dit, en a 369, et du respectable vagin - qui a pour le moins 299 significations. On note que seulement l’anus offre 215 manières pour être désigné, sans compter ses charnus alentours. Excitante abondance pornophonique !
Le cul, tous le savent, est le tendre ensemble formé par l’anus et les fesses. Les fesses sont ce qui donnent forme à l’ensemble fessier. Cul de fourmi, petit cul bien fait, bien roulé, bien joli… Muscle flasque, joli colosse, de petite ou grande envergure, gras ou aplati : incluant toujours la trompeuse région centrale - « centre du monde » où se compriment des pulsions innommables. C’est l’anus, avec un orifice symétrique de la bouche (d’abord dans sa fonction verbale), les extrémités où transitent les excroissances, des plus pimentées aux plus brutales. Inversion symbolique incroyable, en laquelle le point de sortie s’alterne avec le point d’entrée… Et l’argent est la bouse du diable. Combien aura le diabolique entrepreneur minable, enfilé, là, un jour durant ?

*

Le fêté chanteur de bals et de  soirées de quatrième catégorie est un homme public. Je ne veux même pas rentrer dans le mérite de la qualité de la musique carnavalesque bahianaise, il suffit de dire que je l’ai fuie pour éviter de mourir de malheur musical, car de cela aussi on meurt. Encore moins je vais juger les mérites vocaux du chanteur, je ne fais que le déconseiller aux oreilles plus mozartiennes. Je crois que son timbre de voix perd seulement en ton désagréable et rayé en face d’un éminent commentateur de carnaval baiano.
Le chanteur semble être caetanisticamente* émerveillé. Nouveau défenseur performatique de son peuple, il fait succès avec une musique qui hurle « prend ça, grande noire ». Si cette musique avait été composée et interprétée par un blanc, aurions-nous parfaitement de configuré un crime d’injure raciale ? Une agression sexiste et raciale, une claire dépréciation de la femme noire ? Depuis deux mois cela est évoqué autour des tables de bar de la place Largo Dois de Julho, mais même les combatives féministes** ne prirent une position plus dure. Il est bon de rappeler, également, que ce même chanteur a déjà mérité des réserves, quand sa musique « Contra-eguns »***, lors d’un carnaval passé, aurait, selon certains, banalisé et déprécié des aspects fondamentaux de la religiosité afro-brasileira.

L’intouchable pouvoir parallèle
Mais les chanteurs-tireurs de trio électrico-flatteurs de bas étage forment l’intouchable pouvoir parallèle de cette carnavalesquement fantasque société de Salvador. Formeurs d’opinion, ils auraient besoin ou devraient avoir une meilleure opinion sur les choses, et non pas se contenter de se transformer en semi-célébrités hurleuses et médiatiques : fameux dans l’heure leurrés par mille artifices, apparemment humbles et faussement charitables (sur les écrans des télévisions) achètent et vendent bien facilement des produits bien enveloppés, surtout pour la gente touriste niaise. Et qui, bien digérés, sont immédiatement évacués de l’enceinte audiovisuelle, disparaissant quand la chasse de l’oubli est tirée…

*

Nous percevons que ce tel entrepreneur protagoniste des stupides offenses est quasiment une abstraction capitaliste. Insignifiant qu’il est, il doit être actionnaire unique d’une petite société anonyme de notre Bahia provinciale. De toute manière, il doit être vu comme un gros cul privé, je veux dire, d’une entreprise privée. Dans l’absence de l’autre, nous pensons alors en ce rustique fessu comme un type idéal - exemple d’un entrepreneur carnavalesque qui, comme nous savons tous, sort avec le cul bordé du fric du carnaval courant derrière les culs des dindes qui fréquentent les loges, les plus improbables culs.****
caepisiD’ailleurs, ceux qui paraissent ne pas savoir gérer l’entreprise publique, ce sont nos (dé)gouvernants : eux, oui , des culs mous, déjà qu’il est incroyable qu’il ne parviennent pas à corriger la différence entre ceux qui gagnent les loges et ceux qui reçoivent d’eux la Mairie et la Province.
Le camarote, ce cloaque social où s’enfilent les figures fanfaronnes du Carnaval, est une assemblée où se mélangent l’instestinal, l’urinal et le génital. Antre d’improbables petits culs et de gros culs nationaux - au-delà de mille pédantes locales - c’est une contrariété dévastatrice pour celui qui ne vit pas de ou pour le Carnaval. Son coût implique pour la population de Salvador (surtout pour les mange-misère stoppés à l’entrée du bal qui « n’ont pas de merde au cul pour chier ») un préjudice incalculable. Et ce n’est pas juste, donc, qu’à la fin de la Folia pompeuse la Mairie s’en sorte avec le déficit le plus désodorant, année après année. Qui est intéressé vraiment par ce modèle de capitalisme prédateur de carnaval ?  Les entrepreneurs-requins du « Carnegocio »*****, bien sûr : ils sont, d’ailleurs, ceux qui entretiennent les chanteurs de bal, qu’ils soient de première ou troisième catégorie - de n’importe quelle couleur, sexe ou circonférence fessière….
L’occurrence fut, pour finir, rocambolesque. L’agression raciale fut ignoble et inacceptable - mais la réplique fut vile, impolitique et inélégante comme un pet dans une cabine de l’Elevador Lacerda. Au-delà du fait de cette agression raciste avoir été explorée, auto-promotionellement, par le chanteur, le Carnaval tout entier : plus un militant de l’opportunisme, comme Mr Brown.
Si Gandhi avait été le protagoniste offensé, il aurait convoqué un solennel silence de la foule carnavalesque devant le « baron » raciste bourré de Moet & Chandon. Mais comme Bahia est la terre des fils de « Gandhypslon », et non pas, simplement, de Gandhi, l’humanité fut privée, à travers Youtube, de connaître un sincère geste de grandeur humaine en faveur de la justice raciale.

*
Enfin, langage de cul est pet.

*

Pour finir, comme on dit, l’opinion est égale au cul, tout le monde en a une - donne la sienne qui veut et au niveau qu’il peut…

——
* Une référence au chanteur bahianais Caetano Veloso, qui depuis deux ou trois Carnavals, ne cesse de faire publiquement l’éloge du groupe Pisirico et de son chanteur M. V. Voir les deux photos ci-dessus.
** Souvent réunies, sur cette place, le soir, au café « Mocambinho ».
*** Divinités célébrées, principalement dans l’île d’Itaparica. Lors de rares cérémonies nocturnes, où très peu sont conviés, les morts, les egungun, « reviennent ». Lire l’indispensable et  formidable reportage de Jean Ziegler, “Les vivants et la mort”, dans la collection Points, en format de poche, des éditions du Seuil.
**** Vaga-bundas : littéralement vague-culs. Pour faire penser à « vagabonds ». Intraduisible en français.
***** Negocio = business. Carnavalaffairiste. Carnaval qui n’a d’existence qu’uniquement marchande.

Note : l’inter titre et les notes sont du traducteur, Bahiaflâneur. (photos droits réservés)


A Bunda, esta humilhada e incompreendida !

“Enfia seu dinheiro na sua bunda” - bradou Márcio Victor, da bunda, digo, da banda “Pisirico” (que, aliás, significa “cópula”…)

O Carnaval hoje, muito mais que antes, oferece farto material simbólico para se pensar a sociedade brasileira. Fatos carnavalescos, como aquele envolvendo no festejo momesco de Salvador, um cantor de baile e um empresário mamado de champagne, parecem emblemáticos da contradição que rege a dinâmica desta sociedade que, em si mesma, já é essencialmente “carnavalizadora” da moral e da política.
Um tema transversal, inserido no quadro simbólico que este acontecimento particular ensejou, e que, reafirmo, expressa as contradições que são inerentes a nossa sociedade, é o da própria bunda, elemento também importante no contexto geral da cultura e da vida cotidiana nacional.
A Bunda é uma parte anatômica do corpo humano culturalmente sensibilíssima. Bunda têm os homens, bunda têm as mulheres, e a bunda aqui é requebrada pra todo lado - multifuncional e polissêmicamente. “Amassa a lata com a bundinha”, “Balançando a bunda para cá e para lá”. Aliás, não é gratuito que em nosso mundinho afrodisíaco-baiano ela seja evocada com tal nomenclatura. Nada mais baiano do que este puro quimbundismo, “mbunda”. E sabe-se que na língua portuguesa existem pelo menos 90 designativos para bunda, termo que fica atrás, inclusive, do pênis, que, segundo se diz, tem 369, e da respeitável vagina - que tem pelo menos 299 significados. Note-se que só o ânus oferece 215 maneiras de ser designado, sem contar suas carnudas adjacências. Excitante abundância pornofônica!
A bunda, todos sabem, é o mimoso conjunto do ânus com as nádegas. As nádegas são o que dão forma ao todo bundal. Bunda de tanajura, bumbum bem feitinho, rolicinho, lindinho… Músculo glúteo, colosso formoso, de compleição grande ou pequena, gorda ou chulada: sempre envolvendo a enganosa região central - “centro do mundo” onde se comprimem pulsões inomináveis. É o ânus, como o orifício simétrico da boca (já na sua função verbal), as extremidades onde transitam as excrescências das mais apimentadas às mais brutais. Inversão simbólica danada, em que o ponto de saída alterna-se com o ponto de entrada….
E o dinheiro é a bosta do diabo. Quanto terá o diabólico empresário-otário enfiado lá um dia?

*

O festejado cantor de bailes & furdunços é um homem público. Nem quero entrar no mérito da qualidade da música carnavalesca baiana, basta dizer que fugi para evitar morrer de infelicidade musical, que disto também se morre. Tampouco vou julgar os méritos vocais do cantor, só desaconselhá-lo para ouvidos mais mozartianos. Acredito que seu timbre de voz só perde em tom desagradável e ranhura para uma eminente comentarista de carnaval baiano.
O cantor parece estar caetanisticamente deslumbrado. Novo defensor performático de seu povo, fez sucesso com uma música que berra “toma negona”. Fosse esta música composta e interpretada por um branco, teríamos configurado um crime de injúria racial? Uma agressão sexista e racialista, uma clara depreciação da mulher negra? Há pelo menos dois meses se fala disto nas mesas de bares do Largo Dois de Julho, mas nem mesmo as combativas feministas tomaram posição pública mais dura. Há que se recordar, também, que este mesmo cantor já mereceu ressalvas quanto a sua música “Contra-eguns”, de um carnaval passado, que, segundo alguns, banalizava e depreciava aspectos fundamentais da religiosidade afro-brasileira.
Mas os cantores-puxadores-de-trio-puxadores-de-saco formam o intocável poder-paralelo desta carnavalescamente fantasiosa sociedade soteropolitana. Formadores de opinião, precisariam ou deveriam ter melhor opinião sobre as coisas, e não se contentar em se transformarem em meras esporrentas celebridades midiáticas: famosos-da-hora embelecados como mil artifícios, aparentemente humildes e caridosos de araque (nas telas das tevês), produtos bem embrulhadinhos que os donos da Indústria da Alegria facilmente compram e vendem, sobretudo para a turistada apalermada. E que, bem digeridos, são logo evacuados do recinto audio-visual, sumindo na descarga do esquecimento…

*

Já o tal empresário protagonista das estúpidas ofensas é quase uma abstração capitalista. Insignificante como é, deve ser acionista único de uma pequena sociedade anônima da nossa Bahia interiorana. De qualquer modo deve ser visto como um bundão-de-privada, digo, de empresa privada. Na falta de outro, pensemos então neste tabaréu nadegudo como um tipo ideal — exemplo do empresário carnavalesco que, como todos sabem, saem com o rabo cheio de dinheiro do carnaval atrás das bundas das peruonas e peruetes camaroteiras, as mais vaga-bundas…
Ora, quem parece que não sabe gerir a empresa pública, aliás, são os nossos (des)governantes: esses sim bundas-moles, já que é inacreditável como não conseguem corrigir a diferença entre o que ganham os camarotes e o que recebe deles a Prefeitura e a Província.
O camarote, esta cloaca social onde se enfiam no Carnaval os figurões fanfarrões, é uma câmara onde se mistura o intestinal, o urinário e o genital. Antro de vaga-bundinhas e bundões nacionais - além de mil penetras “bufa frias” locais - é um transtorno devastador para quem não vive do ou para o Carnaval. Seu custo implica para a população soteropolitana (sobretudo para os pobretões barrados no baile que “não tem merda no c. pra cagar”) num prejuízo incalculável. E não é justo, portanto, que no fim da folia espetaculosa a Prefeitura ainda saia no mais fedorento déficit, ano após ano. Interessa mesmo para quem este modelo capitalista predatório de carnaval? Para os empresários-tubarões do “Carnegócio”, é claro: que são, aliás, quem mantêm os cantores de baile, sejam aqueles de primeira ou terceira categoria - de qualquer cor, sexo ou circu nferência bundal…
A ocorrência foi, conclusivamente, rocambolesca. A agressão racial foi ignóbil e inaceitável - mas a réplica foi reles, impolítica e deselegante como um pum numa cabine do Elevador Lacerda. Além do fato desta agressão racista ter sido explorada, auto-promocionalmente, pelo cantor, o Caranaval inteirinho: mais um militante do oportunismo, como Mr. Brown.
Fosse Gandhi o protagonista ofendido, teria convocado um solene silêncio da multidão carnavalesca diante do “barão” racista embriagado de Moet et Chandon. Mas como a Bahia é a terra dos filhos de “Gandhypslon”, e não, simplesmente, de Gandhi, a humanidade foi privada de, através do YouTube, conhecer um sincero gesto de grandeza humana em favor da justiça racial.

*

Enfim, linguagem de bunda é peido.

*

Enfim: como se diz, opinião é igual a bunda, todo mundo tem uma — dá a sua quem quer e no nível que pode…

Manuel Querino Junior

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Un pont, vraiment pour “sauver” l’île d’Itaparica ?

Publié le 27 septembre 2010 par bahiaflaneur

À Bahia, pour sortir du chaos social et du marasme économique l’île d’Itaparica et ses habitants, le projet de construction d’un pont, par le gouvernement, vient, à point nommé, diviser les opinions. La croissance ou la fossilisation, tels sont les enjeux, à l’orée de l’élection d’un nouveau gouverneur. Qui laissera, quel que soit l’élu, la part belle au secteur immobilier privé mondialisé, fossoyeur d’une bonne partie de Salvador.

Les habitants de l’île d’Itaparica, dont le cadre somptueux et tropical est pourtant flagrant, affrontent chaque jour un  peu plus les conséquences d’un non-développement. Santé, éducation, sont des secteurs qui vont à vau-l’eau dans l’île. Sans même parler d’entreprises, simplement inexistantes en dehors du Club med, des commerces de proximité, d’une école privée, de deux supermarchés et d’un hypermarché, de quelques revendeurs de matériel de construction, d’une société d’assurance, des organismes publics exsangues et désuets, et de quelques dizaines d’entreprises individuelles dans le secteur des services. Fleurissent les emplois informels, le jardinage improvisé, la pêche « à la bombe », et le dénuement, dans et hors les deux principales villes, est flagrant. L’analphabétisme perdure. Les routes ne sont plus que cavités, les vols et cambriolages se multiplient et seuls de très rares occupants de maisons de vacances se risquent un mois par an, méfiants. Une cinquantaine de milliers d’îliens sont pourtant partie intégrante de ce décor. Mais plus aucune famille de classe moyenne n’habite l’île d’Itaparica, et ce depuis 1999/2000. Le transport inter-urbain est assuré par de petits vans, privés et hors d’âge, qui traversent l’île, longue d’une quarantaine de kilomètres, en une heure au moins. Viendra alors pour l’éventuel volontaire, la traversée en ferry-boat, vers Salvador. Une heure à rajouter, sans compter l’éventuelle attente au guichet… Au 1er janvier dernier, la file de voitures en attente du ferry dans l’île s’étendit pendant dix heures. Puis le transport inter-urbain à Salvador, à prévoir, aussi… Ce ferry-boat, privatisé depuis une quinzaine d’années par les gouvernements conservateurs qui se sont succédé, est lent, mal entretenu, mais n’est pourtant que l’une des conséquences d’absence totale d’investissements publics ou d’une planification du potentiel touristique. Le gouvernement actuel ne souhaite investir les deux cent millions de reais (quatre-vingt millions d’euros) nécessaires à la modernisation totale des ferry-boats, et encore moins les réintégrer au service public de transport. À cela, il faut ajouter la sous-traitance généralisée et adoptée, sans contrepartie de cahier des charges, par l’ensemble de ces entreprises privées de transport. Après l’installation du Club Med, au centre de l’île à la fin des années 70, les gouverneurs successifs ont décidé d’investir et de valoriser pour les touristes la côte nord de Salvador, sur le continent, au détriment de l’île. Des calfeutrages sociaux, parsemés dans l’île, n’y changèrent rien, vingt ans durant. Travailler à Salvador et vivre à Itaparica, ou vice-versa, se révèle donc tout simplement impossible en 2010.

Un débat, relancé par le gouverneur actuel de l’Etat de Bahia, voudrait imposer l’idée d’implanter un pont gigantesque, « qui amènera la modernité » entre Salvador et Itaparica. M. Wagner (PT, Partido dos Trabalhadores) a reçu, tout d’abord, le 26 janvier 2009, un document émanant d’un contructeur civil de Bahia, OAS, lui demandant une autorisation formelle pour effectuer, à ses frais et à ses risques, les études nécessaires pour un projet de route large qui lierait l’extrêmité de l’île, au sud, Ponte do Funil, et qui serait dupliquée en largeur jusqu’à l’extrêmité de l’île d’Itaparica, au terminal maritime de Bom Despacho, face à Salvador. Et impliquerait automatiquement la construction d’un colossal pont - à péage - pour prolonger ce système routier. Puis M. Wagner a remis, le 24 mars 2009, au président de la République LUiz Inacio Lula da Silva un projet de ce pont.
Le projet du gouvernement et des constructeurs - qui refusent toute étude d’option ferroviaire par la voie continentale -  prévoit également de doubler la route qui pénètre vers la province, au-delà du petit pont existant installé au sud de l’île. Cet ensemble routier (”sistema viário oeste”) n’aurait pour but que de permettre aux gigantesques fermes situées à l’extrême ouest de l’Etat (à 1000 km, dans la région des villes de Barreiras et de Luiz Eduardo Magalhaes) de transporter leurs récoltes de l’agro-industrie (soja, fruits, café, etc.) dans des conditions ‘modernes’, par route.
Le constructeur suggère un nouveau plan d’occupation des sols (PDDU) pour l’île, qui devrait être approuvé par les deux conseils municipaux présents sur l’île. Il propose l’implantation de quatre nouvelles zones (24,3% de l’île) avec des golfs, des resorts, des lotissements sécurisés (condominios), une nouvelle marina et un centre pour l’industrie navale.
Ce projet prévoit que le pont Salvador-Itaparica mesure 12 kilomètres de long, avec huit pistes, dont deux exclusives pour les camions, et soit d’une hauteur de 90 mètres. Le pont serait fini pour 2013, avant la Coupe du Monde de football qui a lieu en 2014, entre autres villes, à Salvador. Le coût estimé est de 2,5 milliards de reais (environ 1 milliard d’euros), dont 40% serait à la charge du privé, le reste réparti entre l’État de Bahia et le Brésil. Il est à noter que le superintendente du Plan Stratégique du Secrétariat du Plan de l’Etat de Bahia (SEPLAN), Paulo Henrique de Almeida, nous a déclaré en avril 2010: « L’État a peu ou pas d’argent. Les constructeurs civils et les banques qui se proposent de construire ces infrastuctures gigantesques comme ce pont exigent une contrepartie obligatoire : l’implantation de constructions de tours, de shopping centers, de golfs, de resorts, de maisons, modernes, dans les proximités de la route qui traversera l’île. En effet, ces grands groupes capitalistes sont tous liés au capital immobilier. Nous n’avons pas le choix. »
Malgré cette possible venue de la «modernité» dans l’île, la majorité de la population, devant son horizon de misère qui perdure, est en faveur de la construction du pont. Quatre prétendants à ce chantier sont sur la ligne de départ. Le premier consortium est formé de OAS, Odebrecht e Camargo Corrêa*. Le second, par AGR Estruturadora de Projetos et Albino Advogados Associados. Le troisième par Serveng Civilsan S.A.. Tandis que la quatrième proposition a été déposée par Planos Engenharia également poids lourd de la construction civile à Sao Paulo. Ces propositions seront examinées par un groupe de travail, créé par décret par le gouvernement de Bahia, et formé de représentants des six secrétariats d’Etat de Bahia concernés. Il sera ainsi choisi, le 14 juillet 2010, quel constructeur ou consortium élaborera les études préliminaires d’impacts. Dans le meilleur des cas, la construction devrait commencer au milieu de l’année 2011.

Contre le pont
Il est à noter que des personnalités, parmi des centaines d’anonymes, ont initié et signé, dès février 2010, un manifeste contre le pont dont le chanteur Chico Buarque, le cinéaste Carlos Diegues, et les romanciers Joao Ubaldo Ribeiro** et Milton Hatoum, Leurs critiques apontent la dégradation d’une partie de  la faune et de la flore, et la disparition, à terme, du caractère bucolique de l’île. Les signataires voient également des atteintes majeures à l’environnement marin pendant la construction du pont, et une vision définitivement altérée et obstruée de la beauté de la Baie de tous les saints. Et estiment que ce nouveau pont sera embouteillé en permanence, vu l’absence d’organisation des routes et du trafic à l’arrivée à Salvador**. Avant d’affirmer que les lotissements-condominios créés dans l’île ne seraient que les jumeaux de leurs semblables, au nord de Salvador (Lauro de Freitas, Camaçari), utilisés une fois par an, et ne favoriseraient qu’une spéculation immobilière vaine.

Rebondissement ? Contre toute attente, ce 18 mai dernier, en réunion publique avec des entrepreneurs, Emilio Odebrecht, décideur tout-puissant du groupe sus-cité, déclarait : “Je suis sceptique. Je n’y crois pas. Je crois que nous avons d’autres alternatives qui conviennent mieux, comme une route par Candeias**** ». Tandis que le 31 août 2010, le gouverneur de Bahia redevenait volontariste: ”Le projet de la construction du pont sera prêt en novembre, et le chantier va intégrer l’économie de la capitale et du tourisme dans l’île et dans la région Baixo Sul, gérant ainsi un modèle de développement durable” À cette occasion, jaques Wagner a également rappelé que le but était “de réduire, au maximum, les dépenses publiques, de Bahia comme du pays”. E le gouverneur de conclure qu’il fallait que Bahia “pense en grand, car Bahia est la septième économie du Brésil”.

Alors, en ce mois de septembre 2010, Bahia reste toujours dans la plus totale expectative : l’effet d’annonce ne semble plus électoral mais semble donner encore plus, scandaleusement de la part d’un homme qui devrait diriger “pour tous”, de lattitude au secteur privé et à ses empires, déjà destructeurs de la quasi totalité des paysages humains et marins de Salvador, durant les trente dernières années.

* Entreprises qui font partie du consortium qui construit actuellement le métro de Salvador. Métro qui, en septembre 2010, attend toujours sa conclusion, depuis… 1999. Les plus optimistes parlent de janvier 2011 pour la première série de tests, sur rails.
** Natif de l’île, présent chaque année et auteur d’une œuvre majeure, dont le roman « Vive le peuple brésilien » qui a pour cadre cette île d’Itaparica.
*** La ville de Salvador, l’Etat de Bahia et l’Uniao (le Brésil dirigé depuis Brasilia) ont en effet des projets différents et absolument non concertés, voire opposés, pour le port de Salvador.
**** Candeias est une municipalité continentale où sont regroupés d’autres fabriques, toute une zone de chantiers pétro-chimiques, et une infrastucture modulable pour l’avenir. Il est bon de rappeler qu’en 1980 la même Construtora Norberto Odebrecht avait présenté une maquette d’un pont pour relier Salvador à l’île. Mais le gouvernement de l’époque ne le souhaita pas car Odebrecht exigeait d’exploiter le péage pour une durée de 25 ans…

Pétition contre le pont : http://manifestoitaparica.blogspot.com

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Ana Lucia Mariz: le feu follet de la mémoire

Publié le 05 août 2010 par bahiaflaneur

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Âme secrète. C’est ainsi que la photographe pauliste Ana Lucia Mariz a choisi de nommer son travail. Alma Secreta donc. Ana Lucia a rôdé, plusieurs années, entre 2000 et 2005, entre l’Etat de São Paulo et celui de Bahia*, au milieu de ruines, d’églises abandonnées et de vieilles maisons désertées. Toujours la nuit. Une lampe de poche à la main, pour celle qui nous déclare avoir “fait abstraction d’une notion de foi”, malgré les très nombreux édfices religieux fixés dans le nitrate d’argent. Pour ainsi former, sur le négatif et dans la rétine du spectateur, cette trace de lumière, comme un feu follet. Ses très grands formats, au nombre de trente, toujours en noir et blanc, obtenus à partir de prises de vue en 35 mm, nous plongent dans un monde flottant, entre mémoire et futur vague. Une exposition somptueuse.

* À Bahia, elle s’est rendue dans le quartier de Barroquinha (photo ci-dessus, de l’église abandonnée) à Salvador, mais surtout dans l’île d’Itaparica, sur la commune isolée de Baiacu, pour photographier la dantesque église Nossa Senhora de Vera Cruz. Cinq photos magiques résultent de ce séjour îlien et nocturne. De ce travail avait déjà résulté une exposition en 2005 à la Pinacoteca (SP) et la publication d’un livre aux édtions Terra Virgem.

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