Archive de Tag | "MAM Bahia"

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Iuri Sarmento: peindre, entre azulejos et féminité

Publié le 28 mars 2011 par bahiaflaneur

iuri99Une grand-mère d’une cousine. Bahianaise et d’une famille aisée. Elle peignait, figurativement. Mais le petit Iuri, dans cet Etat lointain de Bahia, dans le Minas Gerais, à la fin des années soixante-dix, où il vivait avec sa famille, lui accordait une grande attention. Et passait de nombreuses heures à la regarder travailler. Et après son baccalauréat, la direction vers la prestigieuse Escola Guignard, où s’enseignent les beaux-arts, à Belo Horizonte, s’imposa naturellement. Iuri s’adonne, là, studieusement, au figuratif, également. “Je suis un bon dessinateur”, me dit-il en ce milieu de matinée dans les fauteuils de la Galerie de Paulo Darzé. Et Iuri obtient son diplõme en 1992.  Il effectue parallèlement, pour se faire la main, de nombreux croquis, comme free-lance, pour de nombreuses fabriques de tissus, comme la célèbre Estufa. Et gagne ses premiers reais ainsi. Puis sa première exposition individuelle vient, dans la galerie de la fameuse troupe de danse, Grupo Corpo, la même année, avec quinze tableaux.
Sa situation familiale vient a se modifier, et il prend la route de Bahia, peu après, avec sa mère et ses frères… Il se souviendra pleinement alors des conseils et récits dem la vieille grand-mère… Cette année là, le 1er Salão da Bahia s’ouvre au MAM. Il y présente un portfolio au directeur Heitor Reis, qui choisit trois oeuvres. Par la suite, Iuri sera selectionné par cinq fois dans les éditions suivantes de ce Salão, aujourd’hui disparu de la saison picturale de Salvador. Et il devra attendre sa septième participation pour repartir avec le premier prix. Cette même année ses oeuvres attirent l’attention du galeriste Paulo DARZÉ et se voient également selectionnées pour la premiere édition de la première Mostra nationale Rumos, organisée par la banque Itau. Il organise aussi son premier workshop à São Paulo, et participe de la Bienal do Mercosul.
2002. Il acquiert un domicile et un atelier, dans le quartier de Santo Antônio, au centre historique. Il peut donner alors pleine mesure à son talent certain. Et fréquente énormément le MAM. Et pour cause. Iuri y enseigne les beaux-arts, “plus précisément la peinture moderne, pendant sept ans, aux côtés de plasticiens renommés comme Vauluizio Bezerra et Almandrade”. C’est d’ailleurs là que Paulo Darzé le repèrera. Paulo Darzé lui offre ainsi sa première exposition individuelle, tandis que le Musée d’Art Moderne de Bahia le convie à  deux expositions individuelles, les années suivantes. Iuri formera quelques cinquante élèves, dans le cadre enchanteur du Solar do Unhão: “Cette plongée dans l’enseignement sera très formatrice et me guidera vers la Bahia profonde”.
Iuri, désormais riverain du centre historique, commence par photographier les azulejos, qui recouvrent les murs et parois internes de tant de vieilles demeures et églises. Puis surtout se fascine pour ces carrés de porcelaine par la “lecture d’un ouvrage d’Udo Knoff, grande figure artistique de Bahia”. “Car cette céramique a de nombreux points communs avec l’imagerie (estamparia) que j’affectionne”. Les tableaux de Iuri ont la chance, à la même époque, de taper dans l’oeil de deux renommés commissaires d’expositions, Marcos Lontra Costa et Tadeu Chiarelli. L’un deux écrira ainsi la préface de son catalogue d’exposition individuelle au MAM.
sophiecalle“Je reste passionné par la figure féminine qui vient s’insérer dans l’azulejo” me confie le peintre. “Cela me vient de mon goût pour la mode”, depuis toujours deuxième passion de Iuri, qui dessine de nombreuses robes et habits, exclusivement pour femmes. Mais le natif de Belo Horizonte, qui a un petit magasin pour ses créations de mode,  joint à son atelier, ”aime aussi chiner chez les antiquaires de valeur, pour trouver des objets qui ont une histoire”. Ainsi, son travail qui mêle tant d’origines, attira l’attention du plus grand collectionneur brésilien d’art, Gilberto Chateaubriand, qui acheta une création (photo ci-contre) de Iuri. Souvent conclus en moins de vingt jours, la nuit, les minutieuses formes dessinées par Iuri trouvent dorénavant de nombreux acheteurs à Bahia et au Brésil, par le savoir-faire de son galeriste exclusif, depuis quinze années, Paulo Darzé.
Son dur labeur, avec ses formats, pour la plupart de 1,70×1,50 et 1,20×2,20, ne laissent que peu de temps libre à Iuri pour voyager. Il fut pourtant cinq fois à Paris, tentant là de se signaler avec ses quatre cents croquis méticuleusement archivés, aux couturiers, comme Dior. Pour l’instant sans suite. Mais cette dernière année 2010 l’aura vu participer d’une exposition collective d’artistes bahianais, à Rueil-Malmaison, qui eut un certain retentissement. 2009 l’avait vu exposer à Porto et à Lisbonne, pour une mostra également collective. Iuri aime, lors de ces voyages d’invitation, s’insipirer :”Toujours, Monet, Basquiat, Man Ray, sont des références. Et je n’hésite jamais à passer de longues heures, surtout à Paris, pour des files d’attente, pour admirer ces maîtres!”. La France croise son chemin, souvent. Ainsi, lors du vernissage de son exposition à Salvador, en 2009, la photographe Sophie Calle (photo ci-dessus) ne choisit-elle pas une robe de Iuri ? Une commissaire d’expositons, française, Juliette Singer, l’a également récemment rencontré chez Paulo Darzé. Et Iuri lui a donné son portfolio, et reste dans l’attente d’un “lendemain” parisien. Qui sait?

http://www.paulodarzegaleria.com.br/iuri-sarmento/

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Les forêts humanistes de Vauluizio Bezerra

Publié le 21 octobre 2010 par bahiaflaneur

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Photo © Diego J. Cardoso, le 19/10/2010

Vauluizio Bezerra parle beaucoup, est révolté*, et crée énormément. Depuis ses premières peintures en 1970 jusqu’à cette œuvre pour le Musée d’Art Moderne. Il veut, avec son exposition “Trajetos”, marquer la période qui, selon lui, s’étale entre la  Bataille de San Romano, de Paolo Uccello** et les sculptures de Alberto Giacometti - qui montrent un homme “amputé par la solitude que la société moderne module en son for intérieur”.  Une période nommée Humanisme, qui prit fin avec le sculpteur suisse. Ainsi, ces longs et fins tubes de résine et de fibre de verre, comme des arbres ou des lances selon le regard du visiteur, installés dans trois angles du musée, viennent représenter les soldats d’un temps révolu. Car pour Vauluizio, notre époque de futilités vient s’opposer nettement à celle de perennité, crépusculaire, dont l’humanisme était l’urbi et l’orbi. À ce titre, nous distinguons nettement au premier plan, un cylindre au sol, qui vient signifier le soldat mort.  Car dorénavant, selon Vauluizio, la  science vient dicter le parcours de nos vies.

* Comme il le montre l’une des deux vidéos, en noir et blanc, proposées dans l`exposition (à l`affiche jusqu`au  28 novembre). Vauluizio y évoque, entre gesticulations et grande volubilité,  ”la société de contrôle” et “la faillite de l’Etat”.
* C’est un ensemble de trois tableaux exécutés entre 1456 et 1460. Ils se trouvent dans trois musées distincts en 2010.

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Hommage à Daniel, l’un de nos “guides” artistiques

Publié le 14 août 2010 par bahiaflaneur

DanielIl sait tout du musée d’art moderne (MAM), et de la production des artistes qui ont exposé là, il a toujours un sourire pour nous accueillir, il chapeaute sa petite équipe de “moniteurs”, il est toujours là, vernissage ou non, et connait les anecdotes du Salvador des arts plastiques comme personne: Daniel, c’est son nom. Daniel vous attend, visiteur du MAM! La photo est de Valéria Simões, dont l’oeuvre a déjà été évoquée ici. Daniel est ici aux côtés de la belle Ieda Oliveira, artiste talentueuse de Bahia.

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Thomaz Farkas: la promesse et la trace

Publié le 04 août 2010 par bahiaflaneur

farkas1Diógenes Moura, qui répond ici à nos questions, est le commissaire de l’exposition Thomas Farkaz, O Tempo Dissolvido, proposé depuis avant-hier lundi 2 août, au musée d’art moderne de Bahia. Thomaz Farkas, issu d’une véritable dynastie hongroise de photographes, 86 ans, était présent lors du vernissage. T. Farkaz a toujours déclaré qu’il “aurait aimé, plus que tout, être bahianais” et voue une véritable passion pour le chanteur bahianais de samba Batatinha. Thomaz Farkas, un lointain cousin, par la forme, du photographe français René-Jacques.

Pourquoi cette exposition, ici à Salvador en 2010, pour ce 6e mois de la Photo (6o A Gosto da Fotografia) ?
En 2005, à la Pinacoteca de So Paulo j’étais le co-commissaire, avec Rosely Nakagawa, de l’exposition “Brasil e Brasileiros no olhar de Thomaz Farkas”. À la fin de la mostra, il m’a confié que son désir le plus cher était de montrer son vaste parcours photographique, à Salvador, dans le Musée d’art moderne. Dans une scénographie qui serait comme un long déroulé autobiographique. Je lui en ai fait, alors, la promesse. Pour des raisons de financements, de budget et de bureaucratie je n’ai pas pu intégrer cette exposition dans les deux précédentes éditions de A Gosto da Fotografia. J’en suis, en effet, le commissaire depuis trois ans. Cette année, ce fut possible.

Quelle est la situation du fonds de Thomas Farkas ?
Ses quelques 34.000 négatifs ont été pris, sous le régime du
comodato, par l’Instituto Moreira Salles (IMS).

Depuis combien de temps travaillez-vous à la préparation de l’exposition ?
Depuis six mois et j’ai choisi 119 photos dont 111 n’ont jamais été montrées en exposition. Il y a une série de 8 photos sur Salvador.

Quelle est la place de Farkas dans la photographie brésilienne ?
Elle est, tout simplement. Six décades de photographies au Brésil. Ce n’est pas rien. Il y a le cinéaste documentariste, son travail pendant la dictature. Là, il a commencé à voyager pour connaître et montrer le Brésil. Il y a la
Caravana Farkas, avec cette tradition qui remonte à son grand-père et à son père, avec les magasins et studios Fotoptica. Il y a enfin l’époque des prises de vues influencées par la géométrie et le surréalisme. Dans la deuxième partie des années 40, on distingue clairement les influences du pictorialisme, du futurisme russe.

Quel est le point d’accroche central de cette oeuvre, le fil rouge?
Il a un regard cinématographique, sa place est du côté des affects, son iconographie tient compte des détails. De ses débuts à aujourd’hui, il est Thomaz Farkas.

Comment s’est établi votre travail de commissaire ?
Ce fut un grand plaisir, peu difficile à concevoir en réalité. Les séries de photographies furent aisées à séquencer. La raison du titre
(Temps dissolu) est que cette oeuvre vient du “avant” pour se prolonger dans “l’au-delà de l’au-delà” (”do antes ao muito além”). J’avais cette intuition dès la conception de l’élaboration.

Quel est le budget de cette manifestation, de tous ces accrochages différents, répartis dans la ville, dans son ensemble ?
Nous avons eu 240.000 reais de Oi Futuro et 90.000 reais de la Funarte. Mais le budget s’élèvera à 490.000 reais (200.000 euros) avec les futures rentrées d’argent. Nous sommes dans le rouge et bénéficions de beaucoup d’appuis bénévoles ou facturés sous les prix du marché.

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- PHOTOS de l’exposition et du vernissage

- Photos d’invités, au vernissage

- Diógenes tient à souligner la “compréhension” de l’IMS pour les tirages des images, dans leur propre laboratoire. Ci-contre, la “pièce centrale”, où sont regroupés les éléments biographiques et souvenirs de T. Farkas. Il n’est pas inutile de rappeler que la directrice du MAM, Solange Farkas - qui accomplit depuis trois ans un travail novateur à Bahia, au contraire de toutes les autres directions, ou presque, fossilisées, des musées -  est la bru du photographe.
(photos du musée c-dessus et ci-contre: Diego J. Cardoso)

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