Archive de Tag | "Miguel Rio Branco"

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Mario Cravo Neto, l’éblouissance isolée

Publié le 29 janvier 2013 par bahiaflaneur

itauculturalLe renommé institut culturel privé Itaú Cultural - qui dépend de la première banque du pays Itaú - a répertorié le nombre d’expositions des artistes plastiques brésiliens, tous confondus, peintres, graveurs, photographes, à l’extérieur comme sur le territoire national entre 1987 et 2012. Le résultat, diffusé le 15 janvier 2013, montre que le plasticien carioca Waltercio Caldas est le premier avec trois cent quatorze expositions pendant les vingt-cinq dernières années.
Mario Cravo Neto, photographe né et mort (en août 2009) à Bahia, a monté ses cimaises près de deux cents fois sur la période étudiée. Il est le premier artiste de Bahia, en cette prestigieuse classification internationale. Plus qu’une marque significative pour le créateur, cette position éclaire un complet isolement de Bahia sur la carte artistique Brasil, seulement vaincu par la formidable persévérance et expérimentation formelle du photographe.
À noter que seuls trois autres photographes figurent parmi les soixante-quinze premiers : Sebastião Salgado, avec 241 mostras, Miguel Rio Branco, avec 151 expositions et Luiz Braga (114). Nous n’incluons pas, volontairement, A. B. Geiger et Geraldo de Barros qui ne se sont pas seulement dédiés à cet art.

mcnparvicentesampaio1980

M.C.Neto et son Rolleiflex photographié par son ami Vicente Sampaio en 1980 au Pelourinho

- En gras italique, dans la suite du classement, ci-après, figurent les seuls cinq autres artistes, liés à Bahia ou natifs.

26º Beatriz Milhazes - 180
27º Leonilson - 178
28º Tarsila do Amaral - 177
28º Candido Portinari - 177
29º Carlos Vergara - 176
30º Adriana Varejão - 170
31º Antonio Henrique Amaral 167
32º Anna Maria Maiolino - 164
33º José Resende - 162
34º Maria Bonomi - 160
35º Cícero Dias - 159
35º Ademir Martins () - 159
36º Rochelle Costi - 158
37º Guignard - 157
38º Geraldo de Barros - 154
38º Arcangelo Ianelli - 154
39º Claudio Tozzi - 153
39º Jac Leirner - 153
39º Sandra Cinto - 153
40º Franz Weissman - 151
40º Miguel Rio Branco - 151
41º Emmanuel Nassar - 150
42º Albano Afonso - 146
43º Ana Maria Tavares - 141
44º Flávio de Carvalho - 140
45º Manabu Mabe - 139
45º Carlos Scliar - 139
45º José Damasceno - 139
46º Luiz Aquila - 138
46º Marcos Chaves - 138
47º João Câmara - 135
47º Anita Malfatti - 135
48º Evandro Carlos Jardim - 133
48º Efrain Almeida - 133
49º Oswald Goeldi - 131
50º Marcelo Grassman - 130
51º Marcos Coelho Benjamin 129
52º Antonio Manuel - 128
52º Paulo Pasta - 128
53º Iole de Freitas - 127
54º José Roberto Aguilar - 126
54º Luiz Zerbini - 126
55º Ivan Serpa - 123
55º Roberto Magalhães - 123
55º Angelo Venosa - 123
56º Amelia de Toledo - 122
56º Danúbio Gonçalves - 122
56º Carlos Fajardo - 122
57º Aluísio Carvão - 121
58º Ivens Machado - 120
59º Milton Dacosta - 119
60º José Pancetti (†) - 117
60º Niura Bellavinha - 117
61º Victor Brecheret - 116
61º Vicente do Rego Monteiro116
62º Frans Krajcberg - 115
63º Sérgio Camargo - 114
63º Ricardo Basbaum - 114
63º Luiz Braga - 114
64º Renina Katz - 113
65º Caetano de Almeida - 112
65º Cristina Canale - 112
66º Carlos Zilio - 110
66º Wesley Duke Lee - 110
66º Nelson Felix - 110
66º Marco Paulo Rolla - 110
67º Ismael Nery - 109
68º Flavio-Shiró - 108
68º Rubem Valentim (†) - 108
68º Lívio Abramo - 108
69º Fayga Ostrower - 107
69º Abraham Palatnik - 107
69º Luiz Sacilotto - 107
69º Iran do Espírito Santo - 107
70º Dudi Maia Rosa - 106
71º Vicente de Mello - 105
72º Barrão - 103
72º Edgard de Souza - 103
73º Rubem Grilo - 102
73º Ivald Granato - 102
73º Paulo Whitaker - 102
74º Emanoel Araujo - 101

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Le Pelourinho, maison-monde hallucinée d’un alors

Publié le 28 janvier 2013 par bahiaflaneur

Ce film fut tourné entre 1979 et 1981, en 16 mm, par l’artiste plastique Miguel Rio Branco*, aidé par deux collaborateurs, au centre historique de Salvador. C’est un monde défait, d’une certaine manière, qui nous est montré, qui peut agresser le spectateur de 2013. Ce qui est filmé, en effet, cette tragédie, c’est une “porrada” selon l’artiste, mais qui possède une “suavité qui est brésilienne”. Il nous semble évident que seul un regard inquiet pouvait transcender, alors, ces “décrépitudes”. En voici la preuve :

(*) Le nom Rio Branco vient de José Maria Silva Paranhos Júnior (1845-1912), le Barão do Rio Branco, arrière-grand-père de l’artiste, et de son père, le Visconde do Rio Branco, José Maria da Silva Paranhos (1819-1880). La traduction de “Nada levarei quando morrer aqueles que me devem, cobrarei no inferno” peut s’entendre comme “À ma mort, je n’emporterais rien, mais en enfer je réclamerais mon dû à mes débiteurs”

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Hirosuke Kitamura: “Je fais une photo monocolore plus colorée”

Publié le 01 février 2012 par bahiaflaneur

oskejanvier2012Hirosuke Kitamura vint s’asseoir, se lover presque, dans le grand sofa du modeste salon de l’hôtel qui fait face au port de Barra, en cette fin de matinée du mardi 24 janvier 2012, à Salvador. Rasé de près, l’état de relâchement de l’homme aux cheveux de jais nous impressionna, à quelques jours de sa première grande exposition individuelle, hors les frontières latines. Précisément à New York, dès ce mercredi 1er février au soir, jusqu’au 28 avril prochain, dans la grande salle de la 1500 Gallery. Le commissaire de l’exposition, au beau titre de “Hidra”, est le plasticien Miguel Rio Branco, dont nous  traduisons ci-après le texte, inédit, de présentation de “Hidra”.
À voir cet ensemble pictural magnifique, nous reviennent en mémoire ces mots :” Il n’y a pas d’art qui ne soit une libération d’une puissance de vie. Il n’y a pas d’art de la mort, d’abord. (…) L’artiste, c’est celui qui libère une vie, une vie puissante, une vie plus que personnelle”.*

BF: Oske, quelles furent les étapes qui ont précédé la sélection finale des onze photographies-séquences?
HK: J’ai adressé quatre centaines de photographies, toutes prises en moyen format, à Miguel Rio Branco. Très rapidement, son regard a mis de côté une petite cinquantaine de photos. Et à prendre connaissance de ce premier tri, j’ai immédiatement vu que le choix de Miguel correspondait exactement à ma sélection mentale initiale. Puis nous avons ensemble opté, dans son atelier, pour les quatorze images finales.

Comment pourriez-vous décrire l’idée qui sous-tend “Hidra” ?
Comme deux éléments noués, la sensualité et le spiritualisme. Par exemple avec le dyptique, qui ramène à l’univers du candomblé. L’univers de la nuit, comme cadre temporel. Car la nuit, l’image, pour moi, est plus propre, d’une certaine manière. Esthétiquement, visuellement, je préfère la nuit. Je fais une photo monocolore plus colorée (”monocolor mais colorida”). Où l’allégorie, la souffrance, le plaisir, la tristesse, la joie, tous mêlés, sont présents. C’est cette Bahia que je vois, telle, chaotique. Pour résumer, je peux apparenter “Hidra” à la figure du bicho de sete cabeças (l’hydre à sept têtes).

En quel espaces citadins ces images furent-elles effectuées?
À l’exception d’une image faite en Inde, au cœur des années 2000, elles furent, toutes, prises à Bahia.

Quelle sera la taille des tirages exposés?
Le dyptique et le tryptique seront composés de carrés d’un mètre de côté chacun. Tandis que les neufs tirages individuels font 1,20 m x 1,20 m. Aucun d’entre eux, tous tirés sur papier mat Fuji C-matte, ne sera sous verre.

Les Brésiliens verront-ils cette exposition en 2012?
Il est fortement question d’un partenariat de la galerie de New York avec la FaunaGaleria, pour une date à São Paulo, en juillet 2012. Là, devraient s’y ajouter neuf grands tirages, sélectionnés également avec Miguel Rio Branco.

* Gilles Deleuze. “Abécédaire : R comme Résistance”.
Note de BF: Oske est le diminutif/surnom de Hirosuke.

OSKE BAHIA

Quelque chose, en sourdine, advient à chaque instant. Fantômes entre le sexe et la mort, fragments de séduction qui divaguent entre des mondes perdus. La sexualité est transparente, fuyante, et s’envole en fumée sous nos doigts. Comment définir cette sexualité en un lieu où le corps est tout, matériel et consommable? Et ici elle devient fanstasmagorique. Comme dans les contes japonais immémoriaux, il existe un autre monde, mais elle est ici, à nos côtés. Ces images deviennent passage du temps, immatérielles, hors d’une époque définie.
L’intéressant dans la création, dans l’art, réside dans l’individualité réaffirmée de chacun. Ceci est de plus en plus difficile en un monde dominé par la propagande, la publicité, le marketing. Le portrait des créateurs apparaît de moins en moins à travers leurs œuvres. Tout est business, rien n’est personnel. Ici, en ce qui est vu, tout est personnel, vécu et senti. Tout est personnel. Ce sont des différences essentielles en ces temps d’aujourd’hui où l’image photographique devient de plus en plus distante de ce qui est montré.
Mais en art ce qui doit être montré est l’âme et non le thème. Ici les thèmes se diluent et se métissent. Nous ne restons prisonniers d’un lieu ou d’un moment dans le temps, nous passons à une autre phase. Une phase qui nous conduit à un autre espace, un autre monde, une limbe.
Pourtant, au fond, apparaissent des peaux, des doigts, des seins, des sexes, des habits, qui se transforment en masques, offrandes, lumières et sueurs bahianaises montrés par un japonais qui un jour vint à Salvador.

Miguel Rio Branco

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OSKE BAHIA
Algo em surdina surge a cada momento. Fantasmas entre o sexo e a morte, pedaços de sedução que divagam entre mundos perdidos. A sexualidade é transparente, fugidia, e se esfumaça debaixo de nossos dedos. Como definir essa sexualidade em lugar onde o corpo é tudo, material e consumível? E aqui ela se torna fantasmagórica. Como nos contos japoneses de sempre, existe um outro mundo, mas ele está aqui junto a nós. Estas imagens se tornam passagem de tempo, imateriais, fora de qualquer época.
O interessante na criação, na arte, fica na individualidade reafirmada de cada um. Isto está cada vez mais difícil em um mundo dominado por propaganda, publicidade, marketing. Cada vez menos aparece o retrato daqueles que criam através de sua obra. Tudo é business, nada é pessoal. Aqui, no que é visto, tudo é pessoal, vivido e sentido. Tudo é pessoal. São diferenças essenciais onde hoje a imagem fotográfica se torna cada vez mais tecnicamente distante do que é mostrado.
Mas em arte o que têm de ser mostrado é a alma e não o tema. Aqui o os temas se diluem e mestiçam. Não ficamos presos a um lugar ou um momento no tempo, passamos para outra fase. Uma fase que nos faz ir para outro espaço, um outro mundo, um limbo.
Porém no fundo aparecem peles, dedos, seios, sexos, roupas que se transformam em máscaras, oferendas, luzes e suores baianos mostrados por um japonês que um dia chegou em Salvador.
Miguel Rio Branco

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Les clichés de Oske en partance pour les cimaises newyorkaises

Publié le 19 décembre 2011 par bahiaflaneur

Hirosuke Kitamura, dit “Oske”, sera donc prochainement le deuxième* photographe résidant à Bahia - après Mario Cravo Neto il y a bien longtemps - à avoir l’honneur d’une exposition individuelle à New York. L’importance n’en est que que plus relevante. La mostra “Hidra”, avec ses quatorze grands tirages,  sera présente sur les parois de la 1500 Gallery entre le 2 février et le 28 avril 2012.
Le commissaire de l’exposition sera le plasticien Miguel Rio Branco, qui vient d’en établir la sélection finale, avec l’auteur, cette semaine de décembre 2011, dans l’État de Rio de Janeiro.
En attendant un prochain entretien, depuis Salvador où il sera de retour avant Noël, “Oske” nous envoie deux des tirages initialement choisis, à partir de Rio de Janeiro. En exclusivité. Deux photox fascinantes, pour un auteur dont l’oeuvre s’affirme sous nos yeux.

oske2012

* À l’exception, non vérifiée, du photographe Christian Cravo qui aurait eu trois expositions individuelles à la Witkin gallery, en 1999 et à la  Throckmorton Fine Arts, en 2000.

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