Archive de Tag | "Jorge Amado"

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Le nordestin à la télé, par Rinaldo de Fernandes

Publié le 27 juillet 2012 par bahiaflaneur

Le nordestin à la télé

Année après année, décade après décade. À la télé, le nordestin est toujours le même, avec ses “visses” et “oxentes” (*), qui, rehaussés, impriment le ton de plaisantin. La parole, les gestes et les sentiments de personnages qui représentent des nordestins sont toujours de franche rigolade, rabaissés, non pas par les couleurs, mais par les caméras de grasse comédie risible.
L’image du nordestin à la télé é presque toujours celle d’un individu sentimental, spontané, sans intelligence, sans capacité de discernement des choses. Ou bien alors, âpre, brut, habillé d’un blouson en cuir retourné, dédié aux artes de la pêche et de la chasse au fusil ou bien encore à une religiosité fanatique, offuscante. Cela ne va au-delà. Bien que la région se développe, ait des cadres compétents, qui étudient, qui créent de la culture et des connaissances de qualité. Non, cela n’importe pas pour les idéologues de la rudité, de la dénomination stupide, sans grandeur, étriquée.
Le Nordeste est-il primitif, inculte, simple bourricot ? Pour la télé, oui. Mais inculte, indigent est celui qui instaure un tel cadre, qui se complaît dans  le comique de bas étage, dans la fange des représentations.
Avec tout le respect dû à Jorge Amado, qui est un bon auteur, mais aussi un typologue né, pourquoi la télé ne cherche-t-elle pas à adapter, avec la compétence qui lui est propre, un Graciliano Ramos ?
Graciliano, dans Vidas Secas, fait une représentation de la misère du paysan nordestin sans simplifier à outrance, sans folkloriser. Il fait penser le lecteur et se sensibiliser avec une situation réelle, historiquement dramatique. Il ne dessine pas des stéréotypes. Dans São Bernardo, pareillement, il est implacable dans la représentation du capitalisme intromis dans le Nordeste et altérant l’ordre de la région. Angústia, avec un protagoniste écartelé et avec une technique trés sophistiquée et orginale d’un monologue intérieur, c’est, pour quelques uns, le plus important roman brésilien du XXe siècle. C’est d’une densité et d’une force renversantes, mettant Graciliano près, voire au côté d’un Joyce ou d’un Faulkner. Angústia internationalise notre littérature dans ce qu’elle a de plus dense.
Graciliano a une narration profondément intelligente. Mais, pour représenter un Nordeste qui contourne ou échappe au typique, peu importe la télé.
À mon fils, qui a quatre ans, je recommenderais de ne pas voir un feuilleton ou une sére de la télé qui représente un nordestin sans qu’auparavant je lui ai montré ce qui sera exploité dans la trame. Sans que je l’ai préparé, avant. Je souhaite que mon fils grandisse avec de l’auto-estime. Car c’est ainsi même. La télé fonctionne, continuellement, pour tenter de baisser le niveau de notre estime. Mais, je l’assure, elle ne baisse que celle des inattentifs. Ou celle de ceux qui y consentent.
Et pourquoi la télé insiste à nous reproduire seulement comme des types rigolards, bruts ou parfaitement sentimentaux ? Par manque d’intelligence, je parie. Ou par crétinisme, je suppose.

(*) Expressions populaires que l’on pourrait traduire par “Tu as vu ça?” et “Ça alors!”.
(Photo de Graciliano Ramos en noir et blanc : droits réservés)

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- Rinaldo de Fernandes, né dans l’État du Maranhão, qui enseigna dans l’État du Ceará et dans l’État du Paraíba, est actuellement professeur de littérature à l’Université fédérale de Bahia. Il est aussi conteur (O Caçador, Ed. da UFPB, 1997 - O perfume de Roberta, Garamond, Rio de Janeiro, 2005) et romancier (Rita no Pomar (7Letras, Rio de Janeiro, 2008).  Il organise et édite également de nombreuses anthologies. Il signe également la rubrique “Rodapé” publiée mensuellement dans  la revue Rascunho, à Curitiba (État du Paraná), et chaque semaine dans le supplément littéraire Correio das Artes - plus ancien cahier littéraire du Brésil, créé en 1949 - édité à João Pessoa, dans l’État du Paraíba..
-  Graciliano Ramos de Oliveira (Quebrangulo - État de Alagoas - , 27 octobre 1892 / Rio de Janeiro, 20 mars 1953) a publié São Bernardo en 1934, traduit en France par les éditions Gallimard en… 1986. Vidas Secas (1936) avait paru, dans la célèbre collection “Croix du sud”, chez Gallimard, en 1964. Quant à Angústia (1936), il fallut attendre… 1992 pour que la maison de la rue Sébastien-Bottin l’édite.
CET article, reproduit ci-dessous en portugais, fut publié d’abord dans le journal O Povo, à Fortaleza (État du Ceará), le 17 juillet 2012 et republié à Salvador de Bahia, dans le quotidien A Tarde, le 23 juillet 2012. Nous l’avons traduit.

graciliano1
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O nordestino na TV

Ano após ano, década após década. Na TV o nordestino é sempre o mesmo, com seus “visses” e “oxentes”, que, realçados, imprimem o tom jocoso. A fala, os gestos e sentimentos de personagens que representam nordestinos são sempre risíveis, rebaixados, já não pelas tintas, mas pelas câmeras da galhofa.
A imagem do nordestino na TV é quase sempre a de um indivíduo sentimental, espontâneo, sem inteligência, sem poder de discernimento das coisas. Ou então áspero, bruto, vestido num gibão, devotado às artes da peixeira e do bacamarte ou ainda a uma religiosidade fanática, ofuscante. Não passamos disso. E mesmo que a região se desenvolva, tenha gente preparada, que estuda, que cria cultura e conhecimento de qualidade. Não, não importa para os ideólogos da aspereza, da tipificação imbecilizadora, pequena, menor.
O Nordeste é primitivo, inculto, burro? Para a TV, sim. Mas inculto e inopioso é quem monta um quadro assim, quem se apega ao cômico barato, ao lixo das representações. Com todo respeito a Jorge Amado, que é um bom autor, mas também um tipificador nato, por que a TV não procura adaptar, com a competência que lhe é própria, um Graciliano Ramos?
Graciliano, em Vidas secas, faz uma representação da miséria do camponês nordestino sem ser tipificador, sem folclorizar. Faz o leitor pensar e se sensibilizar com uma situação real, historicamente dramática. Não desenha estereótipos. Em São Bernardo, idem, é implacável na representação do capitalismo adentrando o Nordeste e alterando a ordem da região. Angústia, com um protagonista dilacerado e com uma técnica sofisticadíssima e original de monólogo interior, é para alguns o mais importante romance brasileiro do século XX. É de uma densidade e força arrebatadoras, pondo Graciliano perto ou mesmo ao lado de um Joyce ou de um Faulkner. Angústia internacionaliza nossa literatura naquilo que ela tem de mais consistente. Graciliano tem uma narrativa profundamente inteligente. Porém, por representar um Nordeste que contorna ou escapa ao típico, não importa à TV.
Ao meu filho, hoje com 4 anos, recomendarei que não veja novela ou série de TV que represente nordestino sem que antes eu lhe mostre o que vai ser explorado no enredo. Sem que antes eu o prepare. Quero que meu filho cresça com autoestima. Porque é assim mesmo. A TV funciona, continuamente, para tentar baixar a nossa estima. Mas, asseguro, só baixa a dos desatentos. Ou a dos que consentem.
E por que a TV insiste em nos reproduzir apenas como tipos jocosos, brutos ou marcadamente sentimentais? Por desinteligência, aposto. Ou por cretinice, suponho.

Rinaldo de Fernandes

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Avec José Saramago…

Publié le 15 décembre 2011 par bahiaflaneur

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Au Pelourinho….
(photo droits réservés)

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À Itapua, en 1996, au domicile du graveur et artiste Calazans Neto,
connu comme “mestre Calá” (1932 -2006)
(photo droits réservés)

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Comme Georges ne chantera plus…

Publié le 25 octobre 2011 par bahiaflaneur

georges2Des organes de presse d’outre-Atlantique nous apprennent que l’organe vocal de l’ami de Jorge et de Zélia se taira désormais… Une ou deux photos nous remémorent ici ce que fut l’Amitié baiana-francesa, portée à l’un de ses plus hauts points…
En vignette et ci-contre, à Salvador. Ci-dessous, à Paris avec Astor, aussi.
(photos droits réservés, et recadrées)

georges1

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À Bahia, les mois d’août furent meurtriers

Publié le 15 août 2011 par bahiaflaneur

Jorge. Glauber. Mariozinho. Pour ceux qui vivent pleinement et vraiment Bahia de 2011, y a-t-il une conversation lors d’un festival, d’un vernissage, d’une soirée théâtrale, d’une rencontre impromptue dans un bar, de la rédaction d’un article culturel, qui ne féconde systématiquement l’évocation précise, ne serait-ce qu’un instant, d’au moins l’un de ces trois prénoms, qui se suffisent par leur incomplète énonciation ? Nous avons choisi d’imager la réponse, bien sûr négative, par les propos de deux bahianais, l’un proche ami* et biographe, l’autre fin connaisseur** de l’œuvre cinématographique de l’artiste cité en second. Étant entendu que nos propos nous semblent superflus pour évoquer l’œuvre tentaculaire et littéraire du premier***, tandis que nous prévoyons de publier, en fin d’année prochaine, en d’autres contrées graphiques et éditoriales, un court essai bilingue sur le troisième.

« Glauber, je l’ai connu en 1954, et depuis lors, nous fûmes inséparables. Nous avions coutume de passer nos soirées au Pelourinho, nous refaisions le monde, dans les nuits étoilées, assis sur les vieilles pierres. Toutes ses pensées étaient déjà liées aux seuls cinéma et théâtre. J’avais 21 ans, et Glauber m’a demandé, lors de l’une de ces longues promenades de nuit, de l’accompagner pour le premier long voyage qu’il voulait effectuer dans le Nordeste. Lors de celui-ci, nous avons failli mourir, dans un terrible accident d’autobus, près de la ville d’Aracaju. » Et João Carlos Teixeira Gomes, surnommé «\Plume d’acier\», de relancer : « C’était un artiste très critique, de manière acharnée. Bien sûr, Glauber changeait souvent d’avis ». Celui qui serait son futur biographe aime d’ailleurs rappeler une phrase que le futur réalisateur du chef-d’œuvre « Di Cavalcanti», après tant d’autres, revendiquait sans cesse: « Ne demandez pas de la cohérence à un intellectuel ». Et Joca évoque aussi la « fé » du natif de Vitoria de Conquista : « Glauber n’était pas d’une foi profonde bien qu’il se soit marié à l’église avec Helena Ignez - leur histoire d’amour fit alors scandale aux quatre coins de Bahia -, car ce qui importait à Glauber était la narration, dans la Bible, des conflits humains, et non pas l’histoire des personnages religieux. Glauber n’était pas pieux, il était frénétique. Mais Glauber était aussi un homme épique, et le conflit permanent, homérique, l’intéressait au plus haut point ». Et Joca de conclure avec une emphase, d’une assurance joyeuse, envers feu son ami, qui nous cloue d’admiration, tant d’années après, par son ton impossible à retranscrire ici: « Glauber était un homme d’exception, et dans le cinéma, jusqu’à aujourd’hui, l’unique révolutionnaire au Brésil».

Avec un peu plus de soixante printemps, André Setaro se souvient que le premier contact fut d’abord de celluloid… la projection de Deus e o diabo na terra do sol, alors qu’il avait quatroze ans, au cinéma Guarany sur la place Castro Alves. Plus tard, en octobre 1976, il vint à lui être présenté par le romancier et alors journaliste João Ubaldo Ribeiro, dans les locaux du quotidien Tribuna da Bahia, dans lequel André écrivait ses critiques quotidiennement : ”Glauber Rocha, comme être humain, n’était pas un homme arrogant, mais d’un tempérament agité, qui, de temps en temps, donnait l’impression d’être un adolescent enfievré, bien qu’il ait presque quarante ans, quand je l’ai connu. Explosif, quelques fois, pourtant il se montrait plus ou moins sentimental, et d’autres fois, d’un esprit de lutteur impossible à dominer. Dans la conversation, bien qu’attentif, il parlait tout le temps, et dans son exposition orale, il n’écoutait pas les questions et ne laissait personne en placer une”.

- Mario Cravo Neto, photographe, nous a quitté le 9 août 2009, à Salvador, à soixante-deux ans.
- Jorge Amado, écrivain, s’est éteint le 10 août 2001, à Salvador, âgé de quatre vingt-huit ans.
- Glauber Rocha, cinéaste, est décédé le 22 août 1981, à Rio de Janeiro, dans sa quarante-deuxième année.

* André Setaro, critique de cinéma, 61 ans, dans un courrier électronique, en août 2011, à Salvador, où il vit.
** Joao Carlos Teixeira Gomes, journaliste, 75 ans, lors de plusieurs conversations, avec BF, en juin 2001, à Rio de Janeiro, où il vit depuis 1999.
*** Le grand romancier mozambicain Mia Couto est venu au Teatro Castro Alves prononcer une conférence, lue et festive, sur l’auteur de « Tieta do agreste », devant 1.500 personnes, le 10 août 2011. Il a révélé alors le déjà lointain hommage paternel: ses deux frères se prénomment Jorge et… Amado.

Quatre livres incontournables et indispensables, non traduits en français:
- « Glauber, esse vulcão », João Carlos Teixeira Gomes, Editora Nova Fronteira, 1997, 638 p.
- « Glauber, a conquista de um sonho ; os anos verdes », Ayêska Paula Freitas/Julio César Lobo - Editora Dimensão, 1995, 339 p.
- « Salvador », Mario Cravo Neto, Áries Editora, 1999, 160 p.
- « Laroyé », Mario Cravo Neto, Áries Editora, 2000,  160 p.

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